Sur le dos de son Féligre mordoré, Faëline survolait les étendues boisées des Rivages de l'éveil. Elle avait largement sous-estimé la distance qui la séparait de sa destination et le trajet lui parut interminable.
Néanmoins, la Sin'dorei n'eut pas trop de mal à trouver le camp de base de la Griffe noire. Elle ne s'attendait cependant pas à y rencontrer autant de monde. Oh bien sûr l'Elfe savait que, en dehors de Gauche et Droite, son époux avait d'autres agents à son service mais elle n'avait jamais envisagé qu'ils puissent être aussi nombreux. Le Prince noir possédait sa propre milice. À peine avait-elle été aperçue par le Vulpérin qui montait la garde à l'entrée du campement que la nouvelle de son arrivée s'était répandue comme une traînée de poudre.
La Griffe noire comptait dans ses rangs des représentants de toutes les races d'Azeroth et ses membres semblaient vouer une grande admiration au Maître-chasseur.
Cette situation mit la chasseresse mal-à-l'aise. Elle ne s'était pas imaginée recevoir un tel accueil et tenta de se concentrer sur l'objet de sa venue au Rempart d'obsidienne : trouver Irion et avoir avec lui une discussion à propos de ce qu'elle avait apprit d'Alexstrasza.
Lorsque l'Elfe de sang atteignit le centre du campement elle y trouva son époux mais il n'était pas seul, la squammandante Ardenthal était en grande conversation avec lui.
Apercevant alors sa compagne, Irion vint à sa rencontre et le sourire qui éclairait son visage s'élargit lorsqu'il la prit dans ses bras. Il caressa tendrement son visage puis captura ses lèvres avec passion.
Ils rejoignirent la Dracthyr qui n'avait pas bougé d'un pouce et les deux femmes se saluèrent respectueusement. Le Prince noir invita alors l'Elfe à admirer le panorama qui s'offrait à leurs yeux. Faëline la vit ainsi pour la première fois. Masse sombre et imposante, la citadelle d'Obsidienne se dressait menaçante à l'horizon.
Irion avait déclaré cela si solennellement et avec tant de détermination qu'un frisson glacé remonta le long de la colonne vertébrale de la chasseresse. Mais ce désagréable pressentiment s’effaça rapidement lorsqu'il ajouta d'un ton plus chaleureux :
La Sin'dorei accepta l'offre bien volontiers et après avoir prit congé d'Ardenthal, le couple prit la direction d'un bâtiment en ruine. Ce dernier était toutefois encore suffisamment stable pour servir d'auberge de fortune.
Bafouillant de surprise le Maître-chasseur se reprit rapidement et s'excusa auprès du Pandaren qu'elle avait connu de nombreuses années auparavant.
L'aubergiste, qui n'avait pas prit ombrage de la situation, adressa un clin d’œil complice à l'Elfe de sang avant de lui répondre d'une manière presque sibylline :
Mais devant l'air faussement innocent qu'affichait le jeune Dragon noir, elle abandonna la partie. Ils passèrent une plaisante soirée, dégustant de délicieuses nouilles sautées qui ravivèrent en eux d'agréables souvenirs.
Faëline décida d'en profiter pour aborder le sujet dont elle souhaitait s'entretenir avec son époux. Mais il s'était déjà levé et s'était rapproché d'elle pour l'embrasser. Puis l'entraînant à sa suite, il la conduisit à une chambre préparée à leur intention. Irion s'empressa de refermer la porte derrière eux et avec tout autant d'empressement, il déshabilla la chasseresse.
Pour toute réponse la Sin'dorei laissa échapper un gémissement de plaisir et ils se retrouvèrent bientôt allongés tous deux sur le lit.
La pression du sexe dur de son amant contre sa féminité lui fit instinctivement cambrer les reins et une chaleur traîtresse l'embrasa. Son corps entier vibrant de désir, Faëline décida qu'après tout leur discussion pourrait bien attendre le lendemain.
De nouveau, Irion embrassa la pointe de son sein tout en glissant ses doigts entre ses jambes. Lorsqu'elle gémit, il se mit à la caresser intimement et l'Elfe dut se faire violence pour ne pas le supplier de la prendre rapidement.
