La voix de l'ombre - Livre I : Les murmures du passé

Chapitre 34 : La légende du nord

Par petiflocon2neige

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Chapitre 34 : La légende du nord.





Après plusieurs jours à attendre l'ami d'Hermand, Orgrim avait pris l'habitude d'aller chasser l'ours, animal assez grand à dépecer, et dont la peau constituait une couche soyeuse et chaude.

Keera et Hermand discutaient donc, seuls dans la maisonnée du nain.

Keera sourit à la question qu'il venait de lui poser.



Hermand savait, de par son expérience et ses connaissances historiques, que d'une histoire découlait souvent plus d'une version. Et, pour avoir côtoyé Orgrim depuis un moment, il devait bien admettre que certains d'entre eux étaient doués de raison.



C'était le rêve d'Orgrim, pensa Keera. Libérer son peuple et le guider vers une terre qui serait la leur. Pratiquer leurs anciennes coutumes et élever les prochaines générations. Ce dont elle doutait en ce qui concernait la lignée des Marteau-du-destin.


Hermand la vit masser son ventre, perdue dans ses pensées.


La question était en effet très personnelle, et elle dérouta Keera quelques instants. Elle réfléchit, et dit :


Le nain se faufila hors de la maison, l'air joyeux. Keera et Orgrim lui emboîtèrent le pas, impatients de savoir s'il s'agissait réellement de son ami.

Plus âgé qu'Hermand, la barbe plus courte et soigneusement entretenue, le nain qui chevauchait son bélier dans leur direction transportait deux lourdes besaces. Tous deux l'observèrent tandis qu'Hermand lui fit signe.

Le nain arriva à leur hauteur et les scruta. Tout en descendant de sa monture, il dévisagea Orgrim, l'air suspicieux.



Dagor les observa, puis s'attarda sur Keera :


Légèrement mal à l'aise, Keera croisa ses bras sur sa poitrine.


Son accent était moins prononcé que celui d'Hermand, à la grande joie d'Orgrim.


W



Assis près d'une marmite dans laquelle mijotait un ragoût, tous les trois écoutaient Dagor avec attention.


Dagor tendit un ouvrage qui semblait avoir traversé les âges. Elle l'ouvrit délicatement, et commença à le parcourir. Plusieurs autres étaient empilés, enroulé dans un tissu pour les protéger.


Le lendemain, lorsqu'Orgrim se réveilla, il trouva Keera à ses côtés, parcourant l'un des ouvrages « emprunté » par Dagor.


Le temps s'était adoucit, mais, bien que le soleil donnât dès le lever du jour, l'air était encore frais. Keera s'installa contre un rocher recouvert de mousse. Assise en tailleur, elle posa précautionneusement l'énorme livre qu'elle avait choisi et en caressa la couverture. Elle l'ouvrit, et en débuta la lecture.

Tandis qu'elle lisait à haute voix, Orgrim s'avançait vers elle. Brusquement, il s'arrêta. Silencieux, il observait Keera qui lisait.


Plus loin, Hermand sortit de sa maison, la pipe au bec.


Orgrim ne réagit pas. Hermand le fixa, puis regarda dans la même direction. Keera lisait tout haut un vieil ouvrage... dans une autre langue.


Hermand se retourna et courut vers la maison. Il en sortit quelques secondes plus tard, accompagné de Dagor.

Tous deux s'arrêtèrent à hauteur de l'orc, et écoutèrent.



W


Le ciel était tapissé d'étoiles qui éclairaient la nuit. Et, tandis que les animaux des environs partaient se cacher pour échapper aux prédateurs nocturnes, le petit groupe s'était réuni dans la maisonnée.

Keera, qui ne s'était pas aperçue qu'elle avait parlé dans une autre langue, avait passé une partie de la journée à traduire l'ouvrage qu'elle lisait le matin et dont le titre n'était pas lisible. Il s'agissait d'une langue inconnue et très ancienne, dont même les nains n'avaient entendu parler. Ce qui semblait attester de son appartenance à une race disparue très ancienne.


Cependant, cela n'expliquait pas tout.


Les deux nains restèrent bouche bée. L'orc avait fait une boutade. Et, d'après la tête stupéfaite qu'ils présentaient, Keera ne put s'empêcher de sourire. Elle savait qu'à l'occasion, il pouvait faire preuve d'humour. Mais, jusqu'à présent, il ne se l'était jamais autorisé devant d'autres personnes à part elle. Cela prouvait qu'il se sentait à l'aise parmi leurs nouveaux compagnons.



Afin de poursuivre dans cette ambiance plus détendue, Hermand sortit un tonneau de bière naine qu'il servit en abondance. Après tout, les nains étaient réputés pour leur personnalité joviale et burlesque. Et surtout, leur attrait pour la bonne bière.



Orgrim ne comprit pas :


Devant la mine renfrognée d'Orgrim, qui n'avait toujours pas compris, Hermand précisa :


Orgrim lança un regard vers Keera qui lui sourit, et poursuivit son travail de traduction, dans une cohue plaisante, qui frôlait à présent l'irrévérence.






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