Eternity On Ice.

Chapitre 7 : Retour au pays

Par noctisshadow

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Chapitre 7 : Retour au pays.




Je m'arrêtais en bas de ma rue… Je ne pouvais pas partir comme ça. La dispute avec Yuri a été forte cette fois et si je ne rentre pas, je sais que je risque de le perdre définitivement, car il ne me pardonnera pas mon départ. En plus, j'ai vu son regard rempli de larmes, de tristesse avant que je ne parte, et je ne supporte pas de le voir pleurer… Même si je lui en voulais, il fallait que je calme rapidement les choses. Je me suis vraiment trop emporté… Je comprends que cette histoire le touche. Mais… tout ce que je voulais, c'était l'avoir rien que pour moi…

Je faisais demi-tour et je retournais en courant jusqu'à chez moi. En entrant, je ne voyais pas Yuri, mais j'entendais des pleurs provenant de ma chambre. Ça me serrait le cœur de l'entendre sangloter comme ça... Qu'est-ce que j'ai fait... ? Je suis vraiment trop con… Si je l'avais laissé appeler Yuri Katsuki, il ne serait pas dans cet état… Notre dernière soirée est une catastrophe… Il repart demain matin, et après tout ça, il ne voudra probablement jamais revenir… ni poursuivre avec moi. Je suis sûr qu'il va me quitter, je m'en veux tellement… Je l'aime et je l'admire depuis si longtemps, et maintenant que je l'ai enfin dans ma vie, je gâche absolument tout. C'est avec une angoisse montante que je poussais la porte de ma chambre, il était allongé dans mon lit, la tête plongée contre l'oreiller… Je venais me coucher près de lui, déposant ma main sur son dos, la glissant jusqu'à sa taille.

Ses petites joues et ses beaux yeux étaient rougis par ses pleurs… Je ne savais pas quoi faire pour le consoler… Je me sens coupable... Je n'aurais pas dû lui hurler dessus... Impuissant face à ses pleurs, je venais l'embrasser tendrement... C'était la seule chose que je trouvais à faire. Et ce bref échange semblait calmer un peu Yuri. C'est très dur de lire en lui, de le comprendre… Il a eu des mots forts aussi toute à l'heure, et il ne semblait pas penser qu'il était en tort. Et pourtant, il pleure à chaudes larmes... Le voir pleurer et craquer comme ça, c'est vraiment insupportable pour moi... Je déteste faire pleurer les gens que j'aime, lui en particulier. A cause de sa forte personnalité, j'ai tendance à oublier qu'il est fragile dans le fond...

Je ne peux plus me passer de lui… Il est vraiment devenu comme ma drogue. Nuit et jour je pense à lui, je l'aime si ardemment… Avant même qu'on soit en couple, il m'obsédait… Sa beauté, son charisme, son talent… Ce caractère fort, ce soldat au regard perçant… Je voulais le surpasser, pour qu'il pose enfin les yeux sur moi... Moi, qui était inconnu et dépourvu de talent. J'espérais simplement qu'il me voit, juste un peu et qu'on devienne ami… Alors, quand nous sommes devenus amis et que j'ai vu qu'il s'intéressait à moi, je ne pouvais pas rêver mieux. Et aujourd'hui, j'ai la chance de l'avoir dans mes bras. Je ne veux pas tout gâcher pour des raisons stupides.

De nouveau on s'embrassait, et on commençait à s'enlacer langoureusement comme on l'avait fait déjà plusieurs fois depuis son arrivée, pour oublier cette fâcheuse dispute.

Mais même si on se réconcilie, pour ma part la soirée reste amère… Je l'ai fait pleurer, car je n'ai pas réussi à me tempérer… En plus, c'est en parcourant son corps de mes mains, que je découvrais un gros bleu sur le haut de sa cuisse, lié au téléphone que j'ai violemment jeté sur lui… Je stoppais mes mouvements de hanches, touchant délicatement sa peau.

Nos langues se mélangeaient, nos salives aussi. Il embrasse vraiment bien, et pourtant il ne pratique pas depuis longtemps. Un seul de ses baisers suffit pour m'émoustiller. Je reprenais donc mes mouvements de hanches pour le combler de plaisir jusque tard dans la nuit.



