X-men Impulse par

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Deviation / Action / Drame

3 Chapitre 3

Catégorie: G
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X-men Impulse

 

Chapitre 3

 

Le couple Keller était assis dans leur canapé, n’osant pas effectuer le moindre mouvement. Entourés d’hommes en noir, ils étaient horrifiés devant le spectacle de leur fils cadet allongé au sol, menacé par une demi-douzaine d’armes à feux. Ils ne comprenaient toujours pas ce qui s’était passé durant ces dix dernières minutes. Défonçant la porte les hommes avaient pénétrés dans leur demeure en furie, hurlant des choses incompréhensibles, les plaquant dans leur sofa sans ménagement. Ils avaient plongés vers la chambre de leur fils Julian et des cris, des bruits horribles s’étaient fait entendre. Ils n’avaient pas la moindre idée de ce qui s’était passé à l’étage mais cela s’était terminé par l’arrestation de Julian. La mère de famille ne pouvait lâcher son fils de son regard embrumé par les larmes, tandis que le père invectivait à pleins poumons tous ceux autour de lui pour avoir des explications. Dans la cuisine deux personnes semblaient être en pleine dispute, une jeune femme blonde s’en prenait à un homme de grande taille, brun, qui ne sourcillait pas devant un tel déferlement de rage. En tendant l’oreille, le père pouvait entendre quelques bribes de conversation.

 

-C’est quoi ce délire? Pourquoi tout ce chantier? On devait juste parler avec ce gosse! hurlait Cooper en tapotant avec insistance son index sur la poitrine de Summers.

 

-Vous avez vu ce que cette chose est capable de faire. Toutes les précautions doivent être prises face à un tel danger, répondit calmement le ténébreux militaire qui ne la regardait même pas.

 

-Une chose ? Un danger ? C’est vous le danger crétin ! C’est un gosse, un gosse ! continuait de s’emporter l’agent gouvernemental qui se retenait de saisir une poêle à frire pour lui envoyer au travers du visage.

 

-C’est une arme humaine d’un nouveau genre, et il n’est pas le seul à ce qui semblerait. Même si ce n’est pas une arme très intelligente pour être revenu chez lui après nous avoir agressés, continua de rétorquer monotonement Scott tout en se dirigeant vers le salon où se trouvait Julian toujours menotté au sol. Mais Cooper le retint par le bras et l’empêcha de faire un pas de plus.

 

-Alors déjà ce n’est pas un criminel international, c’est normal qu’en ayant peur il se réfugie là où il se sentira en sécurité, et qu’est-ce que vous allez faire ? Malgré ce que vous pensez, c’est un gamin, vous ne pouvez pas l’embarquer comme ça devant ses parents. Il y a des lois dans ce pays vous savez.

 

-Les plans et armes trouvés dans sa chambre et un coffre à la banque devraient nous donner tous les droits dont nous avons besoin, répondit-il le plus calmement du monde.

 

-Non mais j’hallucine, c’est quoi ce monde de fou ? éructa Cooper qui découvrait l’univers auquel elle appartenait pourtant. Il fallait croire que jusqu’à aujourd’hui les membres de la cellule paranormale du FBI n’avait pas eu à user des moyens mis à leur disposition. Mais le téléphone de Summers sonna et il fit signe à Valérie de se taire le temps qu’il prenne sa communication. Ce qui eut, bien sûr, le don d’augmenter la colère qui montait chez la jeune femme au tempérament de feu. Afin de se calmer les nerfs, elle s’approcha de Julian et se mit à genoux à côté de lui, tentant de le rassurer.

 

-Je vous ai entendu avec l’autre là. Qu’est-ce que vous avez dit à mes parents ? grinça entre ses dents l’adolescent qui devait se contrôler pour ne pas encore tout faire valdinguer dans la pièce comme ce fut le cas à l’arrivée des militaires dans sa chambre.

 

-Je suis désolé Julian, je ne suis pas d’accord avec leurs méthodes, et je ferais en sorte que tout se passe bien, pour toi et tes parents, répondit gênée Cooper sans oser le regarder dans ses yeux.

