METALBORN : Les Gardiens du Métal

Chapitre 6 : Jamais de Coïncidences

3730 mots, Catégorie: K+

Dernière mise à jour 08/08/2025 14:43

Profitant de l'absence de son père partie prendre une douche, Mariko retourna dans sa chambre afin de se changer. Elle enfila un kimono noir à petits crânes et une ceinture rouge, des tongs d'intérieur, puis se mit à préparer le dîner de ce soir, comme elle l'avait promis. Ça changerait au moins des interminables plats tout prêts à réchauffer que son père achetait pour gagner du temps. D'un autre côté, il n'avait jamais vraiment été un grand chef, se dit Mariko en se moquant gentiment de son père.

Au menu de ce soir : boulettes de bœuf et spaghettis. Mariko se mit au travail, déposant les pâtes crues dans la marmite et réglant le fourneau à la bonne température pour faire chauffer l'eau dans la casserole. Heureusement, sa mère lui avait appris quelques astuces culinaires. Tandis qu'elle préparait les boulettes et les mettait à cuire, Mariko ne pouvait s'empêcher de repenser aux événements de la journée. Elle s'attarda un instant, regardant par la fenêtre la rue, déserte et silencieuse la nuit, faiblement éclairée par les lampadaires. Au moins, la pluie avait cessé, mais cette vision de calme semblait presque surnaturelle, alors que moins de trois heures plus tôt, elle avait assisté à la destruction de son lycée et lutter pour sa vie. C'était comme si deux mondes semblaient sur le point de s'entrechoquer à tout instant.

Une épaisse et agréable fumée voleta jusqu'à ses narines et ses yeux la ramenèrent soudain à la réalité. Vite, elle s'empressa de retirer la casserole avant que les spaghettis, désormais bien cuits, ne finissent par se carboniser dans l'eau bouillante. D'un geste maladroit, la paume de la main de Mariko toucha la surface brûlante de la casserole. Cependant, Mariko ne sentit rien, insensible à la douleur. En voyant sa main, qui ne présentait aucune trace de brûlure, elle n'en fut pas plus surprise. Pouvant invoquer et contrôler un feu surnaturel et puissant, que pouvait-elle bien craindre de la chaleur d'une simple casserole ?

_ "Hmm… ça sent rudement bon cette histoire", dit Shiro en entrant dans la cuisine, vêtu de son peignoir et les cheveux à peine séchés et en bataille.

Il ne fit aucun commentaire sur la tenue de sa fille, connaissant parfaitement ses goûts. Quelques instants plus tard, père et fille se retrouvèrent assis face à face à la table du salon, se préparant à manger. Mariko était arrivée, le plateau à la main, tandis que son père, patiemment assis à sa place, avait allumé la télévision et regardait vaguement le jeu télévisé en cours, le poing pressé contre sa joue.

_ "Papa… Tes coudes sur la table", commenta Mariko, telle une mère réprimandant son fils.

_ "Hmm ? Oh oui, pardon", s'excusa faiblement Shiro en se redressant et en recevant son bol fumant de spaghettis aux boulettes de viande des mains de sa fille.

L'odeur lui mit l'eau à la bouche et il remercia Mariko de s'être démenée pour lui. Au lieu de boissons, Mariko fut agréablement surprise de ne voir que de l'eau, et pas une seule de ces bouteilles de bière que son père gardait habituellement dans le placard de la cuisine. Ils commencèrent leur repas dans un silence complet, écoutant à peine les informations à la télévision. Parfois, Mariko levait les yeux vers son père, incapable de s'empêcher de remarquer les cernes sous ses yeux. Malgré son air souriant et confiant, il affichait un visage déchiré par la fatigue… mais aussi par le doute…

_ "Papa ? Qu'est-ce qui ne va pas ? Je te trouve bizarre depuis ton retour", lui dit Mariko, lassée du silence pesant.

_ "Moi ? Rien du tout, je t'assure", répondit Shiro un peu trop facilement, se forçant visiblement à sourire pour paraître plus à l'aise.

Mais Mariko ne se laissa pas duper une seconde. Remarquant l'expression de sa fille à son égard, Shiro abandonna l'idée de lui mentir davantage. Dans ces moments-là, il aurait aimé que sa fille soit moins curieuse, mais c'était aussi l'un de ses points forts.

_ "Eh bien… si tu veux savoir, je travaille sur une nouvelle affaire plutôt sordide… Il y a eu un meurtre, ou devrais-je dire un massacre, dans un immeuble du centre-ville près du parc d'Hobara Center, en début d'après-midi."