C'est de bonne heure que le réveille de Yuri se met à sonner... Il quittait mes bras pour l'éteindre d'un geste nerveux, avant de se laisser retomber dans le lit. Je peinais à ouvrir les yeux, je me sentais épuisé par la soirée riche en émotion qu'on a eue. Puis, je n'avais pas vraiment envie de me lever car je savais très bien qu'on allait devoir se quitter ce matin... Je me tournais vers mon petit blond qui était couché sur le ventre, la tête tournée vers son téléphone. Si seulement tous les matins, je pouvais me réveiller près de lui comme ça, je serais l'homme le plus heureux du monde... Je me rapprochais de lui, glissant une main dans son dos.

Yuri se leva, quittant le lit pour rejoindre la salle de bain. Quelques minutes après j'entendais l'eau de la douche couler. J'avais très envie de le rejoindre, mais si je fais ça, je sais comment ça va finir... Je me levais donc, partant dans la cuisine pour lui préparer un bon petit déjeuner. Je n'avais vraiment pas envie de le voir partir, mais toutes les bonnes choses ont une fin. Je m'en voulais vraiment toujours pour l'horrible soirée qu'on a eue... Même si elle s’est bien terminée, je me suis comporté comme un vrai con égoïste. Même s’il dit ne pas m'en vouloir, il a quand même pleuré par ma faute...


Perdu dans mes pensées, je m'asseyais à table, attendant qu'il arrive pour déjeuner. C’est joyeusement qu'il me rejoignait une fois prêt, me prenant dans ses bras.

Je me levais de table, puis je retournais dans ma chambre. Je prenais des vêtements propres et à mon tour je partais prendre ma douche. Je ne cesse de penser à notre soirée, à ses pleurs... Maintenant que son départ est imminent, j'ai vraiment peur quand repensant à tout ça, il décide de me quitter... Je me dépêchais de terminer ma douche pour vite le rejoindre. C'est donc une fois bien savonné, que je me rinçais, puis je sortais de la douche, enroulant une serviette autour de ma taille. C'est à ce moment-là que Yuri entrait dans la salle de bain.

Il regardait ma main un court instant, avant de la saisir. Délicatement, je le tirais vers moi pour lui donner un tendre baiser.

Yuri quittait la salle de bain me laissant terminer. Il avait beau essayer de me rassurer, ce sentiment de culpabilité ne me quittait pas. C'est donc la mort dans l'âme, qu'une fois prêt, je le conduis jusqu'à l'aéroport. Comme la dernière fois, nous avons eu beaucoup de mal à nous séparer l'un de l'autre... Et c'est à dix heures pile que son avion décollait pour la Russie.


Je n'avais pas vraiment le cœur à rentrer chez moi pour retrouver ma maison vide. Je partais donc jusqu'au club, et je passais le reste de la matinée à m'entraîner sur ma chorégraphie pour le court. C'est quatre heures plus tard, que je m'accorde une pause et que j'en profite pour regarder mon téléphone. J'avais un message de Yuri qui devait être chez lui à l'heure qu'il est.

Je n'avais pas de réponse dans l'immédiat. Alors je remettais mon téléphone dans mon sac et c'est à ce moment-là que Roman arrivait dans le vestiaire. Je ne lui adresse pas un mot... La dernière fois on ne peut pas dire qu'on s'est quitté en bon terme. Mais, c'est lui qui ouvrait la conversation.

Je ne comprends pas pourquoi Roman insiste encore, il devrait laisser tomber. Surtout après l'avoir renvoyé de chez moi, comme je l'ai fait... Il aurait dû comprendre que seul Yuri comptait pour moi. Puis, Roman n'a aucune chance de gagner face à Yuri en France. Même s’il patine bien, il est bien loin du talent de ma petite fée... Je me redressais quittant le vestiaire à mon tour pour retourner sur la glace. Il ne faut pas que je me repose sur mes lauriers. Cette année, je sens que la compétition va être féroce. L'année dernière je n'ai même pas atteint le podium. Jean-Jacques m'a devancé de peu... J'aimerais pour une fois atteindre l'or et pour ça, il faut que je m'entraîne encore plus durement. Puis, si je gagne l'or, je sais que Yuri me regardera différemment... Comme quand il regarde Victor. J'aimerais qu'il soit fier de moi, fier que je sois son copain. Cette année, c'est lui ma motivation.