 

-Agent Cooper, nous avons eu des nouvelles de notre équipe à la Nouvelle-Orléans, nous avons un second cas. Vous allez accompagner le convoi qui ramènera celui-là et vous passerez récupérer le second, coupa la voix d’un Summers qui venait de refaire son apparition et qui pour une fois avoir un semblant d’expression sur le visage.

 

-Et vous allez où vous ? rétorqua la jeune femme en se relevant pendant que deux autres agents remettaient Julian sur pied.

 

-J’ai été prévenu d’un autre cas, je vais me rendre sur place. Vous, vous pourrez commencer à échanger avec le…gamin pour savoir de quoi il en retourne avec ses tours de magie.

 

Sans attendre de réponse, il fit signe aux agents de bouger et d’amener l’adolescent, tournant le dos à Valérie qui n’hésita pas à lui faire une belle grimace censé imiter le grand brun.

 

-Et pour les parents ? demanda Cooper en jetant un coup d’œil vers le couple qui regardait leur fils être amené, les mains dans le dos. Ils tentèrent de se lever et de crier leur indignation, mais les molosses qui les entouraient savaient se faire comprendre sans dire le moindre mot.

 

-Je m’en occupe, vous vous partez, lui lança Scott en la poussant vers la sortie, l’air anxieux.

 

 

 

 

Une odeur âcre flottait dans l’air ambiant. Les pompiers s’activaient pour éteindre les derniers foyers persistants, mais l’on pouvait considérer que l’incendie était maintenant bel et bien terminé. La grande bâtisse n’était plus qu’un tas de cendres et de gravats fumants laissant dans la bouche des soldats du feu une sensation poisseuse. Sensation qui était expliquée par les deux corps qu’ils avaient retrouvés calcinés  au milieu des décombres. Les badauds s’étaient rassemblés autour de la demeure détruite, spéculant à tout va sur ce qui avait bien pu se produire. Les quelques témoins que les autorités avaient trouvés s’étaient avant tout exprimés sur la rapidité avec lequel le feu s’était répandu, et bien sûr se permettaient d’extrapoler sur un éventuel acte criminel.

 

Le chef de la brigade de pompier était lui aussi en train d’essayer de déterminer les causes de cet incendie mais pour des raisons bien moins glauques. C’est alors qu’il vit du coin de l’œil une camionnette blanche se garer avec écrit en gros sur les flancs le nom d’une des chaines d’informations locales de Seattle. Emettant un soupir, il indiqua à ses gars de se disperser pour continuer leur travail tandis qu’il attendait de pied ferme l’arrivée de la fringante journaliste aux cheveux de feu. Avant que celle-ci n’ait le temps de dire la moindre chose il se retourna vers elle avec son air le plus sévère.

 

-Cela faisait longtemps Mlle Grey, lui dit-il sans plus de forme essayant de faire fi du joli minois de la reporter en mal de sensation.

 

-Vous savez bien que là où se trouve le scoop, je me trouve, lui répondit-elle avec un grand sourire.

 

-Un scoop ? Vous avez du vous tromper d’adresse alors, ici nous n’avons qu’un incendie domestique, comme on en trouve des centaines par an.

 

-Ho, donc vous ignorez que c’était la demeure secondaire des Allerdyce, et que les corps retrouvés sont surement ceux des propriétaires ? répondit-elle en préparant son micro pour prendre le témoignage du vieux et bougon combattant des flammes.

 

-Qui ça ? Et comment vous savez pour les corps ?

 

-J’ai mes sources…dit-elle avec un petit sourire malicieux qui n’eut pour effet que d’énerver encore un peu plus son interlocuteur qui se retourna vers ses hommes, voir lequel était le traitre vendant des informations sur l’oreiller.

 

-Je n’ai rien à dire, ça pouvait être la reine d’Angleterre que ça ne changerait rien pour moi.

 

-Pourquoi donc ? Car vous n’avez aucune trace pouvant laisser à penser que le feu ne fut d’origine criminelle ? questionna-t-elle en faisant signe à son caméraman de ne pas louper une miette. Ce qu’il fit en faisant des allers retours entre les restes de la maison et l’interviewé.

 

Fort heureusement pour le pompier les policiers n’étaient guère loin, et il arriva à couper court à cette entrevue en leur faisant signe de faire reculer la bouillante journaliste d’investigation du dimanche.

 

-Quelle plaie celle-là, bougonna-t-il tout en s’éloignant.

