Les Survivants - Saison 1

Chapitre 2 : Road rage

1907 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 16/02/2026 12:39

Épisode 2 : Road rage

Par Mastroyal


Un cri strident retentit dans le car ! Bien qu'elle soit célèbre, la chanteuse Britney Spares avait le don d'agacer les autres quand elle s'y mettait. Pas étonnant que ses gardes du corps l'aient abandonnée au milieu d'un embouteillage sur l'autoroute au moment où les zombies attaquaient. Tandis qu'elle tremblait comme une feuille dans son coin, Janet, Douglas et David remarquèrent qu'une tension absolument palpable était en train de s'installer parmi les autres passagers du car. Outre cela, ils remarquèrent qu'un des retardataires (celui que David a aidé à monter en le saisissant aux épaules) était en train de se débattre pour s'arracher à l'emprise du pompier. Bien que David était taillé comme un roc, et qu'il en fallait plus pour se libérer de son étreinte, c'était précisément ce genre d'attitude qui provoquait la tension dans le bus.


Le chauffeur se retournait de temps à autre pour vérifier ce qu'il se passait... Une petite fille sanglotait doucement dans les bras d'un vieillard qui essayait de la rassurer... Autant dire que cette ambiance n'était pas réellement propice à la survie.


Douglas, de par son expérience d'ancien militaire (c'est d'ailleurs lui qui a pris la décision de tirer sur Eduardo, considérant qu'il représentait une menace pour l'ensemble du car), tenta d'apaiser les choses, en citant notamment un politicien français :


— On se calme, tous ! On est là pour survivre ensemble. On a besoin des uns et des autres. On va y arriver, on va le faire... Donc, s'il vous plaît, je vous demande de vous calmer. Il y a de nouvelles personnes qui sont montées dans le bus, je ne veux pas de regard agressif... Tout le monde se respecte et tout le monde doit travailler dans le même sens. Donc, s'il vous plaît, calmez-vous. Je vous demande de vous arrêter.


Janet, n'écoutant pas vraiment le laïus de l'ex-soldat, repensait à Eduardo qu'elle a vu mourir sous ses yeux. Eduardo était la seule personne en qui elle pouvait confiance, ou ce qui s'en rapprochait le plus... C'était la seule à qui elle pouvait s'identifier... Du coup, son moral s'en trouvait plutôt affecté.


David, quant à lui, était toujours aux prises avec celui qu'il a fait monter à bord... Le même qui a bousculé Eduardo pour monter en premier dans le bus. Il rapprocha son oreille de sa bouche et gronda :


— T'as de la chance qu'on ait d'autres problèmes à régler !


Puis, il le repoussa dans un fauteuil libre avant de se diriger vers l'avant du véhicule. Profitant de l'occasion offerte, Janet se leva, s'approcha de l'homme et lui mit une tape sur le visage avant de murmurer :


— Dans d'autres situations, les pourritures comme toi, je les plante.


David laissa échapper un petit rire... Puis remarqua que l'autre homme qui est monté dans le bus à leur suite était recouvert de sang. S'il avait été mordu, il y avait beaucoup de chance que la situation empire... Il se tourna alors vers Douglas et dit :


— Bon... Il faut d'abord que nous fassions l'inventaire de tous les blessés, pour savoir si aucun d'entre nous ne va pas se transformer en une de ces choses, avant qu'on arrive à destination.


À ces mots, l'homme qui a bousculé Eduardo se mit devant celui qui était recouvert de sang, et barra le passage en disant :


— Non ! C'est moi qui m'occupe de mon frère.


Puis, il commença à l'inspecter minutieusement. De leur côté, les autres passagers du bus firent de même, ne remarquant rien d'anormal sur leurs corps. Seule Britney n'en fit rien, trop occupée à trembler de peur. Cependant, lorsque le bus roula sur un mort-vivant qui éclata comme une pastèque en faisant trembloter le véhicule au passage, elle finit par se calmer (drôle de thérapie). Mais ce fut de courte durée, car elle pointa le pare-brise et cria :


— Il y a une horde devant nous ! Il y a un embouteillage !


