Aventures : La Fanfiction - Saison 2
Chapitre 24 : L'ultimatum
6509 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 02/02/2026 14:22
Épisode 24 : L'Ultimatum
Par Mastroyal
Un silence de mort pesa après la proposition de Viktor, qui était de placer leur gemme de pouvoir sur le corps mourant de l'Intendant Bragg et de la faire exploser, sitôt que la Mort en personne en aurait pris le contrôle. Alors que l'Érudit à côté d'eux se contentait de se frotter le menton en plissant les yeux et de sourire sans piper mot, Grunlek prit la parole :
— Personnellement, Viktor, je ne peux pas te suivre sur ce coup-là, mais je comprends pourquoi tu dois le faire. Je comprends pourquoi tu vois tout ça comme une hérésie, mais personnellement, je crois que c'est une erreur. Donc, si c'est ton plan, je ne t'en empêcherais pas, par respect pour toi. Mais… Mais non, je ne suis pas en accord avec.
— Pour moi, répliqua Viktor, vous allez le regretter plus tard. Je suis un vieil homme, je suis sage… Et tout ça. Mais vraiment, vous allez regretter plus tard quand vous verrez que vous donnez plus de puissance à une menace qui sera encore plus grande que les Églises, que les Intendants, que Maëda, que tout ça…
— Sauf si ton plan réussit, intervint B.O.B. Bon, tu seras plus là pour le savoir, mais dans l'absolu…
— Sauf si mon plan A réussit ! coupa Viktor, sûr de lui.
— Et c'est pour ça que moi, reprit B.O.B., personnellement, je suis prêt à t'aider. Pas de manière directe, cependant, tu m'en excuseras. Mais je suis prêt à t'aider parce que je pense sincèrement que, comme tu le dis, l'issue ne peut en être que bénéfique. Soit ton plan réussit, et dans ce cas-là, finito, c'est la victoire, t'es content, tu vas rejoindre ton Dieu de la Lumière et tu pourras avoir une petite promotion, une salle à manger, peut-être un T3… Pas de vierges, par contre, il y en a plus… Des vierges, mais mal, plein… Soit ça échoue, et dans ce cas-là, moi, je m'en suis lavé les mains, tout comme notre ami Grunlek, tout comme Shin à côté ou autre… Et dans ce cas-là, on pourra quand même continuer à appliquer notre partie du plan qui consiste quand même à purifier toutes ces terres de… de toutes ces saloperies de conflits, que ce soit les Codex, que ce soit les Demis-Élémentaires ou autre…
Conscient de ce qu'il venait de dire, B.O.B. se tourna vers Shin, et ajouta :
— Moi, perso, je suis cool avec les demis élémentaires… Pour le coup, je n'ai pas très bien le choix… Mais les Élémentaires purs me posent de vrais problèmes (je vais être sincère) dans l'équilibre de ce monde. Ils font un peu n'importe quoi.
— Mais oui, approuva Shin. Ils sont complètement instables.
— Pour moi, déclara Viktor, il est démesurément puissant… C'est comme donner la bombe atomique à un fou…
— Écoute, répliqua Shin sans demander ce que pouvait être ce que Viktor appelait la « bombe atomique », je ne suis pas d'accord avec toi. Je suis complètement en désaccord, je partage plutôt l'avis de Grunlek à ce niveau-là, mais je respecte ton choix, et si tu le fais pour Théo — car j'imagine que ce doit être pour Théo, quand même — tu vas accomplir ton vœu jusqu'au bout… Je te la donne, je te la confie…
— Déjà, arrêtez de croire que je vais mourir ! l'interrompit sèchement Viktor. J'ai un plan A qui dit dedans que je ne meurs pas…
— Mais tu ne l'as pas expliqué, fit remarquer Shin.
— Attends Shin… intervint B.O.B. Est-ce que tu veux bien me la prêter d'abord ?
— Euh… Ouais, répondit Viktor. Mais dis-moi pourquoi d'abord.
— Nan, mais allez… répliqua B.O.B. Fais-moi confiance cinq minutes… Je sais que je suis une hérésie ambulante, mais… Quand est-ce que je t'ai trahi ?
— Mais c'est peut-être incompatible avec mon plan, insista Viktor. Donc, j'ai le droit de savoir.
B.O.B. réfléchit quelques instants, le menton en l'air. Puis, il poussa un profond soupir et déclara :
— J'aimerais utiliser mon pouvoir pour surcharger la gemme, histoire de la rendre instable et augmenter son rayon et sa puissance d'explosion…
— Mais il ne nous a pas expliqué son plan, encore une fois… commença Shin.
— Quitte à passer un peu dans le camp démoniaque, poursuivit B.O.B. sans prêter attention au Demi-Élémentaire, histoire de faire en sorte que, au lieu de raser le pâté de maisons, ça rase la région.
— Oui, mais… Si on est dans la région, NOUS ? objecta Shin.
