Un monde en feu

Chapitre 2 : Des gobelins à Orgrimmar

3670 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 13/10/2026 13:01

Le navire venait d'accoster sur la rive est de la région aride de Durotar aux terres rougeoyantes, à quelques pas de la cité fortifiée d'Orgrimmar, la capitale des orcs.

À son bord, un peuple entier de gobelins venant de l'île de Kezan étaient en train de débarquer.

Beaucoup d'entre eux furent plus que soulagés de retrouver le plancher des vaches et de trouver enfin une terre d'accueil, un asile, après avoir récemment perdu leur île natale lors d'une éruption volcanique pendant le Cataclysme. Sans parler du voyage mouvementé qui s'en était suivi à travers les Mers du Sud et sur les Îles Perdues où ils furent secourus et recueillis par la Horde.

Parmi ces rescapés, un jeune gobelin — dans le sens où il avait encore toutes ses dents — vêtu de ce qui fu autrefois un smoking désormais en lambeaux, Doruk Jr Dynamito. C'était le fils d'un ingénieur talentueux, Doruk Sr, qui avait monté sa propre entreprise tant il avait eu du succès. Il était accompagnée de Yezabella, l'ancienne comptable de son père, également experte en magie noire, et de Gobber, son garde-du-corps hobgobelin — un immense gobelin mutant, conçu par les alchimistes gobelins pour être plus fort et plus imposant mais guère plus intelligent qu'un ogre avec une gueule de bois.

Et de tous les gobelins qui venait de débarquer à Orgrimmar, il était le plus heureux de retrouver la civilisation. Si pour ses compatriotes, leur arrivé à la capitale des orcs signait un nouveau départ, pour lui c'était la fin d'un cauchemar.


Étant né sur l'île de Kezan, dans la cité portuaire de Baille-Fonds, avec une cuillère en or dans la bouche, il n'avait jamais ressenti le besoin de travailler et passait ses journées à organiser des fêtes et draguer de jolies gobelines, grandissant ainsi dans l'oisiveté au grand dam de son père qui espérait en vain le voir se prendre en main et gagner sa vie par ses propres moyens.

Il était en train de fêter son anniversaire quand sa petite vie tranquille bascula, quand le volcan de l'île, le Mont Kajaro, entra en éruption et obligea les gobelins de Baille-Fond à quitter l'île par bateau. Malheureusement, l'unique bateau disponible était le yacht personel du Prince marchand Gallywix qui non seulement dirigeait le cartel mais était aussi un vrai requin, un monstre de cupidité qui détestait la concurrence et saisissait la moindre opportunité, aussi ignoble fût-elle, de se faire de l'argent ou de se débarrasser d'un rival. Et les gobelins vivant en ploutocratie, c'était le plus riche qui par essence faisait la loi. Pour que son fils pût embarquer à bord du yacht, le père de Doruk dût sacrifier toutes ses économies et fît le choix de rester sur l'île, dans son atelier où il avait fait son succès et sa fortune, estimant que son heure était venus. Ce que Doruk et son père ignoraient cependant était qu'une fois les gobelins embarqués et dépouillés, ils étaient enfermés à fond de cale, destinés à l'esclavage.

Mais le cauchemar ne faisait que commencer pour Doruk quand le yacht de Gallywix se perdit dans les Mers du Sud et fut pris dans une bataille navale entre la Horde et l'Alliance et fit naufrage sur les Îles Perdues. Les mers étaient infestés de requins et ces îles tropicales et verdoyantes grouillaient de bêtes sauvages tel que des singes, des panthères, des dinosaures, en plus d'être habités par une tribu de pygmées qui étaient tous sauf hospitaliers. De la verdure, des bestioles, des bêtes sauvages, une tribu primitive, tout ce que le gobelin haïssait. Heureusement qu'il avait encore son garde du corps et l'ex-comptable de son père pour assurer ses arrières et pouvait compter sur la force colossale de l'un et la magie de l'autre. Et sans l'intervention de la Horde guidé par une orc chaman du nom de Thrall, les gobelins de Baille-Fond seraient encore sur ces îles infernales, à la merci de pygmées, de l'Alliance ou de Gallywix à qui Thrall dût donné une leçon d'humilité pour qu'il pût rejoindre la Horde avec son peuple qu'il avait tenté de réduire en esclavage.

