Cœur givré

Chapitre 36 : Je ne peux pas te perdre

2657 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 15/12/2025 18:22

Bonjour à tous, petite intro pour commencer. Comme vous avez pu le voir, je n’ai pas posté pendant plusieurs jours. L’approche des fêtes de noël et fin d’année fait que je travaille plus au magasin, et que je manque de temps pour écrire. En plus, je commence à arriver dans une phase où je manque d’idées. Deux choix s’offrent à moi ; Soit j’intègre Tanjiro et la bande mais nous rentrerons alors dans le lore et ce sera quasi un copier-coller du manga mais avec Lucy en plus, soit je continue sans eux, et mon histoire n’aura rrrrrien à voir avec le lore. Si vous voulez me donner vos avis, n’hésitez pas. Sur ce, c’est parti !

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Loin de là, dans sa forteresse, Kibutsuji Muzan observait le monde à travers les yeux d’un autre.

Son regard écarlate se posa sur Akaza, agenouillé devant lui, le torse encore marqué par les traces d’un combat interrompu.

Le silence était lourd. Glacial.

— Tu as échoué, dit Muzan, sa voix douce et venimeuse à la fois.

Akaza serra les dents, le front contre le sol.

— Le soleil est intervenu. Elle s’est jetée entre moi et l’aube comme une idiote prête à mourir, répondit-il sans relever la tête.

— J’aurais pu la tuer… mais vous aviez ordonné de la ramener vivante.

Un rictus imperceptible étira les lèvres de Muzan.

L’air vibra.

La pression de sa colère écrasa l’espace.

— Une démone qui protège des humains… Une démone qui ose me défier. Une démone qui survit au soleil assez longtemps pour t’obliger à battre en retraite…

Ses doigts se crispèrent lentement.

— Lucy n’est plus une simple anomalie.

Akaza releva enfin la tête, ses yeux flamboyants d’une excitation sombre.

— Alors… puis-je la combattre à nouveau ?

Muzan sourit.

Un sourire dépourvu de joie.

— Pas encore.

— Laisse-la croire qu’elle a gagné.

Son regard se fit plus froid encore.

— Plus elle s’attache… plus sa chute sera délicieuse.

Dans l’ombre, Akaza inclina la tête, un frisson parcourant son corps.

La chasse ne faisait que commencer.

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Quand Lucy ouvre les yeux, une odeur familière la frappe immédiatement.

Celle des fleurs.

Elle se redresse lentement, avec précaution, le souffle encore court, et baisse les yeux vers son corps.

Ses membres ont repoussé.

Sa peau est de nouveau lisse, pâle, intacte — comme si rien ne s’était passé.

Son regard glisse autour d’elle.

Les cloisons en papier.

Les tatamis.

La lumière douce filtrant à travers la porte moustiquaire, dessinant des motifs calmes sur le sol.

Le domaine des Papillons.

Elle est rentrée…

Mais depuis quand ?

Puis — un mouvement.

Muichiro est assis près de la table basse, la tête posée dessus, comme s’il s’était assoupi là, sans jamais vraiment partir.

Au moindre frémissement de Lucy, ses yeux s’ouvrent instantanément — d’un bleu vif, alerte malgré la fatigue évidente.

— …Tu es réveillée…

Sa voix est plus rauque que d’habitude.

Comme s’il n’avait pas parlé depuis des jours.

Lucy le fixe, encore trop sonnée pour avoir réalisé sa présence immédiatement.

— …Muichiro ?

— Nous sommes…

Il se lève aussitôt et s’approche, mais s’arrête à mi-chemin.

Sa main se lève, puis se fige dans l’air, avant de retomber contre le tapis tissé.

Ses doigts se crispent.

— De retour au domaine des Papillons.

Il marque une pause. Une hésitation inhabituelle.

— Tu as dormi… pendant près de deux mois.

— Deux mois ?? s’exclame Lucy.

Muichiro serre légèrement la mâchoire. Le souvenir est encore trop vif.

Quand il reprend la parole, sa voix est plus basse, chargée d’une âpreté contenue.

— Tu as fait une peur bleue à tout le monde…

Il expire longuement par le nez, détourne le regard un instant.