 

-Je vous remercie ! lui lança Jean Grey en lui faisant une révérence avec un grand sourire avant de suivre les charmants représentants des forces de l’ordre qui l’escortaient derrière les barricades.

 

-Bon, et bien on peut remballer, lui dit son caméraman et enlevant sa caméra de son épaule endolori par la charge. C’est alors qu’une vieille femme s’approchait d’eux en essayant de ne pas se faire remarquer.

 

-Dites, vous prenez les informations exclusives…contre rémunération ? fit-elle en essayant de ne pas se faire voir par les policiers qui se trouvaient à proximité. La journaliste et son assistant se regardèrent avant de reporter leur intention sur la personne.

 

-Cela dépends de ce que vous avez à nous offrir, lui répondit malicieusement Grey.

 

-Je suis la voisine d’en face. Et je fais…de la surveillance préventive dans le quartier.

 

-Surveillance préventive ? répéta le jeune caméraman.

 

-Elle joue les commères en espionnant les autres, pouffa Jean.

 

-En tout cas, ce matin, quand les Allerdyce étaient absents, j’ai vu quelqu’un venir chez eux, c’était leur fils  John.

 

-Leur fils était aussi présent lors de l’incendie ? demanda la journaliste qui semblait trouver enfin de l’intérêt à cette discussion.

 

-Non…il est sorti de la demeure alors que les premières flammes commençaient à apparaitre dans la pièce principale.

 

-Vous voulez dire qu’il a fui ?

 

-Pas vraiment, il marchait tranquillement, les mains dans les poches.

 

Là, elle en était sure, elle tenait quelque chose, mais elle devait être sure d’être la première à être au courant, ce que la vieille voisine lui confirma.

 

-Pourquoi ne pas l’avoir dit aux agents de police ? lui demanda le caméraman. Ce à quoi elle révoqua par frottement des doigts qui était sans équivoque.

 

-Mon assistant va vous payer, merci madame, lui lança Grey, persuadée de tenir quelque chose qui pourrait enfin faire décoller sa carrière. Il fallait maintenant savoir comment l’exploiter le plus judicieusement possible pour le faire fructifier.

 

 

 

Lentement il arriva enfin  à ouvrir les yeux. Cela faisait bien dix minutes que son esprit s’était éveillé, mais ses muscles ne souhaitaient pas lui obéir pour l’instant. Rémy sentait des douleurs lui parcourir l’ensemble du corps, une vraie torture, comme si il avait été roué de coups. Sa vue était brouillée, il ne pouvait entre apercevoir que des formes floues et tirant vers le blanc. A défaut de faire le point occulairement, il tenta de le faire avec le peu qu’il lui restait de son cerveau. Les images qui lui revenaient en tête étaient celle de son grand loft se transformant en bombe géante, de lui en train de courir vers la porte d’entrée et soudainement qu’il s’était retrouvé projeté dans les airs par un violent souffle dans son dos. La suite lui échappait totalement, surement qu’il avait dû heurter quelque chose qui l’avait violemment commotionné.

 

Petit à petit ses sens faisaient leurs retours et son ouïe lui permit d’entendre une voix féminine au loin. Malgré la douleur dans ses tympans, il se concentra pour comprendre les murmures environnants. De toute vraisemblance il s’agissait d’une infirmière parlant à un médecin, il se trouvait donc dans un hôpital. Enfin, cela semblait logique vu son état, ce qui semblait plus étrange s’était les voix se succédant et qui semblaient être bien peu avenantes à son égard. Se relevant sur ses coudes, Lebeau regarda vers la fenêtre de sa chambre donnant vers le couloir. Des militaires discutaient avec un homme en blanc, et vu les coups d’œil en biais qu’ils portaient vers la chambre, il y avait fort à parier que la discussion tournait autour de l’homme aux yeux rouges.  C’est alors que cela lui revint à l’esprit, ses yeux ! Même si il avait été inconscient, il y avait de fortes chances qu’ils aient eu un aperçu de leurs pigmentations si particulières. Le militaire fit son entrée dans la chambre avant que Rémy n’eut le temps de penser à quoi que ce soit pour tenter d’expliquer ce qui s’était passé chez lui.

 

-Monsieur Lebeau ? fit le militaire en s’approchant du pied de son lit.

