Horrortale : Pomme Pourrie

Chapitre 18 : Anesthésie

3802 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 25/03/2026 11:29

Sans regarda tristement les deux humains couchés à même le sol du bar de Grillby. Après l’accident, il avait pris l’initiative d’aller récupérer le deuxième dans les Ruines et l’avait rapporté à Snowdin, où les frères squelettes et Grillby attendaient l’arrivée de Toriel. Undyne avait quitté précipitamment les lieux. Grillby avait tenté de l’arrêter, mais Sans l’avait découragé de le faire. Dans cet état, elle n’écouterait personne, et pire, elle était dangereuse. Il valait mieux rester hors de son chemin pour l’instant.


Le squelette arrangea les corps. Certes, ils ne tomberaient pas en poussière comme ceux des monstres, mais ils avaient le droit au respect comme n’importe lequel d’entre eux. Un concept que certains avaient encore du mal à saisir ici-bas.


Il soupira, avant de chercher son frère du regard. Papyrus s’était assis sur une table à l’écart. Grillby lui avait apporté une couverture et un chocolat chaud, mais le squelette y avait à peine touché. L’homme de feu lui avait pris ses gants, son « armure » et son écharpe pour nettoyer les taches de sang qui les recouvraient. Sans ses habits d’apparat, le squelette avait l’air plus petit, frêle et vulnérable. Des adjectifs que son grand frère détestait employer quand il parlait de lui.


Sans s’installa en face de lui. Papyrus resta le regard tourné vers la fenêtre bâchée, perdu dans ses pensées.


— Eh, tu tiens le coup ? demanda Sans, inquiet.


Le squelette soupira, puis secoua la tête.


— Est-ce que je suis un bon ami, Sans ?


— Bien sûr que oui. Pourquoi tu…


— Alors comment est-ce que j’ai fait pour ne rien voir ? Undyne, il y a bien une raison pour laquelle elle… Si j’avais été plus présent, ou si je l’avais écoutée plus, ou…


— Je t’arrête ici, répondit Sans d’une voix ferme. Ce qui vient de se passer n’est pas de ta faute. En aucune façon. Undyne a merdé, c’est son problème, pas le tien. Tu n’as rien à te reprocher, et surtout pas ce qui est arrivé à ce pauvre gars. Elle est la seule responsable.


— Je sais bien, mais… Je n’arrête pas de me demander si les choses se seraient passées autrement si j’avais essayé de lui parler plus. Si… Si j’avais fait plus pour l’aider à traverser son deuil au lieu de lui en vouloir pour ce qu’elle t’as fait.


— Peut-être. Peut-être pas. On ne peut pas réécrire le passé, mais on peut toujours se concentrer sur ce qui arrive. Elle va devoir être confrontée sur ce qu’elle a fait. Tu n’as pas à parler en sa faveur si tu n’en as pas envie. C’est ton choix. Reste droit dans tes bottes, et tout ira bien.


Papyrus regarda ses mains. Sans remarqua qu’elle tremblait, signe qu’il était encore affecté par les derniers événements. Son frère tourna le regard vers les deux corps allongés avec une expression peinée.


— Tu disais qu’il avait des informations sur Frisk. Quelles informations ?


— Le gamin a bien été chercher de l’aide. Apparemment, il a été envoyé dans un orphelinat. C’est pour ça qu’il n’est pas revenu. Mais maintenant…


— Est-ce que les humains vont nous en vouloir ?


— Sûrement. On aurait pu régler toute cette situation en discutant, mais maintenant, on a deux morts supplémentaires sur les bras. Il vaut mieux que les humains n’apprennent pas ce qui leur est arrivé. Qu’est-ce qu’ils vont penser ? D’abord, on kidnappe des enfants, après on tue les gens venus appuyer leurs propos ? Les humains ne nous le pardonneront jamais.


— Mais… Ils doivent avoir des familles…


— Je sais. Si elles apprennent qu’un des nôtres les as assassinés, ils vont vouloir se venger, et ce cycle de violence qu’Undyne a engendré, il ne s’arrêtera jamais. On doit être meilleurs que ça. On trouvera un autre moyen de sortir d’ici.