— Shinobu a veillé sur toi pendant toute ta régénération…

Avant même que Lucy n’ait le temps d’assimiler ces mots, il se penche brusquement et l’enlace.

Une étreinte silencieuse, féroce, presque désespérée.

Lucy se fige une seconde, surprise.

Puis elle se détend contre lui.

Elle comprend.

Lui aussi a cru la perdre.

Les images lui reviennent, brutales.

— Les… les villageois ? murmure-t-elle.

Muichiro recule juste assez pour la regarder.

Son expression s’est ouverte, plus humaine.

— Ils sont en sécurité.

— Ils ont été mis à l’abri dans une maison de glycines, loin d’ici.

Ses doigts se crispent un instant sur la manche de Lucy, avant qu’il ne la lâche complètement.

— Kotori te remercie chaque semaine… par lettre.

Il hésite. Puis ajoute, plus doucement encore :

— Nous avons cru que nous allions te perdre définitivement, cette fois-ci…

Lucy baisse les yeux vers ses mains.

Elles tremblent légèrement.

— Moi aussi…

L’expression de Muichiro s’adoucit.

Il tend la main et saisit doucement ses poignets, immobilisant ses doigts instables, comme s’ils risquaient de se dissoudre sous ses yeux.

— Dis-moi.

Sa voix est basse, mais insistante.

Il ne la quitte pas du regard.

— Dis-moi pourquoi.

Aucun reproche.

Aucun jugement.

Juste le besoin de comprendre.

Lucy inspire lentement, puis laisse les souvenirs remonter.

— Je suis restée à tes côtés un moment après que tu te sois endormi… Puis j’ai entendu Koriha dehors. Des cris.

Elle déglutit.

— Un village était attaqué. Pas loin. J’ai compris que c’était le nôtre.

Ses doigts se crispent légèrement dans les siens.

— J’y suis allée aussi vite que j’ai pu…Mais quand je suis arrivée, il était presque vide.

Un silence.

— Il n’y avait que… des corps. Et Kotori.

Sa voix se brise à peine, mais elle continue.

— Elle m’a dit qu’ils étaient plusieurs. Je lui ai ordonné de courir jusqu’à la maison où tu te trouvais…

Elle ferme brièvement les yeux.

— Puis je suis partie combattre.

Un souffle.

— Et… il est intervenu. La Troisième Lune Supérieure.

Muichiro se fige.

— J’ai tenté de le retenir pendant que le jour se levait… Mais il s’est enfui.

Un silence lourd tombe entre eux.

Muichiro ne bouge plus.

Sa prise se resserre une fraction de seconde sur ses mains, avant que ses pouces ne se mettent à tracer de lents cercles sur ses articulations, presque machinalement.

— Tu les as affrontés… seule.

Sa voix est étrangement calme.

— Sans attendre de renforts.

— Sans prévenir personne.

Il expire bruyamment par le nez. Sa mâchoire est si serrée que le muscle tressaute sous sa peau.

— …Idiote.

Lucy se redresse légèrement malgré la fatigue encore lourde dans ses membres.

— Je n’avais pas le temps d’attendre des renforts !

— Et tu aurais été blessé, gravement, vu ton état d’épuisement cette nuit-là !

— Je peux me régénérer, pas toi !

Muichiro se raidit aussitôt.

Puis—

— J’aurais récupéré ! s’emporte-t-il, la voix montant brusquement.

— Je suis un Hashira entraîné ! J’aurais pu m’en sortir !

— Peut-être, mais tu restes humain !

Le silence tombe.

Muichiro la fixe longuement, le regard illisible. Puis, contre toute attente, un rire bref — sans joie — lui échappe.

— Tu crois que ça m’importe ?

Sa prise sur ses mains se resserre, les tirant légèrement jusqu’à ce qu’elle soit presque contre lui.

— Tu te rends compte… à quel point j’ai eu peur quand j’ai réalisé que tu étais partie ?

Lucy déglutit.

— …Comment as-tu su, d’ailleurs ?

L’expression de Muichiro s’assombrit. Ses lèvres se pincent en une ligne tendue.

— Koriha t’a désobéi.

Il ne cherche pas à édulcorer.

