Tevinter Slave

Chapitre 23 : Isolement

3674 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 22/03/2026 13:45

Les chaînes claquèrent quand les deux gardes saisirent Leda par les bras. Aucun d’eux ne ralentit ni n’adapta sa prise malgré sa main gauche pendante, les doigts tordus, ou les spasmes qui secouaient sa poitrine à chaque respiration douloureuse. Ses jambes, malgré ses efforts, traînait sur le sol, laissant derrière elle un sillage irrégulier de poussière et de sang.


-         Allez, princesse, cracha l’un des gardes. On va te montrer tes quartiers.


Les gardes tirèrent l’elfe hors de la salle de torture. Ils traversèrent un couloir étroit, où l’air sentait l’humidité stagnante et la pierre froide. Les pas résonnaient lourdement, leurs bottes martelant les dalles. Les murs étaient nus, mais marqués ici et là de traces sombres qui parlaient de siècles d’usage… et de souffrance.


Leda gardait la tête droite, non par force, mais par instinct. Chaque mouvement envoyait une douleur aiguë dans ses côtes fracturées. Elle inspira profondément, erreur. L’air froid sembla mordre ses poumons, arrachant un léger gémissement qu’elle ne put retenir. Les gardes échangèrent un sourire discret, sans ralentir.


Devant eux, une porte massive d’acier, scellée de runes complexes gravées dans le métal. Un des gardes tendit la main, prononça un mot sec : les symboles s’illuminèrent brièvement avant de s’éteindre dans un souffle lourd, comme si la pièce elle-même avalait le son. Ils poussèrent la porte.


-         Voici ta chambre pour les prochaines semaines, se moqua l’un des gardes.


À l’intérieur… rien. Pas un mobilier, pas une torche. Les murs étaient nus, lisses, d’un gris terne à la limite de l’invisible. Mais surtout, il n’y avait rien à entendre. Même la respiration de Leda disparaissait, étouffée, avalée par l’enchantement qui vidait l’air de tout écho. La lumière de l’extérieur ne franchissait pas le seuil. Dès que les gardes l’y poussèrent, l’obscurité l’enveloppa comme une eau épaisse. Elle sentit ses yeux s’écarquiller par réflexe… mais il n’y avait rien à voir. Pas même ses propres mains.


-         S’il vous faut quoi que ce soit, madame, plaisanta l’un des hommes.


Puis, ils la laissèrent là, assise contre le mur glacé. Le claquement métallique de la porte se refermant fut la dernière chose qu’elle entendit. Puis le silence tomba. Le sort était scellé.


Chaque battement de son cœur résonnait dans son crâne comme un coup sourd. Chaque douleur de ses côtes et de sa main se faisait plus vive, comme amplifiée par l’absence de toute autre sensation. Le sang chaud coulait encore le long de sa joue, mais même cela, elle ne l’entendait pas. Et dans cette obscurité éternelle, Leda comprit que le Magisterium ne comptait pas seulement briser son corps… Ils voulaient l’effacer. Elle était une erreur à corriger.


Elle était assise, le dos contre le mur glacé, les jambes repliées autant que ses côtes fracturées le permettaient. Sa respiration était hachée, chaque inspiration traversée d’un éclat brûlant qui irradiait jusqu’à son épaule. Sa main gauche, pendante, palpitait au rythme lent mais implacable de sa douleur. Les entailles sur son visage tiraillaient à chaque mouvement infime de sa mâchoire.


Dans le silence total, ces sensations n’avaient plus de concurrence. Elles étaient tout. Le moindre battement de son cœur résonnait comme un coup de tambour intérieur. Chaque vague de douleur dans ses côtes se gonflait jusqu’à remplir tout l’espace. Tout ce qu’elle ressentait maintenant, c’était sa douleur.


-         Merde, jura-t-elle entre deux spasmes.


Elle savait ce qui l’attendait. Le Magisterium avait perfectionné l’isolement sensoriel depuis des générations. Enfant, son père lui avait fait lire des traités sur les “méthodes d’interrogatoire”, rédigés par des esprits froids et méthodiques. Elle savait que la privation de sons et de lumière n’était pas un simple oubli de confort : c’était une arme.


