Jade, l'apprentie humaine par

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Crossover / Aventure / Fantasy

12 De nouveaux alliés

Catégorie: G , 3500 mots
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Chapitre 12 : De nouveaux alliés



Lorsque j'ouvris enfin mes yeux, je vis que le plafond était une paroi en terre d’où pendait de maigres racines, ou des filaments de champignons. Les coins de la pièce avaient des charpentes en bois pour sécuriser la pièce. J'enlevai le torchon mouillé qu'ils avaient posé sur mon front, et me redressa lentement en continuant d'analyser les lieux. Apparemment, cette pièce était simplement constituée d'un lit et d'une table de chevet. Après avoir jeté un regard suspicieux vers la porte entrouverte, j'ouvris frénétiquement les tiroirs. J'y vis des petits flacons contenant des liquides de toutes les couleurs, ainsi de que des tubes à essai, tous étiquetés avec des noms trop compliqués pour que je puisse les lire. J'étais sûre d'être encore dans la maison de Malphas, mais dans une zone que je ne connaissais pas... Il y avait le rez-de-chaussée, avec la cuisine et le salon, le grenier rempli de livres de toutes sortes, le sous-sol dans lequel se trouvaient les chambres ainsi que le bureau de Malphas... Logiquement, j'étais donc encore plus loin sous terre. D'ailleurs, c'était bien de la terre que j'avais au-dessus de la tête. 


Ma nature curieuse me tortura une poignée de secondes, avant que je décide de mettre pied à terre pour sortir de cette salle étouffante. Je passai la tête dans le couloir et regarda des deux côtés. Je vis simplement un couloir de cellules de prison qui se faisaient face. Sur le coup, je ne savais pas qu'on retenait prisonnier des gens dedans. Je me disais juste qu'il était idiot de créer des chambres à travers lesquelles on pouvait regarder. Pour me rassurer, je passai la main dans mon dos, mais je me rappelai alors que je n'avais pas mon carquois rempli de flèches. Tant pis, je ne risquais rien. Enfin, je l'espérais. Je sortis donc entièrement dans le couloir et bifurqua au hasard sur ma droite.  


Ce dernier était très faiblement éclairé avec des torches proches de l'extinction qui projetaient des lueurs d'une rouge profond sur un deux mètres de diamètres autour d'eux. Le sol rugueux, martyrisaient mes pieds. Alors que je me plaignais intérieurement, je m'arrêtai net et me concentra sur eux. Je me rappelais, lors de ma première bataille, que les ondes provoquées par les Gobelins avaient trahis leur confiance. Avais-je encore cette compétence. Je restais silencieuse, les yeux fermés, droite comme un piquet, attendant de ressentir des sensations dans mes jambes.  


J'entendis alors au loin une discussion animée. Je rouvris les yeux et décida d'avancer en trottinant. Je bifurquai sur ma droite, toujours encerclée de cellules vides qui m'intriguaient de plus en plus. Au fur et à mesure, les bruits de conversation se faisaient plus audibles, mais toujours sourds, comme si j'en étais séparé par un mur. Je me rendis vite compte, en faisant des allers-retours, que j'entendais plus ou moins bien. Un coup je m'écartai de la source du bruit, un coup je m'en éloignai. JE marchai donc lentement vers le lieu où le son était le plus audible pour moi et regarda autour de moi. 


Rien n'était différent, si ce n'est une petite poubelle fermée à côté de moi. Je regardai autour de moi, intriguée. Était-ce une sorte de farce ? Ce n'était quand même pas cette poubelle rectangulaire qui parlait. J'en ouvris avec difficulté la chose en question, et j'entendis alors la discussion aussi clairement que si j'étais à quelque centimètres. En raison de la résonance du son, je déduisais que les deux messieurs qui discutaient mollement était au fond du tunnel du trou noir que semblait contenir la poubelle. A tâtons, j'en palpai l'intérieur et sentit une barre. Il devait y en avoir d'autres qui me permettrait d'aller en bas. J'entrepris donc ma descente vers l'inconnu...  