Papyrus hocha la tête. Grillby sortit des cuisines avec une assiette de biscuits et l’installa sur la table, avant de s’asseoir à côté de Sans. L’homme de feu n’avait pas l’air en meilleur état que son frère. Ses flammes avaient comme terni, et il paraissait visiblement fatigué. Il lança un regard aux corps, puis se reconcentra sur les frères squelettes. Il joua avec ses mains un moment, avant de s’adresser à Sans.


— Tout à l’heure, tu as dit qu’Undyne avait tué un autre monstre. C’est quoi cette histoire ?


Papyrus se tendit légèrement. Sans soupira.


— C’était après l’attaque, dans le bar. Je me suis téléporté dans la forêt, et avant de tomber dans les pommes, je l’ai vue étrangler un des gars qui m’a agressé. Je veux bien que ce soit pour me défendre, mais on sait tous les deux que ce n’est pas les cas, vu son opinion à mon sujet. Je ne sais pas ce qui s’est passé. Peut-être qu’elle ne le voulait pas vraiment, mais… Elle l’a quand même fait.


— Est-ce que tu penses qu’elle a tué l’humain à cause de son niveau de violence instable ? Tu peux lire ses statistiques, pas vrai ?


Sans crissa des dents, encore plus quand Papyrus le regarda avec surprise.


— Tu peux faire ça ?


— Oui, c’est… C’est compliqué. Et, je ne sais pas. Je ne pense pas que son niveau de violence était assez élevé pour ça. En revanche, maintenant, avec ce qu’elle a récupéré de cet humain, c’est une autre histoire. Elle risque de dissocier, ou d’agir avec un compas moral trafiqué. Si on ne l’arrête pas, il y aura d’autres victimes. Peut-être pas maintenant, mais tu sais comme moi que c’est toujours le cas.


— Comment ça ? demanda Papyrus, perdu.


— Lorsque quelqu’un gagne plusieurs niveaux de violence, il devient plus facile pour lui de faire du mal. C’est comme… Comme si tu n’es plus vraiment toi-même. Tes actions sont filtrées, les bonnes comme les mauvaises, et il devient plus difficile de dissocier ce qui est bien ou mal. Il y a eu… Plusieurs cas de ce type ces dernières années. Le dernier tueur en série qu’on a eu s’est fait tuer quand tu étais encore enfant. En général, quand quelqu’un commence à tuer, à cause de l’ivresse que procure son niveau de violence, il ne s’arrête pas. C’est comme une drogue. Tu deviens plus fort, alors ton âme veut rester avec cette euphorie et entre en manque lorsqu’il se ternit ou disparaît. Je ne dis pas que c’est ce qui va arriver à Undyne. Je dis juste qu’elle a déjà commis deux meurtres, et que si elle ne se lance pas dans un sevrage très vite, il y en aura d’autres. C’est pour ça qu’on doit l’arrêter.


— Je suis d’accord avec Sans, approuva Grillby. Je sais que c’est ton amie, Papyrus, et que c’est délicat, mais c’est pour son propre bien. Elle ne peut pas continuer comme ça.


Papyrus voulut protester, mais il ne trouva pas le cœur de le faire. Imaginer Undyne comme une tueuse en série sanguinaire lui était impossible. Il connaissait son amie, elle n’était pas comme ça ! Pour autant, il ne savait pas ce qu’il pouvait faire de plus pour arrêter ça. L’idée de l’emprisonner le répugnait, il devait forcément y avoir une autre solution !


— Est-ce qu’on doit vraiment en parler à la reine ? demanda Papyrus d’une voix fatiguée. Peut-être qu’on peut encore lui laisser encore une chance ? Peut-être que si je lui parle, ou…


— Papyrus… soupira son grand frère.


— Je sais ! Je sais ce qu’elle a fait, et je n’approuve pas, et je comprends que l’enfermer pourrait aider à calmer ça, reprit-il à leurs expressions offusquées. Mais enfermer Undyne risque de remettre de l’huile sur le feu. Les personnes qui la soutiennent risquent de ne pas apprécier, et s’ils se révoltent, qu’est-ce qu’on va faire ? Beaucoup en veulent déjà à Toriel après les derniers événements, je ne suis pas sûr que tout embraser soit une solution viable. Elle va déjà avoir des problèmes à cause de ce qu’elle a fait à cet humain, ce que les gens pourront comprendre, mais si on rend public ce qui s’est passé dans la forêt, tu vas encore te retrouver dans un cas où ta parole sera contre la sienne, Sans. Je te crois, mais eux, ils ne le feront pas et c’est encore toi qui seras jeté en première ligne, et j’en ai marre, j’en ai marre d’avoir tout le temps peur de sortir, ou de te voir sortir sans savoir si je ne vais pas encore recevoir un nouveau coup de fil m’annonçant que tu t’es fait tuer pour de bon cette fois-ci.


