Victime par

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Deviation / Policier / Romance

22 Retrouvailles

Catégorie: T , 5104 mots
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Silence. Toute l'attention était portée sur le visage à moitié découvert de Light. Réussir un tir aussi parfait, il n'y avait qu'une seule personne pour le faire. D'une seconde à l'autre, des sirènes de police éclatèrent. Je pouvais deviner qu'ils étaient nombreux, beaucoup plus nombreux que la dernière fois. Je n'avais pas eu tort. Vingt personnes avaient bien essayé d'entrer dans le bâtiment. Seulement, d'une manière ou d'une autre, la seule survivante avait réussi à s'introduire parmi nous. Je ne réalisais toujours pas comment mais ce n'était pas vraiment le moment d'y réfléchir.


-Enfuyez-vous, cria Kiyomi, et ne révélez rien à la police !


La panique générale commença. J'essayai de me frayer un chemin à travers la foule, malgré les nombreuses fois où l'on me bouscula. Kiyomi attrapa Light par le bras pour l'emmener en haut des escaliers le plus rapidement possible. Quelques fanatiques essayèrent d'arracher le masque de l'intrus. Je n'avais pas besoin de le voir démasqué pour le reconnaître. Des cheveux blonds et une façon extraordinaire de viser. Mello, toujours armé, pointa son pistolet sur Light. Avant qu'il ne puisse appuyer sur la détente, quelqu'un lui tira dans le bras.


-Mello ! criais-je de panique.


Je me précipitai vers lui. Avec le choc, Mello avait lâché son arme, se retrouvant à présent sans défense. Le blond essaya de se relever, ayant certainement l'idée de les poursuivre. Malheureusement, Mikami anticipa l'action et tira pour la seconde fois dans la jambe de Mello. À genoux, je me jetai littéralement sur le blond pour l'enlacer. Dans cette position, je le protégeai complétement d'une troisième balle. Le serrer lui faisait mal j'en étais consciente mais j'étais beaucoup trop effrayée pour trouver une meilleure solution.


-Emi, m'interpella Mello en serrant les dents, enfuies-toi.


-Non, rétorquais-je paniquée, c'est hors de question !


Je cherchai activement au sol l'arme de Mello. J'avais un morceau de Death Note sur moi mais rien pour écrire. J'avais eu l'idée d'utiliser le sang de Mello mais je refusais catégoriquement d'encore plus lui faire du mal. Montant les escaliers, je profitai de l'inactivité de Mikami pour attraper le pistolet. Seulement avec la foule en détresse, quelqu'un tapa dedans. Au loin, je remarquai soudain une personne arrêter de courir. Elle me fixa quelques secondes et sans réfléchir à deux fois, elle plongea au sol. Subissant les coups des autres, elle essaya d'atteindre le pistolet. Mais il était trop tard, Mikami était déjà en haut des marches, nous visant avec son arme. Il était prêt à me tuer et j'étais prête à mourir.


-Je suis vraiment désolée, murmurais-je à Mello.


Le serrant d'avantage, je fermai les yeux. Les larmes commencèrent à couler sous la peur. Je sursautai lorsque j'entendis plusieurs balles partir. Je ne ressentais aucune douleur mais ce n'était pas pour autant que je décidai d'ouvrir les yeux. Plusieurs secondes s'écoulèrent et je n'avais toujours pas bougé. Mello me caressa le dos pour me rassurer puis retira mon masque. Lentement, mes yeux acceptèrent de s'ouvrir. Face à moi, Ryuzaki. L'arme de Mello était à ses pieds. Son regard vide fixait le sol, comme si l'impensable venait de se produire. Je n'osais pas l'imaginer mais, est ce que Ryuzaki était la personne qui venait de nous sauver ?


