Dragon Ball - Next Journey

Chapitre 14 : Deuxième demi-finale

2718 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 05/12/2025 18:08

Il était environ quinze heures lorsque le soleil, au zénith, baignait le stade du Tenkaichi Budokai d’une lumière éclatante. Aucun nuage ne venait ternir le bleu profond du ciel, et les rayons solaires frappaient sans relâche les gradins remplis à craquer.

 

Les spectateurs, protégés tant bien que mal sous des chapeaux de paille, lunettes de soleil ou petits parasols colorés, agitaient frénétiquement des éventails en papier à l’effigie de leurs combattants favoris. Certains avaient opté pour des glaces artisanales ou des boissons fraîches vendues autour de l’arène, les cornets dégoulinant doucement sous la chaleur.

 

Des rires et des exclamations enthousiastes résonnaient ça et là. De petits groupes de fans discutaient avec animation :


— Le combat entre Goku et Marron ? C’était incroyable quand elle a failli le faire tomber du ring !

— Moi j’ai adoré la technique avec les boules tournoyantes. Ça tranchait comme des rasoirs !

— Et t’as vu les muscles de ce type ?

— Lady Star est trop classe, j’espère qu’elle va gagner la demi-finale.

— Non, Oob va la pulvériser !

 

Entre les débats passionnés, les souvenirs des techniques favorites étaient évoqués avec excitation. Chacun y allait de sa petite analyse, parfois digne d’un maître d’arts martiaux, parfois complètement fantasque. Certains ne cachaient pas leur admiration pour la beauté ou le charisme des participants, ajoutant un ton plus léger et amusé à l’ambiance générale.

 

Sur la scène principale, l’arbitre, transpirant, s’essuya le front d’un geste rapide avec une serviette immaculée. Son regard glissa sur la foule agitée, puis il jeta un œil aux coulisses avant de reprendre son micro avec un ton enjoué, amplifié par les haut-parleurs :

 

— Mesdames et Messieurs ! lança-t-il d’une voix énergique, merci pour votre patience sous ce soleil de plomb ! Nous espérons que vous profitez bien de ce tournoi exceptionnel !

 

Il marqua une courte pause, le temps de capter l’attention, puis annonça avec un grand sourire :

 

— La deuxième demi-finale va maintenant commencer ! Que les combattants Oob et Lady Star s’avancent vers le ring !

 

Alors que le public hurlait d’enthousiasme à l’annonce du prochain combat, les deux combattants de la demi-finale, Oob et Lady Star, firent leur entrée solennelle dans l’arène. Leurs pas résonnaient sur les dalles de pierre blanche, et la tension monta immédiatement d’un cran. Tous les regards étaient braqués sur eux, impatients d’assister à une nouvelle démonstration d’habileté et de puissance.

 

Dans la tribune réservée aux invités spéciaux, une brise légère fit flotter les rideaux clairs qui ombrageaient partiellement les spectateurs d’honneur. Assis à l’ombre d’un grand parasol, Krilin épongeait son front perlé de sueur avec un petit linge blanc. Il laissa échapper un léger soupir.

 

— Pfiou... Ces combats me donnent chaud rien qu’à les regarder, dit-il, mi-amusé, mi-étonné de l’intensité du tournoi.

 

Yamcha, bras croisés, hocha la tête avec un sourire en coin, sans quitter le ring des yeux.

 

— Et pourtant, le tournoi est loin d’être terminé, rrépondit-il avant de tourner la tête vers un certain personnage assis nonchalamment juste à côté.

 

Muten Roshi, alias le vieux Kame Sennin, mâchouillait calmement un bâtonnet de glace en lorgnant discrètement les combattantes. Yamcha haussa un sourcil en coin et, sur un ton à mi-chemin entre le sérieux et le sarcasme, lança :

 

— Et vous, maître... vous pourriez essayer de rester discret cette fois. On n’a pas oublié votre « moment de faiblesse » tout à l’heure.

 

Le vieillard tourna la tête avec une lenteur théâtrale, feignant l’offense.

