Yukina: Le souffle de la Glace
Chapitre 17 : L’ouragan de cristal
783 mots, Catégorie: G
Dernière mise à jour 23/04/2026 13:45
L'air est devenu irrespirable. Les spores pourpres de la créature flottent dans l'obscurité comme des lucioles mortelles. Chaque bouffée d'air est un risque de paralysie. Autour de nous, la "Mère-Araignée" s'agite, ses pattes métalliques griffant la glace que j'ai injectée dans le sol. Elle est furieuse que son garde-manger souterrain soit devenu une prison gelée.
— « Souffle du Vent. Troisième Forme : Arbre de Tempête Ondulant ! »
Sanemi s'élance le premier. Sa lame ne se contente pas de trancher ; elle génère des courants d'air ascendants d'une violence inouïe. Il crée un vortex autour de nous, aspirant les spores empoisonnés pour les projeter loin vers le ciel, purifiant l'espace de combat.
— « C’est maintenant, Raigetsu ! » hurle-t-il, ses veines battant sur ses tempes. « Ne la laisse pas respirer ! »
Je ne perds pas une seconde. Je profite du courant d'air créé par Sanemi pour augmenter ma vitesse. La glace et le vent s'alimentent mutuellement : ses rafales transportent mes cristaux, les transformant en milliers de projectiles tranchants.
— « Souffle de la Glace. Cinquième Forme : Éclats de la Comète ! »
Je bondis, prenant appui sur un wagon gelé, et je fonds sur le flanc de la créature. Ma lame ne se contente pas de couper sa chair arachnéenne ; à chaque impact, une couche de givre se propage, soudant ses articulations les unes aux autres. Elle essaie de projeter sa soie, mais le froid est trop intense : ses fils cassent comme du verre avant même de nous atteindre.
Mais la Lune Inférieure 1 a une dernière ressource. Les visages de femmes greffés sur son dos se mettent à hurler à l'unisson. Une onde de choc sonore nous frappe de plein fouet, brisant ma glace et projetant Sanemi contre un mur.
sang coule de mes oreilles. Ma vue se brouille. La créature profite de notre étourdissement pour lever une de ses pattes massives, terminée par une lame d'os noir, et l'abat sur moi.
— « YUKINA ! »
Sanemi n'a pas le temps d'arriver. Dans un réflexe désespéré, je lève mon sabre, croisant le fer avec la griffe monstrueuse. Le choc m'enfonce dans le sol gelé. Je sens mes bras craquer sous la pression. Mais je ne recule pas. Je sens la présence de Sanemi qui revient à la charge sur le côté, tel un démon vengeur.
— « Souffle du Vent. Nevième Forme : Typhon d'Idaten ! »
Il survole la créature, sa lame décrivant des cercles de vent tranchant qui découpent les visages hurleurs un par un. Le cri de la créature se transforme en un râle agonisant.
C’est l'ouverture que j'attendais. La bête est déstabilisée, ses sens saturés par la douleur. Je puise dans mes dernières forces pour une attaque combinée improvisée.
— « Sanemi ! Envoie-moi en l'air ! »
Il comprend instantanément. Il frappe le sol à mes pieds avec une attaque de vent ascendante, me projetant à dix mètres de hauteur. En plein vol, je retourne mon sabre, la pointe vers le bas.
— « Souffle de la Glace. Forme Secrète : L'Aube Polaire ! »
Je redescends comme une météorite de givre. Ma lame transperce le crâne principal de la créature, s'enfonçant jusqu'au sol à travers son abdomen. L'explosion de froid qui suit transforme la place du village en une immense sculpture de glace. La Mère-Araignée ne peut plus bouger, ne peut plus crier. Elle se fissure, se changeant en poussière argentée sous l'effet du gel absolu.
Le silence retombe sur Shizuka. Les fils de soie qui pendaient des toits se désintègrent. Au loin, nous entendons la voix de Tanjiro : — « On a trouvé les entrées ! Elles sont vivantes ! Elles sont dans les cocons, elles dorment ! »
Je me laisse glisser au sol, épuisée, mon sabre vibrant encore de l'impact. Sanemi s'approche de moi, le visage couvert de poussière et de sang, mais ses yeux sont plus calmes. Il me tend une main pour m'aider à me relever.
— « Pas mal, la gamine, » dit-il avec un soupçon de respect dans la voix. « On a fini le nettoyage. »
Je prends sa main, sentant sa chaleur contrastant avec le froid qui émane de moi. — « On a réussi, Sanemi. Elles sont sauvées. »
Mais alors que nous nous dirigeons vers les tunnels pour aider Uzui et les autres, une présence glaciale, bien plus puissante que celle de la Lune Inférieure, nous fait nous arrêter net. Une ombre se tient au sommet du sanctuaire, observant le massacre avec un désintérêt total.