L’Archer de Cuir : Abdominaux et Incohérences
Chapitre 3 : Garde du corps, sueur et secrets de polichinelle
3689 mots, Catégorie: G
Dernière mise à jour 05/04/2026 08:45
Oliver Queen avait un problème. Enfin, il en avait plusieurs, formant une pyramide de soucis plus haute que la tour de son entreprise. Une liste de noms qui ne finissait jamais (écrits avec une encre dont on soupçonnait le caractère indélébile même après l'apocalypse), une addiction sévère au maquillage pour yeux qui lui donnait l’air d’un raton laveur dépressif à chaque tombée de la nuit, et une mère, Moira, qui gérait ses complots mondiaux avec la même décontraction que si elle choisissait des rideaux pour le salon. Mais son problème immédiat, celui qui pesait environ 110 kilos de muscles et de pragmatisme, s’appelait John Diggle. Ce n'était pas un homme compliqué, mais il était exaspéré. Ancien militaire ayant vu plus de sable et de plomb que n'importe quel civil de Starling City, il possédait des bras de la taille de troncs d'arbres centenaires et un sens moral si rigide qu'il aurait pu servir de règle pour tracer les plans d'un gratte-ciel. Il portait des costumes sombres qui luttaient héroïquement pour ne pas craquer sous l'épaisseur de sa carrure, et ses yeux, des puits de sagesse fatiguée, ne quittaient jamais Oliver. Sa mission ? Empêcher Oliver de se faire enlever pour la quatorzième fois (Starling City ayant un ratio de rapts par habitant assez alarmant). Sa difficulté ? Oliver passait son temps à utiliser la physique quantique et le parkour pour s'évaporer.
La journée commença dans l’habitacle pressurisé d'une berline de luxe blindée, un cocon de technologie et de silence qui glissait à travers les rues grisâtres de Starling City. L’air intérieur était filtré, purifié, et sentait vaguement le santal et l’électronique neuve. À l’avant, Diggle conduisait, les mains fermement ancrées sur le volant à "dix heures dix". Ses yeux, aussi alertes que ceux d’un tireur d’élite en zone de conflit, ne quittaient pas le rétroviseur, guettant une attaque de char d'assaut ou, pire encore, un mouvement suspect de son passager. À l’arrière, Oliver était assis dans une pose qui semblait avoir été sculptée pour une couverture de magazine de mode dépressif. Il fixait la vitre d’un air ténébreux, le regard perdu dans le flou des gratte-ciels qui défilaient, sa position par défaut depuis son retour de l'enfer.
« Monsieur Queen, » dit Diggle d'une voix calme, ce ton de basse profonde qui ne laisse place à aucune fioriture. « C’est la troisième fois cette semaine que vous disparaissez pendant que je gare la voiture. La dernière fois, je vous ai retrouvé trois pâtés de maisons plus loin, trempé jusqu’aux os, une mèche de cheveux brûlée et couvert d'une suie qui ne ressemblait pas à de la pollution urbaine. »
Oliver ne cilla pas. Il ne tourna même pas la tête, son profil de statue grecque restant parfaitement immobile contre le cuir sombre du siège.
« J’ai cru voir une galerie d'art intéressante dans une ruelle, John. J’ai couru pour ne pas rater l'ouverture. J'aime l'art. C’est... viscéral. C'est un besoin qui me prend aux tripes. »
Diggle marqua un temps d'arrêt, attendant que le feu passe au vert dans un carrefour noyé sous une pluie fine et persistante. Il jeta un coup d'œil las au rétroviseur.
« Vous étiez dans un entrepôt de stockage de pneus usagés situé dans la zone industrielle désaffectée, Monsieur Queen. Il n'y avait pas de tableaux. Juste des rats et une odeur de soufre. »
« C’était une exposition conceptuelle, Diggle, » répondit Oliver sans se démonter, sa voix baissant d'un ton comme s'il révélait un secret ésotérique. « Une réflexion sur le caoutchouc, l'usure du temps et la fin brutale de l'ère industrielle. Très profond. Très "île". L'isolement, tu comprends ? »
Diggle laissa échapper un soupir. Pas un petit soupir de contrariété, mais un long sifflement qui semblait évacuer toute la fatigue accumulée depuis la guerre d'Afghanistan. Dans le reflet du miroir, son sourcil se haussa d'un millimètre, le seul signe extérieur de son exaspération bouillonnante. Il savait que son patron mentait comme un arracheur de dents. Il savait que personne, absolument personne, n'aimait l'art conceptuel au point de pratiquer le saut de l'ange depuis un véhicule lancé à 50 km/h pour aller renifler des pneus brûlés. Mais son contrat, et sa patience de saint, stipulait qu'il devait protéger le corps de ce milliardaire excentrique, pas disséquer ses alibis de plus en plus lunaires.
