On revient toujours

Chapitre 1 : Le cauchemar

981 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 11/02/2026 19:20

C’était un matin comme les autres. Le jour se levait à peine sur Austin, et déjà la maison des Strand-Reyes vibrait de cette agitation douce et familière des matins de semaine.

Dans la cuisine, l’odeur du café fraîchement coulé se mêlait à celle des rôties qui sautaient hors du grille-pain. TK, encore en t-shirt et pantalon de sport terminait de préparer la boite à lunch de Jonah.

Habituellement, à cette heure-là, le petit garçon était déjà installé sur son tabouret, en train de raconter tout ce qui lui passait par la tête. Mais ce matin-là, la chaise restait vide.

TK fronça légèrement les sourcils.

— Il est réveillé ? demanda-t-il à Carlos, qui nouait sa cravate devant le miroir de l’entrée.

Carlos jeta un coup d’œil vers la chambre de son fils. Jonah était toujours allongé dans son lit. La moitié de ses draps reposait sur le parquet, mais l’enfant s’était enroulé dans sa couverture préféré. Celle qu’il n’utilisait plus depuis plus d’un an. Depuis qu’il était un grand…

Le regarde qu’échangea Carlos à TK en dit long. Quelque chose n’allait pas ce matin.

TK ferma les ronds du poêle et s’approcha de la petite chambre.

— Hé, mon grand… dit-il doucement en s’assaillant sur le lit. Ça ne va pas ?

Jonah gigota un peu et se frotta les yeux, comme s’il était à peine sorti du sommeil.

Carlos s’accroupit près de lui.

— Qu’est-ce qui se passe, campeón ?

— J’ai fait un cauchemar, couina l’enfant comme si le mauvais rêve refaisait surface doucement dans sa petite tête.

— Tu veux nous le raconter ? fit TK en passant une main rassurante dans les cheveux de son fils.

Le petit hocha la tête :

— À l’école… tout le monde partait avec ses parents… mais pas moi. Les lumières étaient éteintes et moi j’étais tout seul.

Sa lèvre trembla.

— J’attendais… et attendais… mais vous reveniez jamais me chercher…

Le silence tomba dans la pièce.

Carlos essuya une petite larme qui menaçait de couler sur les joues de l’enfant.

— Hey… regarde-moi, mi amor.

Jonah leva les yeux, brillants.

— Ça n’arrivera jamais. Jamais, tu m’entends ? Peu importe ce qui se passe, il y aura toujours quelqu’un pour venir te chercher.

TK hocha la tête.

— Toujours. C’est une promesse.

Jonah hésita.

— Même si… même si vous êtes en danger ?

La question les prit de court.

TK échangea un regard avec Carlos — ce genre de regard silencieux que seuls les couples qui ont traversé des tempêtes savent se lancer.

— Pourquoi tu penses qu’on est en danger ? demanda Carlos doucement.

Jonah haussa les épaules.

— Papa TK travaille avec des pompiers qui vont sur des feux… et les policiers… ils attrapent les méchants.

Carlos ouvrit la bouche, mais aucun mot ne sortit tout de suite.

Parce que l’enfant n’avait pas tort.

TK prit le relais.

— Oui, nos métiers peuvent être impressionnants… mais tu sais quoi ? On n’est jamais seuls. On travaille avec des équipes entières dont le boulot est aussi de veiller les uns sur les autres.

— Comme les super-héros ! ajouta Carlos. Sauf que nous on remplit beaucoup plus de rapports.

Un minuscule sourire passa enfin sur le visage de Jonah.

— Aller ! Vient mon trésor, fit TK en tirant le reste des draps. C’est l’heure du petit-déjeuner !

L’enfant suivit son père jusqu’à la cuisine tandis que Carlos termina d’enfiler son uniforme, puis disparut dans la chambre parentale.

Tandis que TK déposait une rôtie devant lui, Jonah jeta un coup d’œil vers la chambre de ses papas. Il savait ce que faisait Carlos. Quelques parts dans la penderie se trouvait un coffre de sureté. Jonah n’avait pas le droit de jouer là, pourtant il savait ce qui se cachait dans se coffre. Son papa Carlos s’y rendait chaque fois qu’il revenait du travail pour y déposer de façon sécuritaire son arme de service.

Quand Carlos revint dans la cuisine, il trouva son fils figé près de la table.

— Hé… dit-il doucement. Tu pense encore à se mauvais rêve ?

Jonah leva vers lui un regard inquiet.

— Si t’as besoin de ça, dit-il en pointant l’étui attacher à la ceinture de son père. C’est… c’est que j’avais raison… ton travail est vraiment dangereux.

Carlos s’approcha lentement, posa un genou au sol.

— Jonah, regarde-moi.

L’enfant obéit.

— Cette arme, elle n’est pas là pour me mettre en danger. Elle est là pour protéger. La plupart des policiers espèrent ne jamais avoir à s’en servir.

TK les rejoignit, passant une main chaude sur la nuque de Jonah.

— Tu sais ce qui nous protège le plus ? continua Carlos. L’entraînement. Nos partenaires. Les règles qu’on suit à la lettre.

Les yeux de Jonah s’embuèrent tout de même.

— Mais… si vous revenez pas ?

TK n’hésita pas une seconde. Il le souleva dans ses bras, comme quand il était tout petit.

— Mon cœur écoute-moi bien : la chose la plus importante dans toute ma vie… c’est de revenir vers toi.

Jonah enfouit son visage dans le cou de TK.

Son petit corps était tout tendu.

— Les cauchemars ont l’air vrais… murmura TK. Mais ils racontent des histoires qui n’existent pas vraiment.

Après quelques secondes, Jonah chuchota :

— Vous promettez ?

Carlos croisa le regard de TK.

Puis il répondit, avec cette certitude calme que seuls les parents savent fabriquer même quand le monde est imprévisible :

— On promet de toujours tout faire pour rentrer à la maison.









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