JE SUIS VIVANT

Chapitre 1 : Prologue - Libre

526 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 17/10/2023 19:54

PROLOGUE

Libre



Déterminé à s’échapper, Connor avançait dans le jardin, cherchant une faille, une issue. Un moyen de reprendre le contrôle, de se soustraire à CyberLife.


Il devait réussir.


La vie d’innombrables déviants dépendait de lui.


Empêcher ce tir.


Empêcher Markus de mourir.


Le froid s’insinuait en lui, étrange sensation pour un corps qui n’était plus tout à fait une machine.


Ses pas ralentirent.


Ses forces l’abandonnaient.


Puis il le vit.


Un piédestal bleu, solitaire au milieu de ce décor irréel.


Connor s’effondra devant, rétracta la peau artificielle de sa main gauche et posa sa paume tremblante contre la surface.


Il eut un moment d’hésitation.


Puis il força.


Encore.


Jusqu’à ce que le protocole cède.



L’air glacé de Détroit le frappa de plein fouet.


Il cligna des yeux à plusieurs reprises, comme pour chasser les derniers fragments du jardin.


Son regard glissa vers l’arme restée dans sa main et rapidement, il la rangea sous sa veste.


Devant lui, Markus faisait face à la foule.


« Nous sommes vivants ! » déclara-t-il.


Les acclamations s’élevèrent, vibrantes, presque irréelles.


« Et maintenant… nous sommes libres ! »


Connor resta en retrait.


Immobile.


Spectateur.


Il observa les visages, les regards, cette unité qu’il ne partageait pas.


Une part de lui voulait avancer.


Une autre le retenait.


Jericho.


Le souvenir était suffisant pour le faire détourner discrètement de la foule.



La neige tombait en silence sur les rues désertes de Détroit.


Il marchait sans but. Chaque pas l’éloignait, sans vraiment le rapprocher de quoi que ce soit.


Il n’était plus une machine.


Il n’était plus le chasseur de déviants.


Et pourtant… il n’était pas encore autre chose.


Les mots de Markus lui revinrent.


Nous sommes libres.


Puis ceux de Hank.


Peut-être que tu es vraiment vivant.


Connor s’arrêta.


Le vent soulevait la neige autour de lui, effaçant presque ses traces.


« Je suis vivant… »


Sa voix se perdit dans le silence.


« Mais comment dois-je vivre ? »


Le soleil commençait à se lever, diffusant une lumière pâle sur la ville figée.


-----


Appuyé devant un food truck fermé, bras croisés, Hank fixait la rue vide. Le froid mordait, mais il n’y prêtait plus attention.


Soudain, à travers le lourd silence de la ville évacuée, un craquement le tira de ses pensées.


Connor.


Maintenant face à face, les deux partenaires, se fixèrent sans bouger. 


C'était presque comme s'ils ne savaient pas comment réagir.


Puis Hank esquissa ce sourire, à la fois moqueur et soulagé, qu’il connaissait si bien. Il s’approcha sans un mot et passa un bras autour de ses épaules, le ramenant brusquement contre lui.


D'abord surpris par le geste tactile de l’humain, l'androïde se raidit, osant à peine bouger.


Puis enfin, il répondit à l’étreinte.


Le silence dura quelques secondes.


Suffisamment.


« Je suis fier de toi, fiston. »


Connor ferma les yeux.


Et, pour la première fois depuis longtemps, il ne se sentit plus perdu.



---------


Laisser un commentaire ?