Un long silence suivit sa tirade. Papyrus n’avait pas l’habitude d’être aussi vindicatif, ce qui laissa son frère silencieux. Sans se sentit coupable. Papyrus s’inquiétait pour lui, mais peu importe les décisions qu’il prenait, il lui semblait que tout se retournait contre lui.


— C’est un bon argument, appuya Grillby. Je comprends tes doutes, Papyrus, et tu as raison, cette situation n’est pas aussi simple. Les actions d’Undyne vont nous retomber dessus quoi qu’il arrive, mais je préférerais également que ça ne t’implique pas plus que nécessaire, dit-il à Sans. Elle a fait de toi une cible, qu’on le veuille ou non, et Papyrus a raison. Si ça éclate, les gens se tourneront d’abord vers les cibles les plus accessibles, ton frère et toi.


— Ça ne me plait pas, grogna Sans, mais d’accord. On garde ça pour le moment. Mais si elle recommence, je ne pourrais pas le garder pour moi et j’espère que vous le comprenez.


Le squelette et le demi-élémentaire hochèrent la tête, juste au moment où la porte s’ouvrait sur Toriel. La reine se figea en apercevant les corps au sol. Elle avait déjà été mise au courant, mais savoir et voir étaient deux notions bien différentes. Sans se leva et s’approcha tranquillement. Il posa une main sur son bras en support. Il savait ce qu’elle avait enduré, ils en avaient parlé longuement de chaque côté de la porte des Ruines. La mort de deux humains supplémentaires pèserait sur sa conscience bien plus que sur celles des autres monstres.


— Je suis désolé, dit Sans. On a fait tout ce qu’on a pu pour le sauver. La blessure était trop importante.


— Je comprends, dit-elle d’une voix éteinte. Vous n’avez rien à vous reprocher tous les trois, dit-elle d’une voix sombre.


Elle s’avança vers les humains, puis s’accroupit. Ses doigts effleurèrent leurs visages déjà froids. Elle poussa un lourd soupir.


— Ils sont plus âgés que les autres, remarqua-t-elle.


— Oui, ils étaient venus vérifier les dires de Frisk, avoua Sans. Le gamin a été cherché de l’aide. Mais maintenant…


— S’ils l’apprennent, ce sera la guerre. Il n’y avait aucune raison d’en venir à une telle extrémité, soupira Toriel. Je suis désolée que tu aies eu à aller récupérer l’autre corps, Sans, ça n’a pas dû être une expérience agréable.


— Ça va, répondit le squelette. Il fallait que quelqu’un le fasse de toute façon. Vu ses membres, il a dû se tuer en chutant de la Surface, dit-il en pointant la forme étrange de ses membres. Lui, par contre… On a fait tout ce qu’on a pu pour le sauver, mais ça n’a pas été suffisant.


— Je sais, et je ne vous en veux pas. La plaie semble très profonde, dit-elle en inspectant le trou qu’avait laissé la lance d’Undyne. Je ne pense pas que j’aurais pu y faire quoi que ce soit non plus. Je suis désolée de ne pas avoir été présente.


— Je ne pense pas que l’issue aurait été différente, avoua Sans. Elle était déterminée à le tuer.


Toriel poussa un soupir.


— Je ne voulais pas en venir à cette extrémité, dit-elle, mais Undyne devient un problème qu’on ne peut plus ignorer. Je vais réduire ses pouvoirs au minimum et la forcer à se mettre en retrait.


— Comment ? s’inquiéta Papyrus, qui était resté silencieux jusque-là.


— Je lui retire son poste de commandant de la garde royale. Je nommerai quelqu’un d’autre à sa place.


— Ce sera vu comme une déclaration de guerre, souligna Sans, inquiet de la tournure que prenait la conversation. Elle ne va pas rester sans rien faire. De plus, avec les élections qu’elle a organisé qui arrive, ça va nous retomber dessus.


— Je ne peux pas laisser ce crime impuni non plus, ce serait un aveu de faiblesse de la couronne.


— Je sais bien, mais…


— Je ne reviendrai pas sur ma décision, Sans.