Une fois qu'ils prirent le large pour atteindre Kalimdor, Doruk se jura de ne plus jamais remettre les pieds sur ces îles de malheur. Ou alors ce serait pour tout raser et bétonner, quand il sera à nouveau riche. Car si la verdure et le monde sauvage étaient l'enfer pour lui, l'urbanisation était le paradis à ses yeux.

Il jura également qu'il se vengerait de Gallywix pour l'avoir ruiné, qu'il le détrônerait un jour ou l'autre en se faisant plus d'argent que lui. Et être Prince marchand à la place du Prince Marchand était une perspective qui plaisait à Doruk.


Quand il arriva devant les portes de la ville fortifiée d'Orgrimmar, aux murs hérissés de pointes, Doruk sentit enfin que le cauchemar. Fini la jungle et les bêtes sauvages, finis les indigènes, retour à la civilisation, la vraie, bien que rustique. C'était toujours mieux que la jungle, grouillant de bestioles et de bêtes sauvages, avec des cabanes en bois pour maison.

En franchissant les portes, ils débouchèrent sur le quartier le plus animé de la ville, la Vallée de la Force, avec ses tavernes, ses boutiques, son armurerie, sa banque et sa maison de ventes. Il y avait déjà de quoi se faire une petite fortune avec ses établissements.

— Les amis, cette fois, la chance nous sourit, déclara-t-il à Yesabella et Gobber ens e frottant les mains. Nous allons bientôt nous refaire.

— "Nous" ? la reprit la gobeline. Je croyais m'être fait comprendre quand nous étions sur les Îles Perdues, monsieur. Une fois que nous aurons retrouvé la civilisation, je ne travaille plus pour vous. Dorénavant, ce sera chacun pour soi.

— Attends... Comment oses tu me faire un coup pareil, Yesabella ? s'indigna le gobelin. Je suis ton patron, je te signale. Moi seul peut de décider...

— C'est là que vous faîtes erreur, la corrigea Yesabella. Votre père était mon patron. Et un bon patron. Qui traitait ses employés comme sa famille et non comme de vulgaire laquais ou des esclaves. Vous, vous n'étiez que le fils à papa qu'il fallait surveiller pour qu'il ne dilapide pas l'argent durement gagné par son père. Et j'ai été engagée comme comptable, pas comme baby-sitter. Encore moins pour garder un enfant qui a le même âge que moi. J'ai eu ma dose.

— Sale traîtresse ! maudit le gobelin plein de rage. T'aurais pu me laisser crever sur cette foutue île si pour me laisser tomber de la sorte.

— Je vous ai sauvé de l'Alliance et des pygmées uniquement parce qu'avant d'embarquer sur ce satané yacht, j'ai promis à votre père, paix à son âme, que je veillerai sur vous le temps que nous trouverons une terre d'accueil, se défendit la gobeline. J'ai fait ma part du marché, à vous de faire la votre, à présent. Alors prenez vous en main et trouvez vous du travail. C'est tout ce que votre père attendait de vous. Et de toutes façons, au vue de votre situation, vous serez obligé de gagner votre croûte par vos propres moyens.

Puis elle reprit son chemin, sans demander son reste, se mêlant à la foule qui arpentait la Vallée de la Force.

— Et toi mon bon vieux Gobber, toi aussi tu m'abandonnes ? demanda Doruk encore à cran.

— Gobber toujours loyal envers petit maître, lui répondit le hobgobelin.

— À la bonne heure !

— Mais maintenant petit maître plus avoir d'argent pour payer Gobber, comment Gobber pourvoir s'acheter à manger ? demanda le hobgobelin.

— Ben je ne sais pas, moi ! T'auras qu'à chasser ou voler de la nourriture...

— Ah non ! Gobber pas chasseur ni voleur ! Gobber garde-du-corps ! Et si petit maître rien pouvoir pour Gobber, alors Gobber aller voir ailleurs !

— Donc toi aussi tu m'abandonnes ! s'impatienta le gobelin. Bah vas-y, alors ! Hors de ma vue ! Je n'ai pas besoin de vous pour me refaire, de toute façon ! Et quand je serais à nouveau riche, inutile de revenir me supplier de me reprendre ! Vous n'êtes rien sans moi ! Rien !

Les jours qui suivirent leurs séparation auront vite fait de donner tort à Doruk.

Ayant décidé de se consacrer à la magie noire, Yezabella s'était rendue à la bien nommée Faille de l'Ombre, le bas-fond d'Orgrimmar, pour rejoindre un groupe de démonistes qui l'enseignèrent l'art d'invoquer les démons et de se servir de leur magie à ses propres fins.