Mariko faillit déglutir de travers en entendant cela et sentit son cœur bondir de peur. Elle fixa son père intensément.

_ "Un… un massacre ?" balbutia-t-elle.

Voyant la réaction horrifiée de sa fille, Shiro se maudit intérieurement et, accablé par le stress de la journée, se passa la main sur le visage.

_ "Je… putain, je suis vraiment un idiot, je n'aurais jamais dû te parler de ça ! Surtout après ce qui s'est passé à ton école aujourd'hui… Je… je n'ai plus faim, finalement. Encore désolé."

Sur ce, il se leva d'un bond et, sous le regard perplexe de Mariko, quitta la pièce pour monter silencieusement les escaliers, puis, sans un regard en arrière, se dirigea vers sa chambre. Il prétendit être fatigué par la journée, mais Mariko savait qu'il mentait et s'apprêtait à s'enfermer à nouveau pour tenter d'échapper à ses problèmes. Le voyant faire et ne voulant pas insister pour qu'il parle, Mariko resta seule dans le salon.

Face à son repas qui refroidissait sur son plateau, la jeune lycéenne était de nouveau perdue dans ses pensées. Un attentat dans son lycée, et quelques heures plus tôt, le même jour, le massacre d'une famille en centre-ville ? Ces deux événements n'étaient peut-être pas liés, mais s'il y avait une chose que la vie avait apprise à Mariko, c'était de ne jamais se fier au coïncidences. Comment se faisait-il qu'aucun journal n'ait mentionné cette tragédie ? Mariko repensa à l'attitude de son père après qu'il en eut parlé… La police cherchait sûrement à cacher l'affaire au grand public… Mais dans ce cas, pourquoi ? Pour éviter de déclencher une panique générale au sein de la population ? C'était fort probable, mais au fond d'elle, Mariko sentait que quelque chose de louche se cachait dans cette histoire… Quelque chose d'anormal, voire de non naturel.

Incapable de trouver des réponses dans le voile d'incertitude qui l'enveloppait, Mariko prit une décision… Une fois son père endormi, elle mènerait sa propre petite enquête sur les lieux. Il lui fallait absolument élucider cette histoire.


Pendant ce temps, enfermé dans sa chambre, Shiro sentait ses nerfs à vif et devait retenir le tremblement d'une de ses mains. Son addiction à l'alcool tentait de prendre le dessus, même s'il avait réussi l'exploit de ne pas boire une goutte de toute la journée. Malheureusement, le démon de la tentation n'en avait pas fini avec lui, et se retrouver dans la cuisine, si près des bouteilles rangées dans le placard, était une tentation bien trop grande. Shiro dut lutter intérieurement, assis sur son lit, se frottant le visage dans les mains et respirant bruyamment. Il refusait que sa fille le revoie dans cet état misérable, elle ne méritait pas ça.

Alors qu'il laissait retomber sa tête sur l'oreiller, son attention fut attirée par la photo encadrée posée sur la table de chevet à côté de lui. C'était le portrait de famille parfait : Mariko, alors âgée de 8 ans, avec son père et sa mère, tous trois assis sur une grande natte de pique-nique dans un parc pendant la saison des cerisiers en fleurs. En se remémorant ce souvenir, le visage de Shiro révéla un mélange de tristesse et de joie. Il effleura la joue de sa femme du bout du doigt sur la photo, comme s'il espérait sentir à nouveau sa peau à travers le papier.

_ "Tu me manques tellement, Hana", soupira-t-il avec nostalgie. "Je suis vraiment désolé d'avoir fait honte à ta mémoire… J'ai vraiment fait de mon mieux pour prendre soin de notre fille, mais… j'étais faible, lâche, je me suis caché dans l'alcool en abandonnant mes responsabilités… Tout ce que je voulais, c'était oublier... oublier la douleur de ton absence… Mais aussi ne plus jamais revoir le visage de Mariko qui me rappelait le tien… Elle te ressemble tellement, et tu devrais voir à quel point elle est devenue talentueuse… Je suis vraiment fier d'elle, et je sais que tu l'es aussi, où que tu sois maintenant… Je t'aime."

Sur ces mots, la gorge serrée par l'émotion et retenant ses larmes, Shiro ferma les yeux quelques instants, espérant trouver un peu de repos et vider son esprit de toute tension.


