Les Survivants - Saison 1

Chapitre 1 : First blood

2598 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 12/02/2026 12:34

PRÉFACE


Bonjour, Bonsoir à tous, lecteurs de tous horizons.


Nous suivons toujours l'ordre de diffusion de la série, donc nous attaquons aujourd'hui à la première saison des Survivants ! Préparez vos cerveaux, les zombies viennent vous les croquer ! J'espère que cette nouvelle retranscription vous plaira tout autant que les précédentes. Nous, en tout cas, on s'amuse toujours autant à rédiger les aventures de notre équipe de bras cassés préférée !


Bonne lecture et merci d'être là !


Les auteurices qui ont participé à l'écriture : Myfanwi (dir. édito), Juliabakura, Mastroyal, Kermadec, Olivia14, Draco Nocte, MrJacketBarthes


Épisode 1 : First blood

Par Juliabakura


Pendant des semaines Janet, Brian, Eduardo et David s'étaient sentis à l'abri. À l'abri de quoi ? De ces créatures rampant par dizaines, non par centaines à l'extérieur du camp des réfugiés. Ils étaient devenus des survivants. Ils avaient dû s'entraîner ces dernières semaines pour essayer de survivre. Mais cette nuit-là, la tour de guet Ouest était tombée. Pour quelle raison ? Ils ne le savaient pas.


Qui plus est, ils revenaient des souterrains et découvraient tout juste la situation. Ils évoluaient dans la pénombre, en même temps que les hordes de morts-vivants ravageant leur refuge à la surface. Ils venaient de passer les barricades, leur unique sécurité. Les morts et les survivants, engagés dans un combat contre la mort, couraient partout. Des cris, des flammes, des hurlements retentissaient aux quatre coins du camp. Tout le monde paniquait.


Les créatures rampaient déjà vers le petit groupe hésitant, à l'entrée du tunnel. Acculés, les quatre survivants réalisaient qu'ils n'auraient probablement pas assez de munitions pour tous les abattre. La fuite paraissait la meilleure des solutions. Essoufflés et tout aussi paniqués que les autres, Janet, Brian et Eduardo se tournèrent vers David, le pompier, qui ouvrait habituellement la marche. L'homme dans sa tenue rouge pimpante essuya la sueur coulant le long de son front pour reprendre la situation en main.


— COUREZ ! JE FERME LA MARCHE ! hurla-t-il tandis que Brian. Le geek aurait préféré que le pompier passe devant. COUREZ ! JE VAIS LES RETENIR !! EDUARDO !! EN AVANT !


L'ex-taulard mexicain ne chercha pas plus de détail, il saisit le brun gringalet à lunettes et le poussa devant lui, tout en répondant au pompier :


— IL FAUT REJOINDRE LE BOUS !!! IL FAUT SE METTRE À L'ABRI MAÏNTENANT ! JE NE RESTE PAS DANS CE POUTAIN DE METRO ! ALLEZ !


— Essaye de libérer le passage ! lui demanda David. 


Inconsciemment, Eduardo marquait un point. Le bus était peut-être leur seule perspective de survie. Mais peut-être était-il déjà parti. Le reste du groupe avait déjà évacué les lieux. Dans la panique, qui les attendraient ? Ils étaient des retardataires, probablement les derniers à tenter de rejoindre ce bus, et peut-être même les derniers vivants dans les parages.


Janet, jeune femme aux longs cheveux noirs tressés et à la peau sombre, tendit une arme à Eduardo. Ils armèrent de leurs flingues, prêts à dégommer tout ce qui se trouverait sur leur passage. Chacun savait parfaitement combien de balles il restait dans leur chargeur : sept pour Eduardo et huit pour Janet. Brian se mit bien au milieu. Il tirait nerveusement sur son T-Shirt Mario, élément détonnant au milieu de cette apocalypse. Il ne voulait pas être au front ni rester en arrière. Comme ça, si l'un d'entre eux se faisait croquer, il avait une possibilité de s'en sortir. Il n'était pas du tout un homme de combat.


— Ne me colle pas trop, hein ? le menaça Eduardo, lassé de sa couardise.


