Yukina: Le souffle de la Glace

Chapitre 1 : Les fleurs de givre ne fanent jamais

Chapitre final

525 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 22/04/2026 12:13

Le monde est trop chaud.

C'est la première pensée qui me traverse l'esprit dès que le soleil décline. Pour les autres, une brise nocturne est rafraîchissante. Pour moi, elle est tiède, presque étouffante. Depuis ce jour dans l'avalanche, mon corps réclame une température que la terre ne peut plus m'offrir. Mes mains, dissimulées sous des bandages bleus, sont marbrées d'un blanc bleuté qui ne change jamais. Je suis devenue une étrangère pour les vivants.

Je marche dans la forêt. Le givre craque sous mes pas, un avertissement que le démon devant moi ignore, trop occupé par son festin de chair humaine.

— « C'est terminé, » dis-je d'une voix plate.

Le démon se retourne, surpris, et bondit vers moi dans un grognement de rage. Je ne bouge pas. Je ralentis mon pouls. Dans mes poumons, l'air se transforme en aiguilles de glace.

Souffle de la Glace. Deuxième Forme : Roue de Stalactites.

Je pivote sur moi-même. Mon sabre mate ne fend pas seulement l'air, il le cristallise. Dans le sillage de ma lame, l'humidité explose en milliers de pointes translucides. Le démon hurle, mais le son est étouffé par le craquement de la glace qui se forme instantanément. Des stalactites jaillissent du vide et percutent sa poitrine. Elles ne font pas que le transpercer : elles se brisent à l'intérieur de ses muscles, libérant une onde de choc glaciale qui fige son sang.

Je vois ses membres devenir rigides, cassants. Sa chair devient grise, couverte d'une pellicule de givre électrique. Il essaie de lever un bras, mais le mouvement provoque un bruit de verre brisé. Son coude vient de voler en éclats sous la pression du gel.

Je lève mon sabre pour le coup de grâce.

Première Forme : Givre Matinal.

Un flash blanc traverse l'obscurité. Ma lame traverse son cou, laissant derrière elle une traînée de flocons scintillants. La tête tombe au sol sans une goutte de sang. La plaie est d'un blanc pur, scellée par le froid absolu. Le corps du démon ne s'effrite pas simplement en cendres ; il se fragmente en une poussière cristalline qui s'évanouit dans le vent.

Je reste seule dans le silence. Autour de moi, les arbres sont recouverts d'un givre épais. C'est ma signature. Une beauté morte.

Soudain, une odeur frappe mes sens. Une odeur de charbon de bois, de soleil et de larmes. C'est trop chaud. Trop vivant.

— « Par là ! L'odeur du démon a disparu d'un coup ! »

Je grimpe sur une branche haute en un mouvement fluide. En bas, trois silhouettes déboule dans la clairière. Le garçon au haori à carreaux s'arrête net, son nez frémissant. Il a une boîte sur le dos. Un démon ? Il lève les yeux vers ma cachette. Son regard croise le mien.

Son odeur de feu de bois me fait mal. C'est l'odeur de la maison que j'ai perdue. Je sens la glace autour de mon cœur se fissurer, et cette sensation est la seule chose qui m'effraie vraiment.

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