-         Sept jours, souffla-t-elle.


Elle savait que ce n’était que le début. Que Bataris reviendrait, pas tout de suite, mais assez tard pour que l’attente soit pire que la suite. C’était la procédure. Laisser le prisonnier en isolement jusqu’à la limite acceptable de son corps.


Un humain peut vivre entre 3 à 5 jours sans eau. La procédure pour un humain était donc un verre d’eau la troisième journée et une visite la sixième. Les elfes en revanche pouvaient survivre sans eau entre 7 et 10 jours. Leur biologie, leur métabolisme, leur résistance au jeûne avaient été étudiés, documentés… non pas pour les soigner, mais pour optimiser leur torture.


C’était probablement la seule connaissance médicale approfondie que Tevinter possédait sur les elfes : combien de temps on pouvait les briser, et comment.


Mais l’attente n’était pas le seul combat à considérer. L’isolement sensoriel allait accélérer sa dégradation mentale. D’abord des taches lumineuses, des formes vagues, puis des voix inventées. Les souvenirs se mêleraient à des images fantômes.


Elle connaissait aussi les seuils: 24 heures : l’esprit commence à douter de ses propres pensées. 48 heures : le rêve et l’éveil se confondent. 72 heures : la lucidité devient un combat perdu d’avance.


Mais pour l’instant c’était sa main gauche qui la préoccupait le plus. Elle connaissait la gravité des fractures. Les doigts brisés, non remis en place, fusionneraient mal, laisseraient des déformations permanentes et elle ne pourrait plus bander un arc avec précision.


-         Il faut que je redresse mes doigts, murmura-t-elle.


Tirer à l’arc exigeait une symétrie parfaite : la main qui bande la corde devait être solide, capable de supporter une tension constante, répétée. Les doigts devaient plier et se verrouiller avec précision. Sans ça… toute sa précision, toute sa vitesse, toute son efficacité au combat disparaîtraient.


Hors de question. Elle savait que le temps jouait contre elle. Chaque heure qui passait avec les doigts dans cette position tordue réduisait les chances de les réaligner sans dégâts permanents. Dans l’idéal, il aurait fallu les remettre en place immédiatement après la fracture… mais l’idéal n’existait pas ici.


Et elle n’avait que ce qu’elle portait. Ses vêtements. Sa ceinture. Ses bottes. Pas d’outil, pas de tissu propre, pas de lumière pour voir. Mais ses connaissances… ça, personne ne pouvait lui enlever.


Elle visualisa mentalement l’anatomie de la main : phalanges, articulations, tendons. Elle calcula la force nécessaire pour redresser chaque doigt sans aggraver la blessure. Il faudrait travailler un par un, lentement, malgré la douleur. Utiliser ses autres doigts et sa main droite comme leviers. Puis immobiliser le tout.


-         Ça va faire mal.


Elle inspira lentement. Et commença à planifier, dans les moindres détails, comment s’opérer elle-même dans ce noir total.


Avant de commencer, elle devait accepter deux choses: Premièrement, elle allait devoir supporter une douleur qui frôlerait l’insupportable. Deuxièmement, elle n’aurait aucun moyen de vérifier visuellement son travail. Tout reposerait sur son toucher… et sur sa mémoire parfaite de l’anatomie humaine et elfique.


-         Allez.


Première étape: extraire le matériau rigide pour l’attelles. Ses bottes étaient montantes, renforcées sur les côtés. Dans la couture intérieure du revers, elle savait qu’il y avait une fine lamelle de bois souple ou de métal plat pour maintenir la forme.


Elle plia la jambe, mordit le cuir de la couture et tira avec les dents. Le cuir résista, grinça. Elle força, jusqu’à sentir un petit craquement : la couture cédait. Ses doigts de la main droite trouvèrent la lamelle et la tirèrent lentement. Longue comme son index, fine mais rigide, parfaite. Mais il en faudrait au moins deux. Elle répéta l’opération sur l’autre botte, cette fois plus vite, jusqu’à obtenir deux pièces droites qu’elle cala entre ses genoux.