— Bah, il faudra courir mon grand… décréta B.O.B. Après, c'est une stratégie.
Et sans ajouter un mot, il posa ses mains sur la gemme. Ses yeux devinrent alors uniformément rouges, une sorte d'énergie démoniaque passa au travers de son corps, puis de ses bras, avant d'arriver à la gemme qui passa d'un violet éclatant à un rouge menaçant.
— Bien ! conclut Viktor. Maintenant, on va relever Bragg pour commencer…
— Attends, l'interrompit Grunlek, il y a un petit détail… On a pas du tout parlé à Bragg depuis le début.
— Oui, c'est vrai, effectivement… renchérit Shin pour faire un peu le pitre.
— Bah non… Sérieusement, insista Grunlek, il a peut-être des informations sur la Mort. Peut-être qu'il a un avis à donner.
— Grunlek, intervint B.O.B., depuis le début, tu as largement été le plus raisonnable d'entre nous tous. Est-ce que tu veux bien aller parler à Grab... À Bragg pour lui expliquer la situation et faire en sorte que, si jamais, il accepte de sacrifier son corps (garde cet objectif en tête), on pourra récupérer Théo… clean !
— Moi, Bragg, j'ai un peu un contentieux avec… confessa Grunlek en désignant l'ingénieur qui veillait sur Bragg. Je préfère parler au nain, essayer de savoir si on peut apprendre des choses intéressantes, sur l'état de Bragg ou sur les gemmes… pour détourner son attention… Et quelqu'un ira parler à Bragg.
— Je vais aller parler à Bragg, proposa Viktor.
Grunlek s'avança vers le nain-érudit. Arrivé de lui, celui-ci se retourna et se mit à sourire :
— Ah… Donc, c'était bien vrai. C'est bel et bien ce que j'imaginais, hein ? Membre de la famille royale si éloigné de son bercail.
— À quoi est-ce que vous avez reconnu ça ? interrogea Grunlek.
— Les rumeurs courent vite, maître nain, répondit l'ingénieur en souriant de plus belle.
Viktor profita du fait que l'attention de l'ingénieur était détournée pour s'approcher de Bragg. Celui-ci, allongé sur un matelas de fortune, ouvrit à peine les yeux en entendant les bruits de pas se rapprocher de lui, et marmonna d'une voix faible :
— Vous… Contemplez la science… Contemplez-les… Le savoir… Contemplez l'ambition de l'homme…
Chaque mot, chaque syllabe prononcée, lui coûtait un douloureux effort. Viktor se pencha vers lui et murmura :
— Comment ça va ? Vous en avez assez de souffrir ?
— Je… J'en ai assez de constater… Que l'ambition démesurée des uns et des autres… Va nous amener tous à notre perte… répondit l'ex-intendant.
— Ah… Je vous propose d'en finir. Ça vous dit ? demanda Viktor d'un ton assez alarmant.
— Qu… Quoi ? Là… Maintenant ?
— Est-ce que vous avez toujours rêvé d'être un héros, et d'avoir une statue ?
— N... Non… Pourquoi ? Venez-en au fait… Qu'est-ce qui s'est passé ? Quel était ce brouhaha à l'extérieur ?
— J'ai besoin de votre mort, en fait, continua Viktor d'une voix encore moins apaisante.
— Apparemment, bon nombre de personnes en ont besoin, mais personne n'y parvient.
— Ah ben justement… C'est le moment, c'est l'heure. Est-ce que vous êtes prêt à m'aider ?
— Expliquez-moi d'abord… insista Bragg.
Viktor lui expliqua alors la situation à l'extérieur. Que la Mort en personne avait pris possession du corps de Théo, qu'ils avaient un plan pour se débarrasser d'elle, que, pour cela, ils avaient besoin de son aide, et s'il était prêt à mourir et si oui, comment.
— Si possible… En ayant servi à quelque chose…
— Ah… Mais justement, ça tombe bien.
Viktor commença à débrancher Bragg de l'appareil qui était connecté à lui, mais le nain-érudit le remarqua et s'exclama :
— Hé ! Non ! Ho ! Qu'est-ce que vous faites ?! Je le maintiens en vie ! C'est ma mission, ici !
— Oui, je suis docteur… répondit Viktor d'un air impertinent.
— Non ! Holà ! Sir Grunlek ?!
— Laissez-nous faire, répondit Grunlek avec calme, les enjeux sont très importants.
— Bragg, dites à votre nain que vous voulez partir, conseilla Viktor.
— C'est… C'est ce que je lui dis… C'est ce que je lui ai dit… Encore et encore… répondit l'enfant de la nuit.
B.O.B., devant le refus du nain ingénieur de céder, s'avança vers lui. Au passage, il adressa ces mots à Von Krayn :
— Putain, t'es noble, toi ? Tu nous as rien dit…
— C'était il y a longtemps, c'était une autre époque… répondit Grunlek d'un air gêné.