*****


Pendant ce temps…

_ "Menacer de tuer un lycéen ? Tu te surpasses ces jours-ci, Mathieu", dit Rob ouvertement en tirant une bouffée de sa cigarette.

Se tenant droit comme un clou, il regarda nonchalamment par la fenêtre, admirant la nuit et les nombreuses lumières lointaines du centre-ville. Réunis avec lui dans la petite pièce de l'entrepôt informatique abandonné, Mathieu et Lars, tous deux assis dans des fauteuils en cuir rafistolés, écoutaient plutôt attentivement.

_ "Hé, c'est toi qui m'as dit de m'en occuper. Au moins, le message lui est bien rentré dans le crâne. Je ne l'ai pas tué, à ma connaissance, donc pas d'inquiétude", répondit Mathieu, toujours avec son détachement habituel.

Lars, taciturne et morose la plupart du temps, se contentait de boire sa canette de bière, le regard perdu dans le vide. Devant l'attitude de Mathieu, Rob laissa échapper un léger soupir d'agacement et se tourna vers les deux jeunes hommes, plus ou moins attentifs.

_ "Détruire les preuves, oui, mais si c'est juste pour attirer encore plus l'attention avec ta grande gueule et tes menaces, à quoi bon ?" le réprimanda Rob avec véhémence, frappant du plat de la main le bureau poussiéreux devant lui.

Habitué à être rappelé à l'ordre par son mentor, Mathieu ne parut pas particulièrement affecté et se laissa retomber sur le dossier de sa chaise.

_ "Il dira rien, je t'assure. Ce petit binoclard est tellement lâche qu'il n'oserait même pas défier sa propre ombre."

_ "C'est une déclaration d'amateurisme", commenta Lars à son tour, sans quitter ses pieds des yeux.

Rob esquissa un léger sourire narquois tandis que Mathieu, l'air renfrogné, se tournait vers le jeune fan de black métal norvégien.

_ "Si tu as un problème, Lars, regarde-moi droit dans les yeux", lui cracha Mathieu.

Pas du tout intimidé, Lars leva simplement ses yeux ternes vers Mathieu.

_ "Aucun. Mais tu dois savoir, en tant que gardien, que la première leçon à retenir est de ne jamais sous-estimer ce qui nous entoure. La personne la plus craintive de ce monde pourrait très bien révéler le courage le plus exemplaire en elle-même."

Mathieu l'écouta, mais ne le crut pas une seule seconde, préférant retourner à sa place. Ce Lars et son habitude de donner des leçons, pensa-t-il…

_ "Bon, ça suffit, les enfants, changeons de sujet", interrompit Rob en allumant une autre cigarette. "Je vous ai amenés ici à cause du massacre qui a eu lieu en centre-ville aujourd'hui."

Mathieu et Lars échangèrent le même regard sombre, ainsi qu'avec leur chef, comme s'ils partageaient le même ressentiment malsain face à cet événement précis.

_ "Je l'ai ressenti aussi", affirma Lars en y repensant. "Il y avait quelque chose dans cet appartement… Quelque chose de vraiment macabre et puissant… Même moi, je me sentais mal à l'aise, c'est peu dire… De toute façon, impossible de dire précisément de quel genre de créature des abysses il s'agissait. Peut-être une que nous n'avons pas encore rencontrée ?"

Rob avait un mauvais pressentiment et, se fiant à son instinct dans ce genre de situation, il ne pouvait pas rester les bras croisés.

_ "Lars, pendant la nuit, rends toi à l'appartement et cherche la moindre trace de l'auteur de ce massacre. Quoi qu'il en soit, nous devons le trouver et le tuer avant qu'il ne fasse trop de dégâts et n'attire trop l'attention des autorités."

_ "Et la Japonaise, Mariko ?" intervint Mathieu.

À la question de son ami, Rob esquissa un autre sourire malicieux, et après quelques secondes de réflexion intense, une nouvelle idée lui traversa l'esprit, qu'il exposa aussitôt aux autres.

_ "Si je la connais aussi bien que sa mère, nous la reverrons plus tôt que prévu… Lars, changement de plan. Tu iras à l'appartement des Izogais comme prévu… Mais pour une mission complètement différente."


*****


Pendant ce temps…

_ "Maudits gardiens ! Je les hais !"