De l'autre côté, quelqu'un défonça littéralement la porte. Une femme, visiblement très en colère, déboula dans la pièce. Sans réfléchir, elle pointa son arme vers moi. Je n'avais qu'à regarder ses yeux pour comprendre qu'elle était prête à tirer. Malgré ses blessures, Mello avait encore la force de grogner. Sans mâcher ses mots, il lui ordonna de baisser son arme. La femme refusa, posant son doigt sur la détente.

-Tue-la et je te tuerai juste après ! s'énerva encore plus Mello.


-Mais elle était avec Kira ! se défendit la femme. Et elle a tué..


-Ça suffit, la coupa Ryuzaki en murmurant, range ton arme s'il te plait.


Elle claqua sa langue avant d'obéir à contre cœur. Mello essaya de se relever. J'étais toujours accroché à son cou et je n'étais pas prête à le lâcher. Des autres policiers, que je n'avais jamais vu, nous rejoignirent rapidement. Ils aidèrent Mello à se relever et me demandèrent gentiment de le laisser partir. Mello avait besoin de soins. Je secouai la tête de gauche à droite. Ce n'était pas fini. D'autres personnes allaient venir et essayer de nous tirer dessus. Je n'arrivais pas à me détacher de ma peur.


-Ça va aller, chuchota le blond, on se voit plus tard.


Je le serrai une dernière avant de reculer. Je n'avais pas d'autres choix que de le laisser si je ne voulais pas l'étouffer. L'observant se faire porter jusqu'à la sortie, je reportai mon attention sur Ryuzaki. Je m'apprêtais à avancer vers lui mais la femme de tout à l'heure me barra la route, me menottant sans hésiter. Elle m'attrapa par le bras pour m'empêcher d'approcher Ryuzaki. Je ne me laissai pas faire, reculant mon bras pour qu'elle me lâche. N'étant pas prête à abandonner non plus, elle enfonça ses ongles de ma peau. Sans faire exprès, je lâchai un léger cri de douleur. Ce bruit ramena soudainement Ryuzaki à la réalité.


-Arrêtez, ordonna t-il, ce n'est pas le moment.


-Ryuzaki, l'interpella un homme en se frottant le front, nous avons retrouvé un des leurs. Enfin, c'est plutôt elle qui est venue vers nous.


Il se décala pour laisser place à une jeune fille qui n'était autre que Yuka. Elle baissa la tête, n'osant pas croiser mon regard. Les policiers m'emmenèrent ensuite dans leur voiture. Malheureusement, je ne me retrouvai pas dans la même que Ryuzaki. J'avais envie de lui parler, de le toucher, rien que de le voir un peu plus longtemps. Au final, Light avait réussi à s'enfuir avec Kiyomi. Mais grâce à Mello, la police avait maintenant une preuve que Light était bien Kira. J'aurais aimé en savoir plus sur son infiltration mais j'avais entendu dire qu'il allait avoir besoin de beaucoup de repos. Je n'avais pas tout de suite eu ma réponse quant à la mort de Mikami. À ma plus grande surprise, Ryuzaki était bien la personne qui lui avait tiré dessus.


Yuka et moi furent enfermées dans une cellule mais nous pouvions tout de même nous voir. Seuls quelques barreaux nous séparaient. Recroqueviller dans un coin, elle paraissait perdue. J'avais trouvé ça très courageux de se laisser prendre par la police. Mais par dessus tout, je lui étais profondément reconnaissante d'avoir essayé de m'aider, même si elle n'avait pas réussi à atteindre le pistolet. J'avais essayé de lui poser quelques questions mais Yuka était restée très silencieuse. Elle avait l'air à la fois en colère et déçue, un peu comme à notre première rencontre. Qu'allions nous devenir maintenant que la police nous avait arrêté ?


-Kira n'est même pas spécial, murmura Yuka, il est juste chanceux.


-De quoi est ce que tu..


-Je les ai entendu dans la voiture. Ils disaient que le pouvoir de Kira ne lui était pas dû et que n'importe qui pouvait l'obtenir.


-Ce n'est pas faux..