— Dans tous les cas, Maître nain, reprit B.O.B. en s'adressant à l'ingénieur, laissez-le partir. L'entendement est complètement dépassé sur ce coup-là.
— J'ai bien compris, mage, qu'il y a des enjeux qui nous dépassent tous, répondit le nain. Mais moi, j'ai une mission et j'ai une charge ! Et cette charge pour laquelle j'ai été appelé est de maintenir en vie ce pauvre bougre ! Si maintenant, vous me barrez la route, je serais contraint moi-même de…
— S'il vous plaît, intervint Shin, qu'est-ce qu'on vous a promis en l'échange de ce service ?
— Bah, du fric… répondit B.O.B.
— Dans ce cas, on peut lui filer une pièce… commença Shin
— Mais non, mais c'est son honneur, aussi, ajouta B.O.B.
— Roh, mais qu'il ne fasse pas chier… rouspéta le demi-élémentaire.
— Est-ce que vous avez une idée de ce qui se passe à l'extérieur de la tente ? interrogea Grunlek pour couper court au débat qui s'annonçait.
— Bah, j'ai entendu que ça se bousculait un peu, mais… répondit l'ingénieur.
— Allez jeter un œil, conseilla Grunlek. Quelques secondes. Sortez de la tente et regardez.
Le nain se laissa alors convaincre. Il se dirigea vers l'entrée de la tente, passa la tête à l'extérieur quelques secondes, puis la rentra, se tourna vers les Aventuriers, et déclara :
— OK, c'est bon, allez-y…
En passant à côté de Shin, le nain-érudit murmura :
— Au fait, pour l'histoire de la récompense…
— Ça tombe bien, on n'a pas un rond ! l'interrompit Shin d'un air cassant et moqueur.
— Rassurez-vous, intervint B.O.B. en posant sa main sur l'épaule de l'ingénieur. Si jamais cette opération réussit, il sera sauvé et vous n'aurez pas échoué.
— Juste… Confirmez-moi ça, demanda l'érudit. C'est vraiment sale, ce qui se passe dehors ?
— Oui, répondit le pyromage. Oui, là, par contre, oui. Par contre, je reconfirme que si ça réussit, il sera bel et bien sauvé.
Puis, constatant l'absence de réponse de son interlocuteur, il ajouta :
— Vous voyez bien que vivre ou mourir ne veut pas dire grand-chose, dehors, à l'heure qu'il est.
— Disons que… bafouilla le nain. Oui… Enfin… Je vous demande qu'un seul service en échange ! Qu'un seul ! Je ne m'opposerais pas à vous.
— On vous écoute, répliqua B.O.B.
— Je voudrais quelques… spécimens, de ce qu'il y a dehors.
— On peut vous présenter auprès de la personne qui peut vous les procurer, si vous voulez… proposa Grunlek.
— Oui, tout à fait, intervint B.O.B. Je ne sais pas si vous pourrez vous procurer un spécimen mort à proprement parler, vu qu'ils n'ont pas l'air d'être trop gênés par cet état…
— Si je pourrais avoir quelques-unes de ces créatures hérétiques… l'interrompit le nain.
— Cependant, poursuivit le demi diable, si vous nous accompagnez, je peux vous garantir que vous aurez l'occasion de les étudier de beaucoup plus près, sans sous-entendu malsain.
Un nouveau silence suivit ces paroles pendant lequel l'érudit prit le temps de la réflexion. Puis, il déclara en soupirant :
— Non. Je préférerais que… Voilà, si vous pouvez m'en procurer quelques-unes de ces créatures.
— Elles ne nous appartiennent pas… commença Grunlek.
— Ah, on verra ! intervint brutalement Viktor. Putain, allez !
— Vas-y, débranche-le… soupira B.O.B.
Viktor acheva de débrancher Bragg, l'aida à se relever, et sortit de la tente en même temps que ses trois compères (bien qu'il était difficile de déterminer le degré des liens entre Viktor et le reste des Aventuriers).
En sortant de la tente, les Aventuriers virent, mais sans surprise, Sœur Maëda, la prêtresse de l'église des Murmures, terrassée par Théo et achevée par Shin, se relever. Bien qu'étant décédée, la présence de la Mort en personne lui a permis de revenir sous la forme d'une marionnette mue par la volonté de celle qui habitait désormais le corps de Théo.
L'érudit qui les suivait sans expression de sympathie, mais en marchant comme s'il avait toujours voyagé avec eux, observait les morts-vivants qui l'entouraient avec un intérêt de professionnel.
Viktor s'avança vers le corps de son ancien disciple, habité aujourd'hui par la Mort elle-même, tout en soutenant Bragg, qui marchait à côté de lui. En passant devant la tente qui servait de remise, il porta deux doigts à sa bouche et se mit à siffler pour appeler Lumière, le cheval de Théo. Celui-ci avança, malgré les zombies qui patrouillaient la zone, essentiellement grâce au fait qu'il s'agit d'un cheval de guerre et qu'il ne craint donc pas les combats. Autrement, il aurait déjà pris les sabots à son cou.