— Quand il est arrivé avec Kotori, il a paniqué.

— Il s’est mis à hurler… et m’a tiré les oreilles.

Sa prise change subtilement. Ses doigts s’entremêlent aux siens, plus doucement cette fois.

— Heureusement, d’ailleurs.

— Si j’étais arrivé quelques minutes plus tard dans cette clairière…

Lucy murmure, la gorge serrée :

— J’aurais fini de me consumer…

Muichiro inspire brusquement, comme si ces mots lui faisaient physiquement mal.

— Oui.

— Et tu n’essayais même pas d’échapper au soleil.

L’accusation plane entre eux, lourde. Son regard cherche le sien — pas pour la condamner, mais pour comprendre. Pour l’entendre.

Lucy détourne légèrement les yeux, submergée par la culpabilité.

— Je ne pouvais pas…

— Je n’y arrivais pas.

— La douleur me clouait sur place. Le soleil me rongeait…

La mâchoire de Muichiro se crispe. Ses doigts se resserrent autour des siens.

— Tu aurais dû faire plus d’efforts !

Les mots sortent comme un grognement, chargés d’une colère qu’il ne maîtrise plus.

— Tu aurais dû…

Sa mâchoire trembla.

— …non.

Il s’interrompt brutalement.

Ses épaules tremblent. Sa tête s’abaisse, comme s’il luttait de toutes ses forces pour contenir quelque chose qui déborde.

Lucy voit tout.

— M-Muichiro… ?

— Tu… tu pleures… ?

Son souffle se coupe. Sa prise sur ses mains faiblit, comme s’il réalisait seulement à cet instant ce qui se passe.

— Je ne pleure pas ! s’emporte-t-il aussitôt, mais sa voix tremble, chargée de larmes retenues.

— C’est… c’est juste de la poussière.

— Et pleurer, c’est pour les faibles… !

Au moment même où il prononce ces mots, une larme solitaire glisse le long de sa joue.

Il l’essuie brutalement d’un revers de main.

Cette larme brise quelque chose en Lucy.

Sans réfléchir, elle ouvre les bras et l’attire contre elle.

— Non… s’il te plaît…

Il se fige un instant.

Puis il cède.

Ses épaules s’affaissent, secouées par des sanglots silencieux. Ses mains s’agrippent à son dos comme si elle était la seule chose au monde capable de le maintenir debout. Il enfouit son visage dans son épaule.

— Tu ne comprends pas…

Sa voix se brisa. Il inspira à fond, comme si parler devenait soudain trop difficile.

— …je ne sais pas ce que j’aurais fait…

Lucy resserre son étreinte, frottant doucement son dos pour tenter de l’apaiser.

— Je suis désolée…

Mais elle sent le tissu de son épaule s’humidifier.

Et cette sensation-là…

…est pire que tout.

Il s’accroche à elle comme à une bouée de sauvetage.

Ses larmes tachent son kimono, traçant des sillons brûlants sur ses joues malgré tous ses efforts pour les contenir. Ses mains tremblent contre elle, ses doigts s’agrippent à ses épaules comme s’il craignait qu’elle disparaisse s’il la lâchait.

— Tu ne peux pas faire ça.

Sa voix se brise. Il secoue la tête, incapable de continuer.

— …ne recommence plus jamais.

Lucy le serre un peu plus fort contre elle, ses doigts glissant lentement dans ses mèches sombres pour l’apaiser.

— Ça n’arrivera pas.

— Je ferai attention… je suis désolée… pardonne-moi…

Il frissonne.

Son corps entier tremble dans ses bras, toute la peur et l’inquiétude qu’il avait refusé de montrer jusqu’ici le rattrapant enfin. Ses doigts s’agrippent maintenant désespérément à son dos, ses larmes imbibent le tissu tandis que sa tête se presse contre son épaule.

— Promets-moi…

Sa voix n’est plus qu’un murmure brisé.

— Promets-moi de ne plus faire ça…

Lucy ferme brièvement les yeux, la gorge nouée.

— Je te le promets…

Sa propre voix tremble.

— Mais arrête de pleurer, s’il te plaît…

Muichiro tente de reprendre le contrôle.