 

-Cela dépend, vous souhaitez que j’assure la communication de l’armée de terre ? Engagez-vous ?

 

Etrangement cela ne fit pas vraiment rire le militaire qui se contenta d’ouvrir un dossier qu’il tenait dans sa main et d’en parcourir les feuilles sans dire le moindre mot durant de longues minutes.

 

-Visiblement non, et bien je vais vous laisser, fit Rémy en faisant mine de se lever, ce qui lui attira un regard meurtrier du bonhomme et qui poussa le jeune homme à rester figé sur place.

 

-Monsieur Lebeau, je vais devoir vous prier de nous suivre, fini par dire le militaire en refermant son dossier.

 

-Nous ? répéta Rémy en se demandant si l’égo de l’homme en face de lui l’amenait à parler de lui avec une certaine distance. Mais en voyant deux autres personnes armées dans le couloir, il comprit que ce n’était pas le cas.

 

-Et puis je savoir pourquoi je devrais vous accompagner ?

 

-Votre appartement a explosé, sans que l’on ait trouvé la moindre trace d’explosifs, vous semblez émettre une légère radiation et vous avez les yeux rouges.

 

-Je peux expliquer les yeux rouges…

 

-Ce n’est pas à moi qu’il faut expliquer cela, Monsieur Lebeau.

 

-Non, en fait je rigole, je ne peux pas les expliquer.

 

-Nous souhaitons simplement vous aider, notre cellule scientifique est là pour ça.

 

-Si vous ne l’avez pas encore remarqué je suis en convalescence là, fit observer Rémy en montrant son magnifique pyjama bleu pâle.

 

-Vous n’avez que de légères contusions, vous êtes parfaitement transportable.

 

-Quelle chance.

 

Tout en parlant Rémy réfléchissait aux options qui s’offraient à lui. Soit il les suivait, sans savoir ce qui l’attendait. Allait-il être traité comme un monstre de foire, un dangereux criminel ? Il n’avait rien fait de mal bien sûr, mais il n’avait pas une franche confiance en le gouvernement, et le fait que les gorilles débarquent aussi rapidement était un mauvais signe. L’autre alternative était la fuite, mais il était bien surveillé et mine de rien il tenait assez fortement à sa vie. Il lui restait un joker dans sa manche, sa toute nouvelle malédiction. Mais il n’avait pas la moindre idée de la manière de déclencher à la demande l’explosion des objets et de plus s’était jouer avec le feu sans être sûr qu’il allait finir le restant de sa vie en cobaye.

 

-Donc comme ça le gouvernement fait venir de grands garçons comme vous car j’ai un défaut oculaire ? demanda Lebeau pour essayer de sonder son vis  à vis qui ne broncha pas.

 

-Vous savez, ça va être très tendance dans les mois à venir, continua le cajun qui vit alors une expression naitre sur le visage de l’autre qui fit un pas vers le lit.

 

-Que voulez-vous dire, d’autres comme vous vont apparaitre ?

 

-D’aussi beaux que moi ? Non, non, je suis unique voyons, répondit le souffreteux en se passant la main sur la joue, l’air ravi. Attitude que n’adopta pas du tout son interlocuteur qui se retourna pour faire signe aux deux autres d’approcher pour préparer le transfert.

 

 

 

 

Le visage caché par son masque stérile, le chirurgien faisait attention au moindre de ses gestes. Son assistante restait collée à côté de lui, portant le plateau sur lequel se trouvaient une demi-douzaine de seringue. Elle suivait avec attention chaque mouvement de son patron, restant aux aguets de la moindre demande de celui-ci. Quand elle vit qu’il en termina avec l’injection en cours elle prépara la prochaine seringue et lui donna pour qu’il perde le moins de temps possible. Il fallait dire que l’homme était penché sur une de ses plus prestigieuses clientes, et celle-ci n’admettait pas la moindre erreur ni le moindre contre temps. Armé d’un coton imbibé d’alcool dans l’autre main, il savait jouer habilement de ses talents pour répandre son art sur ses riches donatrices en mal de la jeunesse éternelle, et d’argent à jeter par les fenêtres.