— Très bien, soupira-t-il. J’espère que tu sais ce que tu fais.


Toriel hocha la tête. Papyrus lança un regard plein de détresse à son frère, qui détourna le regard. Il ne pouvait pas aller contre les ordres royaux. Il ne pouvait pas aller contre Toriel. Sans avait déjà perdu énormément dans cette histoire, il ne pouvait pas la perdre elle-aussi. Toriel avait l’air de savoir ce qu’elle faisait, alors il décida de lui faire confiance.


— Que fait-on des corps, votre Majesté ? demanda Grillby.


— Rapatriez-les à Nouvelle Maison et enterrez-les dans le cimetière. Ils méritent une sépulture décente. Je suis sûr qu’un charpentier aura l’amabilité de préparer des cercueils rapidement.


— Je vais réessayer de contacter Frisk, dit Sans, déterminé. L’homme a dit que le gamin cherchait à revenir. Peut-être qu’avec son aide, on pourra mieux s’organiser, ou au moins trouver un moyen de communiquer pour nous assurer qu’il va bien.


La reine approuva d’un hochement de tête. Sans se prépara à sortir, mal à l’aise. Son regard s’arrêta sur Papyrus, qui semblait être sur le point de craquer. Il tendit la main vers son frère. Le squelette se leva pour le rejoindre. Ils disparurent tous les deux, avant de réapparaître dans le hall à l’entrée de la salle du trône.


Sans resta silencieux un moment, avant de se tourner vers son frère.


— Je vais faire ce que je peux pour la dissuader de s’en prendre plus à Undyne, annonça Sans. C’est une mauvaise idée de lui retirer son commandement, elle va péter un câble. Je ne sais pas si je vais pouvoir l’arrêter, mais je vais essayer.


— Merci, Sans… Je… J’aimerais faire plus, mais…


— Tu n’as pas besoin de faire plus, d’accord ? Continue d’être toi-même, et si jamais elle vient se confier à toi… On avisera à ce moment-là, d’accord ? Tu as fait de ton mieux, et peu importe ce qui se passe ensuite, ce n’est pas de ta faute. Undyne est une grande fille, elle peut faire ses propres choix. Tu n’as pas non plus à accepter tout ce qu’elle a fait, personne ne te le demande. Tu es un bon ami, Papyrus, tu n’as fait que chercher à l’épauler pendant tout ça, et si elle ne peut pas le voir, c’est elle le problème, pas toi.


— Alors pourquoi ça fait aussi mal ?


— Parce que tu tiens à elle. C’est normal. Et on va trouver une solution, d’accord ?


— D’accord.




*************




Undyne boîta jusqu’au laboratoire, haletante. Elle avait abandonné son armure dans des fourrés. Le poids du métal était devenu trop lourd à porter sur son épaule blessée. Elle s’était pris de nombreux coups dans sa carrière, mais aucun n’avait fait aussi mal que ce que la balle de pistolet que cet humain lui avait tiré dessus. Elle avait tenté de se soigner avec le peu de magie verte qu’elle connaissait, mais la douleur s’était réveillée à la seconde où elle l’avait appliqué. Elle avait rebroussé chemin, espérant qu’Alphys puisse réparer les dégâts.


Épuisée par le trajet, elle peina à trouver la force de frapper à la porte. Elle n’en eut pas besoin. Alphys l’avait vue arriver sur les caméras et l’accueillit, l’air paniqué.


— Je s-suis désolée ! cria-t-elle. Je ne v… Si j’avais s-su, je n’aurais j-jamais… Je suis désolée ! C’est de ma f-faute, je suis désolée, je suis désolée, j-je…


— Eh, eh ! Arrête. Respire, tout va bien. Ce n’est pas de ta faute. C’est de la mienne. Je n’ai pas réfléchi. J’aurais dû amener un réceptacle pour récupérer l’âme de cette saleté d’humain.


Undyne entra. Alphys avait préparé un plateau dans l’entrée avec des bandages et divers instruments médicaux. La scientifique la fit s’asseoir dans son fauteuil de bureau, et, sans un mot, commença à dégager la blessure. Undyne la laissa faire en serrant les dents. Après un rapide examen, Alphys parut désolée.


— Quoi ?


— La balle est t-toujours à l’intérieur. Je v-vais devoir la retirer. Je vais te d-donner un sédatif, d’accord ?


— Je te fais confiance.


