Dragon Ball - Next Journey
Lady Star venait de franchir une étape. Le charme n’ayant pas suffi à déstabiliser complètement Oob, elle dévoila alors une facette plus redoutable de ses talents. Comme s’il avait été pris dans une toile invisible, le jeune guerrier sentit son corps se figer. Une pression étrange l’enveloppait, l’empêchant de bouger. C’était comme si des chaînes psychiques l’avaient soudainement enserrées. Elle utilisait des techniques psycho-kinésiques, similaires à celles du Général Blue, ce sinistre membre de l’armée du Red Ribbon. Mais là où Blue imposait une terreur rigide, Lady Star le faisait avec une grâce déconcertante.
Un léger ricanement glissa entre ses lèvres. Lady Star avait l’assurance d’une prédatrice qui savait que sa proie ne pouvait plus fuir. Ses yeux clairs brillaient d’un éclat malicieux, et son sourire en coin révélait une complicité presque affectueuse, mais surtout moqueuse.
A quelques centimètres d’Oob, immobilisé, elle tendit la main. Le bout de son doigt effleura le nez du villageois du sud, dans un geste à la fois taquin et troublant.
— Tu t’es fait avoir, mon cœur, susurra-t-elle, sa voix douce comme du miel, enveloppée d’un ton enjôleur.
Le sourire qui suivit, en revanche, trahissait une joie mesquine, presque enfantine, face à sa propre fourberie. Puis, reprenant la posture digne d’une reine sûre de sa domination, elle adopta le même ton impérieux qu’elle avait utilisé contre Guma.
— Sors du ring, ordonna-t-elle simplement.
Mais Oob ne broncha pas. Ses yeux, bien que fixés sur elle, conservaient une étincelle de lucidité et de résistance. Intriguée, Lady Star arqua un sourcil, puis afficha un sourire plus large, presque carnassier.
— Oh… tu es plus fort que tu en as l’air. On va pouvoir s’amuser alors…
Sans cesser de le fixer, elle approcha lentement ses mains de son torse. Ses doigts vinrent se refermer sur le tissu moulant de sa tenue de combat, juste au niveau de ses pectoraux. Le geste, calculé, suggérait une fausse tendresse mêlée de domination.
Dans l’édifice où les combattants patientaient, l’agitation montait.
— Mais qu’est-ce qu’elle lui fait, cette allumeuse ?! s’énerva Pan, les poings crispés sur la pancarte en bois composée du kanji « Bu » entouré d’un cercle rouge.
Marron, toujours avec son petit air taquin, se pencha vers elle.
— Ooooh, tu ne serais pas un peu jalouse, Pan ?
— C’est pas de la jalousie ! s’indigna la fille de Gohan, les joues rouges. J’aime juste pas qu’elle le colle comme ça, c’est tout.
Bra, qui venait de les rejoindre en croisant les bras, ne se gêna pas pour enfoncer le clou :
— C’est ce qu’on appelle… de la jalousie, ma cocotte !
Sur le ring, Lady Star, sans prévenir, fit un pas en arrière et tira brusquement Oob vers elle à l’aide de la poigne qu’elle avait gardée sur son gi. Le mouvement, vif et précis, le déséquilibra. Et dans le même temps, elle bascula habilement en arrière, exécutant une roulade parfaitement maîtrisée. Ses jambes se replièrent, puis frappèrent violemment ; ses deux pieds atteignirent l’abdomen du jeune homme. Elle canalisa alors toute sa force dans ce coup, et dans un déploiement de puissance et d’élégance, le propulsa à travers le ring d’un mouvement fluide et spectaculaire. Son corps s’éleva brièvement dans les airs, avant de retomber au centre de l’arène, soulevant un petit nuage de poussière sous le choc. Les spectateurs, stupéfaits, retinrent leur souffle.
Oob peinait à se remettre sur pied. Son corps paralysé lui criait de rester au sol. Mais il planta ses paumes contre le sol fissuré du ring, grimaça et se hissa lentement, centimètre par centimètre. Une goutte de sueur glissa de sa tempe jusqu’à son menton. Ses jambes tremblaient sous l’effort, mais son regard, lui, restait déterminé. Il serra les dents. Il ne voulait pas perdre. Pas comme ça.