-Alors toi aussi tu l'as ce pouvoir, pas vrai ? me demanda t-elle les yeux ronds comme des billes.


J'avalai de travers, nerveuse. Au moment où je décidai d'ouvrir la bouche, quelqu'un tapa sur les barreaux de ma cellule. Un homme grand et blond, celui de tout à l'heure, nous demanda de nous lever. Dans un silence de plomb, nous le suivions jusqu'à l'étage au dessus. Je n'avais jamais vu cet endroit puisque je connaissais seulement le bâtiment de police de ma ville. Si Ryuzaki avait décidé de déménager, c'était certainement pour être plus proche de celui-ci. D'ailleurs, j'avais entendu dire qu'il avait spécialement choisi ces appartements pour relancer l'enquête sur Kira.


Arrivés à destination, l'homme poussa la porte pour nous faire entrer. Yuka me laissa avancer en première, me suivant à la trace. Je pouvais voir qu'elle était très effrayée et très anxieuse de découvrir ce qui allait se passer à partir de maintenant. Toutes les têtes se retournèrent vers nous. Yuka se cacha derrière moi. Les deux personnes que je remarquai en premières étaient Ryuzaki et cette femme. Comme pour m'agacer, ils étaient tous les deux assis l'un à côté de l'autre. Maintenant que je pouvais correctement observer son visage, je trouvai qu'elle me ressemblait beaucoup. Nous avions les mêmes cheveux noirs, le même visage pâle et le même regard qui en disait long sur ce que nous pensions. Elle paraissait simplement plus mature que moi.


-Pourquoi nous avoir amener ici ? demandais-je sans attendre.


-Vous avez été convoquées pour répondre à nos questions, affirma une autre femme autour de la table.


D'un geste de la main, elle nous invita à nous asseoir avec eux. Timidement, Yuka s'installa à côté de moi. Deux verres d'eau étaient disposés devant nous. Je trouvais cette pièce étrangement accueillante. Mon attention se reporta sur la femme lorsqu'elle commença à nous poser des questions. Depuis quand étions dans ce bâtiment ? Pourquoi l'avoir rejoins ? Que faisions-nous à l'intérieur ? Avions-nous un lien direct avec Kira ? Je n'avais pas le droit à l'erreur. Quelque chose me disait que ces personnes étaient beaucoup plus difficile à convaincre que les anciens membres de l'équipe. Je ne savais pas ce que Yuka encourait si elle avouait être un membre de l'organisation de Kira. Par contre moi, je risquai beaucoup plus. Je posai à nouveau mon regard sur les deux verres en face de moi. Je remarquai un détail très important ce qui me donna immédiatement une idée.


-Il est inutile de mentir, menaça un homme à ma gauche, nous avons fait des recherches sur vous.


-Je suis d'accord, acquiesçais-je. C'est pourquoi, je compte dire la vérité et seulement la vérité. Yuka et moi étions dans ce bâtiment depuis plusieurs semaines. Notre quotidien était de prier notre nouveau Dieu, d'idolâtrer Kira et de nous soumettre à toutes ces demandes. Yuka n'avait aucun lien direct avec Kira, par contre moi, j'en avais un. Nous ne faisions pas partie de son organisation parce qu'en réalité, nous avons été contraintes à rejoindre Kira de force.


-De force ? répéta blonde étonnée. Expliquez-vous !


-Depuis toujours, et comme vous le savez certainement grâce à vos recherches, précisais-je en dévisageant l'homme à ma gauche, Kira et moi sommes liés. Il n'y a plus besoin de se le cacher maintenant, Kira est en réalité Light Yagami. Mon camarade de classe et surtout mon ami. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il me portait une attention toute particulière.


-Et pourquoi vous ? rétorqua la brune que je n'appréciais pas. Ryuzaki aussi était son..