— Jack, faites attention ! s'exclama Douglas. La priorité, c'est de quitter la ville ! Donc, évitez les hordes autant que possible !


— Non, non, non, non ! intervint David en espérant détendre l'atmosphère. La priorité, c'est à droite !


Quelques éclats de rire secouèrent les passagers, mais David et Janet se calmèrent très vite quand ils remarquèrent celui qui a bousculé Eduardo jeter un coup d'œil furtif autour de lui et murmurer à son frère :


— Ça va, frangin ?


L'autre acquiesça, l'air triste, déboussolé peut-être par la mort d'Eduardo. Mais le plus grave, c'est que David et Janet remarquèrent une morsure de zombie au niveau de l'épaule de l'homme. En tentant de sauver Eduardo et de rattraper le geste égoïste de son frère, il en avait payé le prix. Son frère, justement, lui referma sa veste et lui tapota l'épaule en souriant d'un air entendu. Visiblement, il comptait garder ça secret. Mais pour combien de temps encore ? Car David et Janet ont été témoins de la scène. David échangea un regard appuyé avec Janet, qui sortit discrètement son couteau, tandis que le pompier se dirigeait vers Douglas pour lui murmurer quelque chose à l'oreille, en repoussant doucement Britney, qui n'avait pas l'air de comprendre la situation :


— On a un mordu à l'arrière. Je pense que c'est la personne qui a tenté de sauver Eduardo...


— Qui est-ce qu'on tente d'isoler ? répondit Douglas à David.


— On ne sait pas combien de temps il va tenir encore... Mais il faudra s'en débarrasser à un moment ou à un autre... Avant qu'il ne devienne un danger... Qu'est-ce qu'on fait ?


— Il faut faire passer le message, comme quoi, il est très malade, il a besoin de soins urgents... Et justement, de repos et d'espace.


Mais il était déjà trop tard. Pendant que le pompier et le militaire discutaient, Janet se rendit compte que l'homme mordu, qui a tenté de sauver Eduardo, commençait à trembler, en fronçant les sourcils, et en murmurant à son frère :


— C'est bon... Ça va... Je maîtrise... Je... Je sais pas si...


D'un seul coup, des veinules apparurent dans ses yeux ! Il se métamorphosa presque instantanément, des spasmes le secouèrent tandis que son frère essayait de le maîtriser tant bien que mal en grognant :


— Mais tu vas nous faire remarquer... Tu vas nous faire remarquer... Arrête, tu vas nous faire remarquer...


Janet saisit son couteau et tenta de l'enfoncer dans la tempe de l'homme. À ce moment précis, Jack, qui conduisait, cria :


— Je crois que c'est une... Accrochez-vous !


Le bus se mit à faire un long dérapage, tandis que des bruits d'impacts retentirent ! Un groupe de zombies se tenait sur le pont en ruines, et Jack n'avait pas eu d'autres choix que de rentrer dedans pour forcer le passage ! Sous la violence du choc, Janet et Britney parvinrent à rester debout, mais David et Douglas tombèrent lourdement au sol en se cognant violemment la tête. Un mouvement de panique commença à gagner les passagers du car tandis qu'à l'arrière, Janet vit le potentiel sauveur d'Eduardo se transformer en zombie tandis que son frère le secouait par les épaules en hurlant :


— Mais maîtrise-toi... Maîtrise-toi ! Non ! Ne te laisse pas faire ! Ne te laisse pas...


Pendant que Britney aidait Douglas à se relever, Janet n'attendit pas plus longtemps et tenta de planter son couteau dans la tempe de l'homme qui se métamorphosait... Mais rata son coup et la lame s'enfonça dans le siège. Son frère releva alors les yeux vers l'ex-prostituée et la regarda d'un air assassin, tandis que Jack continuait de hurler en tentant de maîtriser le bus :


— Attention ! Accrochez-vous !