De son côté, B.O.B. entraîna le nain-érudit (qui répondait sous le nom de Maître Thyolan) vers le squelette le plus proche afin de lui permettre de l'examiner plus en détail.
Enfin, le Magister arriva face à la Mort. Il lui montra le corps de Bragg et déclara :
— Voilà le corps de Bragg… Prenez-en possession et rendez-nous Théo.
— Très bien, répliqua la Mort. C'est ce que je vais faire.
— Avant, j'ai une petite demande, si ça ne vous dérange pas, intervint Grunlek. Bragg était sous la responsabilité de Thyolan que vous pouvez voir derrière nous. Et donc, Thyolan a accepté de nous remettre Bragg, mais il aimerait, si vous êtes d'accord, pouvoir étudier certains spécimens, certains morts-vivants.
— Oh, mais ça me ferait plaisir, il n'y a aucun problème, susurra la Mort d'une voix douce. Enfin… rectifia-t-elle. Non, ça ne me ferait pas spécialement plaisir, ce sont quand même des créatures sous ma responsabilité, mais j'aimerais qu'il ait un minimum de respect envers elles. Je veux bien en confier quelques-unes.
— Est-ce que ça vous convient, Thyolan ? demanda Grunlek en se retournant.
— Oui !! s'exclama celui-ci, sachant que son tempérament, bien qu'effrayé devant quelque chose de pas naturel, était en même temps ravi de pouvoir étudier quelque chose de nouveau.
Viktor déposa alors le corps de Bragg à terre en lui murmurant à l'oreille : « Faites-moi confiance. » puis, il éleva la voix et dit à la Mort : « Allez-y ! Rendez-nous le corps de Théo, maintenant. ». La Mort jeta un regard au corps de Bragg étendu à ses pieds, puis releva la tête vers le Magister, et déclara :
— J'aimerais vous parler seul à seul, Viktor.
— Qu'est-ce qu'il y a ? demanda celui-ci, un peu bêtement.
— Bah, venez… Il faut que je vous parle. C'est au sujet de l'un de vos amis.
— D'accord, mais faites vite… dit Viktor en s'approchant. Je n'ai pas beaucoup envie de parler à une hérésie comme vous.
Soudain, le visage du Magister se mit à blêmir et il recula d'un pas ! D'une manche du corps de Théo, une lame venait de surgir ! Par réflexe, il essaya de lui asséner un coup de bâton, mais manqua son coup et ne put esquiver cette étrange lame qui lui rentra dans le corps et le lacéra de bas en haut, sous le regard horrifié des autres Aventuriers.
— Ah… fit la Mort en retirant sa lame. On dirait que vous êtes condamné. C'est juste, mon cher ami, un petit gage de mon immortalité sur ce monde. Si tout se passe comme prévu, si vous respectez votre parole, je m'assurerai à faire en sorte que votre ami Viktor revienne à lui avec tous ses esprits. Par contre, ajouta-t-elle d'un ton menaçant, si vous essayez de m'avoir, j'emmènerai Viktor avec moi. N'essayez pas de m'entourlouper.
Sur ces mots, elle se pencha vers le corps de Bragg. Une énergie émana de ses mains, de ses yeux, de sa bouche… Des formes translucides quittèrent le corps de Théo et commencèrent à entrer dans le corps de l'enfant des Ténèbres, l'intendant Bragg. Le souffle de ce dernier commença à s'amenuiser, à s'affaiblir, jusqu'à se taire complètement. Le corps de Théo tomba au sol, visiblement inconscient, tandis qu'au même moment, celui de Bragg ouvrit les yeux et prit une profonde inspiration.
Grunlek et B.O.B. se précipitèrent sur le corps de Théo et le chargèrent sur Lumière. Viktor leva la main et mit une claque sur le derrière du cheval qui fila droit devant lui, loin de ces lieux. La Mort, qui avait pris possession du corps de Bragg, se releva, regarda Viktor et murmura :
— Ah… Je vois que ce n'est pas exactement ce qui était prévu…
La Mort regarda attentivement Viktor de bas en haut, comme si elle regardait des vêtements.
Vexé par cet affront et souffrant de sa blessure, le Magister sortit la gemme de pouvoir grosse comme un poing, la leva bien haut et clama en s'adressant aux représentants des Églises rassemblés :
— On va tous crever ! Alors maintenant, vous n'avez pas le choix et vous vous battez avec nous !
En voyant la gemme dans la main de Viktor, la Mort serra les poings et des dizaines de mains se mirent à sortir du sol. Pris de surprise et de terreur, les Érudits et les membres des Églises ne bougèrent pas pendant quelques secondes, puis, une voix perçante qu'on devait entendre dans toute la région se fit entendre, une voix qu'on reconnut comme celle d'Arcana :
— Mais faites quelque chose, bon sang !
