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Chapitre 2 : Les dents de la cure thermale

Par firestorm61

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Chapitre deux :

Les Dents de la Cure thermale



Le jeune agent referma la lourde porte de métal en quittant le bâtiment. Le stress d'avoir eu à sillonner les routes montagneuses avec sa camionnette réfrigérée n'était rien comparé à son chargement en lui-même.

Le vieux Bennett avait insisté pour que le corps soit amené jusqu'aux fédéraux.

Que le shérif veuille impressionner le FBI était une chose, mais que ce fusse à Edgar de balader le cadavre, c'en était trop pour ses nerfs.

Il plaqua son dos contre le mur, respira profondément le parfum des résineux, les yeux clos, laissant la chaleur du soleil réchauffer son visage. Puis, il alluma une cigarette.

Rien à foutre de la version officielle, un animal ne pouvait pas avoir infligé ça à un homme.

Ou alors la bestiole était sacrément vicieuse.



À l'intérieur, Scully se préparait.

Une rangée de baignoire taillée à même le sol, cadrée de faïence, était alignée dans le fond de la pièce. La lumière du jour entrait via de larges baies donnant sur une végétation émeraude.

Le brancard, surmonté d'une couverture blanche, dénotait indéniablement dans ce lieu dédié à la détente.

Le médecin légiste en avait parfaitement conscience, elle qui n'avait jusqu'à présent jamais eu une morgue aussi "agréable".

Elle chassa l'idée de s'immerger dans l'eau chaude, et se pencha sur sa sacoche de cuir, en sortie gants et masques qu'elle enfila avant de réajuster sa blouse blanche.


Elle leva le drap, puis un sourcil.

Par réflexe, elle avait déjà dans son enregistreur numérique en main, mais son élan venait d'être stoppé.

Ce que la spécialiste avait sous les yeux n'était pas beau à voir. Mais ce fut surtout ce que cela impliquait qui la mit hors d'elle.

Le corps de l'ouvrier, retrouvé seulement quelques jours auparavant, était desséché. Sa peau semblait de cuir tant elle était plaquée sur sa chair, ses muscles et ses os. Ses yeux grand ouverts avaient l'aspect de deux billes de verre, donnant une expression étrange sur son visage creusé. Mais ce furent les morsures qui intéressèrent l'agent Scully. Elles n'étaient nullement le fait d'animaux, et bien trop stratégiquement placé : son cou avait été rongé, ainsi que ses avant-bras. Mais plus étonnant encore : son entre-jambe avait été dévoré, purement et simplement. Sous son bas ventre griffé s'étendait une ouverture béante sur la chair et les os, déchirant l'aine.



-Tu es en train de me dire qu'on lui a mangé les... Les... S'étonna Mulder moins d'une heure plus tard.

-Oui.

-Les... Ses...

Les mains de Mulder faisaient des cercles comme s'il jonglait avec les synonymes sans savoir lequel utiliser.

Scully opta pour:

-Son appareil génital dans son entièreté.

Elle avait terminé son examen, rendu le corps à l'adjoint, qui était reparti aussi peu ravi qu'en arrivant, puis, sans délai, avait rejoint Mulder.


Les deux agents s'étaient retrouvés dans l'une des chambres qui leur avait été allouées. Mulder y avait attendu sa collègue, à moitié endormi dans un confortable fauteuil. Il était désormais bel et bien réveillé et son visage avait une sincère expression de dégoût, comme s'il partageait la douleur de la victime. Mais Scully continua :

-Tu saisis ce que cela veut dire Mulder?

-Que le pauvre bougre a dû sacrément souffrir...

-Cela veut dire que le rapport est falsifié, Mulder! Aucun médecin légiste n'aurait dû attribuer la mort à une attaque animale ! Les blessures sont bien trop stratégiquement placées.

Mulder avait retiré sa veste et remonté les manches de sa chemise. Il croisa les doigts, et se pencha vers sa collègue assise sur le lit face à lui.

-Les morsures sont donc humaines ?

Scully n'eut pas besoin de répondre. Elle n'eut pas voulu l'admettre, mais les morsures ne correspondaient à rien d'humain. La question de Mulder était rethorique. Elle soupira :

-Très bien Mulder, éclaire ma lanterne.

