Entres les mondes, entres nous
Rose entra dans la pièce, le souffle court. Elle n’avait pas encore digéré ce qu’elle venait de voir : Thalia, trop proche de Jonathan, son regard captant toute son attention. Elle se sentait mise à l’écart, comme si son lien avec Jonathan s’était fissuré. Son souffle déjà faible, se coupa.
L’homme qui se tenait devant elle avait le visage du Docteur, son premier. Le neuvième. Même regard intense, même sourire en coin. Mais elle savait que ce n’était pas lui. William Green s’avança, main dans les poches, son sourire calculé
– Rose, Je ne savais pas que tu étais revenu. Tu sembles… seule, murmura-t-il, comme souvent. Les autres t’oublient mais moi, je ne t’ai jamais laissé disparaître
Rose se raidit et recula d’un pas. Il ne savait rien de Thalia, ni de Jonathan. Mais il voyait son trouble, et il en jouait.
– Tu n’as jamais été là pour moi. Tu m’as utilisée.
William s’approcha, son visage si semblable à celui du neuvième Docteur, accentuant son trouble.
– Utilisée ? Non. Je t’ai vue. Je t’ai comprise. Tu te rappelles, n’est-ce pas ? Ces nuits où tu m’as confié tes peurs, où tu as cherché refuge auprès de moi. Tu ne peux pas effacer ça.
Rose détourna les yeux, honteuse. Les souvenirs revenaient malgré elle : les gestes tendres, les confidences, l’intimité qu’elle avait cru sincère. Mais elle savait désormais que tout avait été calculé.
– Ce n’était pas de l’amour. C’était une prison.
William inclina la tête, son sourire glacé.
– Peut-être. Mais c’était une prison dont tu avais besoin. Et regarde-toi aujourd’hui : tu es encore perdue et seule. Ton .... cavalier ne te protège pas. Une femme plus belle te remplace déjà. Mais moi… moi, je reste.
Rose sentit son cœur se serrer. William avait trouvé la faille : sa peur d’être remplacée, son doute vis-à -vis de Jonathan. Et il l’exploitait, comme toujours.
William approchait encore, son sourire calculé, ses mots tranchants. Rose le regardait, mais à l’intérieur, c’était le chaos.
“Pourquoi est-ce que je tremble encore ? pensa-t-elle. Je sais qui il est. Je sais ce qu’il m’a fait. Alors pourquoi son visage me trouble autant “
Chaque intonation réveillait des souvenirs. Les nuits où elle avait cru trouver du réconfort auprès de lui. Les confidences qu’il avait transformées en chaînes. Les gestes tendres qui n’étaient que des armes déguisées.
Elle sentit son cœur se serrer. Et Jonathan… Thalia… L’image de Thalia trop proche de Jonathan revenait, comme une gifle. “Je suis déjà seule. Et William le sait.”
William parlait encore, sa voix douce mais venimeuse :
– Tu n’as jamais eu ta place, Rose. Avec moi, tu étais au centre. Tu étais importante.
Rose ferma les yeux un instant. “Non. Ce n’était pas de l'important. C’était de la possession. Tu ne m’as jamais aimée. Tu m’as enfermée.”
Elle inspira profondément, cherchant à se raccrocher à quelque chose, désespérément. Une voix dans les hauts parleurs, celle de Louis Bourbon, se fit entendre à ce moment- là. Il appelait William à venir sur scène.
William passa tout près d’elle, un grand sourire au lèvres. Rose en profita pour quitter la soirée. Elle avait besoin de se sentir à l’abri, en sécurité, chez elle. Car ils savaient tous les deux que, ce soir, William avait gagné.