« La prochaine fois que vous voulez voir du "caoutchouc conceptuel", Monsieur Queen, prévenez-moi, » grogna Diggle en engageant la voiture dans l'allée du manoir. « J'aimerais éviter de devoir expliquer à votre mère pourquoi vous avez des traces de semelles de rangers sur votre veste Armani. »
Oliver esquissa l'ombre d'un demi-sourire, si fugace qu'il aurait pu être une hallucination.
« C'est noté, Diggle. Mais l'art n'attend pas. »
Le soir même, le manoir des Queen scintillait comme un diamant tombé dans la boue de Starling City. La famille organisait une réception pour célébrer... on ne sait plus trop quoi. Probablement le simple fait d'être indécemment riches alors que le reste de la ville luttait contre des fuites de gaz et des gangs de motards. L’ambiance était un cocktail de luxe oppressant. L’air était saturé par l’odeur de lys blancs, de champagne millésimé et d’hypocrisie mondaine. Un orchestre de chambre jouait du Vivaldi avec une discrétion presque insultante pendant que des invités, vêtus de robes en soie et de bijoux valant le prix d'un quartier, riaient avec une légèreté artificielle. Oliver trônait au milieu de ce zoo de haute société, sanglé dans un smoking noir dont le revers en satin brillait sous les lustres en cristal de Bohême. Il avait l'air d'un prince, mais son regard restait celui d'un loup enfermé dans un jardin d'hiver. À deux mètres de lui, Diggle se tenait immobile, les mains croisées devant lui, ressemblant à une montagne de granit sculptée dans un costume noir. Son expression était celle d'un homme qui a vu des guerres et qui trouve que cette fête est, de loin, l'endroit le plus dangereux de la planète.
« John, je dois aller aux toilettes, » annonça brusquement Oliver, rompant le silence entre deux gorgées de cocktail qu'il ne buvait pas.
Diggle ne cilla pas. Ses yeux scannèrent la foule avant de se poser sur son patron.
« Je vous accompagne jusqu'à la porte, Monsieur Queen. C'est la procédure. »
« Non ! » s'exclama Oliver, un peu trop vite. « C'est... un moment privé. J'ai besoin de réfléchir à mes péchés. Et à la texture du papier toilette triple épaisseur. C’est traumatisant après l'île, Diggle. Les feuilles de palmier me manquent. C'est une question de réadaptation sensorielle. »
Oliver s'éclipsa avec la fluidité d'une ombre. Bien sûr, il ne se dirigea pas vers les sanitaires en marbre de Carrare. Il bifurqua vers le couloir de service, une zone grise et utilitaire où l'odeur du traiteur et du détergent remplaçait celle des lys. Il repéra une fenêtre entrouverte, donnant sur une corniche étroite et sombre. En moins de temps qu'il n'en faut pour dire "incohérence scénaristique majeure", Oliver avait déboutonné sa chemise de soie et retiré sa veste. C'est là que la magie opéra. Sous la chemise blanche immaculée, il ne portait pas de débardeur en coton. Non. Il arborait son costume complet de cuir vert forêt, avec ses sangles, son carquois intégré et sa capuche rabattue.
Arrêtons-nous un instant. Posez votre verre. La narratrice que je suis aimerait faire une pause technique. Comment ? Comment un être humain, même doté d'une musculature sculptée par les dieux et le CrossFit, peut-il porter trois couches de cuir de buffle tanné sous une chemise de soie ajustée sans ressembler au Bibendum Chamallow ou à un canapé Chesterfield en crise d'identité ? Normalement, Oliver devrait avoir la circonférence d'un tonneau et être incapable de plier les coudes. Pourtant, à l'écran, il garde la silhouette d'un mannequin de mode. C’est un mystère de physique des matériaux que même Felicity, avec tous ses algorithmes et ses processeurs quantiques, ne pourrait résoudre. C'est le "Cuir Quantique" : il n'existe visuellement que lorsqu'on retire la couche supérieure.
