Batman - Rouge Gotham

Chapitre 4 : LA SOIRÉE D'OZ

Chapitre final

2186 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 28/08/2025 02:18

LA SOIRÉE D’OZ

Les festivités vont commencer au manoir Cobblepot. Une partie des proches d’Oswald, des hommes politiques et des per­sonnalités connues pour leur richesse sont conviées à la fête. Celle-ci célèbre sa victoire en tant que nouveau maire de Go­tham.

Alors qu’une grande partie des invités est déjà présente, un retardataire se fait attendre : Monsieur Wayne. Encore dans son manoir, il se prépare pour l’événement de ce soir.

— Monsieur Wayne, votre costume, dit Alfred en lui tendant la tenue soigneusement préparée pour l’occasion. Est-ce qu’il vous convient ?

— Parfaitement.

Bruce saisit le costume et l’enfile.

— Je vous attends dans le véhicule. N’oubliez pas l’autre te­nue.

— C’était prévu. À tout de suite.

Une fois prêt, Bruce sort du manoir et monte à l’arrière de la voiture.


La soirée bat son plein. Des verres sont posés sur de hautes tables rondes, des mets disposés un peu partout dans la pièce, et un fond de jazz accompagne les conversations. Le manoir se suffit à lui-même en matière de décoration : la richesse des lieux s’impose d’elle-même.

Le Pingouin discute avec certains invités, mais ne peut s’empêcher de faire remarquer à plusieurs reprises le retard de Wayne. Tout le monde est arrivé maintenant… sauf lui.

— Vous savez, Oswald, Bruce est un homme très occupé. Qui sait ? Peut-être ne viendra-t-il pas, lance Carmine.

— Vous avez bien raison. Je commence à m’impa­tienter, répond le Pingouin.

Et c’est à cet instant que Bruce fait son entrée dans le ma­noir Cobblepot. Toujours aussi classe et charismatique, vêtu d’un élégant costume noir à rayures blanches, un nœud pa­pillon autour du cou.

— Bruce Wayne ! s’écrie le Pingouin en levant les bras pour enlacer le retardataire.

— Oswald ! J’ai tenu parole, vous voyez, répond Bruce en l’enlaçant brièvement.

— Vous m’avez l’air fatigué. Rien de grave ?

— Ne vous inquiétez pas pour moi. J’étais juste… très occu­pé.

— Alors, j’espère que cette soirée vous changera les idées.

— Ne forçons pas les choses. Voyons comment cela va se passer. Merci de votre invitation, en tout cas.

— Laissez-moi vous proposer un verre de champagne, tout de même.

— Ce n’est pas de refus.

Oswald l’accompagne jusqu’à une table. Les deux hommes trinquent à la victoire.

— Qu’est-ce que cela vous fait d’être le maire de Gotham City ? demande Bruce.

— C’est une sensation nouvelle. Apporter le bonheur aux habitants de cette ville est ma priorité.

— Et comment comptez-vous vous y prendre ?

— En réhabilitant certains lieux pour les rendre plus agréables. On a tous besoin de s’évader. Le travail est épuisant, la vie personnelle aussi. Il faut pouvoir se vider l’esprit.

— Je suis d’accord. Mais qu’en est-il de l’insécurité à Go­tham ?

— J’en fais une affaire personnelle. Je sais gérer ce genre de choses.

— Comme ce Bleed qui frappe où il veut, quand il veut ?

— Comme je vous l’ai dit, c’est une affaire personnelle. La police suit des pistes sérieuses.

Carmine Falcone rejoint la conversation.

— Et le justicier, qu’en dites-vous ?

— Le Batman ? demande Oswald.

— Oui, lui.

— C’est un personnage difficile à cerner. Mais il a prouvé qu’il était un homme bon. Il n’a tué personne, s’est allié à la police et à une partie du peuple.

— Est-ce que ça fait de lui un “homme bon” pour autant ?

— Je ne saurais dire. Ce que je sais, c’est que je n’hésiterai pas à le faire tomber s’il devient une menace.

La conversation dérive sur Batman, ce qui finit par lasser Bruce. Il commence à s’éclipser discrètement, mais Oswald l’interpelle.

— Monsieur Wayne, avant que vous partiez discuter avec d’autres, puis-je vous poser une question ?

— Dites-moi.

— Vous ne m’en voulez pas d’être maire ? Je sais que vous étiez proche de Monsieur Dent.