Les Érudits, soudain réveillés, se regardèrent les uns les autres, et commencèrent à invoquer des pouvoirs en catastrophe.
Grunlek, Shin et B.O.B. se regardèrent, dépités. Visiblement, Viktor avait l'intention de les manipuler tous les trois pour qu'ils se battent tous ensemble avec les Églises, ce qui n'était absolument pas prévu à la base. Ils se rassemblèrent tous ensemble et commencèrent à parler entre eux :
— Personnellement, je me sens partagé entre assommer Viktor ou… commença Grunlek.
— … rentrer dans le lard de la Mort directement, compléta Shin. Ah, il est con, ce Viktor. Que des problèmes, depuis qu'il a rejoint notre groupe. Que des embrouilles.
— Non, mais, il prend une décision à notre place, déclara Grunlek, il prend une décision qui va à l'encontre de ce que nous, on pensait. On était d'accord de le laisser faire son plan, et là, il nous oblige. Et c'est encore une réaction typique des Églises et moi, je n'aime pas ça.
— Apparemment, soupira B.O.B., vu que tout le monde est parti en sucette, moi, je vais vous dire le fond de ma pensée. J'en ai marre qu'on nous demande du respect. J'en ai marre qu'on nous demande des conditions sur tout et n'importe quoi. J'en ai marre que rien ne soit absolument simple. J'en ai marre qu'on nous voit comme des moins que rien. J'en ai marre qu'on nous voit comme des monstres ! (Sa voix s'enflait plus en un cri à chaque phrase). J'en ai marre qu'on nous voit toujours comme des ennemis ! J'en ai marre que même nos alliés décident de suriner nos potes pour être sûrs qu'on soit vraiment leurs alliés ! J'en ai absolument marre de tout ça !! Alors, je vous préviens, à la fin de cette discussion, je vais demander à l'autre ce qu'il veut en échange de lui laisser le mode automatique complet et en échange de quoi, il vous épargnera vous quatre, mais c'est tout. Le reste, ce pays, je le rase.
— Moi, ça me paraît bien, dit Grunlek sans état d'âme.
Quelque chose s'était produit pendant leur conciliabule. Grunlek le sentait, une sorte de déflagration sourde se produisait à la surface du sol. Seulement, ce n'était pas à cause de ces dizaines de mains qui, petit à petit, aidaient leurs corps à se hisser à la surface grâce à l'invocation de la Mort en personne, mais cela était plutôt dû aux paroles que B.O.B. avait prononcées. En se tournant vers lui, Grunlek vit avec une certaine appréhension que ses yeux commençaient à devenir uniformément rouges.
— Bon… soupira le Golem. Reste à espérer qu'on ne soit pas des dégâts collatéraux.
B.O.B. tomba soudainement à genoux, la tête dans les mains.
**********
Lorsqu'il releva la tête, au lieu de voir le conclave des Églises, il ne vit rien d'autre qu'une pièce sombre sans rien autour de lui. Et, face à lui, il vit son père, le démon Enoch. Il se mit alors à rire :
— Allez, ça fait une éternité que t'es en moi… Il a vraiment fallu que tu prennes cette forme pour me narguer.
Le père de B.O.B., Enoch, se mit à sourire et déclara :
— Dans mes bras, fils. Tu as fini par accepter que ce n'était que moi, depuis le début.
— C'est faux, reprit B.O.B. en riant de plus belle. C'est faux. Mon père est mon père, et toi, t'es moi. T'as toujours été l'autre, mais t'as toujours été moi. Tu sais précisément pourquoi je suis là aujourd'hui. J'aurais une faveur à te demander, reprit-il d'un ton plus sérieux. Tu auras les pleins pouvoirs, toutes les manettes, toutes les commandes, aucune restriction pendant un temps donné. Mais en échange, tu vas me promettre, droit dans les yeux et droit dans le cœur, parce qu'on partage le même, que tu ne toucheras pas à un seul cheveu de mes quatre compagnons.
Il y eut un moment de silence pendant lequel Enoch prit le temps de la réflexion. B.O.B. ajouta alors :
— Après, le reste du pays, les arbres, les civils…
— Promis, coupa le père d'un air ravi.
— Parfait, conclut B.O.B. Eh bien, écoute…
— Viens là, fils… dit Enoch en tendant les bras vers le pyromage.
— Vas-y, fit B.O.B. en donnant un petit coup sur l'épaule de son paternel. Déchaîne l'Enfer sur Terre, je te regarde.
— L'Enfer ne viendra pas seulement de la Terre, fils…
**********
B.O.B. revint à lui dans le conclave des Églises. Son ossature commença à croître, ses dents commencèrent à s'élimer puis à exploser, remplacées par d'autres dents plus grosses et plus menaçantes d'un jaunâtre écœurant, sa peau se craquela, montrant des muscles à vif. Ses bras se tordirent dans un sens loin d'être naturels, des cornes poussèrent sur sa tête… B.O.B. se transformait en démon, ainsi que son père l'avait toujours espéré, et dont aujourd'hui il éprouvait sans doute pour son fils la plus grande fierté.