Ensuite, elle devait redresser ses quatre doigts fracturés. Elle savait qu’elle devait aller vite, mais pas précipiter. Elle attrapa sa main gauche avec la droite, respirant profondément. Premier doigt : l’index. Elle le sentit gonflé, tordu, avec un angle anormal au milieu de la phalange.


-         Trois… deux… un…


Elle tira brusquement, puis réaligna dans un mouvement sec. Un craquement humide suivi d’un éclair de douleur qui lui fit se mordre la lèvre jusqu’au sang. Ses côtes protestèrent à la respiration forcée, ajoutant une brûlure à la brûlure.


-         Ugh!


Elle prit quelques secondes pour respirer avant de passer au majeur. Plus gonflé, plus raide. Elle appuya au point de fracture, sentit le déplacement… et remit en place. Un gémissement lui échappa malgré elle, long et tremblant, qui sembla résonner dans tout son crâne.


-         Argh!


Annulaire, puis auriculaire. Chaque fois, la douleur montait plus vite, plus forte, irradiant dans le poignet. Sa vision, dans cette obscurité, se couvrait d’éclats blancs imaginaires à chaque fracture remise.


-         Argh! Venhedis!


La ceinture de sa tunique servirait de lien. Elle la retira, la plia en longue bande et la plaça à portée de main. Elle plaça la première lamelle contre la paume, les doigts dessus, puis la seconde au-dessus, de façon à enfermer les doigts entre deux plaques. Avec sa main droite, elle enroula la ceinture aussi serrée que possible autour, en partant de la base des doigts jusqu’au milieu de la paume. Chaque serrage envoyait un nouveau pic de douleur, mais elle ne relâcha pas.


Quand elle eut terminé, elle resta immobile, respirant fort, saccadé à cause de ses cotes, la tête légèrement inclinée contre le mur froid. Elle savait que ce n’était pas parfait, il faudrait des soins réels, mais c’était assez pour éviter une déformation irréversible.


Elle plia très légèrement le poignet, testant la stabilité : aucune flexion possible des doigts. Bien. Elle ramena ses jambes contre elle, reprenant sa position initiale. Celle qui était le plus confortable pour ses côtes brisées. Et maintenant… il ne restait plus qu’à attendre. Attendre que la folie s’empare de son esprit.


-         Je suis désolée, Neve, souffla-t-elle doucement, le cœur lourd.


Leda n’avait pas fait de promesse à Neve. Elle ne faisait jamais de promesse. À personne. Parce qu’elle ne lisait pas l’avenir et elle ne pouvait pas mentir. Mais elle c’était laissé arrêter par le Magisterium. Et elle savait que cela blesserait Neve.


Le premier jour fut une torture de chair. Chaque respiration était un supplice, ses côtes brisées tirant comme des fils de fer chauffés à blanc. Sa main gauche, sanglée par son bricolage d’attelles, pulsait sans relâche, chaque battement de son cœur envoyant une vague sourde jusque dans son avant-bras. Le reste de son corps n’était qu’une succession de points douloureux : des éraflures, des entailles, des ecchymoses. Mais dans ce noir absolu, sans son ni image, il n’y avait rien pour distraire son esprit. Alors tout devenait immense. Sa douleur était un paysage. Ses blessures, des montagnes qui occupaient chaque horizon.


Le deuxième jour, son corps avait déjà changé. Ses lèvres se fendaient. Ses yeux, inutiles dans ce noir complet, pleuraient parfois sans qu’elle s’en rende compte. Elle pouvait sentir le sel sécher sur ses joues, coller à ses entailles. Ses côtes brisées s’étaient mises à enflammer ses muscles alentours, transformant chaque respiration en un combat pour trouver un angle qui ne lacérait pas. Mais il n’y en avait pas. La douleur était totale, enveloppante.