Oliver, ignorant superbement les lois de la thermodynamique et de l'épaisseur des tissus, rabattit sa capuche sur son visage. En un instant, l'héritier des Queen disparut. Il ne restait plus qu'un homme en vert, prêt à bondir dans la nuit pour aller corriger un notaire véreux, tandis que Diggle, dans le couloir, commençait à se demander si la réflexion sur le papier toilette prenait normalement plus de dix minutes.
Le nom suivant sur la liste était Maître Grimald, un notaire dont l’âme était aussi sèche que les parchemins qu'il falsifiait. Ce brillant juriste s'était spécialisé dans le détournement de testaments de veuves éplorées, un petit commerce lucratif qui lui avait permis d'assouvir ses deux passions. Une collection de canards en porcelaine de Saxe peints à la main et un jacuzzi dernier cri, chauffé à l'énergie solaire, trônant au milieu de son salon comme un autel à la paresse. Oliver (désormais "La Capuche") courait sur les toits. Il aimait courir. C'était sa thérapie, son exutoire, une façon de transformer son trop-plein de testostérone en énergie cinétique. Il arriva devant la villa de Grimald, une demeure de style néo-provençal qui jurait terriblement avec le climat pluvieux de Starling City. Pas de vitre brisée cette fois ; Oliver voulait tester la discrétion, l'infiltration, la poésie du mouvement. Il repéra le conduit de la cheminée et décida de s'y glisser avec la souplesse d'un serpent en cuir. Malheureusement, la cheminée était active. Oliver fut recraché dans le salon au milieu d'un nuage de suie et d'étincelles. Il sortit de l'âtre, couvert de cendres grises de la tête aux pieds, les cheveux en bataille, mais avec une dignité de marbre que même un conduit de fumée bouché ne pouvait ébranler. Maître Grimald, confortablement installé dans un fauteuil en velours frappé, lisait un traité sur les taxes foncières en grignotant des biscuits à la cuillère. Il faillit s'étouffer, une miette de sucre glace venant se loger dans sa trachée.
« Par les codes civils et les actes authentiques ! » s’étrangla le notaire. « Qui êtes-vous ? Le Père Noël des ténèbres ? Un ramoneur syndiqué ? »
« Maître Grimald ! » rugit Oliver d'une voix qui semblait sortir d'un pot d'échappement bouché. « Tu as trahi cette ville ! Tu as volé l'héritage de la petite orpheline de la rue des Lilas pour te payer ce jacuzzi à 12 jets massants et filtration ionique ! »
« Mais... c'est bon pour mes lombaires ! » protesta le notaire en brandissant son dictionnaire juridique comme un bouclier. « La loi autorise les frais de gestion ! »
Oliver arma son arc. Le noir de ses yeux, mélangé à la suie et à la sueur, commençait à couler lamentablement sur ses pommettes, lui donnant l'air d'un panda en pleine crise de rage existentielle.
« La justice ne se soucie pas de tes lombaires, Grimald ! La justice a un grip antidérapant et un carquois plein de rancœur ! »
Il décocha une première flèche. Le sifflement fut si proche que le notaire crut entendre l'appel de l'au-delà. La pointe trancha net le cordon de son peignoir en soie sauvage, qui s'ouvrit instantanément, révélant Maître Grimald dans toute sa splendeur : en caleçon à pois rouges, la honte suprême pour un homme qui prétendait à la distinction notariale. Sans laisser le temps à sa victime de crier au scandale vestimentaire, Oliver décocha une deuxième flèche. Elle vint se ficher avec un bruit électrique dans le panneau de contrôle tactile du jacuzzi. Bzzzt ! Spark ! L'eau commença à bouillonner furieusement, puis, sous l'effet d'une cartouche de colorant chimique fixée à la flèche, elle vira au vert fluo suspect, une teinte qui aurait fait passer de l'uranium pour de la grenadine.