J'arrivais finalement sur un sol glacial et froid sans un bruit. J'étais dans une pièce grande et rectangulaire aux lueurs violettes. Derrière moi se trouvait une grande boule vitrée, replie d'un liquide épais et violet. Il y avait aussi une table sale et remplie de papiers dont tous les compartiments semblaient avoir été gribouillés d'écrits ou de formules. Mon regard s'attarda sur une grande cage en métal qui contenait deux personnes. L'une d'elle était un authentique barbare, de ce avec qui j'avais sympathisé lors de mon premier jour de vie. Quant à l'autre, c'était un gobelin. Ils s'arrêtèrent net de parler lorsqu'ils me virent, et nous restâmes immobiles pendant je ne sais combien de temps, avant que le barbare ne s'écrie de sa voix grave et rocailleuse, tout joyeux : 


— Archère ! 


C'est alors que je le reconnus. C'était l'un des deux barbares que j'avais rencontré lors de ma bataille dans les bois !  


— C'est vous ! M'écriai-je, toute excitée. Mais où est donc votre ami ? Que faites-vous ici ? 

— Mon ami est mort courageusement lors de la bataille qui a eu lieu à Thyrène il y a quelques jours. Quant à ce que je fais ici, ma foi, j'adorerais le savoir !  

Je m'approchai de la cage et essaya en vain de l'ouvrir.  


— Vous êtes de mèches avec les gobelins ! Compris-je alors, mon visage se renfrognant. C'est pour ça que Malphas vous as enfermé, c'est ça ? Avouez ! 

— Celui n'est pas méchant comme les autres, répliqua précipitamment le barbare. C'est quelqu'un de très gentil qui m'as sauvé pendant la bataille de Thyrène.  

— Comment puis-je en être sûr ? 

— Je n'ai aucune preuve à vous donner. Mais si vous passez un peu de temps avec lui, vous comprendrez !  


Je restai silencieuse, en proie à une grande réflexion. Alors que je me demandais qui croire, je me souvins des paroles de Diane. "Ne croie que ceux en qui tu crois". J'avais combattu aux côtés de ce barbare. Il n'avait aucune raison de me mentir. Je décidai de le croire, bien que le doute en moi ne fit que se rapetisser devant mon assurance au lieu de s'estomper complètement. Je regardai le gobelin. C'était un petit être vert et malingre, de ma taille, avec une couronne de plumes rouges et noires sur la tête, et des tatouages tribaux sur le torse. Une simple robe de paille attaché à la taille gardait secrète son intimité, et il avait des bracelets aux tibias. Je vis un peu de crainte à mon égard dans ses yeux, qui firent apparaître des plis soucieux sur son front, mais pas de colère ou bien de sauvagerie que j'avais vu chez les autres. 


—Vous n'avez aucune idée de comment vous êtes arrivés ici, c'est bien ça ? 

— Nous nous sommes réveillés ici, dit simplement le barbare. Un vieil homme au crâne dégarni est venu nous dire qu'une vilaine sorcière nous avait enfermé, et qu'il allait essayer de lui prendre la clé.  

— Une vilaine sorcière... ? 

— Oui, même qu'on l'a vu ! Hier soir, il nous l'a amené et il était en pleurs. Il disait :"Oh, mes chers enfants, c'est terrible ! Alors que j'avais finalement trouvé la sorcière, cette dernière a pris la clé et l'a mangé pour ne pas que je vous libère ! C'est elle ! Vengez-vous, mes enfants, vengez-vous !" 


Je restai muette.  


— Cette sorcière dont vous parlez... c'était une jeune femme deux fois plus grande que moi, avec des cheveux noirs attachés en une unique tresse dans son dos, c'est cela ? Et une robe qui lui allait jusqu'au bas des jambes ? 

— Oui, c'est ça ! S'écria le barbare. Tu la connais ? 


Je poussai un énorme soupir de résignation. La sorcière en question n'était autre qu'Ariane, la sœur jumelle de Diana... ! Le vieil homme dont il parlait était Malphas. Il les avait trompés pour mieux les mettre de son côté. Il n'avait vraiment rien d'un bon samaritain. Moi qui croyais qu'il restait un peu de bon en lui, du fait de sa conviction de libérer le plus de troupes armées comme moi ou Reford... Je me mis même à douter qu'il nous libère pour autre chose que ce but candide et louable. En même temps, j'étais infiniment peinée. J'avais trouvé les bourreaux de mes amis. Je pouvais déverser ma rage contre eux. Mais eux même avait en fait été trompé, et tête brûlée comme j'étais, je suis sûre que j'aurais réagi comme eux. Chaque seconde de mon existence, j'avais l'impression d'aller de désillusions en désillusions.  


