La voix de l'ombre - Livre I : Les murmures du passé

Chapitre 25 : Un plan bien ficelé

Par petiflocon2neige

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Chapitre 25 : Un plan bien ficelé.



La saison auprès des Loup-de-givre passa très vite, si bien que Keera et Orgrim purent repartir sans la guidance d'Oreille-sage, car la neige avait fondu à vue d’œil. Bien que toujours enneigé, le paysage montrait les premiers signes de la belle saison, par ses bourgeons naissants ci et là, dans de rares coins de verdure.


Marchant côte à côte, le couple traversait la plaine en prenant soin d'apprécier le panorama. Les rayons du soleil baignaient la fine couche de neige au sol et s'y reflétait, tandis que tous deux s'avançaient en accord.

Les Loup-de-givre étaient un clan généreux et empreint d'une déférence que l'on accorderait davantage à d'autres peuples, que l'on qualifierait de plus civilisés. Cependant, il était indéniable aux yeux de Keera que les principes ne pouvaient être liés à une race, ce serait bien trop réducteur. Et ce clan en était la preuve.


Le couple marchait depuis plusieurs heures, ils pouvaient donc faire une halte en attendant de trouver une solution ou un chemin qui leur permettrait de quitter ces montagnes, si possible par les airs.

Calés contre la base de la montagne, ils s'installèrent sur un rocher et entamèrent leurs vivres.

Orgrim termina de mâchouiller son morceau de viande de bélier séchée et annonça :



Il scruta sa compagne :


Un homme apparut plus loin, seul et tenant le fourreau où reposait sa longue épée à peine dissimulée sous sa cape. Encapuchonné, et à cette distance, difficile d'identifier l'humain. Orgrim et Keera restèrent sur la défensive.



Soudain, Keera sentit un point sur sa poitrine.



Orgrim s'approcha de sa compagne qui s'était avancée.


Le seigneur Perenolde s'avança de quelques pas, et se présenta :


Perenolde se contint. Bien que l'orc ait raison, il ne pouvait tolérer une insulte venant d'une telle créature. Mais il se savait plus intelligent que son père, et il ne souhaitait pas saboter son plan par arrogance.



Orgrim et Keera se regardèrent, puis le fixèrent, l'air suspicieux. Devant leur incertitude, Aliden développa :


Orgrim se cambra et commença à s'élancer, mais Keera le retint par le bras.


Keera réfléchit. Elle n'avait jamais été proche de son demi-frère, et n'était pas sûre de pouvoir lui faire confiance. Elle dévisagea Orgrim qui la fixait, attendant son avis à propos de ce marché.


Elle inspira profondément, et se lança :


Aliden resta interdit. Sa réponse pouvait-elle influencer le choix de Keera ? De toute façon, que risquait-il à lui dire la vérité, si ce n'est peut-être la gagner à sa cause :


Choquée, Keera se raidit, les yeux grands ouverts. Indigné, Orgrim le toisa.


Malgré le choc, Keera devinait où son frère voulait en venir. Il essayait d'incriminer les orcs, et par extension Orgrim, pour la rallier à sa cause. C'est pourquoi il venait de perdre toutes ses chances :


Frustré de n'avoir pas convaincu sa sœur, bien qu'il s'y était attendu, Aliden se renfrogna légèrement.


Le jeune seigneur partit dans la brise tiède qui caressa le visage de Keera, comme pour essuyer les larmes qui coulaient chaudement sur ses joues.

Orgrim l'entoura de ses bras, et observa lui aussi l'humain disparaître.


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Le choc de la nouvelle était passé, mais Keera conservait une mine maussade. Orgrim la laissa respirer, et observait les environs. Malgré tous les beaux discours de Perenolde, l'orc avait trouvé étrange qu'il n'insiste pas davantage pour obtenir leur aide. Il en parlerait à Keera lorsqu'elle irait mieux.

Cela faisait des heures qu'ils marchaient vers l'est. Malgré leur capacité à avancer en toute discrétion, ils avaient dû combattre deux énormes yétis des montagnes, et éviter un groupe d'ogres.

Keera connaissait un chemin au nord qu'ils pourraient emprunter, et rejoindre ensuite leur ferme abandonnée quelques temps.


Alors qu'il scrutait l'horizon, Orgrim entendit un bruissement d'ailes battant les airs qui se rapprochait d'eux. Keera se retourna.


Brusquement, Orgrim se raidit tandis que le griffon, car c'était un griffon, se posait un peu plus loin, déposant un homme qui s'élança vers eux, une hache à la main.


L'homme était grand, les cheveux grisonnants, et portait une armure complète. Keera se prépara à saisir sa dague lorsqu'elle le reconnut :


Orgrim posa sa main sur le marteau-du-destin en fixant le général de ses yeux plissés, mais Keera s'interposa :


D'autres griffons apparurent, et leurs cavaliers jaillirent comme l'éclair pour encercler le couple. Cette fois, Walmor ne se contenta pas seulement de ses soldats d'élite pour les capturer, mais également de sorciers puissants qui emprisonnèrent les pieds et les poings de l'orc à l'aide de chaînes arcaniques avant qu'il ait pu saisir le marteau-du-destin.

Keera voulut sauter à la gorge d'un des mages, mais des fragments de givre couvraient ses bottes et l'immobilisèrent. Voulant aider sa compagne, Orgrim lança son cri de guerre, et tenta de se dégager. Mais ses liens magiques ne pouvaient être défaits. Il considéra Keera qui le fixait également, la mine sombre et excédée.


Fier de son succès, Walmor s'avança vers la princesse, elle aussi entravée de liens arcaniques, l'enveloppa de ses bras massifs, et fixa l'orc :


Walmor laissa la princesse et s'avança vers l'orc :


Le général Hath observait la scène, complètement perdu.


Hath examina la jeune princesse que les soldats emmenaient. Elle lui rendit son coup d’œil, l'air affligé, et lui lança :


Sur cs mots, elle fut emportée par les agents d'élite qui l'encadraient. Hath s'avança dans sa direction, mais fut retenu par le bras :


Walmor lui lança un sérieux coup de poing au visage pour le faire taire. Hath encaissa le coup, mais recula de quelques pas. Les deux hommes se toisaient.



Le général Hath resta pantois. Comment osait-il y faire allusion, après tout le déshonneur dont il l'avait couvert, quinze ans plus tôt ? Quel homme ignoble, tellement ignoble qu'il se demanda comment il avait pu lui confier son cœur un jour. Il venait de lui rappeler combien il était capable de le détruire, ce qu'il avait déjà fait une fois.

Totalement dépité, écœuré, et surtout trahi, Hath le fixait mollement, presque chancelant.


Devant ce spectacle, Walmor préféra conclure :





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