L'ambiance dans le car devenait de plus en plus agitée. Le vieillard continuait de serrer la petite fille dans ses bras... Un homme un peu exotique, sûrement un amérindien, sortit une arme blanche... Et tous les regards étaient désormais tournés vers la transformation de l'homme en zombie et vers son frère, aux prises avec Janet.


— Ton frère va tous nous tuer ! cria-t-elle à celui qui avait bousculé Eduardo.


Mais rien à faire. Autant s'adresser à une porte verrouillée. Alors, sans réfléchir plus longtemps, elle reprit son couteau et le lui planta entre les côtes ! Il tenta de répliquer, mais son propre couteau passa à côté de sa cible et s'enfonça dans le siège.


C'est à ce moment précis que l'homme mordu rouvrit ses yeux, maintenant injectés de sang et dont les iris avaient jauni, et se jeta sur son frère et sur Janet ! Des cris de panique retentirent dans le bus ! Le chaos était total.


Douglas dégaina son arme de neuf millimètres en criant :


— Tout le monde à terre !


Il releva le chien de son arme, visa rapidement, et tira. La balle vint se loger dans la tête de l'homme infecté en lui explosant la boîte crânienne ! Le corps tomba lourdement au sol, tandis qu'un silence de mort s'abattit dans le car. Tout le monde était abasourdi par ce qui venait de se produire.


En jetant un regard à la vitre du fond, les Survivants virent ce qu'ils laissaient derrière eux. Le camp qu'ils avaient dressé, qui représentait un nouveau foyer, un nouveau départ, un nouvel espoir... N'était maintenant plus que feu et ruines... Janet, toujours aux prises avec le frère de l'infecté, le frappa avec son genou à l'entrejambe, et le mit à terre en lui flanquant des coups de pied en criant :


— J'vais te crever, enfoiré ! Enflure ! J'vais te crever !


David, de son côté, reprit peu à peu ses esprits, tandis que Douglas, en baissant légèrement son arme, regardait la jeune fille en train de molester son agresseur en poussant des cris hystériques et la petite fille dans les bras du vieillard se boucher les oreilles pour ne pas devoir écouter cette horreur indescriptible. Britney, prise d'affection pour la gamine, essaya de la rassurer autant que possible.


Le pompier finit par se relever et rejoignit Janet et tenta (sans succès, malheureusement) de l'arrêter :


— Janet, arrête ! Arrête ! Janet, qu'est-ce que tu fais ?!


Douglas, quant à lui, après s'être assuré que Britney consolait bien la petite, rejoignit David et Janet au fond du bus. La tension dans le cas retomba peu à peu.


— Vous savez, fit Britney, j'crois qu'j'ai appris un truc, aujourd'hui... C'est qu'si on reste pas unis, et si jamais on se bat pas ensemble pour survivre... Ben on va pas survivre... Et si on survit pas, ben ça veut dire qu'on meure... Donc... Ben, j'crois que c'que j'ai appris, c'est qu'il faut rester unis... Qu'on soit tous amis.


Devant le discours un peu optimiste et décalé de la chanteuse, Douglas tenta de sauver la situation :


— Je vois ce que tu veux dire, Britney... Non, ne chante pas, s'il te plaît ! (Elle avait commencé à pousser la chansonnette). Ne rajoute pas plus d'apocalypse à cette apocalypse... Non, mais, je pense qu'il faut aller chercher la ressource qu'il nous manque, qui nous fait défaut à tous... Celle qui va nous manquer dans les prochains jours, c'est-à-dire l'espoir.


À ces mots, Jack le routier se racla la gorge. Il tapota les commandes, et fit :


— Ah merde... On va manquer de carburant.

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