Fallout Rooster.
Note de l’auteur : Notre procédé d’écriture sortant de l’ordinaire et similaire à une écriture théâtrale, il est important de mémoriser les codes employés afin d’éviter toute confusion dans la lecture.
Pour rappel :
Paragraphes en italique : Le narrateur est l’un des personnages. (Le plus souvent Orson)
Texte simple en italique : Citations, Surnoms ou Incantations. S’applique aussi dans les dialogues.
Dans les dialogues :
Phrase entre des astérisque : exemple * J’ai l’impression qu’on m’observe * : Le personnage réfléchit ou pense.
Phrase entre guillemets : exemple « Boit un verre d’eau » : Le personnage fait une ou plusieurs actions, avant, pendant ou après avoir parlé.
Mot entre parenthèse et italique derrière le nom de personnage dialoguant : exemple : Coq (téléphone) : Donne une information sur les conditions de dialogue. Ici, Coq parle au téléphone.
Voilà tous les codes qui vous permettront de suivre au mieux la lecture. Je vous souhaite dès à présent un agréable moment en compagnie de mes personnages.
Leakee/Skymailleur.
Chapitre I : Le Chant du Coq.
L'an 2287. France, dans la Marne. Bar de Reims.
Le bar empestait la poudre, le sang et le vieux whisky éventé.
L’air sentait encore l’odeur de cordite et de fer chaud, mêlée au grésillement d’une radio. La voix d’Édith Piaf, crachée par le vieux poste, flottait dans la pièce.
"Non, rien de rien... Non, je ne regrette rien..."
Assis devant le comptoir, une goule astiquait calmement un pistolet 10mm aussi vieux que la guerre elle-même. Sa peau grêlée de cicatrices brillait sous la lumière des néons, et à chaque mouvement de chiffon, un petit nuage de poussière se levait autour de lui.
Il resta un instant immobile, la tête légèrement penchée, écoutant la voix de Piaf.
Puis un sourire déchira son visage parcheminé.
??? : La vache... ça, c’est d’la musique. Pas ces foutus grésillements de Radio Nouvelle République... Non. Ça, c’est la France. La vraie. Celle qui buvait du vin, mangeait du saucisson sec et se foutait du monde avant qu’il n’explose.
Il leva le regard. Ses yeux, voilés mais vifs, se posèrent lentement sur vous.
??? : Ah. Vous êtes encore là, vous ? « Il rit. » Excusez la scène. J’vous jure, c’est pas tous les jours comme ça.
Autour de lui, le carnage s’étalait. Des corps de pillards jonchaient le sol, certains encore fumants, d’autres écrasés sous des tables renversées. Le sang coulait lentement le long des lattes du plancher, jusqu’aux bottes de la goule.
L’un des bandits, un grand type couvert de tatouages, était resté la tête dans le juke-box, comme s’il avait voulu embrasser Piaf une dernière fois.
La goule souffla sur le canon de son arme, le fit tourner entre ses doigts et la reposa doucement sur le bar.
??? : Ils ont commencé, hein. Toujours comme ça. Trois bouteilles de gnôle, un regard de travers, et paf... ça dégénère. Les humains, vous avez beau être en ruine, vous trouvez encore le moyen d’être cons.
Il attrapa une bouteille ébréchée derrière le comptoir, l’examina à travers le goulot.
??? : Du vrai champagne de Reims. Si on oublie qu’il a goût de cuivre et de poussière.
Il en versa un peu dans un verre sale, leva le récipient vers la radio.
??? : À toi, Édith. T’as survécu à la guerre mieux que nous tous.
Il but une gorgée, grimaça, essuya le coin de sa bouche du revers de la main.
Puis il se tourna à nouveau vers vous, s’adossant contre le comptoir.
??? : J’me présente. Orson. Mais tout le monde m’appelle Rooster. “Le Coq”, si vous préférez. Parce que j’porte encore l’oiseau sur le dos. Un vieux patch d’avant-guerre, symbole de la France éternelle... ou de ce qu’il en reste.
Il tapota le blason usé cousu dans le cuir de son manteau, un coq tricolore dont les couleurs s’étaient effacées depuis longtemps.
Orson : Un oiseau qui chante même les pieds dans la boue. Ou dans la merde radioactive, selon les jours.
Il soupira, fit glisser un des cadavres du bout de sa botte.
Orson : Ces types-là... de vrais enfants de la guerre. Ils croyaient pouvoir braquer un chasseur de primes en plein jour. Des idiots. « Il leva un sourcil et ajouta avec un sourire en coin. » Mais bon... ça m’fait un dîner tranquille, et j’ai récupéré deux cartouches et un briquet. Comme quoi, tout n’est pas perdu.
Une rafale de vent s’engouffra soudain dans le bar, soulevant la poussière et faisant vaciller la flamme des lampes. Piaf continuait de chanter, imperturbable, comme si rien n’avait jamais changé depuis deux siècles.
Orson se leva lentement, remit son 10mm dans son holster, puis attrapa son manteau.
Orson : La vie continue, camarade. Y’a toujours un contrat à remplir, un mutant à descendre, ou une bouteille à finir. Et tant qu’Édith chante... c’est qu’la France n’est pas tout à fait morte.
Il se dirigea vers la porte, le coq cousu dans son dos se balançant à la lumière du néon. Avant de disparaître dans la nuit radioactive, il lança par-dessus son épaule.
Orson : Allez, fais pas cette tête. C’est juste un jour de plus en enfer. Et moi, j’suis le coq qui chante au lever du chaos.
Le grincement de la porte laissa place au vent, à la pluie acide... et à la voix fragile de Piaf, résonnant dans le bar désormais vide.
"Car ma vie... car mes joies... aujourd’hui... ça commence avec toi..."
Fin du Chapitre 1 : Le Chant du Coq.