Les Survivants - Saison 1

Chapitre 3 : Gas stop

1196 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 20/02/2026 12:52

Épisode 3 : Gas stop

Par Myfanwi


La tension peinait à redescendre dans le bus. Les survivants, agités, commençaient à s'inquiéter quant à leur futur. La panne d'essence paraissait inévitable à présent, il allait falloir faire un choix. Dans le silence gênant, seuls les coups de pied acharnés de Janet contre son agresseur, mort plus que de raison, continuaient de retentir. Douglas posa une main sur son épaule, la jeune femme bondit en arrière et pointa son couteau vers lui.


— Du calme ! Du calme, Janet ! C'est terminé. Reste cool ! Comme... Comme Fonzie ! Il est cool, Fonzie !


David fit un signe au militaire pour lui dire qu'il s'en chargeait. Il connaissait mieux Janet que n'importe lequel d'entre eux et avait appris à calmer les pulsions de cette dernière. Le pompier arrêta le bras de son amie, qui finit par lâcher le couteau après quelques secondes d'hésitation. Par acquit de conscience, il s'assura ensuite qu'elle avait bien frappé la tête. Vu le trou béant causé par cinq ou six coups de couteau au même endroit, il n'en douta pas une seule seconde.


Le militaire les laissa régler leurs comptes et se rapprocha de Britney, qui avait enfin arrêté de crier de manière hystérique. Il s'accroupit près d'elle et pointa une gamine, sur le siège d'à côté.


— Britney, est-ce que tu peux aller voir Lily-Rose ? Elle a assisté à la scène, elle a besoin d'être rassurée.


— Bien sûr, répondit-elle, amère. Comme d'habitude, les femmes s'occupent des enfants… Si quelqu'un me demande de faire la cuisine après ça, je l'égorge dans son sommeil.


— Je… Je suis désolé. C'est que… Je ne suis pas doué avec les gosses et…


La chanteuse leva les yeux au ciel et se dirigea vers la gamine, qui se tenait les oreilles de ses mains, en murmurant des paroles pour elle-même, pour se rassurer. Elle se calma légèrement quand Britney s'installa à côté d'elle et commença à lui chanter une chanson à voix basse.


Au même moment, le bus s'arrêta sur la chaussée. Un frisson d'effroi parcourut les passagers tandis que le conducteur se tournait vers eux.


— Il reste encore un peu d'essence, mais ici, c'est plus dégagé et on a une vue sur les environs. Si on tombe en panne plus loin, je suis pas certain qu'on réussisse à s'en sortir. Hors de question qu'on continue.


— Très bien, répondit Douglas. Gare-toi ici. On va former une petite escouade pour aller chercher des ressources. On est pas trop loin des bâtiments, il y a moyen.


Il se tourna vers les passagers. La plupart détournèrent le regard, n'ayant pas tellement envie de risquer leur vie. David fut le premier à se lever.


— J'en suis.


— Moi aussi, lâcha Janet. J'étouffe, j'ai besoin de prendre l'air.


Pendant que les deux survivants se dirigeaient vers les portes, Douglas réalisa que le car produisait un bruit étrange. Un rapide coup d'œil sur le devant du bus lui en apprit la cause : la mécanique était obstruée par le sang des morts qu'ils avaient heurtés plus tôt. Il serait difficile de repartir sans nettoyer ce bazar. Britney, voulant se rendre utile, se dirigea vers les deux corps à l'arrière, pour essayer de les tirer. David sourit.


— Euh… Tu devrais me laisser faire ça, c'est lourd.


— Je n'ai pas besoin de tes conseils… masculinistes.


Après s'être débarrassés des cadavres, ils sortirent du bus et se réunirent devant celui-ci, pour surveiller les environs. Douglas et Janet, qui avaient l'habitude de travailler en équipe dans l'ancien camp, s'éloignaient déjà, à la recherche de ressources. David leur emboîta le pas, et, après une hésitation, Britney en fit de même. Les trois survivants n'étaient pas spécialement ravis qu'elle s'incruste, mais tout renfort était bon à prendre.


Il faisait nuit désormais et des quelques râles graves résonnaient dans le lointain. En passant devant le bus, Douglas s'arrêta quelques instants pour regarder à quel point la situation était catastrophique pour eux. Quand Britney éclaira le capot, deux restes de mort-vivant, à moitié aplatis, tendirent mollement ce qui restait de leur bras vers eux. Ils faisaient peine à voir. Le militaire donna un coup de couteau dans le crâne des deux montres, qui retombèrent rapidement, inerte, comme ils auraient dû le rester.


Les quatre survivants avancèrent vers l'est. David abattit un zombie sur la route, pour laisser Douglas prendre la tête du groupe. Le militaire, plus habitué aux terrains dangereux, s'engagea. Le petit groupe se détacha du bus pour se diriger vers une station d'essence délabrée, plus loin sur la route. Des voitures vides erraient ici et là, devant les pompes sales. Ils ne croyaient pas vraiment pouvoir trouver de l'essence ici, mais fouiller ne leur coûtait rien… du moins, pour l'instant.


À leur gauche, un jappement aigu commença à retentir à leurs oreilles. À leur droite, des grognements plus familiers. Douglas en conclut rapidement que des zombies devaient être enfermés dans le bâtiment, excités par le bruit produit par l'animal. Ils contournèrent une voiture, en essayant de se faire discrets. Tout du moins, avant que Britney ne donne un coup dans une barre de métal qui produisit un bruit épouvantable.


- Oops, I did it again... murmura t-elle.


Les jappements redoublèrent de puissance, tout comme les grognements de l'autre côté. Un petit chien se trouvait à l'avant d'une voiture et aboyait furieusement dans leur direction. Les cris de la bête alertaient les zombies des environs. Douglas remarqua du mouvement sur la droite. Plusieurs morts commençaient à se détacher de l'ombre, de plus en plus agressifs. Le militaire, réalisant l'urgence de la situation, ouvrit la portière au chien, pour faire diversion. Malheureusement, une main le saisit à la cheville de sous la voiture, et chercha à le faire tomber à terre. David abattit sa hache sur le bras de la goule, pour libérer son ami. Pendant ce temps-là, le chien prit la fuite, attirant le regard des morts vers leur direction.


Le groupe partit en courant vers une laverie automatique abandonnée droit devant eux, dans l'espoir de parvenir à s'échapper. Les zombies passèrent devant eux, sans les remarquer, à la poursuite du canidé, qu'ils ne rattraperaient probablement jamais. Les portes de la station-service étaient barricadées de l'intérieur, compliquant la manœuvre. David mit son pied de biche derrière une planche de bois.


— Attends, dit Britney. On pourrait toquer pour voir s'il y a quelqu'un à l'intérieur.


Le pompier leva les yeux au ciel et arracha une première planche. Il dégagea rapidement un passage et Britney passa la lampe dans la station. Une ou deux formes humaines bougeaient à l'intérieur. Mais, plus inquiétant encore, une voix venant d'une radio ne tarda pas bientôt à résonner à leurs oreilles :


— Est-ce que vous me recevez ? Aidez-moi. Aidez-moi, s'il vous plaît ! Est-ce qu'il y a des survivants ? Aidez-moi ! S'il vous plaît !


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