Lady Star, de son côté, recula de quelques pas dans un mouvement aussi fluide que calculé. Elle levait lentement ses mains, les doigts détendus, presque dans une posture de prière inversée. Le contraste entre sa grâce naturelle et l'intention belliqueuse dans ses gestes était troublant. Puis, sans presser le rythme, elle commença à faire craquer ses phalanges une par une. Chaque craquement résonna dans le silence relatif du ring comme un avertissement sec, signalant l’ouverture imminente d’un acte final. Son visage, à demi dissimulé par l’ombre de ses mèches, affichait un sourire qui oscillait entre la malice et la provocation.
— Tu sais, je pourrais très bien te balancer des morceaux de dalle dans la tête, lança-t-elle sur un ton presque joueur, en désignant du menton les plaques fendues du ring autour d’eux. Mais j’imagine que ça serait considéré comme une arme…
Elle ponctua sa phrase d’un clin d’œil complice et haussa les épaules avec nonchalance, comme si cette remarque n’avait été qu’un murmure dans la conversation. Une fois ses doigts entièrement échauffés par ces craquements menaçants, elle fléchit légèrement les genoux et se mit à sautiller sur place. Son corps vibrait d’énergie contenue, et son ombre dansante au sol rappelait celle d’un félin prêt à bondir. Le rythme de ses sautillements était précis, maîtrisé, presque hypnotique. Elle levait et abaissait ses poings à hauteur de visage, dans une posture de garde haute, comme une boxeuse aguerrie montant sur un ring de championnat.
Et soudain, elle passa à l’attaque. Une pluie de coups s’abattit sur Oob, rapide, sèche, ininterrompue. Poing gauche, enchaînement droit, uppercut, crochet, feinte, autre direct. Elle frappait avec la précision d’une combattante professionnelle, utilisant tout son corps, les épaules, les hanches, la posture pour maximiser chaque impact. Ses mouvements étaient si rapides qu’ils dessinaient des traînées dans l’air, et le bruit de ses poings claquant contre la garde précaire d’Oob ressemblait au roulement d’un tambour de guerre.
Le jeune homme voulait bloquer, esquiver, reculer, mais il était toujours sous son emprise. Quant à elle, sa vitesse et sa technique avaient changé de niveau.
Oob, bien qu’essuyant les rafales de coups de Lady Star, tenait toujours debout. Son corps portait les marques de l'affrontement — quelques égratignures, des vêtements en partie déchirés. Son regard était devenu plus sombre, plus concentré. Et malgré l’étreinte invisible qui continuait de l'enserrer, il avança. Lentement. Chaque pas était un défi lancé à l’emprise psychokinésique de Lady Star.
Lady Star, jusqu’alors joueuse et sûre d’elle, ouvrit de grands yeux en le voyant briser peu à peu la barrière invisible. Paniquée, elle leva aussitôt ses deux mains en direction de son adversaire, ses doigts tremblant alors qu’elle tentait d’intensifier son pouvoir.
— Reste... tranquille... ! murmura-t-elle, les dents serrées, concentrant toute son énergie mentale.
Mais rien n’y faisait. Oob continuait d’avancer, lentement mais sûrement, comme une marée irrésistible. Son visage était calme, presque serein, mais son corps entier vibrait d’une force brute qui défiait les lois de l’esprit. Une veine apparut sur la tempe de la mannequin, pulsant furieusement sous l’effort. Elle ferma un œil sous la pression. Puis, des filets rougeâtres coulèrent discrètement de ses narines et de ses oreilles, signes évidents que le contrecoup devenait trop lourd à supporter.
A l’étage des invités, Piccolo observa la scène, les bras croisés, impassible. Il déclara d’un ton grave mais admiratif :
— La puissance d’Oob dépasse largement les limites de ses capacités mentales. Elle force, mais elle encaisse les retours. Elle va s’épuiser avant lui.
Oob, désormais à moins d’un mètre d’elle, s’arrêta. Son regard se posa dans celui de son adversaire. Il voyait qu’elle était au bord de l'effondrement, son souffle haché, sa concentration vacillante. Il inspira profondément, remplissant ses poumons d’un air lourd et chargé d’énergie. Puis, il souffla.