Shin, qui était posté comme une sentinelle, vit quelque chose de bizarre dans le ciel. Les nuages commençaient à se draper d'une sorte de voile rouge avant de s'écarter.
Grunlek, de son côté, voyant que les mains qui sortaient du sol avaient visiblement l'intention de lui saisir les jambes, fit quelques bonds sur place pour les éviter avant de se tourner vers B.O.B. et de constater que sa forme démoniaque était à présent presque complète. Il n'était pas encore bien grand, mais son corps gagnait en proportion à mesure que les secondes s'écoulaient. Viktor, voyant que les choses tournaient à l'hérésie la plus complète, se tourna à nouveau vers les membres des Églises et se mit à hurler :
— Battez-vous !! Vous n'avez pas le choix !! Cette gemme va exploser bientôt ! Battez-vous !
Un laquais des Églises se décida enfin à agir et projeta un souffle de brume en avant. En y regardant de plus près, Viktor et Grunlek remarquèrent que la moindre plante que cette brume rencontrait se mit à flétrir et à fondre, sans doute sous l'effet d'une puissante chaleur.
Une femme, membre de l'Église de la Terre, donna un coup de pied au sol et la terre se craquela sous son geste, recouvrant quelques mains qui sortaient du sol et empêchant ainsi leurs propriétaires de sortir.
La Mort regarda Viktor droit dans les yeux et marmonna :
— Je serais, je pense, mais tellement confortable avec ce qui va te rester de vie dans ce corps de vieillard que je vais te retirer !
Sur ces mots, elle saisit Viktor, le releva et le regarda à nouveau droit dans les yeux tandis qu'une énergie violette sortait à nouveau de ses paumes, de ses yeux, et commençait à investir le corps du Magister.
Grunlek, de son côté, continuait à éviter les dizaines, les centaines de mains qui sortaient du sol et essayaient de le saisir.
Shin, qui observait la scène d'un air contrit, entendit un râle derrière lui. Il se retourna et vit le zombie de Sœur Maëda bondir sur lui, tandis que du côté de la tente, Thyolan prenait des notes avec frénésie en marmonnant d'une voix surexcitée :
— Ah, mais c'est horrible ! C'est horrible ! Dieu, que c'est horrible ! C'est la fin du monde !
— Dis donc Thyolan, déclara Shin, est-ce que tu as déjà fait des analyses sur une prêtresse de l'Église des Murmures ? Eh ben, c'est ton jour de chance !
Shin évita de peu l'attaque de Sœur Maëda tandis que de nouveaux morts-vivants surgissaient des entrailles de la terre.
La situation tournait véritablement au cauchemar. Viktor était aux prises avec la Mort, Grunlek dansait sur place pour éviter les mains des morts, Shin souhaitait se venger de l'attaque d'une morte tandis que B.O.B., en se transformant en démon, s'apprêtait à semer la mort.
Grunlek se décida à utiliser une nouvelle stratégie. Voyant qu'un mort-vivant avait saisi par derrière un érudit en robe violette et l'avait entraîné dans une des tentes, il voulut se servir de sa magie pour augmenter l'efficacité du bouclier implanté dans son bras mécanique, afin de protéger B.O.B. de tout danger pendant sa transformation en démon.
Ce dernier, justement, n'était plus vraiment lui-même. Sa transformation était désormais pratiquement achevée. Il releva la tête et lança ses paroles d'une voix déformée et grinçante :
— Enfin ! Enfin, je suis libre !
Le Démon releva alors la tête vers le ciel et, à ce moment précis, les nuages s'écartèrent et quelque chose apparut au-dessus de leurs têtes.
Shin, manifestement toujours agacé par Sœur Maëda autant que lorsqu'elle était vivante, sortit l'épée qui avait été en d'autres temps celle de la druidesse de la forêt d'émeraude, et lui asséna un violent coup à la tête, l'empêchant ainsi d'avancer plus que ça. Thyolan, en voyant la scène, soupira et fit : « Oh non… ». Visiblement, sa déception de ne pas pouvoir examiner la prêtresse des Murmures plus en détail était immense.
Viktor, quant à lui, était toujours aux prises avec le corps de Bragg, désormais habité par la Mort. Mais plus il se débattait, plus il sentait que, en dépit du fait qu'il se vidait peu à peu de son sang et qu'il était en train de mourir, les muscles de son corps se contractaient, se mouvaient, contre la volonté de Viktor lui-même, ses doigts se resserrant autour de la gemme de pouvoir qu'il tenait toujours à la main.