« J'ai injecté un virus chimique de mon invention dans ton système de filtration, » déclara Oliver avec un sérieux qui confinait à l'absurde. « Désormais, chaque fois que tu prendras un bain, tu ressortiras de la couleur d'un brocoli cuit à la vapeur. C'est la couleur de la vérité, Grimald. Elle est indélébile pendant trois semaines. »
Avant que le notaire n'ait pu consulter ses bouquins pour savoir si "l'humiliation par colorant" était un motif de plainte recevable, Oliver lança sa bombe fumigène habituelle. Le salon de Maître Grimald, autrefois temple du calme et des canards en porcelaine, se remplit d'un nuage opaque qui sentait le pin sylvestre, la cendre chaude et le regret éternel. Quand la fumée se dissipa, l'Archer Vert était parti, ne laissant derrière lui qu'un notaire vert de peur (et bientôt de peau) et une mèche de cheveux qui fumait encore un peu.
Oliver regagna son sanctuaire de briques et de rouille avec la grâce d'un chat de gouttière malmené. L'air de la fonderie était saturé d'une odeur de fer froid et de poussière séculaire, mais ce soir-là, une nouvelle fragrance flottait dans la pénombre. Celle du café noir et du sérieux professionnel. Il trouva John Diggle au centre de la pièce, sous le cercle de lumière blafard d'une ampoule nue qui oscillait au bout de son fil. John ne l'attendait pas avec une serviette tiède ou un cocktail de bienvenue. Il l'attendait avec son pistolet de service dégainé, les bras tendus, et une expression de "je ne suis décidément pas payé assez cher pour gérer ce niveau de délire". Oliver se figea instantanément, une flèche à la pointe émeraude encore à la main, sa silhouette couverte de suie se découpant contre les machines endormies.
« Monsieur Queen, » commença Diggle, sa voix résonnant contre les murs de métal avec la lourdeur d'un verdict. « Ou devrais-je dire... "Le gars qui s'habille en salade pour terroriser les retraités de la fonction publique" ? »
« John... je peux expliquer, » articula Oliver, dont la voix de baryton-basse semblait particulièrement ridicule sous sa capuche de cuir tachée de cendre de cheminée.
« Expliquer quoi ? » tonna Diggle en abaissant lentement son arme, sans pour autant se détendre. « Que vous passez vos soirées à faire du parkour sur des réservoirs d'eau en pyjama de cuir ultra-moulant ? Que vous avez assez de maquillage autour des yeux pour lancer une ligne de cosmétiques gothiques et racheter L'Oréal ? J'ai fait l'Afghanistan, Oliver. J'ai vu des choses étranges, mais un milliardaire déguisé en lutin de la vengeance, c'est une première. »
Oliver soupira, un bruit qui fit s'envoler la poussière de ses épaules, et baissa sa capuche. Le secret était désormais exposé, nu sous la lumière crue du sous-sol. Sans son masque d'ombre, il n'était plus qu'un homme épuisé, les yeux rougis par la fumée et le khôl qui coulait.
« La ville se meurt, John. Elle est rongée de l'intérieur par des parasites comme Grimald ou Martine. Mon père m'a laissé une mission. Il m'a donné un but quand je n'avais plus que le sel et le désespoir pour compagnie. »
« Votre père vous a laissé une multinationale, un manoir avec trente chambres et une collection de montres suisses, » répliqua Diggle en s'approchant, ses bottes craquant sur le sol jonché de débris. « Cette liste de noms, ce n'est pas une mission, c'est ce qu'on appelle médicalement un "délire obsessionnel traumatique". »
Il s'arrêta à quelques centimètres d'Oliver, scrutant les traces de suie sur son visage. Il y eut un silence, uniquement troublé par le goutte-à-goutte d'un tuyau percé au fond de la cave.
« Mais... » continua Diggle en rangeant finalement son pistolet dans son holster d'épaule avec un clic définitif, « il se trouve que je n'aime pas les notaires véreux non plus. Et j'aime encore moins l'idée de devoir ramasser vos morceaux sur un trottoir parce que vous avez raté un salto arrière. »
Un pacte silencieux, scellé par une poignée de main qui aurait pu broyer du granit, venait d'être conclu dans l'obscurité de la fonderie. C'était une alliance improbable, née dans l'humidité et le secret. Désormais, l'un apporterait les muscles sculptés sur l'île, l'arc en polymère et les entrées spectaculaires par le plafond. L'autre apporterait le bon sens tactique, la couverture logistique et, surtout, la trousse de premiers soins format familial pour soigner les écorchures dues aux conduits de cheminée trop étroits et aux bégonias de collection un peu trop résistants.