Mais ce n’était pas un souffle ordinaire. C’était comme un ouragan miniature, né de ses poumons et dirigé avec précision vers son adversaire. Une bourrasque colossale, presque invisible, se déchaîna dans un bruit de vent puissant, projetant Lady Star comme une feuille prise dans la tempête. Son corps s’éleva du sol, ses bras battant brièvement dans le vide avant qu’elle ne soit projetée hors du ring, tourbillonnant dans les airs jusqu’à atterrir dans les hautes herbes qui entouraient l’arène.
Les spectateurs éclatèrent de surprise. Plusieurs chapeaux furent arrachés à leurs propriétaires, des banderoles volèrent dans les airs, des gobelets de jus et des paquets de nourriture s’envolèrent comme s’ils avaient été pris dans une tornade. Même l’arbitre dut agripper sa paire de lunettes pour ne pas qu’elle s’envole.
L’homme en noir regarda Lady Star, qui gisait sur le dos, un sourire essoufflé aux lèvres mais consciente.
— Hors du ring ! Victoire de Oob !
La foule explosa d’applaudissements, tandis que Lady Star se redressait doucement, les coudes dans l’herbe. Elle remonta la bretelle de son débardeur, puis lança un regard pétillant vers Oob. Et toujours fidèle à son personnage charmeur, elle lui envoya un baiser du bout des doigts avec un clin d’œil.
— Tu m’as bien eue, beau gosse.
Oob, encore haletant, sentit ses joues chauffer instantanément. Il détourna timidement le regard, incapable de masquer sa gêne.
Dans le hall, Goku était impressionné :
— Waouh ! Quel souffle !!
Bra, les bras croisés et un sourire taquin sur les lèvres, ajouta avec malice :
— Note pour plus tard : on ne lui laisse plus jamais souffler les bougies à un anniversaire.
* * * * * * *
La lumière dorée du soleil déclinant baignait désormais le stade, annonçant les dernières heures de l’après-midi. Des reflets chauds dansaient sur les dalles du ring, tandis que l’ombre des gradins s’allongeait peu à peu sur l’arène. L’ambiance se fit plus solennelle : l’ultime demi-finale allait débuter.
D’un pas assuré, l’arbitre s’avança au centre du ring, levant bien haut son micro pour couvrir le brouhaha encore présent. Sa voix résonna avec clarté :
— Mesdames et Messieurs, merci de votre patience ! Approche maintenant la dernière demi-finale de ce tournoi exceptionnel !
Il marqua une courte pause avant d’ajouter, avec emphase :
— Vegeta ! ... contre l’énigmatique combattante... Aya !
Un mélange de murmures et d’exclamations enthousiastes parcourut les gradins. Tous les regards se tournèrent aussitôt vers l’entrée du ring, guettant l’apparition des deux adversaires.
Au balcon des invités, Bulma, appuyée contre le rebord de la fenêtre sans vitre, observa la scène d’un œil vif. Elle croisa les bras, l’expression déterminée.
— Allez, Vegeta… Tu peux vaincre cette curieuse jeune fille. dit-elle avec une pointe de tension dans la voix.
Juste à côté, Gohan suivait également l’appel des combattants d’un regard attentif. Il se tourna légèrement vers Bulma.
— Je ne serais pas si confiant à ta place… Cette fille n’a pas montré tout ce qu’elle sait faire. Je doute que ce match soit à sens unique.
Krilin, debout un peu plus en retrait, hocha la tête d’un air grave. Il scrutait l’arène, ses bras croisés sur sa poitrine.
— On va enfin savoir de quoi elle est réellement capable. Je suis curieux de voir quelles bizarreries elle nous réserve. Jusqu’ici, elle a été pleine de surprises...
Le murmure du public s’amplifia à nouveau tandis que les deux combattants s’avançaient sur le ring, prêts à faire vibrer le stade dans ce dernier affrontement décisif avant la grande finale.
Sur le ring, les deux adversaires se faisaient face. Le silence s’était peu à peu installé, comme suspendu dans l’attente d’un choc imminent. Vegeta et Aya se toisaient avec intensité, chacun sondant l’autre à travers le regard, à la recherche d’un indice, d’une faille, d’un premier mouvement. Leurs auras restaient calmes en apparence, mais une tension sourde, presque palpable, planait autour d’eux. Aya rompit la quiétude la première, d’un ton serein mais empreint d’assurance :
— Que dirais-tu d’un affrontement... un peu différent ? Une projection mentale. Rien n’y sera bridé, tu pourras exprimer ton plein potentiel. Sans limites.