Il s'installa confortablement, posa les mains sur les accoudoirs et commença :

-C'est le shérif Bennett qui a contacté le bureau. Little voulait faire intervenir un quelconque spécialiste animalier, peut-être même un dératiseur, va savoir. À dix contre un, Little veut minimiser l'affaire, ce serait mauvais pour le business. Il a très certainement réussi à convaincre le premier légiste, mais pas Bennett. C'est pour ça qu'il t'a fait livrer le corps, pour éviter de perdre du temps.

Scully croisa les bras :

-Oui, ça je l'avais deviné. Mais les morsures ? Comment sais-tu pour les morsures ?

Mulder se leva, tira sa sacoche d'un coin de la pièce, la posa sur le lit pour y chercher quelque chose.

-Je ne savais pas Scully, mais si on nous appelle, c'est que quelque chose sort de l'ordinaire.

Il sortit un maillot de bain rouge de son bagage et annonça, ravi :

-Maintenant, excuse-moi, je vais voir si les jacuzzis sont opérationnels.

Les conclusions mal honnêtes du compte rendu d'autopsie avaient déjà bien échauffé Scully, mais la nonchalance de son collègue fut la goutte de trop :

-Mulder, veux-tu bien prendre cette affaire au sérieux ?!

-Mais je prends cette affaire très au sérieux, Scully.

Il se planta face à elle, les bras en croix, son maillot de bain pendant mollement d'un côté. Si Mulder se faisait bien souvent un jeu de taquiner sa collègue, il voyait bien que cette fois-ci, Scully allait avoir besoin de plus d'éléments pour se calmer.

-Anoki Whitecrow et Mike Terence ont tous les deux disparus à marée haute.

La jeune femme craqua définitivement :

-Tu arrêtes avec ces allusions aux Dents de la Mer !

Le rire de Mulder l'irrita davantage.

-Ce n'est pas une allusion. Ils ont bel et bien disparu à l'heure de la marée haute.

De l'index, il pointa le ciel :

-La lune influence également les cours d'eau souterrains, ainsi que la terre elle-même. Admettons que la dilatation de la roche, combinée à l'élévation de l'eau, même minime, ait pu modifier ne serait-ce que légèrement la chimie aquatique. Cela aurait pu éveiller une quelconque créature…

Scully leva les yeux, puis les bras, au ciel, se détourna avant commencer à faire des va et vient entre le lit et la fenêtre de la chambre. La jeune femme souffla longuement par le nez, puis :

-Donc, maintenant, tu me dis qu'il s'agit d'un animal.

-Je n'ai jamais dit "animal", Scully, j'ai dit "créature".



Mulder avait donc passé une bonne partie de la journée à tester les différentes activités proposées par le Silver Mine Spa. Ce qui avait étrangement ravi les praticiens et techniciens présents. L'agent leur avait en quelque sorte servi de cobaye et de testeur pour les divers soins en prévision de l'ouverture prochaine au public.

Finalement, a sa propre surprise, Scully l'imita en fin d'après midi. Les différents interrogatoires et investigations étaient avérées veines. Scully en était venu à suspecter le personnel de faire obstruction à l'enquête. Elle se sentait un peu honteuse de verser aussi facilement dans la paranoïa. Ce rôle était celui de Mulder.

Aussi, afin d'encrer à nouveau son esprit dans le concret, avait-elle accepté, sous les conseils des praticiens présents, de s'accorder un peu de détente.


Couché sur le ventre, le front enfoncé dans une confortable têtière, Scully n'était désormais vêtu que d'une serviette blanche autour de la taille.

L'enquêtrice qui avait regretté toute la journée de ne pas avoir, le matin même, rempli l'une des baignoires de sa salle d'autopsie afin de s'y immerger. Le massage semblait donc une bonne alternative.


-Bonjour, je m'appelle Manolo.

La voix était chaude, franche, mais surtout masculine. Dana bégaya, n'osa plus bouger de peur de se dévoiler face à un inconnu, qui plus est masculin.

Elle tentait de calculer vainement depuis combien de temps ne s'était-elle pas présentée autant dénudée devant un homme, lorsque Manolo lui demanda de sa voix chantante :

-Etes vous prêtes ?

Elle grommela par l'affirmative, ce qui était complément mensongé. Puis les joues de l'asservie s'enflammèrent. Elle venait de lui donner son feu vert.


Le cliquetis d'un capuchon libéra une senteur floral proche du jasmin qui enveloppa Scully. La pénombre de l'endroit se fit soudain moins pesante, la danse de la lueur des bougies plus agréable.

