Le parfum du mensonge

Chapitre 9 : Le jeu du destin

847 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 13/03/2026 04:15

CLIC

Encore vide.


Je rouvre les yeux. Ils sont sombres, profonds, et le feu derrière est prêt à tout cramer.

Je tends l’arme à nouveau. Doucement. Comme si j’offrais une coupe empoisonnée à un roi trop sûr de lui.

— À vous. Encore.


Le chef pâlit.

Il tremble.


Et c’est là que je le vois : la faille.

Pas dans son regard. Dans son âme.


Je souris lentement.

— Vous sentez, pas vrai ? Ce truc qui remue dans votre chair ? Ce n’est pas de la peur. c’est votre propre fin qui approche. Parce que vous êtes trop faible pour affronter la mort elle-même.


Il hurle, cette fois.

— TAISEZ-VOUS !! Vous vous êtes montrée tenace, Tsukino, murmure-t-il. Mais même les plus braves finissent par plier… Devant la vérité.


À chaque tour, l’homme perd patience. Il sent que quelque chose dérape. 

La vérité semble même ne plus l’arranger.

— Vous tremblez ? Je constate calmement, sans moquerie.


Le chef rit nerveusement, attrape le revolver. Lève le bras. Le canon tremble contre sa tempe.

Il hésite.


Il pose le canon contre sa tempe. Son doigt effleure la détente.

— C’est vous  qui avez peur, dit-il calmement. Pas moi.


CLIC.

Rien.


Un soupir de soulagement traverse la pièce. 


Le chef change d’expression au moment où il réalise qu’il ne reste qu’une seule balle dans le barillet.

D’un geste brutal, il attrape Fleur de Lotus par les cheveux et la tire contre lui.


Le revolver se plaque aussitôt contre sa tempe.

— Assez joué.


Fleur de Lotus étouffe un cri. Ses mains liées se débattent inutilement.

— L’un de nous deux va mourir ce soir…


Son sourire s’élargit.

— Et ce ne sera pas moi.


Il esquisse un sourire en coin et enfonce le canon sur sa tête.

— Chaque clic rapproche Fleur de Lotus de la fin. Vous voulez vraiment jouer jusqu’à ce que ce soit elle qui perde ?


Le néon suspendu au plafond vacille, son grésillement couvrant à peine le sang qui coule de ma lèvre fendue.

Face à moi, la jeune fille, maintenue de force, tente de se débattre, les joues trempées de larmes.

— Arrêtez ! Je vous en supplie ! Arrêtez !

— Vous  voulez voir ce qu’il se passe quand on pousse trop loin ? Regardez bien. 


Je reste silencieuse. Le silence est total, mais l’enjeu est énorme.

Mes doigts tremblent, mais mes yeux restent immobiles. Froids, résolus. Je ne le quitte pas des yeux.


Je lève mon arme.

— Vous voyez ? C’est équitable. Je joue aussi. Mais la balle, elle, ne fait pas de distinction entre la vérité et le silence.


Je sens presque une hésitation naître en lui.

— Très bien… Très bien… Répond-il bizarrement.


Il retourne le revolver et le pointe vers sa propre tempe.

Tout le monde retient son souffle.


CLIC.

Rien


Il regarde l’arme.

— C… C’est impossible…


Je souris pour la première fois.

— Le mensonge… À perdu.


D’un geste vif, j’utilise la confusion pour tirer, une balle se loge directement dans son crâne.

Le chef s’effondre. 


Avant que les sbires ne puissent réagir, j’ordonne à Fleur de Lotus de partir vite.

— DÉGAGE et ne te retourne pas !


La jeune fille se libère de son emprise au moment même où les hommes paniquent. 


L’air devient soudain glacial.

Quelque chose en moi se déchire.

L’ombre de la Faucheuse se libère dans un cri éthéré.


En un éclat, je fusionne avec cette entité sombre, son corps irradiant d’une lumière à la fois terrifiante et apaisante.

Ma peau devient glaciale. Mon souffle se distord. Mes yeux rouvrent, rouge écarlate.


Le combat est un ballet sauvage entre ombres et lumière, mensonges et vérités. Ma faux tranche les illusions. Son nouveau pouvoir ancre la réalité. Il ne fallut que quelques secondes… puis l’entrepôt redevint un lieu vide de tout bruit.

Le silence retombe enfin sur l’entrepôt et mon corps s’effondre au sol dans un dernier souffle.


La présence de la Faucheuse se dissipe lentement, comme une brume qui quitte mon corps. Ma respiration redevient normale. Mes mains tremblent encore légèrement.

À la fin de ce combat, je me sens épuisée, mais vivante.


Au sol, près du corps du chef, quelque chose brille sous la lumière tremblante du néon.


Le revolver.


Je me relève difficilement, m’approche et le ramasse.

Le métal est encore tiède.

J’ouvre le barillet.

La balle est là.


Pas dans la chambre qui aurait dû tirer… Mais dans la suivante.

Je referme le barillet. La mort avait simplement changé d’avis.


Je jette un dernier regard autour de moi et jette sans regret ce foutu colt près du cadavre de son propriétaire.

Il est temps de retrouver Fleur de Lotus… le reste peut bien attendre.

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