Ils étaient épuisés, essoufflés, en sueur. Seule Janet restait concentrée. Elle avait presque un statut de leader dans le groupe. Elle regarda autour d'elle pour essayer de raisonner un de ses compagnons afin de le rendre plus vigilant. Elle se tourna vers Eduardo, la seule personne en qui elle pouvait avoir confiance. Les autres pouvaient crever, ce n'était pas son problème. Ils étaient unis dans ce même combat.


Brian était le moins vigilant de tous. Peut être parce qu'il n'avait pas eu d'entraînement dans son passé avant l'apocalypse. Ou peut être le manque de chance. Il ne se rendit compte que maintenant, peut-être à cause de la fatigue ou de l'adrénaline, qu'il était blessé au niveau de l'avant-bras. Il n'était pas mordu ! Juste bien blessé. Malheureusement, quelqu'un qui n'avait pas été là quand il s'était blessé pourrait éventuellement soupçonner une morsure. Une phrase lui revenait en tête. Une phrase qui l'avait poursuivit toute sa jeunesse : « Where is Brian ? » Eh bien là, il pourrait dire : « Brian is Dead ! »


Cependant, personne ne l'avait encore remarqué. Ils continuaient d'évoluer vers la surface, alors que le crépuscule s'était installé dans le campement. Des survivants, il y en avait ! La grande partie d'entre eux se trouvait dans le bus, face à eux... Qui avait déjà commencé à partir ! Il fallait se dépêcher pour le rattraper, et accessoirement traverser ce chaos sans nom autour d'eux. Les flammes léchaient déjà les parois des bâtiments. Les morts-vivants évoluaient et dévoraient les vivants qui poussaient des cris perçants.


Les zombies se trouvaient au milieu de la route des retardataires. Sur le toit du bâtiment, quelqu'un appelait à l'aide. Un autre était en train de se faire dévorer dans une carcasse de voiture. Son cadavre tenait une arme entre les mains. Bien qu'elle serait utile, le petit crochet à faire entre ses différentes créatures vaudrait-il la peine ? Si la situation n'avait pas été la même, Eduardo et Janet auraient tenté de demander à David d'éteindre tous les incendies. Mais vu l'état avancé du feu, même le pompier ne pourrait plus faire grand-chose.


Eduardo et Janet se mirent à courir. La première chose qu'ils virent à leur gauche, ce fut Abigaël, un jeune homme qui était censé s'occuper de la tour de guet ouest. Il avançait, fiévreux, les yeux en larmes, le front en sueur, en train de répéter à voix basse :


— Je ne voulais pas, je ne voulais pas... Je voulais juste quitter mon poste une minute. Je ne voulais pas...


— C'est trop tard pour toi, souffla froidement Eduardo en passant rapidement à côté de lui, sans lui accorder un regard.


Brian, interloqué par la réponse, ne souhaita pas l'ignorer comme ses deux congénères. Il observa rapidement s'il avait été mordu. David, Janet et Eduardo ne prirent pas la même décision et poursuivirent leur course.


— EH ! LE POMPIER ! ÇA TE DIT PAS DE M'AIDER ! hurla le Geek.


Brian n'avait pas l'air très rassurant. Avec le visage défiguré par la peur et par la panique qui coule dans ses veines, il tirait Abigaël par le bras, pour l'encourager à les suivre. Ce dernier le dévisagea, ne comprenant pas. David continuait à courir derrière Janet et Eduardo. Le groupe se retourna quand un coup de feu retentit. Brian était aveuglé, parce que son visage était maculé de sang et de morceaux de cervelle. Abigaël venait de se tirer une balle en pleine tête, de remords. Brian réalisa à peine ce qu'il venait de se réaliser qu'un mort vivant essaye de le saisir le geek. Le monstre le saisit par les épaules. Seul face à ce monstre, abandonné par ses alliés, il commençait à regretter le fait de s'être arrêté pour sauver une personne foutue par avance. La phrase se répéta dans sa tête : « Where is Brian ? Brian is... »


Personne n'était attaché à ce geek, un peu looser et trop bonne pâte. À part le zombie qui venait de s'attacher à lui. Poussé par une dose d'adrénaline, Brian repoussa in extrémis le mordeur qui était face à lui. Enivré par une rage contre ses coéquipiers, il n'avait plus qu'un objectif : remonter dans le bus, faire une marche arrière et écraser ceux qui l'avaient abandonné. La créature avait reculé, avant de tenter à nouveau d'entrer en contact. Brian progressa vers le reste du groupe, un peu à la bourre contrairement à ses coéquipiers.