Le troisième jour, la faim commença à s’ajouter à la soif. Moins violente, mais plus insidieuse. Son estomac, creux, se contractait douloureusement, comme s’il se pliait sur lui-même. Elle savait que la faim pouvait attendre, que le corps s’adapte, qu’il puiserait dans ses réserves maigres. Mais la soif, elle, ne pardonnait pas. Sa bouche n’était plus qu’un désert, ses lèvres collées, ses dents douloureuses. Chaque fois qu’elle avalait, sa gorge se plissait comme du papier sec.


Et pourtant… elle restait là. Entièrement consciente. Pas de visions. Pas de voix. Pas de murmures imaginaires. Rien de ce que décrivaient les traités, rien de ce que son père lui avait appris. Le noir restait noir. Le silence restait silence. Son esprit, lui, refusait de céder à la folie. C’était peut-être une bénédiction, mais aussi une malédiction. Là où un autre esprit aurait trouvé refuge dans l’hallucination, elle restait condamnée à ressentir chaque seconde, à vivre chaque douleur sans échappatoire. Et elle comptait. Encore et encore. Pour ne pas perdre le fil. Pour savoir exactement combien de temps elle survivait. Parce que c’était ça aussi, son enfer : être parfaitement lucide dans une agonie interminable.


-         Ce n’est pas normal, pensa-t-elle.


Le quatrième jour la douleur avait changé de nature. Elle n’était plus vive, tranchante, comme un feu qui consume, mais lourde, écrasante. Ses doigts brisés vibraient d’un engourdissement malsain, comme si le nerf oscillait entre brûlure et paralysie. Chaque tentative pour bouger la main lui arrachait un éclair qui remontait jusqu’au coude. Ses côtes, elles, s’étaient transformées en un carcan douloureux. Inspirer trop profondément déclenchait une onde qui se répercutait jusque dans son dos, et expirer trop vite la lançait comme une lame sous la poitrine. Elle avait dû réduire sa respiration à de petites goulées d’air, rapides, insuffisantes, mais nécessaires.


Le cinquième jour son corps commençait à se trahir. Ses muscles, déjà maigres, s’effondraient sur eux-mêmes. Ses bras tremblaient quand elle essayait d’ajuster sa position. Ses jambes se coupaient vite en fourmillements douloureux, engourdies par l’immobilité.


Le sixième jour le temps n’était plus qu’un poids. Ses paupières, inutiles dans l’obscurité, laissaient échapper une douleur brûlante chaque fois qu’elle les clignait, comme si elles étaient couvertes de sable. Ses yeux eux-mêmes lui donnaient l’impression de rouler sur du verre. La peau de son visage, de ses bras, commençait à se fendiller. Son souffle avait une odeur métallique, âcre, qu’elle percevait même sans le son pour l’accompagner. Son corps n’était plus qu’un ensemble de signaux d’alarme, chaque nerf hurlant différemment.


Et son esprit, lui, toujours là. Toujours clair. Trop clair. Elle n’avait pas sombré dans les visions, pas dans les voix, pas dans le délire.


-         Qu’est-ce que je suis, putain, souffla-t-elle sans l’entendre.


Le septième jour sa gorge n’était plus seulement sèche : elle était close, presque douloureuse à chaque tentative d’avaler. Ses lèvres, fendues et gercées, étaient couvertes de croûtes sanglantes. Son corps n’était plus qu’un poids faible et tremblant, cloué contre le mur froid.


Puis, soudain, quelque chose changea. Un grondement sourd, métallique, fit vibrer la pierre derrière son dos. La porte, massive, s’ouvrit lentement. Les runes gravées sur l’acier s’illuminèrent avant de s’éteindre, et pour la première fois depuis sept jours, le sort de silence se brisa. Le monde revint brutalement. Le claquement des gonds. Le grincement du métal. Le martèlement des bottes.


Après une semaine entière dans un néant sonore, ces simples bruits percèrent son crâne comme des coups de tonnerre. Et la lumière. Elle inonda la cellule, crue, aveuglante. Ses yeux, qui n’avaient rien vu depuis des jours, se plissèrent instinctivement. Elle tenta de lever une main pour se protéger mais ses muscles refusèrent d’obéir. Alors elle subit, éblouie, chaque rayon comme une brûlure.