Saint-Pétersbourg, Russie.


La lumière s'allumait dans ma chambre alors que je dormais à point fermé. Lilia venait ouvrir grand les rideaux et me dit d’un ton strict :

C'est de mauvaise humeur que je quittais mon lit, et que je rejoignais Lilia dans la salle de danse. Je découvrais que Yakov aussi m'attendait, et c'est un peu anxieux que je commence par leur faire écouter la musique que j'ai choisi pour le court.

Je penchais la tête, réfléchissant à sa question... A quoi je pense... ? En fait... Elle me fait penser à ma maman... Elle était non seulement douée en patinage, mais elle adorait aussi jouer du violon. Elle était vraiment douée, et je garde de vague souvenir d'elle, en train de me jouer des airs de violon, tous aussi doux et beaux les uns que les autres. Elle me manque tant... J'ai envie de lui dédier mon court cette année car sans elle, je ne me serais jamais mis au patinage, je ne serais pas devenu ce que je suis aujourd'hui. Malheureusement... elle est partie trop tôt pour le voir... C'est dans un souffle que je répondais à Lilia.

Je mettais la musique que j'avais choisie pour le libre. Elle n'avait rien à voir avec le thème doux et délicat que j'ai choisi pour le court. Elle était beaucoup plus dynamique, joyeuse et entraînante. C'est donc de façon très concentrée que je leur montrais les pas que j'avais imaginé dessus. Des pas vifs, rapides, dynamiques, en accord avec la chanson. Et dans mon esprit je savais exactement où j'allais placer mes sauts. C'est seulement à la fin que je remarquais leurs expressions crispées... Je n'arrivais pas trop à savoir ce qu'ils en pensaient...

C'est complètement survolté qu'avec Lilia et Yakov on allait jusqu'à la salle de patinage pour que je puisse répéter mes chorées. J'ai la chance d'avoir des costumes qui vont être faits par le grand tailleur Giovanni. C'est vraiment inespéré ! Je ne pourrais que briller sur scène avec ça... Il va vraiment falloir que je sois au top niveau chorée. C'est donc tout le reste de l'après-midi que je m'entrainais sans relâche. Après plusieurs heures de travail, la journée touchait à sa fin, Lilia et Yakov mettait fin à l'entraînement.

Je me précipitais vers le vestiaire, attrapant mon téléphone pour prévenir Otabek de cette super nouvelle. Sauf qu'en lisant son dernier message, j'étais soudainement pris d'une petite angoisse. Car il m'avait écrit : « J'ai une mauvaise nouvelle. » Immédiatement je l'appelais.

Je raccrochais le téléphone toujours aussi excité par cette grande nouvelle. C'est vraiment super pour moi ! J'ai vraiment hâte d'être demain pour rencontrer Giovanni et voir quel costume il va me faire ! J'attrapais mes affaires, et c'est au moment de sortir du vestiaire que je me cognais contre Stanislas qui s'apprêtait à rentrer.

Il me lâchait me fixant en silence... Je partais rapidement, me sentant mal à l'aise avec lui. Pourquoi j'irais le voir ? Ce n'est pas mon ami, j'en ai rien à foutre de lui. En plus, c'est un nul je suis persuadé qu'il va perdre. Il est incapable de sa qualifier en finale ce naze.


Je rejoignais Lilia et c'est ensemble qu'on regagnait sa villa. Après le dîner, j'échangeais quelques messages avec Otabek, mais il ne semblait vraiment pas de très bonne humeur... Il refusait même qu'on s'appelle, prétextant un mal de tête... Décidément, je ne le comprends pas... C'est donc toujours sur mon petit nuage, malgré la froideur de Ota, que je me couchais songeant à demain.



Je détails l'homme de la tête au pied, et il ne manquait vraiment pas de style. Certes il était atypique, mais ça lui allait vraiment bien. Il lâche ma coach, se retournant vers moi. Il touchait sa moustache guidon, avant de venir saisir mon visage de sa grande main. Il me regardait fixement, intensément, dans les yeux.