Voyant qu'il perdait lentement mais sûrement le contrôle de ses gestes, il rassembla toute sa volonté et utilisa la gemme pour frapper la Mort à la tête. Le coup suffit à laisser une plaie sur la tempe, mais la Mort regarda à nouveau Viktor dans les yeux et murmura :
— Ah… Je n'arrive même pas à ressentir de la souffrance. C'est si délicieux, je vais tellement me délecter de ce corps.
Les Érudits des Églises virent avec horreur le coup que Viktor venait de porter à son adversaire et la gemme devenir de plus en plus instable, vibrer de façon désagréable dans la main du Magister.
Shin acheva de se débarrasser de Sœur Maëda en lui flanquant un coup de pied dans le thorax et en l'envoyant au sol, aux pieds de Thyolan qui se remit à s'exciter : « Ah, mon Dieu, mais c'est horrible !! ». Le Demi-Élémentaire n'en attendit pas davantage et se retourna, banda son arc, cristallisa une flèche de glace et s'adressa à sa créature de glace qui se trouvait tout près :
— Icy ! C'est le moment de briller !
Icy ne se fit pas longtemps prier. Comprenant ce que son maître voulait, il grimpa le long de sa jambe, lui monta sur l'épaule, sauta sur son poignet au moment où Shin s'apprêtait à tirer et se mit à briller d'une lumière pâle, sachant que l'archer lui avait confié une partie de sa magie.
Du côté des Érudits, la panique commençait à s'installer. L'un d'entre eux, n'en pouvant plus, fit volte-face et prit ses jambes à son cou en hurlant de terreur, sous le regard effaré d'Arcana. Un autre Érudit se tourna vers son collègue en joignant les mains, combina ses forces avec lui et fit apparaître tout autour d'eux une sorte de champ protecteur. Grunlek, qui se trouvait non loin, sentit que ce champ protecteur semblait vampiriser toute la magie environnante pour la concentrer en un troisième Érudit afin de lui permettre de lancer une attaque surpuissante. Le troisième Érudit se tourna vers Arcana, posa la paume de sa main sur sa lance, et y chargea toute l'énergie magique qu'il avait amassée.
B.O.B., de son côté, avait enfin terminé sa métamorphose. Il leva la tête vers le ciel et les nuages s'écartèrent, laissant apercevoir sur un ciel d'un rouge sombre un œil d'une taille titanesque. Et autour de cet œil, des comètes commencèrent à faire leur apparition et à plonger droit vers la terre. B.O.B. éclata à nouveau d'un rire glacial et lança de sa voix cruelle et déformée :
— Il vous voit !! Il vous voit, mais aujourd'hui, je vous jugerais !
La Mort continua de tenter de vampiriser Viktor. Mais au moment où les choses commençaient vraiment à tourner mal pour le Magister, quelque chose d'inhabituel se passa. Viktor cligna des yeux… Et se vit lui-même, en face de lui, ses mains agrippées à son cou.
Grunlek, de son côté, continuait à tenir à distance tout ce qui pourrait porter préjudice à B.O.B. et maintenait son bouclier déployé. En regardant de côté, il vit que des zombies et des squelettes tentaient d'attaquer le démon par le flanc. Son sang ne fit qu'un tour. Il se tourna vers eux et, armé de son seul bouclier, il les chargea ! Des craquements sinistres se firent entendre, lorsqu'il rentra en contact avec les morts-vivants, et aucun d'eux ne fut épargné. De plus, le bouclier au bout de son bras commença à se disloquer, et à s'agrandir, de façon inattendue. Des sortes de filaments énergétiques en sortirent et se mirent à claquer comme des fouets.
Shin, sans se douter que Viktor et Bragg/La Mort avaient probablement échangé leurs corps, braqua le corps de l'enfant des ténèbres, et tira. La flèche de glace, sur laquelle Icy était toujours perché, se planta dans son épaule, la créature de glace commença à lui ceinturer la tête qui se mit à bleuir, et elle poussa un cri :
— Ah, c'est comme ça ?!
Une déflagration sourde émana de la Mort et commença à pomper l'énergie vitale des créatures vivantes aux alentours. Toutefois, Grunlek s'interposa entre B.O.B. et la Mort, et son bouclier, qui déploya encore plus de filaments énergétiques, suffit à empêcher, à barrer la route à ce pouvoir de vampirisme. Et quand il baissa son bouclier, il vit, intégré à son arme, les ossements des créatures morts-vivantes qu'il avait massacrés tout à l'heure.
Viktor, gêné par les mains glacées d'Icy qui lui enserraient la tête (sachant que sa conscience et son âme avaient échangé son corps contre celui de son adversaire), relâcha son emprise, saisit la gemme que le corps de Viktor tenait toujours dans sa main, et l'enfonça dans la blessure toujours à vif… Et d'un seul coup, il poussa un cri de douleur, ferma les yeux… Et les rouvrit pour se rendre compte qu'il était revenu dans son corps initial. Horrifié, il vit le bras de Bragg enfoncé dans sa blessure, la main toujours fermée sur la gemme de pouvoir. La Mort écarquilla les yeux devant ce qu'elle était en train de voir et murmura :
— Mais… Tu vas tous nous tuer, pauvre fou…
Au même moment, un rire satanique déchira l'atmosphère, et la voix cruelle de B.O.B. retentit à nouveau :
— La Mort qui prétend craindre la mort, alors qu'elle ne connaît rien à la destruction. Contemplez !
