Un monde de glace
Quand les âmes cessèrent enfin leur assaut et reprirent leur tourbillon, Arthas tomba sur ses genoux, grognant de douleur et tendant le bras vers Sonulia qui tenait toujours son heaume.
Le peu de force qui lui restait finit par l'abandonner et il s'écroula sur le sol du Trône de Glace, sous les yeux de l'elfe de sang et de Gahahli, tenant toujours le corps sans vie de Bathris dans ses bras, toutes deux vigilantes.
Le Roi Liche déchu se roula sur le dos quand le fantôme de son père, le roi Terenas, se détacha du tourbillon d'âmes et se matérialisa au cheveux de son fils, dont la lueur bleue de ses yeux se dissipa enfin, révélant ainsi les vrais yeux d'Arthas.
Terenas s'agenouilla près de son fils au regard effrayé et le prit dans ses bras, tel un parent rassurant et berçant un enfant qui venait de faire un mauvais rêve.
Après tous les crimes qu'Arthas avait commis, notamment à l'encontre de son propre père dont le fantôme le tenait dans ses bras, et le mal qui leur avait causé à toutes les deux, les deux elfes furent toutes deux déconcertées de voir leur ennemi tel un enfant apeuré dorloté par son père.
Elle le furent d'autant plus quand elle l'entendirent parler non plus avec la voix désincarnée et froide du Roi Liche mais avec sa vraie voix — une voix tremblante.
— Père... Est-ce... la fin ? demanda Arthas en agrippant son père fantomatique à la poitrine dans un dernier sursaut d'énergie.
— Oui, enfin, répondit le roi Terenas en posant une main rassurante sur le gantelet de son fils mourant. Aucun règne n'est éternel, mon fils.
— Je ne vois... que les ténèbres... qui m'entourent, dit Arthas dans son dernier souffle, dont les yeux se révulsèrent et la main tomba lourdement au sol.
Tandis que Terenas ferma avec délicatesse les yeux de son fils décédé et l'allongea avec autant de douceur sur le sol, d'autres âmes se matérialisèrent autour du corps sans vie d'Arthas : Uther, Antonidas, Anestarian Haut-soleil et divers humains, elfes et nains qui avait connu Arthas avant qu'il ne retourna ses armes contre eux, réunis comme pour rendre solennellement un dernier hommage à leur propre meurtrier.
Voyant tous ses fantômes se réincarner, Gahahli et Sonulia cherchèrent désespérément du regard celui de Bathris en vain.
— C'est inutile, mes demoiselles, leur dit l'ancien haut-roi des hauts-elfes comme s'il avait lu dans leur pensées. Celui que vous cherchez n'est pas parmi nous.
— Ayant brisé Deuillegivre avant son trépas, son âme n'est pas conservé dans l'épée, s'empressa de leur expliquer Antonidas. À la place, le Roi Liche l'a directement drainé... et il la retient toujours.
Il désigna le heaume que Sonulia tenait toujours et dont la gemme sertie au niveau du front était considérablement terni. à l'exception d'une petite étincelle qui scintiller faiblement à l'intérieur. La jeune elfe de sang comprit la première que cet étincelle représentait l'âme de son frère entre la vie et la mort, prisonnière du heaume qu'elle présenta aussitôt à l'elfe de la nuit pour qu'elle comprît à son tour.
— Vous ne pouvez rien faire pour l'en libérer ? demanda l'elfe da la nuit au bord du désespoir, tenant toujours sans amant à bout de bras.
— Hélas non, répondit Antonidas navré. Rien que ne soit en autre pouvoir.
— Son sort ne dépend plus que de vous, ajouta Uther. Maintenant que vous savez ce qui vous reste à faire...
— Comment ça ? demanda Gahahli perplexe.
Sonulia regarda à nouveau le heaume qu'elle tenait toujours à la main. Elle semblait avoir déjà compris.
— L'avez vous déjà oublié, ma chère ? demanda Uther à l'elfe de la nuit. Sans le commandement du Roi Liche...