Gobber quant à lui s'était rapidement trouvé une travail modeste mais correspondant à ses aptitudes et suffisamment bien payé pour qu'il pût subvenir à ses besoins, à videur videur à la taverne de la Queue de la Wyverne dans la Vallée de l'Honneur qui était très fréquentée par les guerriers les plus endurcis de la Horde.


Doruk quant à lui, peu de temps après le départ de ses ex-employés, se rendit à l'auberge la plus proche pour dépenser ce qui lui restait en boisson et cogiter à une solution. Il y resta pendant des heures, un flacon de cidre de cactus amer à la main.

En plus d'être seul, il s'était retrouvé dans une impasse.

Trouver du travail. Travailler. Pour gagner sa vie.

Lui qui rechignait à se salir les mains ou même à se retrousser les manches pour la moindre besogne ou la plus petite tâche, même pour faire ses devoirs. Et il détestait par dessus tout la basse besogne. Tant et si bien que dès lors devenait exigeante mais peu gratifiante, il s'arrangeait pour que quelqu'un d'autre fît le boulot à sa place.

Et puis travailler dans quoi ? Il fallait bien se rendre à l'évidence, n'ayant jamais travaillé de sa vie, Doruk n'avait aucune expérience professionnelle, ce qui ne pouvait que le conduire vers les métiers qu'il méprisait justement. Comme celui de péon.

Le mieux qu'il savait faire était organiser et animer des fêtes, séduire de charmantes gobelines, magouiller, se servir de ses charmes pour parvenir à ses fins et surtout donner des ordres.

Une idée germait dans son esprit. De toute évidence, il n'accepterait jamais un travail de péon où il serait payer au lance-pierre. Ce qui lui convenant était un poste de haut-rang, où il pourrait commander, ordonner à d'autres péons de faire la tâche à sa place et serait payer pour ça.

Tout ce qui lui fallait, c'était quelqu'un de haut-placé pour lui tendre la main vers un tel poste.

Une fois qu'il eut terminé son cidre, il sortit de l'auberge et partit se renseigner auprès des gardes orcs lourdement armés qui gardaient la forteresse siégeant au centre de la Vallée.

— Excusez-moi, mes braves. Où est-ce que je pourrais trouver votre... dirigeant.

— Le chef de guerre, tu veux dire ? lui répondit un des gardes. T'es juste devant son donjon.

— Mais si tu souhaites une audience avec lui, il faudra nous dire qui on doit annoncer, avertit l'autre garde.

— Dans ce cas, dîtes lui que le gobelin le plus important de Baille-Fond exige de toute urgence un audience avec le chef de guerre, ordonna Doruk.

Les deux gardes fixèrent le gobelin d'un air sceptique, puis le second lui fit signe de ne pas bouger tandis qu'il entra dans la forteresse pour annoncer sa venue. Il revint peu de temps après.

— C'est bon, le minus, tu peux y aller, annonça-t-il.

— Mais j'espère pour toi que c'est vraiment important, prévint l'autre garde sceptique. Parce que le chef de guerre n'aime pas être dérangé et qu'il est loin d'être aussi affable que le précédent.

— Ne vous en faîtes pas, j'ai la côte avec les chefs de guerre ! clama Doruk qui entra dans la forteresse faussement sûr de lui. J'ai un cousin qui est chef de guerre.


Quand il déboucha sur la salle du trône faiblement éclairé par des lanternes, il ravala sa salive en contemplant le chef guerre assis sur son trône, d'autres gardes veillant à ses côtés sur sa sécurité.

Force était de constater que le chef de guerre ne ressemblait en rien aux orcs que le gobelin avait rencontré jusqu'alors, à commencer par sa peau orange au lieu d'être verte. Mais surtout, il paraissait plus imposant et intimidant.

Il était torse nu, laissant ainsi voir ses muscles saillants et les tatouages sur le torse, son crâne était chauve, ses épaulières ornés d'immenses défenses, le piercing au nez et ses petits yeux jaunes laissaient transparaître un regard haineux.

Doruk était conscient que les orcs avaient pour réputation d'être de féroce guerriers mais celui-ci les éclipsaient tous.

— Qui es tu donc, gobelin ? lui demanda sèchement le chef de guerre. Qui est tu pour venir importuner le chef de guerre Garrosh Hurlenfer ?

Même la voix rugueuse de l'orc donnait envie au gobelin de se transformer en tortue pour ainsi se cacher sous sa coquille.

Il ne pût prendre la parole sans balbutier.

