Twisted Tales: ROBIN DES BOIS

Chapitre 1 : Tant qu'il y aura de braves gars dans la bande à Robin

2244 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 01/02/2021 19:25

Le vent poussait mollement de lourds nuages blancs dans le ciel gris… L’espoir semblait quitter les cieux et les terres de Nottingham. Au sortir d’un bois, sur les abords d’une clairière, l’odeur de la terre humide montée aux narines de Petit Jean. Le gros ours brun, d’ordinaire exagérément jovial, avait le cœur et l’âme en peine. D’un revers de manche, il s’essuya le museau, couvert de la rosée du matin, tout comme sa tunique, ainsi que tous les poils de son corps. Jusqu’à présent, la colère avait empêché les larmes de couler. Derrière lui, Adam le ménestrel, assis sur un large rocher, accordait son instrument. Puis après avoir pincer quelques cordes aux hasards, le coq malheureux repris la chanson qu’il chantait déjà la veille : 

« - Des bas, des hauts Il y en a partout… Mais des drames Il y en a surtout Ici à Nottingham… »

Il ne put continuer : les deux compères éclatèrent en sanglot.

« -Mes amis… Mes amis… Allons… Allons… »

La douce voix de frère Tuck s’était rapprochée. Le vieux mustélidé avait gardé sa capuche, un peu pour le temps, un peu pour cacher sa triste mine.

« -Tous les compagnons se sont réunis. Ils t’attendent , Jean. 

-… Et bien?… Qu’attendent ils de moi? »

Petit Jean était renfrogné, mais il s’était quelque peu calmé. L’ecclésiastique reprit:

« -… Un peu d’espoir j’imagine… 

-… Mouais». 

Jean pris une longue inspiration et dit à son ami:

« -Fais les venir… »

Le vieux blaireau disparut dans la verdure, et réapparut quelques minutes plus tard, avec à sa suite, marchant timidement, la bande à Robin, les évadés et les rescapés de la veille. Ils étaient maigres, affaiblis et inquiets. Les mois depuis le départ du bon roi Richard, et l’usurpation du trône par son frère, le Prince Jean, semblait aujourd‘hui une terrible éternité. L’affreux avait taxé et rançonné les habitants de la région, asseyant son joug avec l’aide de la puissance du Shérif, et la perfidie de son serpent de conseiller Triste Sire. Robin des Bois s’était dressé face à cette injustice et à ses méthodes, volant les riches pour nourrir les pauvres et les démunis. Jusqu’à hier soir.

Face à Petit Jean, une petite foule avait fini par se former: Croque Note, Dame Gertrude, le petit Bobby, ses sœurs et leur mère, Corniaud, ratons laveurs, chiens, tortues, cochons et tant d‘autres. Le bon peuple de Nottingham, blessé, affaibli, meurtri mais debout. Le noble ours avala sa salive avec difficulté, renifla et s‘éclaircit la voix. Puis après un regard douloureux à ce bon vieux Frère Tuck, il commença d‘une voix forte:

« -Mes amis… Tous ceux qui croupissaient injustement dans les geôles de ce scélérat de Shérif ont été libérés. La majeure parti du rançonnage de Jean L’Affreux a été récupéré. Nous leur avons infligé leur plus grande défaites depuis que notre résistance s’est mis en place… » 

Puis sa voix s’étrangla: « Mais a quel prix, mes amis?… A quel prix? » 

Il marqua une autre pause, s’éclairci a nouveau la voix, mais elle resta tremblante:

« -Il nous a mené a cette victoire! Il s’ai assuré que personne ne reste derrière! Mais dans une ultime bravade, Robin a trouvé la mort… Il a plongé dans les douves depuis les flammes de la tour, et ce, sous une pluie de flèche. Il n’est jamais remonté… »

Une chape de silence recouvrit l’assemblée. L’ursidé fatigué ne savait pas quoi dire de plus. Les deux lapereau, Bobby et Tagalong, se blottirent en larme dans les jupes de leur grande sœur, suivit dans leurs sanglots par beaucoup d’autre. Hagard, le regard de Petit Jean trouva celui de frère Tuck. « Un peu d’espoir » se dit-il en lui-même, « un peu d’espoir ». Il inspira et repris:

« -Nous avons peut être perdu le meilleur d’entre nous. Mais nous avons le devoir de rappeler a ce Roi de Mauvais Aloi que ceci est une victoire! Notre victoire! Vous êtes libre, et il a perdu une bonne partie de l’argent qu’il vous a honteusement rançonné. Robin est mort. Mais ceci est sa victoire! Le peuple a vu que ce cafard de Prince Jean n’est pas indétrônable, qu’il ne pas infaillible, qu’il peut et sera vaincu! Ceci est votre victoire! » L’ours s’était laissé emporté. La tristesse était devenu colère, elle-même s’était mué en fougue. Parcourant les regards, il comprit que son discours n’avait pas convaincu tout le monde. Il conclu calmement « Tant qu‘il y aura de braves gars dans la bande à Robin, le combat n‘est pas finit.»

Petit Jean allez reprendre le chemin du campement, c’est là qu’il la vit. A l’ombre d’un chêne fatigué, Belle Marianne était immobile, fantomatique dans sa belle robe blanche. Sous sa coiffe, elle le fixait d’un morne regard bleu ciel. A son approche, elle eu un triste sourire:

« -C’était très gentil, Jean. Mais cela lui aurait très certainement déplu… »

Petit Jean sembla perdu. Elle s’expliqua:

« -Il ne se considérait pas comme le meilleur d’entre nous. C’était sa force vous savez. 

-C’est vrai. Acquiesça l’ours décontenancé, d’une voix sourde. C’est vrai. Vous installerez vous au camp, milady? »

La frêle renarde avait le regard dans le lointain, quelque chose d‘éthéré se dégageait d‘elle, elle ne put répondre qu‘un faible «oui». Les tristes compères observèrent un moment Frere Tuck, Croque-Note et leur ami ménestrel expliquer a la foule que tous étaient les bienvenu, et qu’ils ne manqueraient de rien. Beaucoup suivirent les deux compères dans les bois, dont la famille lapin. Quelques uns reprirent le chemin du village. Parmi eux, Corniaud, le vieux chien, qui avançait péniblement, sa béquille de fortune s’enfonçant dans la boue:

« -Ce sont des fous… Des fous…

-Ha… Je ne sais pas Corniaud. Mon ami… »

A ses cotés Podric, l’aimable cochon, qui arrangait son couvre-chef détrempé.

« -…La cause est noble, le combat est juste. Ne crois-tu pas?

-Tout ce que je crois, c’est que je n’ai plus que ma forge. Le Shérif m’a tout pris. Je n’ai pas une grande santé, et j’ai même finit derrière les barreaux. Et si je dois y retourner, soit. Et ces bourreaux seraient bien enclin a bruler ma boutique. »

Il n’était qu’une poigné sur le chemin jusqu’à Nottingham, aucun n’eu le courage de donner tort au forgeron. Il ajouta:

« -A quoi bon, mon ami? A quoi bon…?».


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L’ambiance au château était toute autre. Sur son énorme trône, le lion était hilare. La pluie qui tombait maintenant en trombe au dehors n’entamée pas sa bonne humeur, pas plus que le vin qui tombait de sa coupe malmené par ses rires sur les tapis d’orient dont son frère avait décoré la salle du trône. Le Prince Jean était malingre, son regard mauvais avait aujourd’hui des allures carnassier, et son sourire faisait froid dans le dos. Il fit de nouveau coulé le nectar dans sa coupe. Dans l’immense salle du trône, il n’était que deux, hormis les deux gardes rhinocéros. Et le compagnon du prince n’était pas enclin a l’amusement:

« -Est-ce bien opportun, votre seigneurie?»

Le serpent portait bien son nom. Couché en boule dans son panier en osier, Triste Sire était circonspect.

« -Dois-je vous rappelez que tout les prisonniers ont fuit, votre seigneurie?

-Je n’ai que faire de ces pleutres! Répliqua le vil félin. Qu’ils fuient! 

-…Et que les rebelles ont emportaient la majeure partie des impôts..?

-Nous ne les en taxerons que plus!

-Du temps de Richard votre frère, nous nous montrions plus mesuré en cas d‘échec… Comme le disait votre mère… »

Le serpent n‘eu pas le temps de terminer son exposé. Le Prince le saisi violement sous le menton et le sortie de son cocon. Sa coupe roula et finit de déverser son contenu sur le revêtement de sol. 