— ... le Fléau sera incontrôlable et deviendra une plus grande menace pour ce monde, finit Terenas qui après avoir allongé son fils décédé s'était relevé et s'adressait à son tour aux deux elfes.
Gahahli fut comme frappée d'un éclair. Elle avait complètement oublié ce détail, avec toute ces agitations précédant et pendant cette ultime confrontation avec le Roi Liche. Elle comprit alors quel était le moyen de sauver l'âme de son amant... mais également d'empêcher le Fléau d'anéantir Azeroth sans la moindre retenue.
Elle fixa d'un regard de détresse les fantômes qui, à l'exception de Terenas, commencèrent à se dissiper et rejoindre les âmes tournant qui elles mêmes commencèrent à disparaître pour vraisemblablement l'Au-delà qui les attendaient tout ce temps.
— Le contrôle doit être maintenu, insista le fantôme du roi de Lordaeron qui commençait à son tour à disparaître pour s'en aller rejoindre ses ancêtres. Il doit toujours y avoir... un Roi Liche.
Les fantômes et les âmes avaient complètement disparus, laissant les deux elfes désemparées sur la plateforme du Trône de Glace, avec un elfe de sang entre la vie et la mort et le cadavre d'Arthas qu'elles ignorèrent royalement.
Comme l'avait si bien dit le fantôme d'Uther, la décision de l'elfe gisant et du monde dépendait d'elles, désormais.
Sonulia contempla tristement le heaume qui retenait prisonnier l'âme de son frère, les larmes lui montant aux yeux. Elle pouvait difficilement se résoudre à ce qu'il convenait de faire.
— Il... Il n'aurait jamais voulu... d'un tel pouvoir, lâcha-t-elle entre deux sanglots. Il l'a dit lui-même... à l'instant.
Contemplant son amant dans un état végétatif, Gahahli ne put que confirmer les propos de l'elfe de sang. Elle avait fréquenté Bathris sporadiquement depuis plus d'un an et elle-même savait pertinemment que celui-ci n'avait jamais été intéressé par le pouvoir contrairement à ses pairs, qu'il avait toujours été plus intéressé par la justice et l'intégrité... et que jamais il ne se serait autant sali les mains que ne l'avait fait Arthas, pas même pour sauver son royaume, qu'il aurait cherché une solution plus noble.
Cependant, elle ne pouvait se résoudre à le laisser dans son état. En bonne chasseresse qu'elle était, elle s'était toujours assurée que ses proies souffraient le moins possible, jusqu'à abrège elle-même leur souffrance. Et elle en aurait de même avec Bathris, malgré toute la peine que cela lui procurerait... si l'enjeu n'était pas aussi important.
Elle scruta alors les environs.
Du haut de Trône de Glace, les deux elfes dominait une bonne partie du Norfendre, de la Couronne de Glace jusqu'à la moitié ouest de la Désolation des Dragons. Au sommet du "toit du monde", qu'elles étaient. Une telle position devait être aussi enivrante que le pouvoir que devait procurer le Roi Liche. De là où elle se tentait, la jeune elfe de la nuit pouvait encore percevoir les agissement des morts-vivants libérés de l'influence de leur maître, libre de servir sans retenue ni contrôle. Et elle savait au fond d'elle qu'elles devaient empêcher cela.
— Mais il aurait fait ce qu'il fallait pour arranger les choses, dit-elle dans un soupir de résignation. Quoi qu'il lui en coûtait.
Cela sembla suffire à convaincre Sonulia qui connaissait assez bien son frère jumeau pour savoir qu'il n'était pas le genre de personne à fuir ses responsabilités et à laisser des innocents souffrir par pur lâcheté.
Les deux elfes s'échangèrent un regard et le cœur lourd, sans dire un mot, elles opinèrent de la tête.
Sonulia s'agenouilla devant son frère que Gahahli galérait à redresser et à maintenir la tête droite pour faciliter son "couronnement".
Les mains tremblantes et les joues frigorifiées par les larmes qui coulaient le long de son visage, la jeune elfe de sang enfila aussi délicatement que possible le heaume du Roi Liche sur la tête de son frère.
Une fois mis, la gemme sertie changea de couleur, passe d'un bleu sertie à un jaune éclatant.