— Et bien, j-j-je... V-v-voyez vous, je v-viens t-t-t-tout j-j-juste d'a-a-a-arriver et...

— Je suis au courant ! l'interrompit Garrosh. Je viens de recevoir tes petits camarades avant de les envoyer s'établir à Azshara. Si tu veux les rejoindre, rends-toi à la sortie nord.

— C-c-c'est que, voyez vous, je ne suis pas seulement à le recherche d'un foyer, expliqua le gobelin tenant tant bien que mal de reprendre de l'assurance. J'aimerais contribuer à l'expansion de la Horde.

— Sais-tu manier une arme ? le questionna Garrosh. As tu des dons magiques ? Peux tu me construire et réparer une machine de guerre ?

— Euh, non, répondit Doruk. Mais je sais donner des ordres, je pourrais donc commander des troupes.

— As-tu une expérience militaire ? le questionna derechef le chef de guerre. As-tu déjà été sur un champs de bataille ? J'en doute, si tu ne sais pas manier une arme.

— Je... J'ai survécu à une bataille entre la Horde et l'Alliance quand nous étions sur les Îles Perdues, répondit le gobelin. Ainsi qu'à une attaque de pygmées. Est-ce que ça compte ?

— Cesse donc de me faire perdre mon temps, le nabot ! s'impatienta le chef du guerre. Si tu veux te rendre utile, va donc rejoindre tes camarades à Azshara au nord ! Il y a toute une forêt à défricher, des nagas, des elfes de la nuit et d'autres créatures de la mer et de la forêt à zigouiller !

— Ah mais... Rien ne ferait plus plaisir de zigouiller des elfes et de raser une forêt, reprit le gobelin qui se donna à nouveau une contenance. Mais un gobelin de mon rang ne peut se satisfaire d'une aussi basse besogne.

— De "ton rang" ? le reprit Garrosh sceptique. De quel rang es-tu au juste ?

— Et ben, disons que... Je ne devrais pas le crier sur tous les toits mais... J'aurais dû être le Prince Marchand de Baille-Fond, mentit Doruk.

— Ah vraiment ?

— Oui ! Mais ce félon de Gallywix, ce sale escroc, il m'a tout volé, tout pris, tout ! Il ne m'a laissé que les yeux pour pleurer ! Comprenez-moi, chef de guerre, ce n'est pas qu'une question de trouver un du travail et un foyer, c'est une question de justice, d'honneur, de reprendre ce qui me revient de droit !

Ce fut un demi-mensonge mais assez pour convaincre Garrosh à en juger par son air intéressé.

— "D'honneur", hein ? murmura-t-il pensif.

Il convoqua alors ses gardes et leur ordonna d'aller chercher un certain prisonnier puis revint auprès du gobelin.

— Voilà ce que je te propose, petit gars, lui expliqua-t-il une fois les gardes partis exécuter ses ordres. L'orc que je fais venir est un de nos plus fervent guerriers qui a combattu avec mon père, contribué à la sauvegarde de la Horde avant mon arrivé et à qui je dois également la vie, voire ma place de chef de guerre. Mais dernièrement, il s'est égaré et passé à l'ennemi pendant un temps. Malgré ça, il continue de clamer sa loyauté envers la Horde et d'avoir été abusé par l'ennemi. N'acceptant aucun traître au sein de ma Horde, j'aurais dû le faire executer il y a un moment. Mais s'il est toujours des nôtres comme il le prétend, il me serait regrettable de sacrifier un de mes meilleurs guerriers après tout ce qu'il a fait pour la Horde. Et en plus qui pourrait nous être un atout non négligeable, avec ces nouveaux... talents.

— Belle histoire mais qu'ai-je donc à voir là dedans ? demanda Doruk perplexe.

— Je vais le convaincre de te prendre sous son aile comme aide de camp en échange de sa libération, expliqua le chef de guerre. Toi qui souhaites commander, ce sera bénéfique pour vous deux. Mais en contrepartie, je veux que tu m'informes de ces agissements, si sa loyauté envers la la Horde est toujours aussi intact qu'il le prétend. En fait, quand vous serez tous les deux sur le terrain, j'aimerai que t'en profites pour déceler qui parmi mes troupes me fait honneur et qui me fait défaut et que tu m'en tiennes informé. Si je suis satisfait du résultat, je veillerai à ce que tu sois honorablement récompensé.

Être payé pour espionner et dénoncer. Voilà une perspective qui convenait parfaitement à Doruk en plus d'être dans ses cordes.

Il accepta sans hésité.