De se ressaisir. Il secoue la tête.

— Je… je pleure pas…

Mais il n’y arrive pas.

Ses yeux restent fermés, les larmes continuent de couler malgré lui. Il se serre encore davantage contre elle, enfouissant son visage plus fort, comme s’il voulait disparaître dans son étreinte. Quand il parle, sa voix est un mélange étranglé de sanglots et de supplications, à vif.

— Plus jamais…

Il n’arrive pas à finir. Sa prise se resserre.

— Je ne le ferai plus, murmure Lucy sans hésiter, les larmes aux yeux elle aussi.

— Tu ne me perdras pas.

Il laisse échapper un soupir tremblant, mêlant soulagement et crainte persistante. Peu à peu, son corps se détend dans ses bras, la tension quittant lentement ses épaules.

— Tu ferais mieux…

Sa prise se relâche enfin, ses doigts se détachant lentement de son dos.

Il inspire encore une fois, puis relève la tête.

Quand son regard croise celui de Lucy, ses yeux sont rouges, gonflés, encore humides. Mais l’intensité féroce qui les habite contraste violemment avec les larmes.

— …Sinon, je t’attacherai.

Son regard ne tremble plus.

— Et tu ne partiras plus jamais.

Lucy hoche rapidement la tête.

— D’accord.

Ses mains viennent encadrer son visage, ses pouces essuyant délicatement les traces de larmes sur ses joues.

Puis, sans prévenir, elle se penche vers lui.

Et l’embrasse.

Un baiser simple.

Profond.

Sincère.

Un baiser pour sceller leur promesse autrement que par des mots.

La surprise ne dure qu’une seconde avant qu’il ne se laisse aller.

Son baiser le détend complètement ; ses yeux se ferment tandis que ses bras enserrent sa taille. Ses lèvres se pressent contre celles de Lucy avec une ferveur presque désespérée, comme s’il craignait que tout cela ne soit qu’un rêve.

Quand le baiser se termine enfin, il pose son front contre le sien.

Sa voix n’est plus qu’un murmure doux, encore rauque d’émotion.

— N’ose plus jamais me faire peur comme ça.

— Non…

Lucy esquisse un léger sourire tremblant.

— Je t’aime trop pour ça.

Il laisse échapper un souffle instable à ces mots.

Comme s’ils brisaient les dernières barrières qu’il s’imposait.

Son corps épuisé s’affaisse presque contre le sien. Il enfouit son visage dans le creux de son cou, ses bras se resserrent autour d’elle avec une force presque désespérée, comme s’il avait peur qu’elle lui échappe encore.

Quand il parle à nouveau, sa voix est chargée d’émotion — mais la peur s’est transformée en quelque chose de plus profond.

— Je t’aime…

Un battement.

— Je t’aime tellement…

Le cœur de Lucy fond.

C’est la première fois qu’il le dit ainsi.

Sans détour.

Sans retenue.

Elle le serre contre elle et dépose un baiser sur son front… puis sur sa tempe… puis sur sa joue.

Il laisse échapper un petit son — presque un soupir de soulagement.

Ses larmes ont cessé de couler, mais il s’accroche toujours à elle comme un enfant effrayé, le visage enfoui dans son cou, son corps collé au sien.

Après un instant, il murmure à nouveau, la voix rauque :

— Promets-moi autre chose…

Ses doigts s’enfoncent dans le tissu de son kimono, presque fébriles.

— …promets-moi que tu resteras avec moi.

Lucy continue de parsemer son visage de baisers, sans répondre tout de suite.

Puis, doucement :

— Je te le promets.

— On restera ensemble… jusqu’à ce qu’on meure tous les deux.

Il laisse échapper un autre petit son sous ses lèvres, un mélange de soupir et de frisson. Son corps se presse encore davantage contre le sien, comme s’il cherchait à la retenir au plus près.

Cette pointe de besoin, qu’il avait réussi à contenir plus tôt, revient dans sa voix.

Il tremble presque maintenant.

— Même plus…

Il déglutit difficilement.

— …même dans nos vies futures.

Lucy opine lentement.

Elle relève son visage entre ses mains…

et l’entraîne dans un nouveau baiser.

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