 

— Tsss. Ce n’est pas comme ça qu’on s’adresse à son maître, jeune insolent, grogna-t-il en tapotant son bâton contre le sol. Je suis un homme de sagesse et de retenue, sache-le !

 

 Puis, plus bas, il ajouta :

 

— Mais, j’admets que certaines combattantes mettent à l’épreuve même les plus stoïques...

 

Un long soupir se fit entendre à leur gauche. Bulma, lunettes de soleil sur le nez et bras croisés, secoua la tête avec une mine consternée.

 

— Franchement, j’ai honte de partager la même rangée que ce vieux pervers, dit-elle sans mâcher ses mots.

 

Krilin pouffa discrètement, tandis que Yamcha esquissait un sourire coupable. Muten Roshi, lui, s’était mis à siffler l’air de rien, comme pour faire diversion, son éventail en bambou agité devant son visage.

 

L’ambiance dans les gradins, mêlant bonne humeur, tension et plaisanteries d’anciens camarades, contrastait délicieusement avec la concentration extrême qui régnait désormais sur le ring. Le combat allait commencer.

 

Oob sentit une légère tension dans sa poitrine. Il était concentré, mais pas tranquille. Son regard glissa un instant vers Lady Star. Sa posture élégante, son aura calme, et surtout, son regard mystérieux qui semblait traverser les esprits...

 

Il revit ce Guma, vaciller mentalement durant son propre affrontement contre cette même adversaire. Ce n’était pas un simple combat physique, non. Lady Star exerçait une forme de pression étrange, presque... envoûtante. Il se souvenait de la façon dont Guma avait semblé perdre tous ses moyens, comme s’il avait été happé hors de la réalité par une simple interaction.

 

À cet instant, l’écho de la voix de Guma résonna dans son esprit, ferme mais teintée d’inquiétude :

 

Ne la regarde surtout pas dans les yeux.

 

Oob n’avait pas compris sur le moment à quel point ce conseil était vital. Il avait vu de ses propres yeux le grand balèze s’immobiliser, les traits tirés par une lutte invisible. Lady Star l’avait alors invité — ou plutôt ordonné — d’une voix douce, presque chantante, à quitter le ring. Et il l’avait fait. Comme un pantin dont on aurait coupé les fils.

 

Oob serra les poings.

 

Je suis prévenu. Je sais quoi faire.

 

Il ferma brièvement les paupières, inspira profondément, puis les rouvrit avec détermination, fixant un point au niveau de la bouche de Lady Star, évitant soigneusement ses yeux clairs. Il se mit en garde

 

Ne pas croiser son regard.

 

De son côté, Lady Star esquissa un léger sourire mystérieux. Elle était parfaitement immobile, comme une statue, à la fois paisible et menaçante.

 

L’arbitre leva le bras, balayant du regard les deux combattants pour s’assurer qu’ils étaient prêts. Il annonça d’une voix claire et solennelle :

 

— Le deuxième match des demi-finales va commencer !

 

Un silence pesant enveloppa brièvement le stade.

 

— C’est parti !

 

Le gong résonna dans tout le colisée, son timbre grave fendant l’atmosphère saturée d’électricité. Le public retint son souffle.

 

Oob fixait sa bouche, tentant de se concentrer uniquement sur les mouvements de ses lèvres, mais en périphérie, il percevait toujours ses yeux… ce regard à la fois envoûtant et troublant, comme deux astres hypnotiques qui cherchaient à happer son esprit.

 

L’effort devint de plus en plus pesant. Il savait qu’il devait éviter de croiser son regard, mais cette simple lutte mentale épuisait sa concentration. Son regard descendit alors, inconsciemment, au niveau de son buste, juste en dessous de son cou. Il n’y voyait rien d’ostensiblement indécent — Lady Star portait ce qui ressemblait à un débardeur blanc sous sa veste — mais l’élégance de ses formes, assez suggérées, n’arrangeait rien. Il s’y attarda un instant, un peu trop longtemps.