 

Emma Grace Frost était une de ces personnes, peut-être même le stéréotype parfait. Faussement blonde, faussement bien pourvue par la nature à tous les niveaux et faussement jeune de visage. Incarnation taille réelle d’une poupée pour jeunes filles voulant recréer leurs contes de fée, elle assumait pleinement cette silhouette parfaite et plastique. Mais si elle était là aujourd’hui, ce n’était point car elle trouvait qu’elle avait besoin  d’un petit ravalement de façade. Pour elle aujourd’hui était un grand jour et cette petite séance de botox était sa manière à elle de se faire plaisir. La souffrance de son visage était tout simplement jouissive pour elle, s’était la manière que son corps avait de lui dire qu’elle était toujours jeune, jolie et différente. Son téléphone sonna. En temps normal les clientes se devaient d’éteindre leurs mobiles durant les séances, mais au vu du joli supplément qu’elle rajoutait, on lui autorisait certains caprices. Elle posa l’appareil sur sa joue pas encore trop paralysé. Son visage avait du mal à retransmettre la joie contenue dans sa voix, légèrement figé par les séances de charcutage régulières. Elle fit signe au docteur qu’il pouvait rester là pendant qu’elle taillait le bout de gras avec la personne au bout du fil.

 

De l’autre côté du combiné se trouvait un agent de police qui lui apprenait la mort de sa sœur Cordelia. Celle-ci s’était suicidée en sautant du haut d’un pont. Frost prit sa voix la plus chevrotante pour remercier l’agent des forces de l’ordre, pour lui dire qu’elle s’attendait à entendre un jour cette nouvelle, que sa sœur était fragile depuis quelques temps. Elle raccrocha devant le médecin qui, même si il n’avait pas entendu la teneur de la conversation, se doutait que s’était une mauvaise nouvelle. Il attendit de savoir ce qu’il devait faire, arrêter pour aujourd’hui, mais Emma se remis en position.

 

-Allez, en continue, hop, hop, hop, dit-elle enjouée, au plus grand étonnement de son chirurgien.

 

Emma Frost avait découvert plusieurs choses hier. Qu’elle avait le pouvoir de lire les pensées des autres, qu’elle pouvait influencer dessus, comme par exemple en disant à sa sœur de sauter d’un pont, et qu’elle avait maintenant le monde à ses pieds…cela valait bien un petit coup de botox.

 

 

 

 

John était accoudé au bar, un verre de whisky dans la main, le faisant tourner lentement. Les glaçons s’entrechoquaient avant de repartir dans une ronde incessante. Le jeune homme avait l’air morne, le regard éteint. Sa main soutenait sa joue alors qu’il émettait un soupir. Depuis son départ de la maison familiale, le pauvre jeune homme cherchait encore et toujours sa voie. Avoir survécut à ses parents ne l’avait satisfait qu’un temps, mais le passé était le passé et maintenant le jeune homme souhaitait aller de l’avant et franchir une nouvelle étape. Le monde ne connaissait pas encore son immense pouvoir, il devait trouver une vitrine pour l’étaler. Mais avant cela il devait combler un vide qui se trouvait en lui. Dans son désir de créer une société tournant autour de lui le blond australien ne voulait pas trôner seul en haut de la pyramide. Il avait besoin d’une reine, une femme qui serait quasiment son égal, mais seulement quasiment. Mais comment trouver une personne pouvant rivaliser avec lui, maintenant qu’il avait transcendé sa condition humaine.

 

Un reportage télévisé attira son attention. Il avait déjà vu du coin de l’œil des images durant les dernières heures, une catastrophe naturelle qui s’était produite sur une autoroute du sud. Au premier abord il ne trouva rien de bien transcendant à cela, mais le journaliste évoqua la jeune femme qui avait brûlée vive avant d’être engloutie par la terre qui s’était ouverte sous ses pieds. La photo de la jeune femme, Amara Aquila, apparut à l’écran. John fut immédiatement éblouit par la grande beauté de cette personne. Son attention se porta totalement sur elle et sur les dires du journaliste qui montra ensuite les images de la catastrophe. Il ne pouvait se détourner de ses images, et sentait le vide en lui se remplir à vue d’œil.

 

-Catastrophe naturelle, mais oui, qui pense ici que ça en ait une ? lança-t-il à la cantonade avant de vider son verre d’un coup et de se lever.

