Aventures : La fanfiction - Saison 3

Chapitre 3 : Inter-saison : Grunlek

1269 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 14/02/2026 10:42

Inter-saison : Grunlek

Par MrJacketBarthes


Le corps de Grunlek tremblait. Ce n'était pas étonnant, vu qu'on était en plein hiver et que l'horrible morsure du froid était plus présente que jamais.


Mais, aussi bizarre que cela puisse paraître, ce n'était pas ça qui agitait l'esprit de Von Krayn à cet instant précis. Non, car le nain était tout bonnement en train de dormir, comme tous les gens dotés d'un cerveau, d'un cœur, de poumons et d'autres choses dans le genre. Sauf que son sommeil n'était pas ce qu'on pourrait appeler un doux sommeil de bienheureux. Ses rêves se résumaient à des visions. Des visions qui pourraient donner des envies de suicide à n'importe quel homme. Ou qui l'effrayeraient juste, cela dépend.


Il voyait une femme. Lointaine. Il ne semblait pas la connaître ou se souvenir d'elle. Elle se trouvait sur un roc. Et elle marchait. Droite, aussi droite qu'un « i ». Grunlek était éloigné, il ne la voyait que de profil et il la regarda aller vers le bout du roc. Le nain s'interrogea. Il semblait que des bribes de souvenirs à propos de cette mystérieuse personne lui restaient dans la tête mais il ne pouvait pas en avoir le cœur net, il était bien trop éloigné. Par contre, ce dont il pouvait avoir le cœur net, c'était la dangerosité probable de cette tête géante et titanesque qui fixait la femme. Une tête semblant faite de bois d'arbre ou de pierre, comme un golem ou un végétal qui aurait pris vie par d'obscurs moyens que le nain n'avait pas envie de connaître...


Son souffle profond et sa voix rauque ne faisaient que glacer le sang de Von Krayn, toujours en proie à ses interrogations sur ce qui se déroulait. Et l'un des yeux de la créature... se posa sur lui. Ce qui força le nain à ne plus vraiment avoir d'interrogations. Et ce qui lui ruina totalement sa discrétion, mais avançons. Cet œil... il était noir, si noir... plus noir que tout. Pourtant, lors de ses aventures, Grunlek en avait vu, des choses toutes plus horribles les unes que les autres ! Mais là, c'était comme LA chose horrible. Une chose tellement horrible que même les choses les plus horribles partiraient se cacher dans un coin en appelant leurs géniteurs à l'aide (reste à savoir si les choses non-humaines ont des géniteurs, ce dont je doute).


Mais était-ce un rêve ? Etait-ce la réalité ? Etait-ce les deux ? Etait-ce la Matrice quelque chose que même les plus brillants esprits ne pourraient comprendre ? La seule chose qui était sûre, c'était que l'œil braqué sur l'ingénieur au bras mécanique semblait produire quelque chose sur lui... comme un changement... non, une absorption. Une absorption d'âme.


Grunlek se réveilla en sursaut. Immédiatement, par de petits gestes rapides, il se mit à observer son environnement, à droite, à gauche, il sentait que quelque chose était encore en train de le fixer, il se débattait, il devait bouger, se préparer, quelque chose pouvait l'attaquer, allait l'attaquer. Et il vit, ou plutôt sentit, son bras gauche. Celui-ci a comme du mal à se détacher du sol. Le nain fut à la fois comme surpris et inquiet. S'il était aussi enfoncé dans le sol, ce n'était pas normal. Encore moins normal, c'est cet amoncellement de roches épousant le moindre contour de son bras. Comme si elles avaient « poussé ».


Immédiatement, le héros pensa aux évènements récents. Peut-être était-ce quelque chose qui s'était produit dans sa psyché et qu'il ne contrôlait pas très bien ? Ceci lui apparut comme la solution la plus plausible. Alors, il respira un grand coup. Et il le refit une seconde fois. Et encore une fois. Et encore. Et encore. Jusqu'à ce que son bras puisse être enfin arraché à l'étreinte de Gaïa (quel poète je suis ! Oui, mes chevilles vont bien). Et même si de loin, ce geste pouvait paraître comme anodin, ça ne l'était pas tant que ça pour Grunlek, qui transpirait à grosses gouttes, épuisé par l'effort. Il regarda à nouveau autour de lui. De la neige reposait sur son bras. Il prit un instant pour se remémorer ce qu'il avait fait avant de prendre ce moment pour se reposer.


Il avait erré pendant des mois. Il avait comme objectif de retrouver certains de ses amis, dont il a été séparé après tous ces événements proprement indescriptibles. Il ne s'inquiétait pas pour les vies de ses compagnons, il savait leur courage et leur résistance. Même si B.O.B, qu'il a retrouvé et emmené le plus loin possible de l'endroit où tout s'était déroulé, est dans un état étrange, voire plus qu'étrange. Heureusement que la famille de paysans habitant la grange pas loin de l'endroit où Von Krayn dormait quelques minutes auparavant a accepté d'héberger Balthazar. D'habitude, les gens refusaient de manière plus ou moins polie.


Bon, il n'avait pas fait ça tout seul. Non, car il s'avère qu'une petite fille accompagnait le nain. Elle lui avait fait confiance de manière à la fois immédiate... et aveugle, il faut bien le dire. Mais sûrement que sans l'amitié qui avait peu à peu uni, au fil des jours passés, Grunlek et la petite fille, ces paysans n'auraient pas voulu nourrir et loger le demi-diable. Et cela permettait au nain de se concentrer sur la mission qui le préoccupait. A savoir retrouver ses vieux copains. Et aussi régler ces histoires de mise à prix.


Oui, car que ce soit Grunlek, B.O.B, Théo ou Shin, les quatre étaient pourchassés. Leurs têtes étaient mises à prix. L'ingénieur ne savait pas pourquoi et ne savait pas comment, mais ce qui était sûr, c'est que lui et les autres étaient en danger et que s'ils restaient trop longtemps les uns des autres, ils mourraient. Ce qui ne provoquait que crainte et questionnement chez le nain.


Questionnement vite interrompu par les pas feutrés et épuisés d'Eden, dont le visage et le corps reflétaient bien son épuisement et ses douleurs. Elle portait deux choses dans sa gueule : un gibier, ce qui dissipa toute inquiétude concernant une quelconque recherche de nourriture, ainsi qu'un petit rouleau de parchemin.


— Est-ce que tu peux me donner ça, Eden ? Où est-ce que t'as trouvé ça ? demanda calmement le porteur du bras mécanique, intrigué par ce second objet. 


Mais, assez curieusement, la louve se braqua, devenant légèrement agressive.


Von Krayn resta très calme et tendit sa main non métallique à Eden pour qu'elle puisse renifler son odeur. Ce que cette dernière fit. Elle reconnut l'odeur de son maître, ce qui lui fit ouvrir la gueule et lâcher son gibier et le rouleau de parchemin. Le nain se saisit du parchemin et put déjà constater qu'il y en avait un second à l'intérieur. Grunlek déroula les deux parchemins et commença à lire ce qu'il y avait d'inscrit.


Le premier était une description des quatre aventuriers et de la somme que la Guilde des Intendants avait misée sur leur capture. Une somme colossale. Et le second... était bien moins ordinaire.


Il était marqué de l'écriture de Shin. C'était une information. Et cette information n'était pas des plus anodines. Juste une phrase :


Retrouve-nous. On se rassemble et on va contre-attaquer.

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