-Parce que je connaissais son secret, la coupais-je sûre de moi. Dans le but de le rejoindre, il me l'avait révélé. J'ai cependant refusé et depuis ce jour, Light Yagami m'a vu comme une menace. Il a manigancé tout un plan pour me kidnapper et me garder prisonnière dans le bâtiment où vous nous avez trouvé. Jamais, je n'aurais accepté de faire équipe avec lui.


-Et vous, Yuka ? reprit la blonde. Expliquez votre situation.


-Elle était..


-Non, me coupa t-elle, je veux l'entendre parler.


Je fronçai les sourcils avant de baisser la tête vers Yuka. Ses mains tremblaient, paniquant certainement de l'intérieur. Pour la rassurer, je posai ma main sur la sienne. Elle me lança un regard étonnée puis décida ultimement de se concentrer pour répondre. Je n'avais pas vraiment confiance et elle ne paraissait pas du tout sûre de soi. Ce n'était pas bon. Je devais trouver une solution. Malheureusement, une seule me vint à l'esprit. Et donc, discrètement, je retirai mon téléphone de ma poche. Je n'avais pas besoin de regarder mon écran pour écrire ce que je voulais. La table cachait amplement mes gestes.


-Vous étiez porté disparue jusqu'à aujourd'hui, continua la blonde, pourquoi ?


-Je me suis échappée de chez moi parce que je m'étais disputée avec mes parents, murmura tristement Yuka. J'avais vaguement entendu que Kira avait décidé d'agir et de créer sa propre organisation. J'étais tellement en colère contre mes parents que je voulais me venger d'eux. J'ai donc essayé de rentrer en contact avec les premiers membres. Et lorsqu'ils m'ont expliqué ce que les rejoindre consistait, j'ai voulu me retirer. J'avais changé d'avis sur mes parents et je n'étais plus du tout prête à me consacrer à une seule et unique personne. Cet endroit était trop sombre pour moi. Seulement, lorsque j'ai essayé de partir, ils m'ont retenu et m'ont obligé à rester avec eux. Si je ne leur obéissais pas, ils avaient promis de me livrer à Kira.


J'esquissai discrètement un sourire de satisfaction. J'avais réussi à écrire quelques mots clés sur mon téléphone. Paraissant triste, Yuka en avait profité pour baisser la tête et regarder mon écran. J'étais plutôt impressionnée par sa façon d'improviser et en même temps très fière d'elle. Elle avait réussi à paraître la plus sérieuse possible. Je pouvais voir les personnes autour de la table bouches-bées. Ils ne s'attendaient certainement pas à ce discours venant de la part d'une jeune fille aussi mal à l'aise que Yuka. Je fronçai à nouveau les sourcils lorsque la brune, à côté de Ryuzaki, décida de rajouter son grain de sel.


-Ce sont des mensonges, nous accusa t-elle calmement. Je dois cependant reconnaître que vous êtes de bonnes menteuses.


-Nous disons la vérité, rétorquais-je. Nous sommes différents des autres que vous avez interrogé avant nous.


-Je regrette de te contredire mais personne n'est venu avant vous, sourit-elle.


-Vous avez encore quelques améliorations à faire avant d'être une aussi bonne menteuse que nous, la provoquais-je. Les deux verres devant moi, l'un est légèrement moins rempli que l'autre. Vous nous interrogez par deux, pour voir qui craquerait en premier. On dirait bien qu'une certaine personne était un peu en panique face à vos question alors elle a bu dans votre verre. Vous n'avez même pris la peine de vérifier et de les remplir à la même hauteur, quel dommage.


-Ça suffit, grogna t-elle, vous êtes des fidèles de Kira !


-C'est faux ! criais-je en levant mon poignet et celui de Yuka. Nous n'avons pas la marque. S'infliger le K de Kira c'est lui prêter allégeance de son gré !