Grâce à sa formation de Pompier, David réussit à percevoir quelque chose que les autres survivants n'avaient pas pris le temps de découvrir. Tous très occupés par la survie, ils n'avaient pas remarqué que, dans la direction de partance du bus, il y avait des ressources inflammables : un conteneur d'où s'échappait du gaz inflammable, et qui n'allait pas rester dans cet état une éternité. Ce n'était qu'une question de secondes avant que tout n'explose. David n'avait que quelques secondes pour indiquer son plan et ce qu'il avait vu à ses coéquipiers. D'une voix forte et imposante, il se mit à hurler :


— COUREZ ! TOUT VA PÉTER ! ON DOIT ABSOLUMENT RATTRAPER LE BUS, C'EST NOTRE DERNIÈRE CHANCE !


— Ça tombe bien. C'est ce que je voulais faire ! répliqua Janet.


— C'était mon plan depuis le débout ! ajouta Eduardo.


Aucun n'arrêta sa course, même avec la menace de l'explosion. Après tout, ils n'étaient plus à ça près. La voix de Brian, désespérée, les appelait dans leur dos :


— ATTENDEZ-MOI, BANDE DE CONNARDS !


Ils avançaient et ils ne tardèrent pas à repérer, à l'arrière du bus, certains survivants en train de se disputer. Ils donnaient des ordres gestuels au chauffeur pour qu'il accélère et parte d'ici, alors que des morts-vivants essayaient toujours de saisir Janet, David, Eduardo et Brian.


Janet resta calme. Elle se rappelait de sa vie d'autre fois. La galère qu'elle avait du vivre à une autre époque. Cela lui avait permis d'avoir un peu plus d'agilité, car elle avait eu l'habitude de fuir. Ces années dans la pénombre et les rues lui permirent d'esquiver les zombis sans aucun souci. Eduardo et David n'avaient pas la même expérience, mais les zombis n'étaient pas mieux lotis. Aucun n'arriva à attraper les deux hommes forts du groupe. Seul Brian, en train de s'époumoner, se retrouva dans les bras du mort... Ou de la mort. Le geek, avec sa batte en main, tenta de réagir. Il frappa encore et encore, jusqu'à s'en essouffler.


Le reste des coéquipiers continuaient leur chemin vers le bus, oubliant le geek. Le bus était en train de quitter le campement, pendant que les autres morts-vivants se retournaient. Personne ne tenta d'aller rechercher l'arme dans la carcasse de voiture. Eduardo observa le véhicule. La porte arrière était fermée et les personnes dans le bus étaient en train d'encourager le chauffeur à les lâcher. L'ex-taulard se mit à hurler en braquant vers les pneus du bus :


— ATTENTION ! JE VISE LES PNEUS ! SI VOUS NOUS ABANDONNEZ, ON EST TOUS MORTS ! JE TIRE DANS LES PNEUS ET C'EST FINI POUR VOUS !


David fut choqué par ces cris. À la fois parce que l'idée le condamnait à mourir, mais également parce que les passagers du bus ne les entendaient sûrement pas. Voyant que personne ne l'écoutait, Eduardo mit sa menace à exécution. Certes il voulait économiser des balles, mais quelqu'un de mort avec des balles n'était pas plus intéressant que quelqu'un de vivant. Néanmoins, il épargna le pneu pour viser le clignotant. Il rata sa cible et la balle vint exploser la vitre arrière. Les passagers se baissèrent avant que l'un d'entre eux ne sorte une arme à feu en retour.