 

À cet instant précis, Lady Star inclina légèrement la tête, un sourire amusé aux lèvres. Sa voix douce résonna, teintée d’une légère ironie :

 

— Tes yeux semblent comblés.

 

Pris sur le fait, le jeune combattant rougit violemment et détourna immédiatement la tête avec un geste nerveux :

 

— P-Pas du tout ! balbutia-t-il, visiblement embarrassé.

 

Dans le hall des combattants, juste en dessous des invités de Satan, Trunks, appuyé sur le paravent où le caractère « Bu » était inscrit, commenta la scène avec un petit sourire narquois, à l’adresse de son ami :

 

— Oob a clairement dévié du droit chemin, là.

 

Goten, également appuyé sur le même objet, acquiesça en souriant :

 

— Ouais... on dirait qu’il est pas si pur que ça, finalement.

 

C’est alors que Bra, qui venait de descendre de l’étage supérieur pour les rejoindre dans le hall, prit la parole sur un ton mi-agacé, mi-amusé :

 

— Vous êtes vraiment tous les mêmes, les hommes.

 

Elle avait surtout dit ça pour piquer Trunks et Goten, dont les regards et les commentaires en disaient long sur leurs pensées. Elle connaissait Oob depuis longtemps, et elle savait qu’il était très différent d’eux. Mais malgré toute sa pureté, Oob restait un homme, avec ses instincts, aussi discipliné soit-il. Elle soupira légèrement, les bras croisés, en observant la scène se dérouler sur le ring.

 

* * * * * * *


Ce Guma lui avait bien dit d’éviter le regard du mannequin… mais il n’avait jamais dit qu’il ne pouvait pas ressentir son Ki. Une étincelle d’idée traversa alors son esprit.

 

Si je ne peux pas me fier à mes yeux… alors je dois écouter mon esprit.

 

Il ferma lentement les paupières, se coupant volontairement du monde visuel, plongeant en lui-même comme dans une méditation en plein combat. Son souffle se fit plus calme, son esprit plus attentif. Chaque vibration de l’air, chaque pas, chaque déplacement de Lady Star devenaient autant d’ondes qu’il ressentait à travers sa peau et son instinct de combattant.

 

Lady Star ne perdit pas de temps : pensant qu’il s’offrait à elle sans défense, elle s’élança avec agilité, ses longues jambes fendant l’air dans une série de coups de pied ciblés, suivis d’enchaînements rapides de poings. Son style était fluide, presque dansant, avec des gestes précis, gracieux… et mortels. Mais à sa grande surprise, Oob esquivait tout, comme s’il devinait ses intentions avant même qu’elle ne les concrétise.

 

Il penchait légèrement la tête, glissait sur le côté, se baissait avec fluidité… À plusieurs reprises, il contre-attaqua même, en lançant quelques coups, non pas pour blesser, mais pour tester ses réflexes. Ses poings frôlaient son épaule ou son flanc, obligeant Lady Star à reculer ou à bloquer avec difficulté. La foule restait suspendue au spectacle : un combat au ralenti pour l’un, d’une lisibilité parfaite pour l’autre.

 

A l’étage, Krilin observa la scène avec des yeux brillants d’admiration et de nostalgie.

 

— Il fait exactement ce qu’on a appris avec Mister Popo, avant que Vegeta débarque sur Terre, dit-il à Yamcha, la voix presque émue.

 

Yamcha, fronçant légèrement les sourcils pour mieux observer, hocha la tête :

 

— Ah ouais… le truc « plus rapide que l’éclair », c’est ça ?

— Oui, confirma Krilin. On devait fermer les yeux et ressentir l’énergie autour de nous pour esquiver. À l’époque, c’était carrément impossible à maîtriser.

— Tu m’étonnes, renchérit l’ancien bandit avec un sourire. Je m’étais pris un bon paquet de baffes avant de comprendre le principe.

 

Tous deux se remémorèrent l’intensité de cet entraînement presque mystique dans la Salle du Temps ou au Palais céleste. Un entraînement qui ne forgeait pas seulement le corps… mais aussi la perception, la connexion avec le monde invisible.