La brune serra le poing sur la table, visiblement très irritée de n'avoir plus rien à redire. La blonde baissa la tête, cherchant certainement de nouvelles questions à me poser. Ryuzaki soupira discrètement avant de se lever. Il se dirigea les mains dans les poches vers une salle derrière la nôtre. Il l'avait bien compris. Cette conversation ne leur mènerait à rien. J'avais beaucoup trop menti et beaucoup trop fréquenté la police pour ne plus voir clair dans leur jeu.


Finalement la conversation achevée, les autres quittèrent la salle. J'avais retenu quelques noms. Thierry Morello, l'homme qui avait contacté des fidèles de Kira en se faisant passer pour quelqu'un qu'il n'était pas. Mary Kenwood, la femme qui avait réussi à déjouer tous les dispositifs de sécurité de la ville pour trouver l'emplacement de l'organisation. Halle Bullook, la blonde qui avait interrogé tous les suspects ainsi que Yuka et moi. Et enfin, Naomi Misora, la femme qui me détestait le plus au monde.


Je me retrouvai seule avec elle. Je n'osais plus bougé. Pour la première fois, j'avais l'impression d'avoir de la peine pour elle. Elle fixait la table et son regard était tellement triste. Je commençais à me demander si je n'en étais pas la cause. Mais qu'avais-je bien pu lui faire ? Nerveuse, je me raclai la gorge avant de me lever. Je comptais m'en aller mais je me stoppai devant la porte. J'avais besoin de savoir. Je n'aurais pas l'esprit tranquille si je ne lui posais pas la question.


-Est ce que je peux savoir ce que je vous ai fait pour mériter toute cette haine ? demandais-je un peu trop sèchement.


Ses yeux s'assombrirent. Sa tristesse de tout à l'heure avait disparu. Elle était maintenant en colère, comme si entendre ma voix l'avait ramené à la réalité. Serrant les poings, elle se leva subitement pour se diriger vers moi. Je l'observai sans bouger, sans rien dire. À ma hauteur, elle me lança un regard noir. Sans me laisser le temps de voir le geste venir, elle me gifla.


-Tu n'es qu'une gamine ! cria t-elle les larmes aux yeux.


Bien trop sonnée par le geste, je restai immobile. Tandis qu'elle se déplaçait vers la sortie, ma joue commença à picoter. Je me touchai légèrement le visage pour me remettre de mes émotions. Lorsque je me retournai pour m'adresser à la brune, elle avait déjà disparu. Je relevai la tête, entendant le bruit d'une porte s'ouvrir. Sortant de son bureau, Ryuzaki me fixa plus qu'étonné. Il leva le bras, dirigeant sa main vers moi. Qu'allait-il me dire ? Que je méritais cette gifle pour une raison que j'ignorais ? Honteuse, je m'échappai par la sortie à mon tour. Ryuzaki, ne prenant pas la peine de me suivre, referma la bouche.


Ne pouvant aller bien loin, un agent de police me barra la route près des escaliers. Sans surprise, il me ramena jusqu'à ma cellule. Avant d'entrer à l'intérieur, je lui demandai quand est ce que je pourrai revoir Mello. Il m'indiqua que je devais attendre quelques jours pour que Mello récupères assez de force. Je trouvais le temps long dans ma cage de barreaux. D'après ce que j'avais entendu, la police n'avait retenu aucune plainte contre nous, manque de preuves. En réalité, ce n'était pas la police mais simplement un groupe de personnes assez courageuses pour continuer l'enquête sur Kira. Ryuzaki me manquait énormément. Je ne l'avais pas vu depuis la dernière fois. L'humeur de Yuka se détériorait de jours en jours. Elle était clairement fatiguée d'être enfermée dans cet endroit.


Un matin, un homme nous expliqua qu'aujourd'hui nous pouvions sortir. La première idée qui m'était venue en tête ? Rendre visite à Mello. Voyant son manque de réaction, je proposai à Yuka de m'accompagner. Elle ne savait pas quoi faire de sa liberté alors elle accepta. Hâtivement, je me dirigeai au premier étage. J'étais très impatiente de le revoir. Je toquai plusieurs fois à la porte avant d'entendre un "entré". Grognon, comme d'habitude. Je lâchai un petit rictus avant d'entrer. Face à son air étonné, je devinai qu'il n'attendait pas ma venue. Sans réfléchir, je me précipitai vers le lit.