«-Persiffleur, il suffit. A compter de ce jour, piètre conseillé, un mot de plus sur Mère, ou sur Richard et je te noue avec les drapeaux sur la plus haute tour du château. » Le regard du lion était d’une froideur mordante: « Cet empêcheur de tourmenter en rond de Robin des Bois a finit par rendre l’âme. Et rien, m’entend tu? Rien! Ne m’empêchera de savourer cette victoire! Pour les habitants, laissons les accuser le coup! Car les taxes vont reprendre de plus belle! » Il fut pris d’un long fou rire, et, de son haleine empestant l’alcool, il repris, enfonçant son regard dans celui de son conseillé: « -Et en parlant de Richard, encore faudrait-il qu’il revienne vivant… Les croisades sont dangereuse, le voyage l’est tout autant… Sans parler des chemins de nos forets, qui sont de véritable coupe-gorge… »

Il jeta Triste-Sir dans un coin de la pièce, ramassa son calice, saisi la bouteille, et conclu avant de se resservir, droit et triomphal:

« -Ne vois tu pas mon ami? Maintenant que Robin des Bois n’est plus, le projet les plus fous s’offrent a nous! »

La grande porte en bois massif de la salle du trône s’ouvrit en grand, et d’un pas jovial, le Shérif fit son entré. Le loup gassouillé tapota l’un des impassibles gardes sur la joue en passant, et de sa voix nasillarde:

« -Allons mon gaillard, déride toi un peu! Robin des Bois est mort! Tu nous fera bien un petit sourire. »

Après un regard au maitre des lieux, le rhinocéros retroussa les babines et adressa un sourire forcé au Shérif.

« -Mouais, bon, te donnes pas tant de mal, va! »

Le Prince Jean coupa court aux simagrées de son ministre:

« -Shérif je vous serez gré de laisser mes gardes en paix! 

-Oui, oui, Seigneur. Comme il vous plaira. »

Triste Sir regagna son nid douloureusement, et tenta de se faire le plus noble possible. Le loup gris s’approcha du trône, esquissa une courbette maladroite:

« -Vous vouliez me voir mon Prince? »

Le lion décharné, réajusta sa couronne trop grande, et pris place sur le trône:

« -Oui. Je vous ai envoyé quérir de si bon matin car voyez vous, je me sent d’humeur machiavélique aujourd’hui. Allez savoir pourquoi! Ajouta-t-il sur le ton de l’humour.

-Si je peux vous être utile.

-Moui… Vous êtes l’un des moins inaptes du royaume a me servir, je dois vous le concéder. Mais ce sont vos contacts qui m’intéresse… J’ai ouïe dire que parmi vos connaissances figurerai des individus enclin au…. Régicide… »


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La nuit couvrait désormais la foret, et Petit Jean vérifiait que tout le monde était bien installé. Quelques lampions et feux de camps éclairaient les villageois qui avait transformé la clairière en véritable petite cité faite de tissu, de planche, de bric et de broc. Une famille hibou continuait a installer une cabane dans un arbre, le père de Tobby la tortue avait entrepris l’édification d’un four de pierre qui ne servirait que le lendemain et le clan des lapins s’endormais déjà, entassé sous une tente… Au centre de cette calme agitation, Frere Tuck, secondé par le pasteur, la souris Croque Note, distribuait la soupe depuis un large chaudron… L’ours avait maintenant rejoins sa tente. Il ramassa un arc qui trainé au sol, et le fourra dans un vieux coffre en bois.

« -Cela pourrait être fort utile mon ami. Si tu prévois continuer le combat… »

Adam de la Halle se tenais à l’entré de la tente. Jean soupira.

-C’était Robin l’as du tir a l’arc… Il va me falloir quelque chose de plus radical.

-Le combat continu, donc?

-Voudrez tu que son sacrifice soit vain? Que cette charogne soit victorieuse? »

Le coq fit un pas dans la tente, et posa une main compatissante sur l’épaule de son ami

« -Tu sais bien qu’il en est hors de question. Quoi que tu prévois, je fais parti de la Bande A Robin.

-Heureux de te l’entendre dire! J’aurai une mission a te confier! »

La curiosité du volatile fut piquer au vif, et alors que son massif compagnon fouillait dans sous son lit:

« -Ordonne et tu sera exaucé mon ami. Mais, et toi? Que compte tu faire?

-Nous avons affaire a une hydre de la pire espèce. J’ai des têtes a couper… »

Petit Jean venait brandit alors une longue épée au pommeau en forme de cœur….

« -J’ai des têtes a couper… » -




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