Et à la grande surprise des deux elfes, les yeux de Bathris s'ouvrirent, émettant une leur du même éclat que la gemme avant de se relever. C'était comme si il était de nouveau en vie.
— B... Bathris ? demanda Gahahli d'une petite voix.
— Est-ce... Est-ce vraiment toi ? demanda à son tour Sonulia.
L'elfe de sang tourna son regard vers les deux elfes qui eurent un mouvement de recul. Le visage masqué par le sinistre heaume du Roi Liche, il paraissait soudain intimidant, en plus de leur rappeler leur pire ennemi. Pourtant, sous le heaume, son regard n'avait nullement la cruauté de son prédécesseur, plutôt de la peine et du regret.
— L'elfe que vous avez connu... et que vous avez aimez... n'est plus que l'ombre de lui-même, leur répondit Bathris semblait déformé derrière le heaume et sonnait de plus en plus comme celle du Roi Liche, froide et craquante comme la glace.
C'était pourtant bien l'elfe de sang qui parlait et non plus le Roi Liche. Il avait juste un ton plus solennel.
Il ramassait le Porte-Cendres et la contempla avec tristesse.
— Cette épée... je ne suis plus digne de la porter, désormais, dit-il en la tendant aux deux elfes. S'il-vous-plaît, remettez-la à Tirion et quittez cette endroit. N'y revenez plus jamais. Vous avez encore toute la vie devant vous. Une vie précieuse... Quant à moi, je dois répondre à mon devoir. À partir de maintenant et ce pour toujours, je suis et serais... le Geôlier des Damnés.
Sonulia récupéra l'épée tellement lourde qu'elle dût la prendre à deux mains tandis que son frère se dirigea d'un pas solennel vers le Trône de Glace qui désormais était le sien.
Une fois de plus, Gahahli éclata en sanglot à l'idée que c'était dernière fois qu'elle verrait son amoureux de sa vie. D'instinct, elle serra son ventre dans lequel grandissait un bébé qui ne connaîtrait jamais son père... et qu'elle allait vraisemblablement devoir élever seule, à ses dépens.
— Tu ne seras pas oublié, mon frère ! jura Sonulia voyant son frère gravir les marches vers le trône.
— Il le faut pourtant, lui répondit Bathris qui se tourna pour s'assoir. Le monde ne sera jamais en paix tant qu'il vivra dans la terreur qu'inspirait mon prédécesseur. Personne à part vous ne doit savoir ce qui s'est passé ici... si ce n'est que le Roi Liche est mort.
Il s'assit sur le trône et aussitôt une brume glacé se forma à ses pieds et l'enveloppa de pieds en cap. De la glace se forma également autour du nouveau Roi Liche, sur le point de l'enfermer, comme si le Trône de Glace lui-même se refermer sur son maître.
— Ma chère sœur... Mon amour... Adieu, dit Bathris avant que la glace ne se referma complètement sur lui.
— Je t'aime ! lâcha soudain Gahahli en désespoir de cause juste avant que l'elfe de sang ne pût plus l'entendre à travers la glace.
L'elfe de sang, désormais à la place du Roi Liche, était désormais retenu à l'intérieur même du Trône de Glace. Ses yeux se fermèrent lentement, sur le point de plonger dans un sommeil opaque.
La jeune elfe de la nuit put toutefois entendre à travers la glace — ou plutôt dans sa tête, comme par télépathie — son amant lui répondre : "Je sais."
Les deux elfes restèrent un moment à contempler l'elfe de sang sur son nouveau trône qui, non sans rappeler Arthas, allait s'assurer de la sécurité du monde des morts-vivants dont il avait le contrôle. Elles ne purent qu'espérer que Bathris remplira sa tâche sans accroc ou du moins aussi longtemps que possible.
Puis Sonulia posa la lourde épée à la verticale, se libérant ainsi d'une main qu'elle posa sur l'épaule de Gahahli encore en pleurs.
— Allez, petite sœur, lui dit-elle avec douceur et compassion. Nous n'avons plus rien à faire ici.