Alphys hocha la tête, et se retourna pour préparer un anesthésiant et un cathéter. Undyne baissa la tête.


— Pourquoi tu les as prévenus ?


Alphys sursauta, nerveuse.


— Je… J’ai eu peur. Il était armé, et il était b-beaucoup plus grand q-que les autres humains qui s-sont tombés. J’avais c-confiance en toi, bien sûr, mais la f-force des humains est t-terrifiante, et il se serait b-battu. Je voulais juste aider, j-je n’ai jamais v-voulu ce qui est a-arrivé.


— J’aurais pu l’avoir sans problème si Sans n’était pas intervenu.


— J-Je sais, mais… Je ne s-savais pas quoi faire d’autre ! J’ai eu p-peur, et je ne v-voulais pas te laisser g-gérer ça toute seule. On v-va trouver une solution, je suis sûre qu’on a-arrivera à raisonner la reine et… Enfin… On pourrait…


— Je vais m’en occuper, soupira Undyne. Elle ne va pas me lâcher, pas vrai ?


— J-je ne sais p-pas.


Nerveuse, Alphys prit la main de son amie et la retourna. Elle tâta son bras un moment avant de planter le cathéter dans une de ses veines. Undyne ne broncha pas. La scientifique administra l’anesthésiant, et en quelques secondes, la femme-poisson sentit la douleur s’effacer. Elle se sentait étrange.


— Tu ne s-sentiras rien, dit Alphys. C’est juste pour endormir ton bras.


Alphys repositionna son bras pour rendre son épaule plus facile d’accès, et commença à étudier la plaie, à la recherche de la balle. Undyne la regarda faire dans un état second. Elle sentait bien qu’on lui touchait le bras, mais c’était comme s’il pesait une tonne. Elle était incapable de le bouger.


— Qu’est-ce q-que tu vas faire m-maintenant ? demanda la femme-lézard.


— J’sais pas, articula Undyne avec difficulté. J’me laisserais pas avoir. Elle peut se mettre le doigt dans l’œil si elle croit qu’elle va pouvoir m’enfermer. J’en ai marre de me battre avec elle. J’en ai marre qu’elle détruise tout ce pour quoi on s’est battu jusque-là.


— Je ne s-sais pas si elle compte t’enfermer. Avec les é-élections, peut-être qu’elle r-renoncera à faire quoi que ce soit. On est d-déjà au bord de la guerre civile, si elle le fait, ça v-va juste relancer les t-tensions.


— Je suis une trop grosse menace, elle va trouver un moyen de m’écarter. J’serai surprise si j’ai encore un job demain. Mais ça m’arrêtera pas. J’en ai plus rien à faire de ses menaces. Je compte bien lui montrer que de nous deux, c’est elle qui a le plus à perdre. J’ai le soutient d’une grande partie des Souterrains. Je pourrai juste marcher dans son palais et prendre le contrôle.


Alphys sortit une petite bille argentée de son bras. Elle la déposa sur le plateau, avant de se reconcentrer sur la plaie pour la désinfecter.


— Undyne, t-tu es sûre de ça ? Ce que tu proposes, c’est…


— Un coup d’État. Je ne la laisserais pas tout détruire, Al’. Même si je dois la dégager de son trône. Ce cirque a assez duré. Je reprends la main. Demain, je rassemble la garde royale, et je vois avec eux comment on reprend le trône. On ne peut plus attendre.


Les mains d’Alphys tremblèrent légèrement. Elle n’avait rien dit quand Undyne avait abattu cet humain, mais de là à parler de coup d’État ? Elle devait gagner du temps pour la convaincre ou… Profitant du fait qu’Undyne ne regardait pas vers elle, elle poussa la seringue d’anesthésiant entièrement. La respiration de la femme-poisson se fit plus longue, alors qu’elle s’endormait paisiblement.


Alphys se sentit immédiatement coupable. Elle ne pouvait pas être complice d’un coup d’État. Peut-être que si… Peut-être que si elle prévenait les autres, ils auraient le temps de s’organiser ? Elle avait besoin de quelqu’un de confiance. Parler à la reine ne ferait qu’attirer plus d’ennuis à Undyne. Elle avait besoin d’une autre personne, qui serait capable à la fois de parler à Undyne sans la brusquer et à la reine sans provoquer de crise politique.


Elle avait besoin de quelqu’un comme Papyrus.



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