Grunlek, toujours occupé à défendre B.O.B., leva soudain les yeux au ciel, et vit les comètes se rapprocher de plus en plus et tomber sur la terre ferme ! Grunlek murmura : « Il est l'heure. » et leva son bouclier au-dessus de sa tête, afin de se protéger au maximum.
Viktor, voyant que rien ne marchait comme il le souhaitait, saisit la Mort et la serra contre lui afin d'être sûr que, lorsque la gemme de pouvoir explosera enfin, la Mort en personne en fera les frais.
Shin, estimant qu'il fallait arrêter la Mort à tout prix, ordonna à Icy de lui crever les yeux, quitte à lui confier un peu plus de magie. Un geste qu'il regretta aussitôt, lorsque sa créature de glace lui pompa non seulement sa magie, mais, en plus, une partie de son énergie vitale. Elle se retourna vers Shin et la regarda d'un air désolé. Cependant, Icy accomplit malgré tout sa mission. Gorgée de la magie de Shin, elle plongea ses mains dans les globes oculaires de la Mort et lui creva les yeux ! Shin, malgré son état de faiblesse, cria déjà victoire… Avant de lever les yeux vers le ciel et de voir les comètes qui commençaient à pleuvoir.
Les Érudits, concentrés sur leur sortilège, finirent enfin par voir les comètes à leur tour et marmonnèrent : « Mon Dieu, mais qu'est-ce qu'on a fait ? ».
B.O.B. leva les mains au ciel et susurra :
— Oh oui… L'Enfer sur Terre depuis le ciel et les cieux infinis…
Puis, il posa sa main griffue sur l'épaule de Grunlek, en le brûlant légèrement, et dit en riant comme un bossu :
— Observe, ami de Balthazar. Vous vouliez une auberge ? Commençons par le terrain vague !
Les Érudits, cette fois, cédèrent à la panique, et partirent les uns après les autres après avoir accompli un sort de protection ou gorgé de magie la lance d'Arcana. Cette dernière, ne faisant pas attention au reste, complètement concentrée sur sa cible, s'avança pas à pas et jeta son arme droit sur le corps de Bragg, sur le corps de celui qu'elle défendait autrefois. La lance traversa ce corps habité par la Mort, alors que celle-ci se tenait la tête, les bras d'Icy toujours enfoncés dans ses orbites. Viktor déclara : « Ah, les jeunes… Ils font chier, quand même… », sentant que sa fin était désormais très proche.
Tandis que les morts-vivants rescapés se battaient soit avec les Érudits, soit avec les gardes du campement, Shin estima que le moment était venu de se mettre à l'abri, et concentra le peu d'énergie vitale qui lui restait pour faire un saut périlleux arrière et atterrir dans le puits qui se trouvait non loin, évitant ainsi la comète qui lui fonçait droit dessus alors que B.O.B. clamait : « Glorieux ! Glorieux témoins ! ». Alors qu'il plongeait dans l'eau du puits, Shin eut le temps d'apercevoir les comètes commencer à s'écraser dans des explosions assourdissantes, Grunlek se protéger en faisant appel à toute sa volonté et sa nature de Golem, tandis que les Érudits poussaient des cris qu'il était impossible de distinguer de la terreur ou de la douleur, s'enfuyant ou prenant de plein fouet l'Enfer sur Terre déchaîné par B.O.B., décidé à punir les Églises.
Loin de ces lieux, Lumière, le cheval de Théo, galopait toujours en transportant sur son dos le corps inconscient, mais vivant, de son maître. Celui-ci finit par ouvrir les yeux, sentant les secousses qui le balançaient, le vent qui lui caressait la peau… et réalisa que ça faisait un bon moment qu'il n'avait plus ressenti quoi que ce soit. Lumière commença à ralentir, tandis que Théo regardait autour de lui, d'un air plutôt hébété.
— Wooooh… fit Théo, dans une tentative de calmer son cheval qu'il sentait en proie à la panique.
Théo regarda à nouveau derrière lui et vit, au loin, à quelques kilomètres de là, le ciel d'un rouge flamboyant tandis que des comètes semblaient tomber en cascade sur la Terre.
Le Paladin reprit peu à peu toute sa conscience. En regardant à nouveau ce spectacle de loin, il eut le sentiment d'avoir laissé là-bas quelque chose de très important, bien plus qu'une partie de lui-même. Dans cette cascade de feu, de flammes et de mort, il réalisa que ce qu'il avait laissé était… ses amis.
À suivre dans la saison 3…