— Mais je te le répète, gobelin, je ne tolère ni la trahison, ni la désertion, ni l'échec, insista Garrosh sur un ton menaçant. Pas dans MA Horde. Alors si c'est toi qui me fait défaut, d'une manière ou d'une autre, je ne serais pas aussi indulgent. Est-ce bien clair ?

Doruk ravala sa salive et hocha la tête en guise de réponse.


Les gardes revinrent très vite avec un autre orc, menotté. Vêtu d'une armure noire ornée de têtes de morts, le teint blafard, le visage émacié et ses yeux brillant d'un bleu nacré, lui aussi se distinguait des autres orcs.

— Le voilà, justement ! déclara Garrosh.

Doruk passa son regard du chef de guerre à l'orc enchaîné qui en apparence semblaient aussi différent que le jour et la nuit.

— Chef de guerre, je vous en conjure ! supplia l'orc à genoux. Je ne vous ai jamais trahi ! J'ai toujours été fidèle aux Hurlenfer ! Je n'ai rejoint le Fléau uniquement pour l'anéantir de l'intérieur, pour frapper le Roi Liche dans le dos et pour...

— Brotar, fils de Grotar, je devrais te faire exécuter pour avoir déserté la Horde et t'être allié au Fléau mort-vivant, ne serait-ce que pour donner l'exmple, le réprimanda Garrosh. Toutefois, tes prouesses envers la Horde ne peuvent être négligés. C'est pourquoi j'ai décidé de t'accorder une chance de te racheter en servant à nouveau la Horde. Une seule chance. Fais-moi honneur, tu seras gracié. Déçois-moi et tu le paieras de ta vie.

— Vous ne le regretterez pas, chef de guerre ! remercia le dénommé Brotar. Rien ne me fera plus plaisir de me battre à nouveau au nome d'un Hurlenfer. Je ne vous décevrai pas...

— Avant d'ôter tes chaînes, tu dois cependant accepter une certaine condition, reprit le chef de guerre en prenant Doruk par l'épaule. Prends ce jeune gobelin, il sera ton aide de camp.

— Mon aide de camp ? s'interrogea Brotar incrédule. Chef, sauf votre respect, je ne vois pas l'utilité...

— Il te sera utile au contraire pour regagner la confiance de tes frères d'armes après ta désertion et témoigner des tes prouesses et ta loyauté, l'interrompit Garrosh. Au pire, il pourra toujours entretenir tes armes, ton équipement et ta monture.

Le gobelin se sentit légèrement arnaqué. On venait de lui proposer le poste d'aide-de-camp pour qu'au final on allait traiter comme un valet d'écurie.

— Dans ce cas, je n'y vois aucun inconvénient, approuva Brotar avec un sourire carnassier. J'ai toujours rêvé d'avoir un larbin. J'accepte.

— À la bonne heure ! se félicita Garrosh. Gardes ! Retirez lui ses chaînes et restituez lui son arme et sa monture !

Les gardes s'exécutèrent sur le champs et en moi de temps qu'il n'en fût pour le dire, Brotar était libre.

— Enfin, ce n'est pas trop tôt ! s'en réjouit-il en massant les poignets. Dîtes moi où je dois me rendre et qui ou quoi dois-je massacrer. J'ai une virulente soif de sang à étancher.

— Ton aide de camp aurait peut-être une suggestion à te faire, répondit Garrosh en tournant son regard vers Doruk.

Le gobelin ravala une nouvelle fois sa salive en sentant le regard des deux orcs peser sur lui. Puis il reprit contenance en se rappelant de son entretien avec le chef de guerre.

— O-oui oui, en effet ! répondit-il. J'ai ouïe dire qu'au nord d'ici, à... Azshara, c'est bien ça ? Il y aurait une forêt à défricher et des elfes à zigouiller. Et sûrement d'autres nuisibles...

— N'en dis pas plus, l'avorton, c'est parfait ! l'interrompit Brotar. Ça faisait trop longtemps que j'attendais ça ! Ces maudits elfes de la nuit vont enfin comprendre leur douleur ! Azshara, nous voilà !

L'orc quitta alors la forteresse enthousiaste et prit la direction de la caserne dans la Vallée de l'Honneur où ses affaires allaient lui être restitué. Une fois cela fait, direction la région côtière d'Azshara pour broyer de l'elfe au nom de la Horde.

Le gobelin lui emboîta le pas en se frottant les mains. Il songea que finalement, lui et l'orc allaient bien s'entendre

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