-Tu m'étouffes, se plaignit Mello.


Je le serrai encore plus fort pour me moquer. Ça me faisait plaisir de voir qu'il n'avait pas perdu sa façon de plaisanter. Et lui aussi était content de me voir. Il avait ce même sourire que la dernière fois, lorsqu'il m'avait remercié d'avoir sauvé Ryuzaki, sur les lèvres. Son visage se ternit légèrement en glissant son regard vers la personne derrière moi. Mello avait toujours été méfiant. Yuka n'en faisait pas exception.


-Oh Yuka je te présente Bob, ricanais-je, Bob voici Yuka.


-Mello, rectifia le blond en râlant.


Gênée, Yuka s'abaissa puis serra la main du blond. Je remarquai rapidement ses joues roses qu'elle essayait tant bien que mal de cacher. Venais-je d'assister à un coup de foudre ? Visiblement ce n'était pas du tout le cas de Mello, qui déjà commençait à se plaindre d'être coincé dans son lit. Je comprenais ce sentiment. Moi aussi j'avais traversé la même chose que lui. Cependant, Mello avait frôlé la mort. Se jeter ainsi dans la gueule du loup était quelque chose de complètement insensé.


-Tu n'aurais pas dû t'infiltrer sans prévenir, reprochais-je à Mello, ça aurait pu être très dangereux !


-Qu'est ce que j'aurais gagné en te mettant au courant ? C'était une mission secrète. Même la police ne savait pas ce que nous manigancions.


-Alors vous vous êtes servis de leur assaut comme couverture ?


Mello hocha la tête. En réalité, l'ancienne équipe de Ryuzaki avait été la dernière à lutter contre les agissements de Kira. Ils avaient alors tenté le tout pour le tout. Comme à son habitude, Ryuzaki avait eu plus d'un tour dans son sac. Il avait contacté des élites indépendants pour manigancer son second plan. Il avait décidé de ne pas en parler à la police, devinant d'avance que Light allait faire des recherches sur les potentiels nouveaux agents. Ultimement, Mello avait insisté pour participer à l'assaut. Et ainsi, il avait victorieusement réussi à s'introduire dans l'entre de Kira.


-Wow, admira soudainement Yuka en touchant Mello, tes cheveux sont plus beaux que les miens.


-Quoi ? s'énerva t-il au quart de tour.


-Haha ! me moquais-je. C'est vrai que tu devrais nous donner quelques conseils ! Comment fais-tu pour qu'ils soient aussi brillants et soyeux ?


-Allez-vous faire voir, grognant Mello en croquant dans sa tablette de chocolat.


Nous passions ainsi le reste de la journée à rigoler ensemble. Finalement, la situation s'était arrangée. J'étais retournée du bon côté et avait retrouvé Mello. Yuka avait même essayé de faire connaissance avec lui. Mais face à sa froideur, je devais avouer que ça s'annonçait plutôt compliqué pour elle.Il ne manquait plus que Ryuzaki. J'avais besoin de lui parler. Au moment de partir, j'enlaçai une dernière fois Mello. J'espérais réellement le revoir très rapidement sur pieds. Je savais qu'il avait encore du chemin à faire pour récupérer la totalité de son bras et de sa jambe.


Je passai ma soirée à chercher Ryuzaki dans le bâtiment. Parfois je me faisais arrêté par un garde car je n'avais pas le droit de traverser une certaine limite. Malgré mes efforts, Ryuzaki resta introuvable. Épuisée, je décidai que cette salle serait la dernière. Je poussai la porte nonchalante, sans toquer. Je me figeai lorsque j'aperçus une silhouette. Dos à moi, je reconnus immédiatement Ryuzaki. Je ne m'y attendais pas. Est ce qu'il m'avait bien entendu ? Il n'avait pas l'air de bouger. Je grattai toutefois ma gorge pour assurer ma présence. Il sursauta légèrement, ne bougeant toujours pas. Je refermai la porte derrière moi pour m'avancer un peu plus. Je devais rapidement trouver quelque chose à dire si je ne voulais pas laisser ma chance s'envoler.