J'enfilais mes patins et j'allais sur la glace. Je commençais par le court, et après une courte pause, j'enchainais avec le libre. Yakov, Lilia et Giovanni me regardaient en silence. Une fois les deux démonstrations terminées, je revenais jusqu'à Giovanni.

Je suivais le tailleur jusqu'au vestiaire et c'est consciencieusement qu'il prenait toute mes mensurations. Ensuite, c'est dans un silence total qu'il se mettait à griffonner quelque chose sur son carnet de croquis.

Il reprenait son dessin et au bout de quelques minutes, il tournait le carnet à croquis vers nous, nous montrant les deux costumes qu'il avait imaginés. Il avait vraiment un sacré coup de crayon...

C'est un peu dubitatif que je retourne m'entraîner sur la glace. J'ai quand même hâte de voir ce qu'il va faire pour moi. J'espère vraiment que ça va me plaire...


Le soir venu, c'est épuisé que je retournais jusqu'aux vestiaires pour me changer. Mais alors que je soufflais un peu, assis sur le banc, Stanislas venait troubler ma tranquillité.

Je partais agacé et un peu flippé de cet échange avec ce type. C'est quoi son problème… ? Puis, pourquoi il s'intéresse à ma relation avec Ota ? Il devient un peu flippant... En sortant, j'envoyais un SMS à Mila pour lui expliquer ce qu'il venait de se passer, et comme moi elle le trouvait vraiment trop bizarre...

Pour me changer les idées, en rentrant, je prenais un bon bain chaud… Et c'est en me prélassant que je ne pus m'empêcher de songer à Otabek… À mon séjour chez lui... A toutes les fois où on a fait l'amour... Je suis à peine rentrée que… Je me sens déjà en manque de ses bras… De son corps… De ses baisers… Notre dernière nuit ensemble était hyper intense… C'est vraiment frustrant qu'il ne puisse pas venir… Je ne sais pas quand on va pouvoir se revoir… Et je sens que cette attente va être longue "physiquement"...


Après une petite heure dans mon bain, je ressortais emmitouflée dans une grande serviette. Je m'allonge sur mon lit à côté de ma minette qui léchait soigneusement sa fourrure, et je relisais les messages que moi et Otabek on s’est échangés aujourd'hui. On n'a vraiment pas beaucoup parlé... Je ne sais pas pourquoi, mais depuis hier soir, il est froid. Pourtant, je n'ai rien fait, du moins je ne crois pas… Il est peut-être vraiment triste de ne pas pouvoir venir, ou alors il m'en veut encore... Je vais essayer de l'appeler… À cette heure, il doit être dans sa chambre. Au bout de quelques minutes personne ne décrochait, mais j'insistais, l'appelant de nouveau... Mais encore une fois, personne... Alors encore une fois j'appelais ! Je voulais vraiment lui parler...

Furieux je lui raccrochais au nez, prenant le premier objet qui me passait sous la main pour le balancer à travers la pièce... Je ne comprends pas pourquoi je le saoul... Je n'ai absolument rien fait depuis notre dernière dispute. Peut-être qu'il m'en veut toujours pour la soirée... Avant que je ne parte j'avais bien vu qu'il était un peu froid avec moi... Mais, vu la nuit qu'on avait passée, je pensais qu'il était juste un peu fatigué... Visiblement, je me suis trompé... !

Elle refermait la porte, mais ce n’est pas pour autant que je me levais pour ranger. Je restais dans mon lit à traîner sur mon portable, regardant les photos qu'on avait prises avec Otabek... Cette situation avec lui me prend vraiment la tête... Je sais que je l'aime... Mais, je me demande si on est vraiment fait pour être ensemble... On n'arrête pas de se disputer tout le temps... C'est parfois épuisant et ce n'est vraiment pas sain comme histoire... Mes émotions passent de la joie à la tristesse ou la colère, en quelques minutes... Pourtant, ça me serre vraiment le cœur rien que d'imaginer le quitter... Je suis perdu, je ne sais vraiment pas quoi faire avec lui…


A suivre : Prochain chapitre : It's JJ times !




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