Sa proposition flotta un instant entre eux. Vegeta ne répondit pas immédiatement. Ses yeux se plissèrent légèrement, cherchant à deviner le but de cette manœuvre. Puis, il déclara d’une voix rauque et sûre :
— Très bien. Mais ne t’avise pas de me sous-estimer, gamine. Je ne suis pas aussi faible que Trunks.
La réplique claqua sèchement, aussi tranchante qu’un coup de lame. Aya esquissa un sourire crispé, à la fois surprise et impressionnée. Il émanait de Vegeta une prestance écrasante, une force tranquille qui n’avait nul besoin de démonstration pour s’imposer. Son autorité naturelle, forgée par des années de combats et de fierté princière, semblait occuper tout l’espace autour de lui.
— Compris, répondit-elle simplement, la voix plus posée, presque respectueuse.
Sans échanger un mot de plus, ils fermèrent les yeux en parfaite synchronisation. Leurs souffles se calmèrent, leurs corps restèrent droits, figés comme des statues. En un instant, leurs consciences plongèrent dans cet autre espace, un terrain invisible au public, où la bataille allait pouvoir s’engager sans retenue, sans limites physiques.
Lorsque Vegeta rouvrit les yeux, un souffle lui manqua presque tant le décor qui s’étendait devant lui était saisissant de réalisme. Il se trouvait à présent sur une vaste plaine aride, sous un ciel orangé strié de nuages. Le sol craquelé, lourd de poussière ocre, portait les marques d’anciens affrontements. L’air, chargé de chaleur et de tension, était étrangement familier.
À l’horizon, des bâtiments aux lignes courbées s’élevaient, faits de métal blanc principalement, avec leurs dômes et leurs tourelles massives. Il n’avait aucun doute : il se tenait dans une reconstitution minutieuse de la planète Vegeta, celle de ses souvenirs d’enfance. Chaque détail semblait avoir été arraché à son esprit avec une exactitude troublante — l’odeur métallique de l’air, la gravité légèrement alourdie qui pesait sur ses épaules, les reflets orangés du ciel sur les structures environnantes. Tout était là. Exactement comme autrefois.
Mais quelque chose clochait. Vegeta plissa les yeux, son regard acéré parcourant les alentours. Il comprit aussitôt qu’il ne s’agissait pas d’une simple illusion ou d’une construction mentale ordinaire. Une simulation basique, même bien ficelée, pouvait être brisée par une volonté suffisamment forte. Or, ici, rien ne cédait. Il avait déjà tenté de faire éclater des espaces mentaux par la force brute de son esprit, mais là, aucune faille, aucun point d’ancrage ne permettait de rompre cette réalité parallèle.
— Tsk... grogna-t-il entre ses dents. C’est encore un de ses satanés tours... Cette fillette a plus d’un tour dans son sac.
Il serra les poings, sentant l’air vibrer légèrement autour de lui sous l’effet de son énergie qui montait lentement. Il n’avait pas de temps à perdre dans cette mascarade. Si Aya avait créé ce monde mental, elle devait également s’y trouver. Et s’il la trouvait, il pourrait peut-être mettre fin à cette technique en s’attaquant directement la source.
Sa silhouette s’éleva légèrement au-dessus du sol, son aura crépitant d’impatience. Les yeux plissés, les sens en alerte, il partit à la recherche de la jeune combattante responsable de ce théâtre psychique.
* * * * * * *
Dans le palais royal, Vegeta parcourut les couloirs familiers, longeant les murs ornés de tapisseries anciennes qui racontaient les exploits passés de sa lignée. Chaque pièce qu’il traversait semblait se remplir de souvenirs, mais aucun signe d’Aya. Il passa d’abord devant ses quartiers, à la porte fermée, les rideaux de soie immobiles derrière la vitre. Le prince continua ensuite vers la grande salle de banquet, habituellement bruyante et pleine de vie, mais aujourd’hui, elle était déserte, ne laissant que l'écho de ses pas résonner sur le marbre froid. Le prince, son regard déterminé, scrutait les moindres recoins, mais la jeune fille restait introuvable.