« On commence demain, » grogna Diggle en se dirigeant vers la sortie. « Et par pitié, trouvez un démaquillant efficace. Vous ressemblez à un membre des Cure qui aurait perdu un combat de catch. »
Oliver resta seul un instant, regardant son arc. Pour la première fois depuis son retour, il n'était plus seul dans sa guerre.
Pour bien comprendre la psychologie d'Oliver, il ne faut pas regarder ses yeux, ils sont trop occupés à fixer le vide, mais s’attarder sur le sol de sa cave. Le revêtement est un béton gris, rugueux et glacial, parsemé de taches d'huile fossilisées datant de 1984, à l'époque où cette fonderie crachait encore du métal et des rêves industriels. Chaque fissure dans cette dalle raconte une étape de sa déchéance ou de sa reconstruction. Il y a la fissure en forme de pointe de flèche, vestige du jour où Oliver, épuisé par une nuit de patrouille et une grippe carabinée, a laissé tomber son arc avec le fracas d'un espoir déçu. Près de l'établi en acier, on distingue une tache sombre. Du sang séché issu d'un combat épique contre un mercenaire, ou peut-être simplement du ketchup, car Oliver s'était autorisé un burger particulièrement coulant ce jour-là pour célébrer la chute d'un promoteur immobilier. L'éclairage est une insulte à l'ophtalmologie. Trois ampoules de 40 watts, nues et poussiéreuses, oscillent au bout de leurs fils électriques, clignotant en rythme avec l'angoisse chronique du héros. Ce vacillement crée des ombres dansantes sur les murs, donnant l'impression que les briques elles-mêmes s'apprêtent à porter plainte. Les murs, autrefois rouges, sont désormais recouverts de cartes de la ville jaunies, un immense labyrinthe de rues et d'impasses reliées entre elles par des kilomètres de fils de laine rouge. Si vous aviez la patience de suivre ces fils à travers les punaises rouillées, ils mèneraient tous à une seule et unique conclusion paranoïaque. Tout le monde à Starling City est coupable de quelque chose. Même le vendeur de glaces du parc central, soupçonné par Oliver de mettre trop de vanille pour camoufler un trafic de faux cornets ou, plus grave encore, une évasion fiscale sur les pépites de chocolat.
Oliver s'assit lourdement sur son tabouret en métal, dont le grincement strident déchira le silence de la fonderie comme un cri de métal agonisant. Il posa ses mains calleuses sur ses genoux et leva les yeux vers la silhouette massive qui se découpait dans l'ombre. Il regarda Diggle. Ce dernier se tenait près d'une pile de pneus, les bras croisés, le regard sceptique, mais la posture aussi stable qu'un porte-avions.
« Tu es vraiment avec moi, John ? » demanda Oliver, sa voix n'étant plus qu'un murmure rauque qui semblait porter tout le poids de la liste. « Tu es prêt à franchir la ligne ? »
Diggle resta silencieux un instant, observant les fils rouges qui s'entrecroisaient sur le mur comme une toile d'araignée tissée par un fou furieux. Il soupira, ajustant sa veste de costume qui semblait soudainement trop étroite pour sa conscience.
« Je suis avec vous, Monsieur Queen, » répondit-il enfin avec une solennité teintée de lassitude. « Parce que quelqu'un doit s'assurer que vous ne finissez pas empalé sur votre propre matériel. Mais mettons les choses au clair tout de suite. Si vous essayez de me faire porter une capuche, du maquillage ou la moindre pièce d'équipement en cuir vert, je démissionne, je vous dénonce au fisc, et je retourne faire de la sécurité pour des gens normaux qui ne parlent pas à leurs flèches. »
Oliver esquissa un sourire presque imperceptible, une lueur fugitive dans la pénombre de la cave. « C'est noté, Diggle. Pas de cuir pour toi. Pour l'instant. »
Et voilà, le secret le mieux gardé de la ville est tombé au bout de trois chapitres parce que notre héros a la discrétion d'un éléphant dans un magasin de porcelaine. Diggle rejoint la "Team Capuche", et honnêtement, sa présence est la seule chose qui empêche cette série de devenir un tutoriel de maquillage qui tourne mal.