-Pourquoi est ce que tu es partis tout à l'heure ?


-Parce que je savais pertinemment que cet interrogatoire ne servirait à rien. Ces personnes ne te connaissent pas. Ils te pensent fragile et facile à percer alors qu'en réalité, tu es très intelligente. Tu t'en sors toujours, d'une façon ou d'une autre.


Je baissai la tête, ne sachant pas vraiment comment prendre cette remarque. Ryuzaki connaissait la vérité mais refusait toutefois de la dévoiler. Je lui étais profondément reconnaissante de me protéger. Je pouvais aussi remercier Light car le principal ennemi de Ryuzaki, c'était bien Kira. Seulement en ce moment, j'avais l'impression de le voir baisser les bras. Ça ne lui ressemblait pas. Lui qui, autrefois, était le premier à tout sacrifier pour arrêter Kira. Il avait décidé d'abandonner pour une raison que j'ignorais. Lorsque je reposai mon regard sur sa personne, mon cœur loupa un battement. Je ne l'avais pas remarqué mais depuis tout à l'heure, Ryuzaki fixait sa main. Je me décalai légèrement pour voir l'objet qu'il tenait. Je me pétrifiai complètement sur place.


-Ryuzaki, l'interpellais-je tremblante, qu'est ce que tu fais avec ce pistolet dans les mains ?


-Je ne sais pas, murmura t-il. Je.. je le regarde.


Sans réfléchir, je me précipitai vers lui. J'attrapai son poignet pour jeter l'arme à terre. Son regard était tellement vide. Je n'avais pas envie de lui demander la permission alors j'enroulai immédiatement mes bras autour de son cou. Je savais qu'il avait besoin de réconfort. Je savais à quoi il pensait en regardant ce pistolet. Ryuzaki n'avait tout simplement pas encore digéré d'avoir tué quelqu'un. Lui, qui depuis toujours représentait la justice et le bien, il devait certainement se dire qu'il ne valait pas mieux que Kira.


-Écoute moi bien, chuchotais-je au creux de son oreille, tu es loin d'être comme Kira. Tu as tiré sur cet homme pour me sauver moi et Mello. Si tu ne l'avais pas fait, je serai certainement blessé même morte. Alors s'il te plait, essaye de surmonter cette épreuve. Je suis là pour toi.


Je n'attendais aucune réponse de sa part. À ma plus grande surprise, il m'enlaça à son tour tout en enfouissant sa tête dans mon cou. Depuis quand n'avais-je pas eu cette proximité avec lui ? J'avais l'impression de nager en plein bonheur. Comme une évidence, je commençai à caresser sa nuque. Un sourire se dessina sur mes lèvres, le sentant frissonner à mon contact. J'aurais pu rester dans cette position pendant des heures. Je n'avais pas envie de bouger ni de rompre notre étreinte. De son côté, Ryuzaki n'avait pas l'air de vouloir parler non plus. Alors je saisis une nouvelle fois cette occasion pour parler d'un sujet particulier. Un sujet qui m'avait tant fais réfléchir ces derniers temps.


-Tu sais, je me suis pas mal posée la question mais.. me dire toutes ces vilaines choses pour me faire rapprocher de Light, ça faisait partie de ton plan n'est-ce pas ? Tu pensais qu'après un certain temps, je serai revenue vers toi à cause de mes sentiments. Je t'aurais ainsi apporter de cruciales informations sur Kira. Mais tu ne t'attendais pas à ce que je t'abandonnes et que je retournes réellement ma veste. Tu n'oses rien me rapprocher parce que tu penses être en partie la cause de cette situation. Je suis désolée, j'aurai dû m'en apercevoir plutôt.