Elle était assise à même le sol de pierre, le dos appuyé contre le mur froid. Ses poignets portaient encore la marque des entraves. Les entailles mal refermées à sa tempe avaient séché sans être nettoyée. Ses vêtements collaient à sa peau, raides de sueur et de poussière.


Elle gardait les yeux mi-clos. Elle entendit les pas. Des bottes. Deux hommes. Peut-être trois. Le cliquetis d’un trousseau de clés.


-         Toujours vivante, princesse? lança une voix, moqueuse.


Un ricanement retentit derrière lui.


-         Regardez là. Ça tient dur, ces choses-là. Fragile, mais endurant.


Un autre éclat de rire.


Leda inspira lentement par le nez. L’air sentait la poussière et le métal. Elle ouvrit les yeux juste assez pour les voir. Deux gardes. Armures rouges du Magisterium. L’un tenait un verre d’eau. Un simple verre.


Le garde s’approcha, s’accroupit devant elle. Il fit tourner le verre lentement, regardant l’eau onduler à l’intérieur.


-         Ordre de la maintenir en vie, dit-il d’un ton théâtral. Pas de la rendre confortable.


Il approcha le verre de ses lèvres… puis le retira brusquement. Sa gorge se contracta malgré elle.


-         Oh. Elle a réagi.


Des rires. Leda sentit la brûlure de l’humiliation monter plus violemment que la faim. Elle força ses muscles à rester immobiles. Elle fixa le sol. Refusa de les supplier.


-         Allez, oreilles pointues, dit l’autre garde. Dis quelque chose. “Merci, messire.” Ou “je vous en supplie”.


Le premier inclina le verre. Une goutte déborda et tomba sur la pierre, juste devant elle. Elle suivit la goutte des yeux. Son corps entier criait. Elle avala difficilement. Sa voix, lorsqu’elle sortit, était rauque, presque méconnaissable.


-         Vous gaspillez… votre propre eau.


Le garde éclata de rire.


-         Tien, elle parle!


Il approcha de nouveau le verre, plus près cette fois. Assez près pour qu’elle sente l’humidité.


-         Sept autres jours, tu sais ça? On peut prendre notre temps.


Il effleura ses lèvres avec le rebord du verre… puis recula encore.


-         Peut-être qu’on devrait en renverser un peu. Juste pour voir si elle rampe.


Il inclina le verre. L’eau monta dangereusement contre le bord. Leda leva les yeux vers lui. Pas suppliants. Calmes. Évaluateurs. Ce regard le dérangea.


-         Arrête, grogna l’autre. Donne-lui. On a reçu un ordre.


Un instant de tension. Puis, brusquement, le verre fut pressé contre sa bouche.


-         Bois.


Elle ne se jeta pas dessus. Elle inclina la tête lentement. But en petites gorgées mesurées, malgré l’instinct violent de tout avaler d’un coup. L’eau était tiède, presque stagnante, mais elle glissa dans sa gorge comme un second souffle.


Puis, elle s’arrêta d’elle-même. Il restait la moitié. Le garde haussa un sourcil.


-         Tu finis pas? L’eau n’est pas assez bien pour toi, princesse?


Il y avait une touche de dégout dans la voix de l’homme.


-         Si je bois trop vite… je vomirai, souffla l’elfe.


Il la fixa, surpris. Toujours ce regard. Calculateur. Présent. Pas brisé. Il retira le verre brusquement.


-         T’as de la chance qu’on ait besoin de toi vivante. J’aime pas trop ton arrogance.


Il se releva. La porte se referma avec un fracas métallique. Les runes se réactiva.  La cellule retomba dans l’obscurité totale.


Elle ferma les yeux. Ils voulaient la voir ramper. Ils voulaient la voir supplier. Ils voulaient l’humilier. Elle posa sa tête contre le mur de pierre. Ils seraient déçus. Leda ne suppliait pas. Jamais.


Elle resta immobile longtemps. Puis elle passa lentement sa langue sur ses lèvres pour récupérer la moindre trace d’humidité. C’était partie pour sept autres jours d’agonie.

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