De larges paumes huilées balayèrent d'un revers les tracas de l'enquêtrice.

Sinuant entre les omoplates, appuyant sur les épaules, les fermes caresses faisaient rouler les muscles afin d'en évacuer la tension, puis remontèrent le long de la nuque tout en relevant ses cheveux roux du bout des doigts.

Elle s'abandonnait à la valse de ces mains puissante, comme sous l'emprise d'une hypnose tactile. Dana se mordait les lèvres pour ne pas laisser échapper le moindre gémissement de contentement.

C'est alors que Manolo voulu faire la conversation :

-Donc, vous êtes du FBI?

Par réflexe, elle voulut répondre, ouvrant ainsi la digue à un murmure de satisfaction un peu trop enthousiaste. Dans un mélange de gêne et de plaisir, la petite rouquine sentit son corps s'enflammer. Enfonçant plus profondément son visage dans la têtière, Scully fixa le travertin de ses deux yeux rond.

Les mouvements experts passaient désormais sur les reins, provoquant par là même la fermeture des paupières de la jeune femme. Dana venait de prendre la très sérieuse décision de se taire et de profiter de cette ferme douceur, lorsque Manolo retint ses gestes.

Elle sentit la légère tension de sa serviette, puis le frais sur le haut de ses rondeurs.

-Vous aviez un tatouage ?

Elle déglutit péniblement, alla chercher au plus profond de sa gorge le sérieux dont elle avait besoin, avant de répondre d'une voix presque rauque :

-Oui, je l'ai fait effacer.

L'effleurement du praticien se fit tendre sur la cicatrice. Ce contact eut plus d'effet que tout le reste du massage. Dana sentit sa poitrine se raffermir sous elle. Dans un réflexe musculaire, elle resserra les cuisses.

Mais Manolo remontait déjà le long de ses mollets, glissant ses pouces le long des muscles.

-Ce tatouage ? C'est un souvenir douloureux ?

L'espace d'un instant la jeune femme fut ramené à cette étrange passion, ainsi qu'au lâché-prise qui avait donné vie à ce dessin sur sa peau, puis à son effacement.

Avec le plus grand calme du monde, elle avoua à haute voix ce qu'elle ne s'était pas encore avoué en son for intérieur :

-Si j'avais eu le choix, je l'aurais gardé.

Le souvenir de cette romance avortée avait redonné à Scully le contrôle d'elle-même.

Les mains du masseur étaient à mi-cuisse lorsqu'elle serra l'étau de ses jambes.

-Jusqu'où comptez-vous remonter ainsi, Manolo ?

Ses cheveux auburn collaient sur son front en sueur, ses joues étaient marquées des coutures de la têtière. De son regard fiévreux lancé par-dessus son épaule, elle attisait le praticien.

La main toujours prisonnière des cuisses brûlantes, Manolo avait le teint brun sous ses joues rouges. De fins cheveux chocolats tombaient en bouclettes sur ses larges épaules. Son torse puissant semblait battre sous son polo crème un peu trop ajusté.

Le physique de Manolo importait peu, Scully était comme possédée. Mais c'était un bel homme. Plus que ça. Il était le cliché du bellâtre des piscines. Cela ne fit qu'enflammer un peu plus les reins nus de la jeune femme.

À demi relevée, a demi révélée, Dana n'avait plus que faire de la pudeur qui était sienne quelques minutes plus tôt.

Elle redressa lentement son bassin, laissant la paume de Manolo glisser le long de sa peau toujours plus haut.

Le petit drap de bain glissa, finissant de dévoiler entièrement les rondeurs de la jeune femme dont le corps paraissait luire par endroit sous la flamme des bougies.

Les doigts de sa main droite jouaient avec les boutons du pantalon en lain de son masseur.

-Ce ne serait pas très professionnel, balbutia Manolo alors même que son index huilé caressait timidement la vulve moite.

Féline, les reins creusés, Dana posa sa tête sur son avant-bras. Avec mutine dextérité, l'incendiaire fit sauter les quelque boutons nacrés avant d'enfoncer sa main libre dans le pantalon, empoignant ce qui s'y trouvé.

Tout en masturbant le bellâtre, elle demanda innocemment :

-Ne serait-il pas plus professionnel de s'assurer que je sois complètement détendue en sortant d'ici ?




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