— Je n’ai aucune raison de vous en vouloir. C’est le jeu po­litique. Il y a un gagnant et un perdant. C’est à Dent qu’il aurait fallu poser la question.

Oswald reste figé, surpris par le regard sombre et perçant de Bruce.


Ce dernier finit enfin par s’éloigner et se sert un mini sand­wich au thon et à la salade, toujours accompagné de son verre de champagne. Une jeune femme s’approche.

— Vous êtes Bruce Wayne, je me trompe ?

— C’est exact. Et vous êtes ?

— Selina Cobblepot. Enchantée, dit-elle en lui tendant la main.

Bruce la saisit et y dépose un baiser, fidèle à son charme habi­tuel.

— Enchanté. Vous êtes donc une Cobblepot ?

— La nièce d’Oswald. Mais ne vous y fiez pas trop. Lui et moi, on n’a rien en commun.

— Qu’est-ce qui vous différencie ?

— Il voit les choses en grand. Il se laisse admirer. Aucun charisme, ni de classe.

— Et vous n’aimez pas ça vous ?

— Je préfère faire les choses plus discrètement que lui.

— Dites-m’en plus.

— Ne préférez-vous pas qu’on parle de vous ?

— Ce n’est pas mon genre. Et j’en sais déjà trop sur moi-même.

— Vous croyez ça… Pourtant, j’ai souvent été surprise d’ap­prendre des choses sur moi que j’ignorais.

— Quel genre de choses ?

— Un certain potentiel… que je réserve, à certains hommes, à certaines heures de la nuit.

Bruce rit légèrement.

— C’est parce que je suis Bruce que vous me dites cela ?

— C’est parce que vous m’avez posé la question. J’aurais répondu pareil à n’importe qui.

— Je vous trouve provocante.

— Et moi je vous trouve insistant. Vous vous intéressez à moi ?

— Comme à toute personne que je rencontre.

— Il paraît que vous êtes très flatteur. Est-ce une légende ur­baine ?

— Vous ramenez encore la conversation vers moi, Selina.

— Vous pensez que tout Gotham vous connaît ? On ne sait que trois choses sur vous : vous êtes riche, charmant et bien­veillant.

Selina enroule ses bras autour de son cou pour l’inviter à dan­ser.

— Mais qu’en est-il de celui qu’on ne connaît pas ? Celui de la vie privée ?

Bruce pose ses mains sur sa taille et la fait danser.

— Il lui ressemble un peu. Il est juste tourmenté.

— Je savais que je pouvais creuser un peu plus. Qu’est-ce qui vous tourmente ?

— Vous savez. La vie d’un homme riche attire certains pro­blèmes. Perdre un ami aussi.

— Oh… Excusez-moi…

— Aucun souci. Maintenant, vous, qui êtes-vous ?

— Vous insistez, hein ?

— Je vous l’ai dit, je préfère parler des autres.

— Très bien… Je suis une aventurière. J’aime sortir de chez moi, rencontrer des gens, même si je me méfie de cha­cun. Et j’ai une passion pour les soirées nocturnes, les lumières de Go­tham, les étoiles, la Lune…

— Vous vivez l’instant présent. J’aime ça.

Il la fait tourner, elle retombe dans ses bras, les yeux plongés dans les siens.

— Et j’aime votre manière de danser. Vous avez l’habitude ?

— Pas vraiment. Je profite rarement de ce genre de moment.

— Je suis donc une privilégiée ?

— Si cela vous fait plaisir.

— Je préfère que vous le pensiez.

Bruce se colle contre Selina.

— Alors, je le pense.

Ils continuent à danser sur un morceau de jazz des années trente.

— Vous avez d’autres passions ? demande-t-il.

— Vivre dans l’indépendance. Être libre.

— Typique d’une aventurière. Autre chose ?

— Les œuvres d’art, les bijoux, les romans policiers, les films des années cinquante… et les chats. J’en ai adopté plu­sieurs.

— Vous avez beaucoup d’intérêts. Je vous trouve fascinante.

Elle esquisse un sourire.


Pendant ce temps, Oswald et Carmine discutent à l’écart.

— Bon… Monsieur le maire. Vos ambitions ne vous pousse­ront pas à vous mettre en travers de ma route, on est bien d’ac­cord ?

— Pourquoi m’en prendrais-je à un homme comme vous, Falcone ?

Carmine approche sa bouche de l’oreille du maire.

— À Gotham, on te connaît. Tu n’as pas hésité à t’en prendre à Roman. Pourquoi pas moi ?