Krügger ne parvenait plus à contenir sa colère. Il s'en prenait à son mobilier de bureau, qu'il frappait violemment de coups de poing et de pied, et jetait les chaises qui se brisaient contre les murs, le tout sous le regard embarrassé de trois de ses hommes en combinaisons renforcées et high-tech. Le voyant ainsi, ils n'osèrent pas dire un mot, ne voulant pas risquer la colère de leur patron en plein accès de fureur.

Mais sans prévenir, la porte de la pièce s'ouvrit et l'un des gardes se précipita pour arrêter Krügger.

_ "Patron, on vous demande en salle de réunion", déclara l'homme de main d'une voix tremblante.

Krügger se tourna vers lui et réalisa que ce n'était pas lui qui mettait son soldat dans cet état, mais autre chose. Et à en juger par son visage plutôt pâle et ses mains légèrement tremblantes, il devina rapidement, et cela fut confirmé lorsque le garde révéla un autre message contenant la requête. Dans la paume de sa main se trouvait un petit morceau de parchemin déchiré, sur lequel était peint en noir un symbole représentant une tête ovale cornue entourée de deux serpents entrelacés. Ce symbole fit immédiatement frémir et reculer tous les hommes présents. Même Krügger, qui était furieux comme un démon à cet instant, venait de perdre toute sa fureur, devenant silencieux et presque pâle.

_ "Très bien… Dans ce cas, que personne ne nous dérange, sous aucun prétexte", ordonna Krügger.

Sur ces mots, il se dirigea seul vers la salle de réunion de son repaire, qu'il atteignit après avoir traversé une série de couloirs. Congédiant les gardes en poste, il poussa la double porte pour entrer dans une pièce plongée dans une obscurité totale. Quelques petites bougies avaient été allumées et disposées en cercle, mais elles ne diffusaient que juste assez de lumière pour distinguer un pentagramme rouge sang dessiné au centre de la pièce. Dès son entrée, Krügger s'agenouilla au sol, la tête respectueusement inclinée, et se sentit complètement submergé par l'aura qui régnait dans la pièce.

_ "Vous m'avez fait venir, je vous écoute, votre Majesté", dit humblement Krügger.

Au centre du pentagramme, une grande ombre se matérialisa, haute de près de dix mètres, ondulante et noire comme une masse de fumée, prenant une forme féminine et humanoïde, arborant deux longues cornes ondulantes au sommet de sa tête et révélant deux sphères blanches brillantes en guise d'yeux. Le bas de son corps prit la forme d'une très longue, large et vaporeuse robe, la faisant léviter à quelques mètres au-dessus du pentagramme.

L'atmosphère dans la salle de réunion devint plus glaciale et oppressante qu'auparavant, et Krügger le ressentit clairement de tout son être. C'était comme si chaque partie de son corps et de son esprit était paralysée par une force invisible et incommensurable tandis que la forme sombre et fantomatique le fixait. Mais l'Allemand déglutit et frissonna encore plus lorsqu'il entendit pour la première fois, puis vit du coin de l'œil, quelques créatures, celles qu'ils surnommaient Goules, émerger lentement de l'obscurité et rôder autour de lui sans l'attaquer, mais leurs yeux rouges le fixant constamment et leurs gueules salivantes suggérant une faim sans bornes. Cependant, la grande forme cornue, d'un simple geste de la main, ordonna aux créatures de ne rien faire, et elles obéirent parfaitement comme des chiens bien dressés. Soudain, Armin Krügger se retrouva violemment plaqué au sol par une force invisible.

_ "Commandant Krügger", dit la silhouette du pentagramme, bien qu'elle n'ait pas de bouche visible.

Elle parlait d'une voix féminine et désincarnée, d'une froideur inhumaine, résonnant comme un puissant écho dans la pièce.

_ "Comme vous l'avez sans doute deviné, je ne suis pas du tout satisfait de vos récents résultats. Et s'il y a une chose qui m'agace plus que tout, c'est l'incompétence."

Krügger dut serrer les dents et lutter contre la douleur, la voix désincarnée de l'entité lui claquant les tympans à chaque mot, comme si les oreilles et le cerveau humains n'étaient pas conçus pour entendre une telle voix. Incapable de bouger, toujours cloué au sol, face contre terre, le commandant sentit les Goules grogner et s'agiter autour de lui.

_ "Et arrêtez de trembler comme un moineau effrayé", ordonna l'entité. "Mes chers petits ressentent votre peur, et cela ne fait qu'accroître leur appétit. Après tout, c'est bientôt l'heure du repas… Je devrais peut-être les laisser se régaler de votre carcasse, pour que cela vous serve de leçon."