 

Et sur le ring, Oob, yeux clos, s’était littéralement élevé dans sa perception du combat, comme un guerrier à l’écoute du souffle du vent.

 

Lady Star, haletante mais toujours digne, recula de quelques pas après son ultime série d’attaques. Son souffle était rapide, ses gestes moins vifs : elle sentait désormais le gouffre technique qui la séparait d’Oob. Il ne se contentait pas d’être rapide et précis — il était aussi incroyablement discipliné. Elle comprit alors que la force brute ou l’agilité ne suffiraient pas à renverser la situation.

 

Un bref sourire passa sur son visage.

Très bien… on va changer les règles du jeu.

 

Elle s’arrêta net, droite sur ses appuis, puis pencha doucement la tête sur le côté, vers sa droite, adoptant une posture nonchalante et détendue. Sa main gauche vint agiter l’air devant elle avec paresse.

 

— Pfiou… tout ce mouvement m’a donné chaud, lança-t-elle d’une voix suave, presque lasse.

 

Intrigué par ce changement de ton, Oob entrouvrit les yeux. Il vit alors Lady Star jouer la comédie à la perfection. Ses doigts glissèrent doucement jusqu’à la fermeture éclair de sa veste en cuir, noire et moulante, restée partiellement remontée jusque-là. Elle la fit glisser lentement vers le bas, franchissant le seuil de sa poitrine déjà en partie apparente. Son regard toujours posé sur lui, elle demanda innocemment :

 

— Tu permets que je me mette un peu plus à l’aise ?

 

Un peu pris de court, le jeune homme hocha doucement la tête, sans trop savoir s’il devait refuser ou rester poli. À ce moment-là, l’arbitre, lui aussi un peu gêné mais professionnel, annonça dans son micro :

 

— Les combattants font une courte pause en raison… de la chaleur ambiante.

 

La foule réagit immédiatement. Les tribunes masculines se firent entendre en applaudissements et sifflements enthousiastes, tandis que, plus bas, un petit groupe de femmes manifesta son agacement, huant la scène en secouant la tête.

 

Lady Star, quant à elle, retira lentement sa veste, veillant à accentuer chaque geste. Elle la fit glisser jusqu’à ses coudes, dévoilant ses bras nus et son débardeur blanc près du corps, puis leva légèrement les épaules pour ajuster le vêtement, provoquant des ondulations légères de sa poitrine. Son regard restait fixé sur Oob, traquant la moindre réaction.

 

Et elle l’eut. Gêné, le guerrier de vingt-deux ans détourna le regard et plaça vivement son avant-bras devant ses yeux, pour éviter toute distraction supplémentaire. Son visage rougit intensément. Il inspira un coup, tentant de reprendre le contrôle de lui-même.

 

Dans le coin des invités, les commentaires allaient bon train.

 

— Elle tente de le séduire avec ses charmes, constata Gohan, presque avec inquiétude.

— Je n’ai jamais compris cette obsession des terriens pour ce genre de manœuvre… grogna Piccolo, les bras croisés.

— C’est parce que vous êtes asexué, les Nameks, lança Bulma, un sourcil levé. Vous pouvez pas comprendre le pouvoir que ça a, la sensualité.

— Peut-être… répondit Piccolo, un brin dubitatif. Mais est-ce encore un combat loyal, à ce niveau-là ?

 

Sur le ring, Oob était toujours immobile, bloqué derrière son propre bras, respirant profondément pour ne pas se laisser gagner par la confusion.

 

Mais il sentit soudain quelque chose : une main douce attrapa son avant-bras pour l’abaisser lentement.

 

Surpris, il ouvrit les yeux et croisa ceux de Lady Star, désormais très proche. Son visage n’était qu’à quelques centimètres du sien. Elle lui sourit tendrement, la voix mielleuse :

 

— Merci d’avoir patienté…

 

Elle avait profité du moment où ses yeux étaient couverts pour réduire la distance entre eux, se glissant dans sa garde sans qu’il ne puisse s’en rendre compte. Un piège tout en douceur.

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