*****
Voyant les mort-vivants se relever, les troupes de l'Alliance et de la Horde qui avaient célébrer leur victoire trop tôt se préparèrent à une nouvelle attaque.
Mais à leur grande surprise, au moment où les morts-vivants s'apprêtaient à frapper de nouveau, ils se retinrent aussitôt et finirent par se retirer sans toucher leurs adversaires, les laissant dans l'incompréhension.
— Quelqu'un pourrait m'expliquer ce qui se passe ? demanda Varian avec impatience.
— N'est-ce pourtant pas évident, roi Varian ? l'interrogea Fordring qui, le bras toujours en écharpe, maculé de sang et aidé de Jaina et de Sylvanas pour le soutenir, venait de les rejoindre en gravissant les marches de la flèche de glace. Notre champion a réussi...
— Je l'ai bien vu, rétorqua le roi de Hurlevent. Mais les morts-vivants... pourquoi se retirent-ils soudain ? Ils allaient nous attaquer et puis...
— C'est ce que j'ai tenté de vous expliquer sur le Brise-ciel, l'interrompit Jaina. Sans le Roi Liche pour les commander, le Fléau deviendra incontrôlable. Mais s'ils se retirent...
— C'est que quelqu'un ou quelque chose leur en a donné l'ordre, termina Sylvanas.
— Mais... qui ? demanda à nouveau Varian confus. Vous ne croyez tout de même pas...
Il se tut quand ils virent Gahahli et Sonulia descendre la flèche de glace, transportant à bout de bras le Porte-cendres, suivi du Sabre-de-nuit.
Tous les regardèrent descendre les deux elfes avec à la fois un immense soulagement — particulièrement de la part des aventuriers de l'Alliance soulagés de voir leur sour d'arme saine et sauve — mais aussi une légère appréhension car aucune traced de Bathris Feusoleil. Et les deux elfes avaient toutes la mine grave, comme si elles venaient se présenter à un enterrement.
Une fois qu'elles eurent atteint le palier du balcon, les deux elfes tendirent avec solennité la lourde épée à Fordring qui de se main valide le saisit par le manche et la posa à la verticale au sol, s'en pratiquement d'appui.
— Alors... c'est bien vrai ? leur demanda Tirion bien qu'au son de sa voix, il semblait déjà connaître la réponse. Arthas est... ?
— Il est vraiment parti ? demanda Jaina.
Les deux elfes opinèrent de la tête, le visage grave.
— Je peux le sentir, vint confirmer Sylvanas. J'y sens... comme un vide... au fond de moi.
— Il n'y avait donc aucun moyen de le sauver ? interrogea à nouveau Jaina avec désespoir.
Les deux elfes, toujours le visage grave, secouèrent la tête en signe de dénégation.
— Je crains que je ne cesserai jamais de me poser la question, soupira la jeune archimage.
— Et Bathris Feusoleil ? demanda à nouveau Fordring. Est-il... ?
Gahahli hésita à répondre. Pas tant parce que son amant leur avait demandé de ne rien dire à ce sujet — sachant que tout ceux qui étaient avec elles dans les Salles Gelées et ceux que Jaina ou Sylvanas auront entretemps informé à ce sujet l'auront deviné tôt ou tard — mais surtout parce que les mots furent trop durs pour elle, tant et si bien qu'elle s'étrangla. Pour une fois que ce n'était pas dû à une nausée.
Ce fut finalement Sonulia qui crache le morceau :
— Il est... Il est mort avec le Roi Liche !
Un silence de mort s'installa parmi les troupes de l'Alliance et de la Horde réunis autours de deux elfes. L'incompréhension pour certains, le malaise chez les quelques rares qui avaient compris.
Gahahli serra davantage les mains sur son ventre, non pour retenir une nouvelle envie de vomir ou un quelconque mal de ventre mais plus contenir un sentiment qui la déchirait de l'intérieur et que ce sentiment affecta même le petit être qu'elle portait en elle. Chose qui n'échappa pas à l'attention de ses compagnons d'armes qui s'étaient réunis autour d'elle pour la réconforter en silence.
Ainsi s'acheva la guerre contre le Roi Liche.