_ "Votre majesté, je vous en supplie", supplia humblement Krügger, parvenant à parler malgré sa peur. "Nous avons fait de notre mieux, mais malheureusement, il a fallu l'intervention de Rob Ozbourne et de ces maudits gardiens pour tout gâcher."

Mais il avait à peine terminé sa phrase que la même force invisible le saisit, le souleva et le projeta au sol comme s'il n'était rien, puis le plaqua violemment contre le mur près des portes. Sentant le cœur de l'humain s'accélérer et son sang affluer dans ses veines, les Goules devinrent presque hystériques, grattant nerveusement le sol de leurs griffes, ne demandant qu'une chose : la permission de se jeter sur Krügger, de le déchiqueter et de dévorer jusqu'au dernier lambeau de sa chair.

_ "Je ne vous ai pas convoqué ici pour vous entendre répéter les mêmes excuses pitoyables, Commandant", rétorqua l'entité, sa voix devenant désormais plus puissante et menaçante. "Ces gardiens restent novices, convaincus d'être les dieux d'un monde nouveau. Leurs cœurs sont peut-être éveillés, mais ils ignorent tout de leur véritable potentiel."

_ "Pourtant, quelque chose est arrivé à la lycéenne, la Japonaise nommée Mariko", tenta d'expliquer Krügger à l'entité. "Je n'avais jamais vu ça chez un porteur de cœur de métal… Elle était sur le point d'être capturée, mais sans prévenir, elle a réussi à invoquer une sorte d'armure…"

Aussitôt ces mots prononcés, et sans qu'il ait le temps de s'en rendre compte, la force invisible qui le maintenait cloué au mur comme un papillon le tira violemment en avant, le projetant à travers la pièce jusqu'à ce qu'il se retrouve face aux yeux brillants de l'entité, qui redoublèrent d'intensité.

_ "Une armure, dis-tu ?" cria la voix puissante et radicalement modifiée de l'entité, laissant deviner une colère si palpable qu'elle pouvait être touchée.

Krügger ne put qu'acquiescer pour confirmer ce qu'il avait vu, et dès cet instant, il s'attendait à mourir, jeté aux mains des créatures des abysses. Mais à sa grande surprise, mais aussi à son profond soulagement, l'emprise de l'entité s'évanouit, le laissant lourdement tomber au sol. Se frottant les fesses endolories par la chute, le commandant allemand le regarda reculer tandis que les Goules se rassemblaient autour de leur sombre maîtresse, comme pour écouter ses prochains ordres.

_ "Psyker, viens à moi, je te l'ordonne !" rugit l'Impératrice de toute sa férocité, sa voix faisant trembler les fondations de la pièce.

De l'obscurité bouillonnante et rampante sur les murs de la pièce, une nouvelle forme humanoïde solitaire émergea, avançant lentement mais sûrement vers l'entité. De petite taille, il semblait mesurer à peine plus d'un mètre cinquante, entièrement recouvert d'un long manteau sombre et déchiré, marchant pieds nus et révélant une peau grisâtre et rocailleuse. Sa tête était recouverte d'une large capuche, ne dévoilant que le bas de son visage, d'apparence presque humaine mais criblé de rides et de cicatrices.

Immédiatement, Krügger se sentit très mal à l'aise en posant les yeux sur ce nouveau venu, comme si une aura malsaine émanait de lui et lui serrait les entrailles, lui donnant presque envie de vomir. Les Goules semblaient également le craindre, s'écartant de lui autant que possible. La grande entité fantomatique semblait être la seule à ne pas être affectée par l'abominable aura émanant de cette chose qu'elle appelait Psyker. Ce dernier, une fois devant sa maîtresse, s'agenouilla et inclina légèrement la tête en signe de respect.

_ "Psyker, ta petite tuerie contre cette famille japonaise, les Izogai, n'était qu'un avant-goût", proclama l'entité sans vergogne. "J'ai une nouvelle mission pour toi. Une des porteuses de cœur de métal, une humaine nommée Mariko Miyazaki… Retrouve-la et ramène-la-moi vivante. Je n'ai pas besoin de te rappeler quel châtiment infliger à ceux qui osent se mettre en travers de ton chemin."

Recevant les ordres de sa maîtresse impitoyable, le Pysker ne dit rien, dévoilant seulement un large sourire psychopathe, révélant une dentition jaune et abîmée. Krügger, quant à lui, terrassé par la peur, quitta rapidement la pièce.

Laisser un commentaire ?