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Chapitre 8 : Jonathan et William

879 mots, Catégorie: K+

Dernière mise à jour 27/07/2026 21:56

La salle s’assombrit, l’orchestre se tut, Louis Bourbon monta sur scène, la présentation du nouveau bienfaiteur allait commencer. Il appela alors William Green.

Jonathan sentit son souffle se suspendre. Un homme s’avança à côté du directeur. Sa silhouette, son port de tête, son regard...tout lui rappelait le neuvième Docteur. Jonathan fronça les sourcils, intrigué. “Qui est-il ? Pourquoi cette ressemblance ? ”

Avec un sourire calculé accroché à ses lèvres, William salua le public. Il parla avec une assurance presque théâtrale. Jonathan observa, fasciné malgré lui

“Incroyable... pensa-t-il. On dirait...Lui. Je me demande si elle sait …”

Il balaya la salle du regard, cherchant Rose. Il réalisa qu’elle était partie. Une absence qui, soudain, lui sembla lourde de sens. “Pourquoi est-elle partie ?” 

Et alors une autre image s’imposa à lui : Thalia. Son sourire envoûtant, sa main sur son bras, ses mots chuchotés pendant la danse. Jonathan sentit une pointe de culpabilité lui traverser la poitrine. “J’ai laissé Thalia s’approcher...trop près. Rose l’as vue. Elle a dû en souffrir. Est-ce pour ça qu’elle est partie ?” William continuait à captiver le public, mais Jonathan ne pouvait chasser ce mélange étrange : la fascination pour ce sosie, et la culpabilité brûlante d’avoir laissé Rose s’éclipser, blessé par Thalia. Il décida alors de quitter la réception à son tour pour pouvoir réparer les choses avec Rose. Après tout, il aurait bien le temps de mieux cerner ce William lors du repas de demain.


En arrivant au restaurant, Jonathan était toujours sans nouvelles de Rose. Il avait tenté de l’appeler à la sortie de la salle, espérant qu’elle ne dormait pas encore. Mais elle n’avait pas décroché. Il lui avait ensuite envoyé plusieurs messages. Elle avait répondu mais vaguement.

Le restaurant bourdonnait de conversation, les verres tintaient, les serveurs circulaient entre les tables. Il s’installa face à William, avec Louis et d'autres bienfaiteurs de l’université. L’ambiance était cordiale, presque banale.

William, impeccable dans son costume gris, affichait un sourire maîtrisé. Sa voix portait juste assez pour être entendue par tous, mais ses mots semblaient toujours avoir une double intention.

– Alors Jonathan, dit-il en levant son verre, j’ai entendu parler de vos projets. Vous avez une énergie... remarquable.

Jonathan esquissa un sourire, flatté malgré lui. “Il a ce charisme... cette présence. On dirait le Docteur. C’est troublant”

– Merci, répondit-il. J’essaie de faire de mon mieux.

William inclina la tête, ses yeux brillants d’une lueur calculée.

– Le mieux...oui. Mais parfois cela ne suffit pas. Il faut savoir garder ceux qui comptent près de soi. Sinon, ils s’échappent.

Jonathan fronça légèrement les sourcils. La phrase lui sembla étrange mais il la prit pour une banalité. Autour d’eux, les autres convives riaient, discutaient sans percevoir la tension subtile.

William poursuivit, son ton toujours affable :

– Vous avez une partenaire, n’est-ce pas ? Une femme .... Brillante. Que je m’attendais à voir avec nous. Après tout mademoiselle Poisson ne fait-elle pas partie de l’université ?

Une pointe de culpabilité le rongea. L’image de Thalia lui revenait : son sourire séducteur, sa main sur son bras, ses mots chuchotés. Pas étonnant à ce que William pensait cela.

Ce dernier repris avec toujours le même ton : – Bien que je trouve, personnellement, que Rose est de bien meilleure compagnie.

Jonathan se figea, surpris. Les autres convives échangèrent des regards curieux, croyant à une simple coïncidence. Mais pour Jonathan, ces mots résonnèrent comme une déflagration.

– Rose ? Répéta-t-il incrédule. Vous... vous la connaissez ?

Le sourire glacé de William s’élargissait. 

– Oui. Nous avons partagé beaucoup de choses. Elle m’a confié ses peurs et ses désirs. Elle m’a cherché quand personne d’autre ne la voyait. 

Jonathan sentit son cœur se serrer. William prononçait son nom avec une familiarité troublante.

Ce dernier leva son verre, concluant avec une ironie glacée : 

– Tu vois Jonathan... nous avons plus en commun que tu ne l’imagines.

Le repas se termina dans une ambiance cordiale. Les convives avaient quitté la table en riant, mais Jonathan restait figé, le regard perdu. Les mots de William résonnaient encore en lui “Bien que je trouve, personnellement, que Rose est de bien meilleure compagnie.” Son cœur ne s'était pas desserré depuis l’annonce. “Comment est-ce possible ? Rose ne m’a jamais parlé de lui ? Pourquoi aurait-elle caché ça ?” Jonathan se demanda si Rose lui avait dissimulé une part de son passé, ou pire si elle avait menti. Mais une autre pensée le troubla davantage : William. Sa ressemblance avec son ancienne régénération, son charisme glacé, sa manière de parler d’elle comme si elle lui appartenait. Un frisson lui parcourt l’échine “Qui est-il vraiment ?”.

Il se leva, quittant le restaurant, le pas lourd. Dans son esprit, deux images se superposaient : Thalia, séduisante et intrusive, et William, menaçant et mystérieux. Et au centre de tout cela, Rose, absente, silencieuse, insaisissable. Jonathan comprit qu’il devait lui parler et vite.





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