 

-Je tiens à partager mon bonheur avec vous mes frères, j’ai trouvé ma reine ! dit-il avec un grand sourire avant de se diriger vers la sortie, passant au travers des flammes qui faisaient bruler l’établissement depuis déjà de longues minutes. Les corps calcinés de tous les malheureux présents à l’arrivée du jeune homme jonchaient le sol.  Les flammes qu’il crée ne pouvaient lui faire du mal et il se délectait de marcher au milieu de cet enfer personnel qui consumait tout. Il quitta la petite ville qu’il avait dévasté pour retrouver celle qui allait gouverner à ses côtés.

 

 

 

Les deux hommes se faisaient face, assis l’un en face de l’autre, entourés d’une belle blonde et de trois soldats lourdement armés. On avait laissé à Rémy la possibilité d’enfiler une tenue plus convenable que son pyjama d’hôpital avant d’embarquer dans la camionnette noire, ce qui lui permit de faire bonne figure face à celle qui s’était présentée comme étant le Dr Cooper. Mais le cajun regardait surtout en ce moment le jeune homme qui était installé à côté de la blonde, un gamin à l’air renfermé, qui semblait totalement terrorisé. Quand il leva le visage vers Lebeau, celui-ci lui adressa un sourire amical et tendit la main vers lui.

 

-Je suis Rémy, l’homme au regard de braise.

 

Mais le geste fut stoppé net par un coup de crosse d’arme à feu par un soldat.

 

-Ho je vous en prie, gronda Cooper à l’adresse du militaire faisant de l’excès de zèle.

 

-Je vous remercie mademoiselle, ces militaires n’ont aucune manière, fit Rémy en se massant sa main endolori et en adressant un sourire charmeur qui sembla déstabiliser quelque peu la jeune femme qui ouvrit nerveusement sa mallette pour en sortir un ordinateur portable sur lequel elle tapota rapidement. Elle ne fit pas attention à Julian qui, après avoir adressé un petit sourire à Rémy, regarda par-dessus son épaule pour voir sur quoi elle travaillait.

 

-Dr Cooper, pourrai-t-on savoir quelles sont les raisons de notre incarcération ? demanda Lebeau en se penchant en arrière, espérant avoir une assise plus confortable pour résister aux caprices de la route.

 

-Vous…n’êtes pas des prisonniers, tenta de se justifier Cooper avec un ton qui était loin de cacher son malaise.

 

-Vous avez raison, ce n’est pas des chaines à nos poignets, dit-il non sans une pointe d’ironie en levant ses deux bras entravés par d’épaisses menottes.

 

-C’est juste que nous n’avons aucune idée de l’anomalie apparut chez vous donc nous nous devons de prendre des précautions, répondit elle en fermant son ordinateur, sans arriver à le regarder directement dans les yeux.

 

-Anomalie ? C’est charmant, tu ne trouves pas ? fit Rémy avec un geste du menton vers Julian qui n’osait répondre.

 

-Ce n’est pas comme ça que je voyais cela, dit-elle en lui faisant, cette-fois-ci, directement face.

 

-Et vous le voyez comment alors ? C’est vous qui avez lancé cette chasse aux sorcières non ?

 

-Je souhaitais simplement savoir ce qui s’était passé suite aux évènements qui s’étaient produits, surement pas participer à une chasse à l’homme, se justifia-t-elle.

 

-Et bien, puisque c’est ainsi, pourquoi ne pas nous libérer ? dit-il en tendant ses poignets vers elle, ce qui provoqua immédiatement une réaction des trois soldats les entourant.

 

-Je rigole, je rigole, c’est aussi un bon petit soldat, elle ne fera rien d’inconsidéré, continua rapidement lebeau pour calmer les pitbulls enragés.

 

-Ne rendez pas cela plus compliqué que ça ne l’est, Monsieur Lebeau, lança Cooper pour tenter d’apaiser les tensions.

 

-Ok, ok, lui répondit avec désinvolture son interlocuteur avant de se tourner vers l’autre prisonnier. Et toi, que sais-tu faire ? Moi, j’ai les yeux rouges, cool hein ?

 

-Heu…je crois que je peux soulever des choses sans les toucher, répondit nerveusement Julian.