— Qu'est-ce qui ne va pas, archère ? 

— Je... Je ne m'appelle pas comme ça. Je m'appelle Jade. Et vous avez été trompés.  


Je regardai encore une fois aux alentours, désabusée. 


— Nous avons tous été trompés. Le vieil homme n'a rien d'un saint. C'est lui l'homme vicieux qui tire les ficelles... 


Je leur expliquai alors tout ce que je savais, que je soupçonnais.  


— Vous êtes en train de me dire que j'ai tabassé une pauvre... comment vous dites, esclave ? Innocente, en plus ? Et que le vrai méchant était ce vieil homme ? 

— Exact. Rien de ce qu'il vous as dit est vrai, et à moi non plus. Il m'a dit qu'il voulait sauver les troupes armées comme moi pour que nous soyons libres, mais s'il faut..; il veut nous utiliser ! Pourquoi il y a-t-il de l'élixir ici ? Est-ce que... ? 


C'est alors que je crus comprendre. Malphas ne voulait-il pas capturer les troupes armées pour prendre leur élixir... ? D'où la grosse boule de verte violette à côté de moi ? Mais, pourquoi ne m'avait-il pas tuée plutôt ? Lorsque je m'étais évanouie, il s'était affairé autour de moi pour que je retrouve connaissance. Je compris que c'était parce que j'étais un élément capital de ses projets. J'avais dans son plan une grande importance. Il ne pourrait le réaliser sans moi. En fait, plus j'y réfléchissais, plus je me disais qu'il m'aurait de toute façon forcé à me joindre à lui, parce qu'il avait désespérément besoin de moi. Pourtant, je n'avais rien de spécial. J'étais têtue, maladivement curieuse, un tantinet grognon... 


Et surtout, s'il libérer les troupes pour leur élixir, à quoi servait donc ce liquide ? 


— Jade ?  

— Hein.. ? 

— Qu'allons-nous faire ? Au fur et à mesure des jours, notre détention s'est avérée de plus en plus horrible. Nous commencions à ressentir la faim, l'ennui... 


L'apparition des cinq sens et du reste des traits humains au fur et à mesure qu'on reste en vit, compris-je. C'était ce qui était en train de leur arriver. Il fallait que je les libère vite si je

ne voulais pas qu'ils meurent de faim ou de soif... ! Mais j'avais les mains liées... Je ne pouvais rien faire pour l'instant. Et puis, la cérémonie de départ était dans deux jours... ! 


— Je ne sais toujours pas si je peux faire entièrement confiance à un gobelin. Alors je vais te dire quelque chose à toi seul.  


Le barbare fit signe au gobelin de s'écarter et s'approcher des barreaux. J'approchai ma bouche de son oreille, et chuchota.  


— Pour échapper à Malphas, moi et les jumelles avons décidé de profiter d'une sorte de procession dans deux jours. Nous profiterons en fait du bordel général. Je ne sais pas si tu veux tenter le coup, mais c'est peut-être ta seule chance de t'en sortir ! 

— Dis-moi juste quoi faire ! 

— Il va y avoir pas mal d'improvisation. Mais j'ai pensé à un truc pour t'échapper d'ici... !  


Une dizaine de minutes plus tard, j'étais de nouveau dans mon lit, attendant patiemment qu'on vienne me rendre visite. Désormais, je pouvais compter sur ce barbare et mes deux amies... Nous étions quatre contre Malphas et Reford. Notre tentative de fuite commençait à sérieusement se concrétiser. Soudain, la porte s'ouvrit en trombe sur un Malphas en peignoir de bain, un sandwich et un journal à la main.  


— Oh, tu es réveillée ! Super ! Bon, écoute, la cérémonie a été déplacée ! Ce sera demain, à la première heure ! 

— Quoi ? Mais... il est qu'elle heure, là ? 

— Trois heures de l'après-midi. On fait une réunion avec Reford, et deux de mes femmes, dans une dizaine de minutes, dans mon bureau. Compris ?  