Brian se fit saisir au bras et les dents s'enfoncèrent profondément dans sa chair, le condamnant à mort. Ça fait plus mal que quand j'ai acheté Fantasia sur Megadrive, pensa-t-il, amer. Abandonné, Brian espéra que les autres passagers du bus les avaient vus le laisser pour mort et qu'ils partent sans eux.


Le bus accéléra. Quelqu'un dans le bus, paniqué, tira sur Eduardo pour répliquer au coup de feu. La balle passa à côté de lui, arrachant au passage un petit bout de vêtement. David prit de l'élan pour sauter à l'arrière du bus et frapper sans effrayer les autres passagers pour leur hurler :


— RALENTISSEZ PAS, MAIS OUVREZ ! RALENTISSEZ PAS, MAIS OUVREZ !


Mais les plaintes ne fonctionnaient pas. Le pompier n'appréciait pas d'utiliser la force pour ce genre de cas. Hélas, pour leur survie, il devait le faire. La horde était en train de se refermer sur eux. À l'arrière Eduardo avait ralenti deux secondes pour tirer. David arriva à forcer. Le survivant à l'intérieur, celui qui avait tiré le regarda, l'air apeuré, tout en s'excusant pour son geste. David le saisit sur les épaules et lui répondit d'une voix forte :


— C'EST PAS GRAVE JE COMPRENDS ! AIDE-MOI JUSTE À RÉCUPÉRER LES DEUX DERNIERS ! AIDE-MOI !


Complètement paniqué, l'autre survivant s'éloigna. David ne fit aucune remarque, restant à l'arrière pour aider à attraper ceux qui sont derrière. Janet arriva : elle voulait survivre et éviter ces zombies. Elle glissa entre les créatures, telle une anguille dans un champ de coton. David la saisit par l'avant-bras afin de la faire entrer de manière sereine en sécurité. Elle resta près de lui pour tendre la main vers Eduardo. L'ex-taulard ne vit pas que, derrière lui, quelqu'un venait de lui donner un coup violent dans le dos. Un autre survivant venait de le pousser pour atteindre la main de Janet. La solidarité était mise à rude épreuve dans ce nouveau monde. Brian en aura été le parfait exemple. Clairement, quelqu'un préférait sa vie à celle de l'ex-taulard. En reculant, Eduardo tomba dans la horde de morts-vivants. Le survivant qui l'avait bousculé ne lui adressa pas même un regard et finit sa course dans le bus.


Janet tenta de sauver son compagnon, malgré sa difficulté à manier les armes à feu.


Un second survivant arriva à proximité d'Eduardo, qui suivait le survivant sans cœur. Eduardo repensa aux anguilles dans les champs de coton qu'il voulait attraper avec Janet. De cette image, il utilisa son agilité pour se sortir de ce pétrin. Malheureusement, même la plus agile des anguilles ne pouvait rien face à une horde de zombies, se refermant sur lui. Le deuxième survivant pour venir en aide à Eduardo, était en train de le tirer en plein milieu des mordeurs. Du sang coulait. Personne ne pouvait savoir de qui il provenait. Sous l'adrénaline, Eduardo et cet inconnu éphèbe seraient bien incapables de dire s'ils ont été mordus ou non. Enfin sortis de la horde, le mexicain et son nouvel allié se mirent à courir vers le bus.


David resta à l'arrière du véhicule, il n'avait qu'une idée en tête, choper les survivants qui étaient encore en arrière. Eduardo sauta, puis glissa, peut-être à cause du sang. Il tomba en arrière, à la renverse, alors que l'autre, par contre, réussit à monter dans le bus. Celui qui l'avait sauvé se retourna, et se rendit compte que son action n'avait probablement servi à rien. Eduardo était saisi aux jambes et aux épaules par plusieurs zombies. Il eut une dernière pensée alors que les dents acérées se plantaient dans sa jugulaire :


— Je pensais avoir payé ma dette, mais j'étais loin du compte.


Eduardo finit dans la horde. Janet et David s'échangèrent un regard désespéré, puis se retournèrent vers cet inconnu, entré dans le bus en sacrifiant la vie de leur compagnon de mésaventure.

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