Oswald baisse la voix.

— Carmine… Tu crois vraiment que c’est le bon moment pour parler de ça ? dit-il en posant une main sur son épaule.

Falcone la retire aussitôt.

— Je te préviens, Oz. Ne profite pas de ton statut pour nous faire tomber. T’as compris ?

— N’aie crainte. Ce n’est pas dans mes intentions. Profitons de cette soirée. On n’est pas là pour parler affaires.

Ils retournent chacun de leur côté. Bruce est toujours avec Selina, jusqu’à ce qu’un appel l’interrompe.

— Excusez-moi, Bruce. On m’appelle.

— Allez-y.

Elle s’éclipse aux toilettes. Le numéro est masqué, mais elle décroche par simple curiosité.

— Allô ? Qui est-ce ?… Allô ? Vous m’entendez ? Bonsoir ? Orh…

Elle coupe l’appel et range son téléphone. Mais soudain, une vitre explose. Un homme surgit, la surprend, l’assomme et l’enlève. Elle n’a pas eu le temps de crier “à l’aide”.


La soirée continue, mais Bruce commence à s’inquiéter. Il tente de ne rien laisser paraître et continue à discuter.


Selina, elle, est attachée sur une chaise, ligotée de la tête aux pieds. Le sol est jonché d’horribles photos de victimes, macu­lées d’un liquide transparent et visqueux, semblable à de l’huile. Derrière elle, un bureau avec un ordinateur allumé, sur lequel se trouve un document textuel d’un crime commis par Oswald. Et dans l’ombre : l’homme masqué de rouge.

Il s’avance vers Selina.

— Bonsoir, madame Cobblepot. J’espère ne pas t’ef­frayer. Si tu fais tout ce que je te demande, tu resteras en vie. Alors, partante ?

Elle se débat, en vain.

— Pourquoi vouloir fuir ? Je t’ai dit que je ne te ferais pas de mal. Écoute-moi, et tout ira bien.

Il retire le ruban adhésif de sa bouche.

— Espèce de fils de pute ! Détache-moi, connard !

— Vulgaire, pour une femme si bien habillée.

— T’es ce taré de Bleed ! Pourquoi t’en prendre à moi ?

— Tu n’as rien compris. Ce n’est pas à toi que je m’en prends, mais à ton oncle. Et pour ça, j’ai besoin de toi, Selina.

— Qu’est-ce que tu lui veux ?

— Me venger de ce qu’il m’a fait. De ce qu’il m’a pris.

Selina ne répond pas. Elle fixe le masque, essayant de percer son regard.

— Tu n’es qu’un appât. Un prétexte.

— Tu veux le tuer ?

— Pas exactement. Je veux le voir trembler. Comme je l’ai fait… quand il l’a tuée.

— Qui ? Qui a-t-il tué ?

Il la gifle.

— Ta gueule. Donne-moi ton mot de passe.

— Pour quoi faire ?

— Pour faire venir ton misérable oncle. Dépêche-toi !

— 1940.

Il prend le téléphone posé sur le bureau et entre le code… Le téléphone est déverrouillé. Il appelle Oswald en visio et se place à côté de Selina.


Oswald, Bruce et un couple de personnes âgées discutent. La discussion se fait interrompre par un appel. Bruce remarque le nom de Selina s’afficher sur le téléphone du maire. Cobble­pot s’éloigne pour répondre. Wayne se rend aux toi­lettes. Elle n’y est pas. Il sort, voit Oswald quitter précipitam­ment le ma­noir. Il enfile son costume dans l’ombre et le suit, sur les toits de Gotham.


— Merci, madame Cobblepot. Tu m’as été utile.

— Tu vas me relâcher maintenant ?

Il la gifle encore.

— Non. Tu vas m’écouter. Ici, c’est moi qui commande. Alors on va attendre sagement ton oncle.

Il lui remet du ruban adhésif sur la bouche. Puis, pour tuer le temps, il tourne en rond dans la pièce.


Et pendant ce temps, Oswald roule vers un vieil entrepôt dé­labré en béton abîmé et sale. Il semble inquiet. Non pour sa nièce, mais parce que Bleed se présente, enfin, à lui. Et il sait qu’il aura sûrement un coup d’avance.


Il arrive enfin. Batman observe le tout, perché à une poutre dans l’obscurité.

— Oswald Cobblepot… te voilà, dit Bleed, ravi. Quel effet ça fait, hein, de me voir enfin ?

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