 

-Je qualifierais cela de télékinésie, compléta Cooper en adressant un sourire réconfortant vers le jeune homme.

 

-Très impressionnant, j’ai entendu parler de cela à la télé, il parait que ça fait partie des petites choses que l’homme pourrait faire s’il avait accès à un pourcentage d’utilisation plus grand de son cerveau. Donc cela voudrait dire que lui et moi sommes des hommes…évolués ?

 

-Monsieur Lebeau, Julian peut peut-être déplacer des choses par la pensée, mais vous pour l’instant je ne suis sûr que du fait que vous avez des yeux sortant de l’ordinaire, lui répondit Valérie avec un petit ton moqueur. Il se pencha alors vers elle, lui faisant signe qu’il voulait lui dire quelque chose d’assez confidentiel. Les militaires réagirent bien sûr, mais Cooper leur fit signe de ne pas bouger et se pencha à son tour pour se rapprocher de lui.

 

-En fait…je sais faire un petit tour, docteur Cooper.

 

-Et qui est ? fit-elle, un peu décontenancée de la proximité avec cet homme et ses yeux si envoutants.

 

-Je peux transformer tous les objets que je touche en bombe.

 

-Vraiment, et c’est cela qui serait arrivé à votre appartement ?

 

-Tout comme à ce van.

 

C’est alors que Cooper entendit le petit crépitement. Elle regarda tout autour d’elle et vit l’engin émettre un faible rayonnement orange. Le chauffeur, à l’avant, cria pour savoir ce qui se passait, c’était l’ensemble du véhicule qui avait le même bruit qu’un bol de céréale sur lequel on versait du lait.

 

-Et comme je ne maitrise pas du tout mon pouvoir, on devrait tous mourir dans quelques secondes, lança fier de lui le cajun.

 

Cooper hurla au chauffeur de s’arrêter alors que le militaire le plus proche de la porte de derrière prenait son courage à deux mains pour sauter et abandonner les autres à leur triste sort.  Sitôt le véhicule immobilisé tout le monde sauta en dehors pour se mettre à l’abri. Cooper poussa Julian devant elle, pour l’aider à s’en aller, mais Rémy s’interposa entre eux et tira le jeune garçon par le bras pour courir vers les bois environnants. Cooper, ou les soldats n’eurent pas le temps de faire le moindre geste que leur moyen de locomotion explosa dans une gerbe de feu. Malgré les mètres qu’elle avait mis entre elle et la bombe, elle fut projetée au sol par la violence du souffle, et les soldats plongèrent d’eux même à terre pour éviter les débris.

 

Lentement elle retrouva ses esprits et tenta de se redresser, aidée par un militaire qui vint à elle. Une fois debout, malgré la tête qui lui tournait, elle rassembla son cerveau et chercha en vain les deux fuyards qui en avaient profité pour se faire la malle dans les bois.

 

-On les poursuit madame ? demanda le militaire à ses côtés, prêt à partir à l’assaut arme au poing.

 

-Non, je pensais qu’ils n’utiliseraient pas leurs…capacités, mais ce n’est pas le cas, ça peut être dangereux.  Demandez qu’on vienne nous récupérer, on fera le point avec Summers à notre retour, répondit-elle tout en remettant en place ses vêtements qui avaient méchamment soufferts dans l’affaire.

 

-Mais, madame, c’était quoi ça ? Ce mec, c’est quoi, un monstre ? questionna le chauffeur qui n’en revenait toujours pas de ce qui était arrivé de sa chère camionnette.

 

Mais Cooper ne l’écoutait pas. Elle regardait partout, cherchant quelque chose. Elle ferma les yeux quelques instants, afin de se remémorer les secondes les plus stressantes de toute sa vie. Non, elle en était sure, elle n’avait pas prise sa mallette avec elle, alors où était-elle ? Elle s’approcha des ruines fumantes du véhicule mais ne trouva rien. Elle croisa les mains sur sa nuque.

 

-Que se passe-t-il madame ?

 

-Ces salauds ont pris mon ordinateur…fit-elle dans un soupir d’exaspération. Car ce qui était dans cet ordinateur était primordial, c’était la liste de tous les accidents avec tous les éléments en possession du gouvernement. En clair, s’ils voulaient rechercher d’autres personnes comme eux, ils avaient tous les éléments en main.

 

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