La basse saison touchait à sa fin. Keera et Orgrim avaient narré leur rencontre avec un nain explorateur, une race encore très méconnue des Chanteguerre. Ils s'en étaient tenus aux faits, et à la possibilité pour Keera d'en apprendre sur son identité et son passé. Grommash leur avoua que lui aussi se questionnait au sujet de sa force physique, mais, qu'au-delà de ça, il ne voyait pas en quoi elle était étrange. Les Chanteguerre n'avaient aperçu que de rares elfes jusqu'à présent, et manquaient de points de comparaison pour réaliser sa singularité.
Keera lui parla alors du message qu'elle avait reçu, et de l'importance de se rendre au point de rencontre.
Elle sourit à Grom, ce qui le troublait toujours. Les orcs ne souriaient que rarement, et le plus souvent pour exprimer le plaisir de tuer.
Le message d'Hermand disait qu'il camperait près de Dun Algaz pour les attendre. En effet, à la base de Dun Algaz, plusieurs campements nains avaient été installés, protégeant ainsi le passage vers Loch Modan. Ce qui signifiait qu'ils devraient s'avancer avec prudence.
Il fallait reconnaître aux Chanteguerre leur entrain à festoyer. Sur Draenor, lors du festival Kosh'harg, Orgrim se souvenait bien du clan le plus bruyant et frénétique lorsqu'il s'agissait de célébrer. Les Chanteguerre n'étaient pas non plus les derniers à provoquer les autres clans, faisant l'objet de vives remontrances, car Kosh'harg se tenait en Nagrand, considérée comme une terre sainte. Toute effusion de sang ou acte de violence y était donc prohibé durant le festival.
Orgrim dût même refuser plusieurs outres de vin que lui tendait un Grommash légèrement éméché, histoire de ne pas être trop embrumé au lever du jour.
La plupart des Chanteguerre dormaient encore, ronflant bruyamment suite aux festivités qui avaient duré jusque tard dans la nuit.
Les oiseaux chantaient les louanges d'un bel hiver qui déclinait, laissant place aux bourgeons prêts à éclore aux premiers rayons du soleil.
Keera et Orgrim firent leurs adieux à Grom, ainsi qu'à Ethrok qui, visiblement, peinait à émerger.
Orgrim lui avait expliqué que le terme « Na'an » pouvait signifier un lien de parenté, ou un rapport de tante à neveu, comme chez les humains. De par son lien avec sa mère, Tula, Keera représentait une figure plutôt maternelle pour le jeune orc, et un adulte proche.
Grom lui rendit son sourire sinistre, et se tourna vers la princesse qu'il épaula également :
Elle posa sa main sur la sienne, déjà posée sur son épaule. Cette scène toucha Marteau-du-destin, rejoint par Ethrok qui lui aussi observait la scène.
Tout en s'éloignant aux côtés de Keera, Orgrim jura :
Affublés d'une longue cape de cuir dont le capuchon cachait leur identité, Keera et Orgrim s'approchaient du point de rencontre proposé par Hermand. Les vapeurs émergeant des marécages se réchauffaient, tandis que quelques cadavres de gnolls jonchaient les rives suite au passage du couple.
Plus loin, ils pouvaient apercevoir un campement au pied de la montagne. Ils s'arrêtèrent néanmoins là où ils avaient laissé Hermand la dernière fois. Keera demanda au vent de lui confirmer qu'il s'agissait bien de leur ami quand ils furent rejoints par un petit homme barbu :
Elle lui serra la main, puis le nain la tendit vers Orgrim qui le regarda d'un air déconcerté.
Orgrim empoigna alors la main du nain et la serra fermement. Hermand répondit à son empoignade virile en serrant à son tour. Il semblait heureux de les retrouver.
Jetant un œil alentours, Hermand leur proposa de le suivre jusque sa tente.
Sous la tente, des objets très étranges étaient disposés sur une table de bois. Son équipement d'archéologie était rangé en biais contre un pan de la tente, près de sa couche.
Hermand les accueillit :
Keera et Orgrim s'assirent donc sur une sorte de toile tendue au sol. Même assis, Orgrim était bien plus grand qu'Hermand. Tous deux scrutaient leur environnement, et Keera demanda avec une certaine impatience :
Hermand se tourna vers eux, leur offrant un pichet de bière naine qu'ils acceptèrent. Il s'assit en face et répondit :
Le voyage leur prit plusieurs jours. Il fallut quelques haltes, le temps que le griffon d'Orgrim reprenne son souffle, peu habitué à un tel poids, bien que Keera et Hermand transportaient le marteau-du-destin pour alléger son fardeau.
Loch Modan était belle et verte, et Hermand prit la peine de les faire survoler le Loch, énorme lac qui traversait la contrée, majoritairement habitée de nains.
Hermand logeait dans une petite maison située derrière les montagnes à l'est de Thelsamar, la capitale de la région. L'endroit semblait tranquille, comme l'avait fait remarquer le nain.
Arrivés à bon port, ils laissèrent partir les griffons et marchèrent en direction de la « masure » d'Hermand. Orgrim se demanda alors s'il allait pouvoir s'installer dans un logis si petit.
La maison, entièrement faite de briques, était de forme ronde et partiellement enfoncée dans la montagne. Le toit était plat et recouvert de verdure.
En réalité, l'intérieur de la maison était plus spacieux qu'elle n'y paraissait de l'extérieur. Divisée en deux pièces, la pièce de vie comprenant table, tabourets et une sorte de secrétaire rempli de livres et de parchemins. La chambre composait la seconde pièce.
Le couple fit un tour d'horizon de l'intérieur, puis Orgrim demanda :
Puis ils quittèrent la maison à la recherche du gibier promis.