— Nous vivons là un jour de fête et de deuil, mes amis, conclut Tirion Fordring.
*****
Dans la cale d'un zeppelin de la Horde, Brotar se réveilla enfin, les poings enchaînés et Baorekh à ses côtés.
L'orc se sentit vaseux et souffreteux, comme s'il avait trop picolé la veille ou s'il s'était fait marché dessus par un troupeau de kodos en furie. Il parvenait à peine à se rappeler des derniers événements qu'il perdit connaissance tant tout était vague dans sa tête. Le bruit des moteurs en marche lui infligèrent un horrible mal de crâne. Ces foutus gobelins et leur infernale machinerie ! Incapable d'inventer quoi que ce soit de silencieux !
— Qu'est ce... Qu'est ce qui m'arrive ? demanda-t-il alors qu'il reprenait peu à peu ses esprits. Où suis-je ?... Qu'est ce qui s'est passé, gol'kosh !
— On t'a libéré de l'emprise du Roi Liche, mon pote, lui répondit le sorcier troll qui veillait sur lui avec vigilance. La guerre est fini. On est venu, on a vu et on a botté le cul au Fléau. Et on en ce moment, t'es à bord du Grand Vent en route pour Orgrimmar... pour que tu sois jugé.
— Jugé ?
— Pour être passé à l'ennemi. Les copains sommes là pour veiller à ton transfert... et les connaissant, ils vont certainement plaider ta réhabilitation. Tu peux t'estimer chanceux, d'ailleurs ! Ton idole, Garrosh voulait t'exécuter sur place pour trahison. Mais Thrall a décidé que tu sois transféré à la capitale dans l'attente de ton jugement. ... Admet que c'est un peu marrant, non ? Que ton idole veuille ta tête au bout d'une pique et que ce soit le chef de guerre que t'as jamais pu blairé qui te sauve la vie !
Brotar n'entendit goutte à ce que le sorcier troll était en train de lui expliquer. Tout ce qui retenait c'est qu'il était enfin libéré de l'influence du Roi Liche — ou plus précisément de Troustan qui s'était arrangé avec son maître pour avoir le contrôle exclusif sur l'orc qui avait causé sa mort. Désormais, la voix du Roi Liche parut plus distante... et même différente, comme si un autre l'avait succédé pendant qu'il était dans les pommes. Voire étrangement familière. Mais elle n'avait plus aucune emprise sur sa personne.
Ce qui faisait au moins une bonne nouvelle... sur dix de mauvaises.
Sans ces chaînes aux poignées et sa situation, il serait libre d'agir comme bon lui semblait, de laisser libre court à sa rage, à sa soif d'action et à ses désirs de combats qui jadis le faisait se sentir vivant et puissant. Une rage et une soif de sang qui ne l'avaient jamais quitté, pas même à la mort du démon Mannoroth. Et en ce moment même, il en avait cruellement besoin car depuis qu'il fut fait chevalier de la mort par l'ancien Roi Liche, il se sentit qu'à moitié puissant, faible et en manque.
Il avait beau tiré sur ses chaînes qu'il aurait briser en temps normal rien qu'en forçant un peu, mais même sans le moindre effort, cela l'épuisait.
— Soif... J'ai... soif, murmura l'orc qui se tenait la gorge.
— T'es assoiffé ? Pas de problème, mon vieux ! rétorqua Baorekh qui commença à fouiller son sac remplit de potions et de gourdes remplies d'alcool. Voyons ce que j'ai là... du vin de Junglevigne, de l'hydromel ogre, du grog gordok, de la bière Rochenoire...
— Je ne veux pas de ces cochonneries, grommela l'orc avec impatience. Du sang... C'est du sang qu'il me faut !... J'ai soif... de sang !
Le sorcier troll contempla le chevalier de la mort orc avec incompréhension et inquiétude. D'habitude, l'orc ne refusait jamais les boissons qu'il venait de lui proposer, il acceptait même de la bibine de gobelin. Quant à la soif de sang qu'il ne cessait de réclamer, il crut comprendre avec effarement à quoi l'orc faisait réellement allusion.