-C'est moi qui suis désolé, poursuivit étonnement Ryuzaki. Je ne pensais pas ce que je t'ai dis. Tu n'es pas un fardeau et tu n'es pas facilement manipulable. Tu me l'as prouvé. J'ai été trop sûr de moi et j'ai fait une erreur. Je n'arrive cependant pas à oublier que tu as tué nos agents pour Kira. Les photos que j'ai reçu, ne crois pas que je ne les ai pas regardé. Avant de déménager, j'ai passé la journée entière à me demander si c'était réellement toi dessus. J'étais très blessé.


-Je suis désolée, répétais-je tristement, je suis désolée.


J'essayai réellement de retenir mes larmes parce que ce n'était pas à moi de pleurer. J'étais cependant très heureuse de l'entendre enfin parler et se déballer. J'avais été bête de croire que Ryuzaki était un bloc de glace qui ne pouvait ressentir aucune émotion. Je m'en voulais énormément. Il se recula finalement pour me fixer droit dans les yeux. Son regard aurait pu aspirer mon âme tellement il était perçant. Le mien glissa vers sa bouche et comme gênée, je tournai la tête pour cacher mes joues roses.


-Je suis aussi désolé du comportement de Naomi, murmura t-il en posant ses doigts sur ma joue. Raye Penber était son fiancé.


Toute la haine que j'avais pu ressentir pour elle s'envola aussitôt. Comment ne pas la comprendre ? J'avais tué son fiancé. Je lui avais arraché l'amour de sa vie. Ma réaction aurait été bien pire si quelqu'un osait un jour me prendre Ryuzaki. Rien qu'en y pensant, mon envie de pleurer revint rapidement. Je reniflai plusieurs fois pour ravaler mes larmes. Ryuzaki était devant moi, je devais en profiter pour dire tout ce que j'avais sur le cœur.


-Alors, soufflais-je timidement, qu'est ce qu'on fait maintenant ?


-Je ne sais pas, qu'est ce que toi tu veux faire ?


Sourire en coin, je repensais à quel point Ryuzaki n'avait jamais été doué pour faire le premier pas. Mon rêve de le voir pour une fois prendre les choses en main n'était apparemment pas pour aujourd'hui. Je soupirai, trouvant que ce n'était pas très grave. Cette fois, c'était à moi de faire mes preuves. Je n'avais qu'à lui dévoiler ce que je ressentais réellement pour lui. J'avais toujours été forte pour faire parler mes émotions alors ça ne devrait pas me poser de problème. J'inspirai alors profondément, me préparant mentalement pour la déclaration que j'allais faire.


-Je t'aime ! m'exclamais-je. Je veux tout reprendre du début. Je veux oublier la mauvaise passe que nous venons de traverser. Je veux retrouver nos moments. Je veux redevenir proche de toi. Je veux que tu arrêtes de garder tout pour toi. Et par dessus tout, je veux que tu restes avec moi.. pour toujours.


Je fermai les yeux, ayant soudainement peur de sa réaction mais surtout de sa réponse. Je relâchai mes épaules lorsque je sentis quelque chose de doux sur mes lèvres. Je n'avais pas besoin de rouvrir les yeux pour savoir ce que Ryuzaki était entrain de faire. Sans réfléchir à deux fois, je l'embrassai à mon tour. J'encadrai son visage de mes mains, approfondissant notre baiser encore plus. Il m'avait tellement manqué. Je stoppai notre étreinte pour reprendre mon souffle mais Ryuzaki ne me laissa pas très longtemps avant de plaquer à nouveau ses lèvres sur les miennes. J'étais tellement heureuse, comme si un éclair se déchainait à l'intérieur de mon corps.


-Tu as raison, murmura Ryuzaki en posant son front contre le mien, reprenons tout à zéro.


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