Les portes du hall principal, imposantes et sculptées, menaient à la salle du trône. Là encore, l'absence de la mystérieuse silhouette l’interrogeait. Il s’arrêta un instant devant le trône, se demandant si sa recherche allait le mener plus loin que ces lieux familiers.
Il continuait de sillonner les couloirs, mais rien. Toujours aucun signe de vie...
C'est alors qu’une présence attira son attention. Une perturbation, subtile mais distincte, dans l'atmosphère alentour. Vegeta sentit plusieurs forces converger, une variation d’énergies qui ne pouvait échapper à ses sens aiguisés. Ses muscles se tendirent instinctivement. Sans hésiter, il s’élança en direction du balcon royal. La vue panoramique de la cour, d’habitude sereine, lui offrit un aperçu différent aujourd’hui. L’air semblait plus lourd, saturé d’une énergie palpable.
Tel un faucon en chasse, il plongea du balcon, ses yeux rivés sur l’énergie qui l’attirait. Loin, en contrebas, la cour s’étendait, presque vide. Mais Vegeta savait. Il savait que sa quête pour retrouver son adversaire ne se terminerait pas ici. Il s’élança dans l’espace, une détermination nouvelle dans les yeux, la vitesse du saut décuplée par l’urgence qu’il ressentait au fond de lui.
Lorsqu'il arriva sur place, Vegeta fit un arrêt brusque, ses yeux balayèrent rapidement l’endroit, puis se posèrent sur des visages familiers. Ces visages, bien qu’empreints de nostalgie, portaient en eux l’écho d’une époque révolue. Parmi eux, Nappa se tenait là, son large sourire régnant toujours sur ses traits sévères, comme un fantôme du passé revenant d’une époque qu’il croyait oubliée. Il lui adressa un salut de la tête, son regard empreint de cette chaleur brute qui ne laissait aucune place à l’hésitation.
— Vegeta ! lança-t-il, sa voix aussi pleine de vie que dans les souvenirs du prince.
Il tendit une main, un geste simple mais sincère, un retour à la camaraderie d’antan. Mais le prince n'eut pas le temps de répondre que déjà, une silhouette imposante se détachait dans la foule. C’était son père, le roi, dont la stature n’avait rien perdu de son autorité. L’ancien monarque se dirigea vers lui d’un pas assuré, son visage grave mais marqué par une satisfaction évidente. Lorsqu’il fut à sa hauteur, il posa une main sur son épaule, une étreinte aussi ferme qu’inespérée.
— Je suis ravi de te revoir, mon fils, avoua-t-il d'une voix pleine de tendresse, malgré son air sévère qui ne cessait de se maintenir.
Ce genre de mots, pour Vegeta, était à la fois rare et étonnamment réconfortant. Son père ne lui avait jamais fait preuve de démonstrations d’affection, mais ce geste, simple mais lourd de sens, ébranla quelque peu l'armure de fierté du prince.
Seulement, avant qu’il n’ait eu le temps de répondre, une voix féminine se fit entendre derrière lui. Douce et empreinte d’une autorité naturelle.
— Bienvenue à la maison, mon petit prince.
Vegeta se tourna brusquement, les muscles tendus, prêt à faire face à un autre défi ou une situation inattendue. Mais ce qu'il aperçut le fit légèrement s’adoucir. Là, se tenant dans toute sa majesté, sa mère, la reine Pina. Elle se tenait droite, imposante et élégante, une présence incontestée. Mais son sourire, ce sourire bienveillant qu’il avait si rarement eu l’occasion de contempler, fit vaciller un instant les murailles de son esprit combatif. La crinière noire de la reine dansait au gré du vent. Elle s’avança vers lui, les yeux pétillants de cette lumière chaleureuse qu’elle seule savait lui offrir. Ses bras s’ouvrirent légèrement, comme une invitation à un accueil qu'il n'aurait jamais cru recevoir de la part de celle qui l'avait toujours regardé d'un œil analytique et distant.
Le prince la fixa, une fraction de seconde où les mots semblaient incapables de décrire ce qu’il ressentait. C’était un mélange étrange de familiarité et de surprise, comme si, d’un coup, tout ce qui semblait lointain prenait sens sous ses yeux. Et bien que son regard reste fier et son visage impassible, une lueur d'émotion – fugace mais réelle – traversa ses prunelles.
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Pina [ ピナ ]: provient de spinach qui signifie épinards en anglais.