La voix de l'ombre - Livre I : Les murmures du passé

Chapitre 5 : Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois.

Par petiflocon2neige

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Chapitre 5 : Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois.




Le général Hath, qui rentrait de mission après avoir reçu l'ordre de maintenir ses soldats à distance de la Horde qui traversait les montagnes, venait d'apprendre le marché qu'avait passé le roi Perenolde avec la Horde. Il se trouvait dans la salle des cartes, et y avait rejoint le roi sans même y être convié.



Le général maugréa. Il connaissait son roi et la lâcheté dont il savait faire preuve à l'occasion pour servir ses propres intérêts. Mais de là à proposer une de ses filles à ces monstres comme garantie...


Hath tentait de contenir sa colère. Le roi Perenolde savait de quoi il était question : l'affection que le général portait à la jeune princesse qui avait toujours tenté par tous les moyens de se distinguer de ce père égoïste et dédaigneux.


Le roi continua :


Quelle honte, pensa Hath. Une telle bassesse lui ressemblait bien, après tout. Il essayait de se disculper, une fois de plus.


À peine plus calme, le général continua :


Le général ne dit rien. Il était vrai qu'Alterac aurait pu opposer une défense farouche aux orcs, un temps. Mais la Horde aurait évidemment finit par passer les murs et leurs défenses. Cette vérité était bien amère.


Le roi reprit :


Il était notoire que Perenolde n'était pas plus attaché à ses filles que cela. Il s'était davantage intéressé à l'éducation de son fils, le prince Aliden, son héritier. De plus, la princesse Keera n'étant que sa fille adoptive, qui n'avait eu de cesse de lui renvoyer ses faiblesses à la figure, elle ne devait pas représenter une grande perte à ses yeux.

Quel gâchis, pensa-t-il.


Devant la mine déconfite de son officier, Perenolde s'amusa :


Cela aussi, le roi le savait bien. Mais qu'y pouvait-il. Il devait assurer sa sécurité, et celle de son peuple.


Hath salua froidement le roi, puis tourna les talons et quitta la salle des cartes.


Furibond, le roi donna un coup sur la table. Après tout, ses officiers lui devaient le respect. Et ce quelques soient ses décisions. Ils avaient prêté allégeance, par la Lumière !


Après quelques minutes, un soldat vint au rapport :


Cette information était très intéressante. Il avait omis la présence toute proche de Dalaran, et de ses mages qui pouvaient accessoirement informer l'Archimage Antonidas de ses accords avec la Horde.

Il invita le messager à poursuivre par un geste de la main.



En effet, le Chef de guerre se montrait très prudent. Cela lui avait échappé jusqu'alors, mais il semblait que cet orc faisait preuve d'une grande intelligence, pour une bête sauvage. À la vérité, il s'en été aperçu sans même y avoir prêté attention. Le chef orc pouvait se montrer très perspicace en réalité, de ce qu'il avait pu en juger lors de sa venue en Alterac.


Se pourrait-il qu'il gagne cette guerre, finalement ? Cela était fort probable.


Fort de cette conclusion, le roi prit une décision :


Le messager sortit aussitôt de la pièce après s'être incliné devant le roi.


Il fallut à peine quelques minutes à l'agent secret Marland pour apparaître par un mur caché de la salle des cartes. Grand et élancé, il présentait une longue cicatrice qui lui zébrait le visage. Il se déplaçait aussi silencieusement qu'un chat, et avait toute la confiance de son maître.



Il savait son agent totalement dépourvu de scrupules, aussi sa réponse ne l'étonna pas le moins du monde :


L'agent secret sortit aussi silencieusement qu'il n'était entré, puis disparut.

Le roi s’enorgueillissait de pouvoir compter sur de tels agents, parfaitement obéissants du moment que l'or coulait à flot. Si tout pouvait toujours être si simple, il n'aurait pas à souffrir d'officiers à l'honnêteté malavisée, et tout à fait inappropriée en temps de guerre.

Que pouvaient-ils donc savoir du poids des responsabilités qui incombaient à un roi ?


W


Dans ses appartements, tout à ses affaires, Perenolde se tenant bien droit et fier devant un miroir psyché, disposé dans l'angle de la pièce. Vêtu d'un nouvel habit, il aimait l'image qui se reflétait. Le rapport de Marland lui était rapidement parvenu : tous les mages qui s'étaient trouvés sur les terres alteraciennes avaient été éliminés. Voilà qui allait ravir le Chef de guerre orc, pensa-t-il.

Au lever du jour, il fera envoyer un oiseau messager au chef des orcs afin de lui faire savoir qu'il n'a plus à s'inquiéter de la présence de sorciers dans les parages. Il renouvellera sa promesse de coopération et demandera à ce que le message soit brûlé.


Car, lorsque le chef orc aura gagné la guerre, il lui proposera un pacte officiel et revendiquera ensuite les terres de Lordaeron, desquelles il deviendrait le protecteur.

Installé sur le trône, il sera roi d'un royaume bien plus vaste, comme il en rêve depuis toujours.


Il contempla alors sa chambre, une pièce assez spacieuse et dont les murs étaient ornés de tapis luxueux. Ses draps de satin comptaient un certain nombre de conquêtes, volontaires ou non d'ailleurs, mais toutes avaient dû se montrer honorées envers leur roi.

Plus que quelques jours avant la chute de Lordaeron, puis des armées de l'Alliance, dont il n'avait de toute façon jamais cautionné la formation. Ainsi, il assurait ses propres arrières tout en ne laissant aucune trace de sa traîtrise. Car le général Hath avait raison, il s'agissait bien de conspiration. Et seuls ceux qui prenaient l'initiative pouvaient l'emporter.




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