Puisque son amant désirait tant se faire pardonner, le Maître-chasseur allait en profiter et prendre un maximum de plaisir. La nuit ne faisait somme toute que commencer.
*****
Le lendemain lorsqu'elle s'éveilla aux premières lueurs de l'aube, Faëline était seule dans la chambre. Pendant qu'elle faisait ses ablutions, Tong le Mitonneur lui prépara un copieux petit déjeuner qu'elle prit le temps de déguster en sa compagnie. Parler de la Pandarie la rendit quelque peu nostalgique. Heureusement les anecdotes du Pandaren la firent tellement rire aux éclats que ce fut d'excellente humeur qu'elle partit à la recherche de son compagnon. L'heure avait beau être matinale, le camp était déjà en pleine effervescence. Elle ne trouva pourtant nulle trace d'Irion.
La Sin'dorei aperçut Ardenthal qui observait la citadelle au loin. Elle se rapprocha de la Dracthyr qui se retourna en l'entendant arriver.
Les deux femmes commencèrent par interroger Fao l' Acharné, le Maître-espion de la Griffe noire. L'ancien Pandashan fut ravi de leur intérêt.
En lisant les parchemins étalés devant elle, Faëline reconnut tout le talent militaire des légendaires gardiens de la Pandarie. Le plan de Fao était bon mais ils n'avaient malheureusement pas les moyens de le mettre en œuvre.
Ardenthal soupira avant de déclarer :
Le museau planté dans une montagne de livres et de vélins, la Draconide ne semblait pas les avoir remarquées. Quand elles se présentèrent à elle, Edress sembla ravie.
D'autant plus que celui-ci découlait sans aucun doute de la relation très spéciale qu'elle entretenait avec le plus jeune des fils de Neltharion.
Reconnaissante envers la squammandante pour sa diversion, la chasseresse ajouta :
La Traque-serre Kavia dévisagea la Sin'dorei sans la moindre retenue. La chasseresse détesta la sensation d'avoir été mise à nu par une parfaite inconnue. Pire, elle se sentait idiote car tous au Rempart d'obsidienne semblaient bien la connaître alors qu'elle, elle ignorait presque tout d'eux.
Le Maître-chasseur n'apprécia pas du tout le ton employé par l'Elfe du vide. À la façon dont cette dernière avait prononcé sa phrase, Faëline eut la désagréable impression d'avoir été jugée et recalée sans avoir pu faire ses preuves. C'était comme si la femme en face d'elle avait été déçue par ce qu'elle avait découvert. Comme si elle jugeait la Sin'dorei indigne de l'intérêt que lui portait le Prince noir. En plus Kavia semblait très bien connaître son amant...
Faëline se gourmanda mentalement de réagir en adolescente jalouse. Mais peut-être l'était-elle un peu... Tâchant de garder bonne contenance, l'Elfe de sang fit comme si de rien n'était et interrogea la Ren'dorei sur les Djaradins stationnés en contrebas.
La squammandante Dracthyr jeta un œil avant de s'exclamer :
Tout en faisant le point sur ce qu'elles venaient d'apprendre, Faëline et Ardenthal étaient revenues à leur point de départ. Irion n'étant toujours pas de retour, la chasseresse en profita pour questionner la Dracthyr au sujet de son amie Xérestrella.
Revêtant sa forme anthropique, il enlaça amoureusement l'Elfe et Faëline lui exposa les résultats de leurs recherches.
Le Prince noir était aussi fébrile qu'un enfant attendant la venue du Grand-père Hiver et lorsqu'il repartit observer leurs ennemis, la Sin'dorei n'essaya pas de le retenir. Elle s'était fait une raison et attendrait un moment plus propice afin de lui parler comme elle le désirait.
Elle le connaissait depuis suffisamment longtemps pour savoir que, bien qu'il affirmait le contraire, son époux prendrait d'assaut la citadelle sans tenir compte des avis rendus. Et cela malgré les mises en garde et les faibles chances de réussite.
La chasseresse prit donc la décision d'occuper sa journée utilement. Certains agents de la Griffe noire lui avait proposé de s’entraîner avec eux, ce qu'elle avait accepté bien volontiers. En fin de compte, c'était une façon comme une autre de passer le temps.