— Mais... tu ne nous as pas déjà donner ton plan ? 

— Pas entièrement, répondit-il mystérieusement d'une voix grasse. Je comptais attendre le dernier moment pour vous prévenir, afin que vous ne vous dégonfliez pas en chemin.  

— Et pourquoi la cérémonie à été déplacée ? 

— Je suppose qu'ils ont changé les dates par sécurité, comme moi qui gardait mon plan secret jusqu'à la veille des opérations. Mais ce qu'ils ne savent pas, c'est que nous sommes prêts depuis des mois... ! Viens, je vais te montrer al sortie.  


Et il ressortit aussi vite qu'il était rentré. Dans deux jours ? Mais je n'aurais pas le temps de parler aux jumelles entre temps, constatai-je, horrifiée. Tout dépendrait de quand finirait la réunion. En fait, il fallait que je leur parle, maintenant ! Je sautai hors du lit et sortit en trombe de la chambre. Je suivis Malphas jusqu'à un escalier en colimaçon qui m'amène à l'étage des chambres. Là, je prétextais chercher un peu de calme dans ma chambre et y pénétra sous ses yeux. Une bonne minute plus tard, je ressortis la tête dans le couloir : il n'y avait plus personne. Vite, je courrai jusqu'à la chambre des jumelles et entra dans toquer. Diana était en train de panser Ariane qui était couchée sur le lit, inconsciente.  


— Jade ! S'écria-t-elle en me voyant rentrer, surprise.  

— Comment va-t-elle ? M'informai-je à voix basse. 

— Elle récupère mieux que je ne l'espérais. Elle aura quelques cicatrices, mais pas de séquelles graves... ! Que fais-tu ici ? 

— Malphas organise une réunion, répondis-je précipitamment. La cérémonie à été déplacée à demain.  Il va nous dire tout son plan, ce soir même, et je ne suis pas sûre de pouvoir te le retranscrire après... J'ai l'impression qu'il ne veut pas qu'il y ait de fuites, ou que quelqu'un le lâche entre temps... ! 

— Mince... !  

— Ce sera à toi, donc, d'écouter le plan. Trouve un moyen d'être là ! 

— Mais c'est impossible, geignit-elle en passant la main devant sa bouche, les yeux écarquillés d'effroi.  

— Si, ça l'est, il faut juste que tu ne te fasses pas avoir ! Essaye de trouver quelque chose, je suis trop bête pour le faire moi-même... ! 

— Ne dis pas n'importe quoi... répliqua-t-elle, le regard soudain perdu dans le vide.  


Je restai muette, la fixant se perdre dans ses pensées, espérant ardemment qu'il sorte de ses réflexions un plan décent.  


— Je vais voir, finit-elle par dire. Dans tous les cas, qu'on sache son plan ou pas, on arrivera à s'en sortir.  

— J'ai autre chose à te dire. Il y a un barbare et un gobelin en bas... 

— Oui, je sais... 

— Ok. Rappelle-toi l'épée qu'avait Malphas, hier. C'était une arme de barbare, son arme. Il faut que tu la vole au vieux, et que tu ailles la lui donner. Comme ça, il pourra se libérer, et sera de votre côté. Mais ne le faites pas à n'importe qu'elle moment, d'accord ? 

— Entendu...Hé, en fait ! S'exclama-t-elle alors que j'arrivais à la porte. Super bien trouvé ton piège de l'évanouissement. Tu nous as toutes sauvées d'une situation tordue...  

— Oui, mais si c'est pour ne pas réussir demain, ça ne servira à rien, n'est-ce-pas ? 

— On y arrivera, insista-t-elle avec un sourire. Je le sais.  


J'admirai son courage, elle qui était asservie depuis des dizaines d'années. Je me devais d'être aussi, voire plus combative qu'elle. Je n'avais aucune raison de courber l'échine. Calmement cette fois, j'entrai de nouveau dans ma chambre. Je pris mon arc, ainsi que mon carquois rempli de flèches. Dans un sac trouvé dans l'armoire, je mis le livre que m'avait offert les jumelles, puis je regardai la petite pièce. C'était la dernière fois que je la verrais. J'eux un petit pincement au cœur, le premier de toute ma vie, puis ferma la porte et me dirigea vers le bureau de Malphas.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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