ODD club
Chapitre 8 : Ruine et désordre insoutenable
2267 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 04/03/2026 20:14
Arrivés au deuxième étage, les membres de l’ODD Club s’arrêtent un instant.
Devant eux se dresse le même type de couloir qu’au premier, mais en beaucoup plus abîmé. La peinture des murs est en miettes et le bois du parquet grince à chaque mouvement.
Les murs de certaines classes sont troués à divers endroits, certains menaçant de tomber à tout moment.
Max : Wow… ils ne rigolaient pas avec la pancarte. L’étage est vraiment en ruine.
Léa grimace en regardant le sol délavé et avance, un pas après l’autre. Elize la suit de près, suivie de Sara, Misty et Max, qui ferme la marche.
Au bout d’un moment, la cheffe de file ralentit et lève un bras pour stopper le groupe. Elle tâte devant elle avec le bout de son pied ; le grincement se fait plus insistant.
Léa : Évitons de traverser à partir d’ici. Le sol ne m’inspire clairement pas confiance.
Derrière, Elize tape d’un air frustré sur sa lampe-torche, qui commence à clignoter.
Elize : Rhh… fais comme tu veux. Tant qu’on sort en vie d’ici, moi, tout me va.
Le groupe passe par une paroi effondrée entre deux classes et arrive dans ce qui semble être l’ancienne salle des profs. Des murs bifurquent un peu plus loin devant eux.
Léa tente de les guider comme elle peut alors qu’ils passent par une zone en partie reconstruite juste derrière. Des murs se succèdent en zigzag, rendant chaque mouvement délicat dans la pénombre.
Malgré qu’elle tente d’éclairer la zone comme elle peut avec sa lampe-torche, un « bonk » sonore retentit contre l’une des poutres, suivi d’une violente injure.
Sara : Elize ! Ça va… ?
L’intéressée vient de percuter l’un des murs, sa lampe-torche ayant lâché juste à ce moment-là.
Elize : Pute de lampe de merde… aïe… bordel.
Elle se masse le front en balançant sa lampe à terre et enlève ses lunettes avec un léger pincement au cœur. Le verre droit est fissuré.
Elize : Haa… manquait plus que ça. Tout ça à cause d’une idée de merde…
Sara lui donne un léger coup de poing dans le dos, qui la fait à peine sursauter, et tire une grimace boudeuse.
Sara : Hey !! Tu étais tout aussi partante que les autres.
Elize passe une main dans ses cheveux roux et replace ses lunettes avec délicatesse. Elle aperçoit la lumière de Léa qui vient l’éclairer. Voyant qu’elle semble chercher ses mots pour la réconforter, Elize soupire et la pousse, passant devant.
Elize : Bon, grouillons-nous avant qu’il nous retrouve. Je ne suis pas encore aveugle, rassurez-vous.
Depuis leur arrivée au deuxième étage, les bruits et les vibrations du premier étage ont doucement diminué, remplacés par les voix spectrales qui ont suivi l’apparition du fantôme.
Le groupe avance sans s’en préoccuper et atterrit dans ce qui semble être l’ancienne salle des profs du bâtiment. La pièce est petite et ne contient qu’une seule porte qui les ramène sur le couloir.
Léa avance vers la porte, mais s’arrête avant, retenue par une trace blanche peinte sur le sol.
Max : Bon sang…
Il vient rejoindre le petit cercle créé à l’entrée de la pièce, tous les regards posés sur les deux silhouettes tracées à la craie blanche sur le sol, toutes les deux faisant un peu plus que leur taille.
Misty remonte ses manches devant son visage, tétanisée.
Misty : Alors… alors c’est vrai…
À côté de Léa, Sara se tient près d’elle. Aucune trace d’amusement n’orne son visage alors qu’elle observe les marques.
Sara : Voilà pourquoi le bâtiment n’a jamais été détruit… l’enquête était toujours en cours. Ces tracés sont ce qu’il reste des dernières victimes…
Léa : Comment ça, « était » ?
Sara passe un doigt sur le bureau, enlevant la poussière au passage.
Sara : L’enquête a été classée sans suite l’année dernière… le coupable reste introuvable.
Le groupe se tend un instant face aux voix qui continuent de murmurer autour d’eux. Max finit par cogner le coin du bureau pour attirer l’attention et passe la porte, notant que le sol semble de nouveau stable dans le couloir.
Max : On ferait mieux de retrouver la sortie. Histoire de ne pas finir comme eux.
Ses camarades le suivent avant que le mur derrière eux ne vole en éclats. Sara s’abaisse trop tard et se prend une planche en pleine figure. Elle parvient à se redresser, mais une balafre recouvre sa joue.
En relevant la tête, elle fait face à la masse grise de tout à l’heure.
Le spectre hurle à leur trouer les tympans, rejetant la tête en arrière d’un air enragé en tirant la langue. Les muscles de son torse se contractent alors qu’il enfonce les deux lames de ses bras dans les murs de chaque côté du couloir, avançant en laissant d’énormes entailles de chaque côté.
Sara observe la scène en reculant, partagée entre l’admiration et la terreur. Des bras viennent la remettre debout et la traîner hors de danger : c’est Léa.
Léa : Allez !! Je sais que t’aimes les fantômes, mais tu le verras de plus près une autre fois !
Elle la redresse d’un coup rapide et la prend par l’épaule. Devant elles, Elize et les autres les encouragent alors que le spectre avance en détruisant tout sur son passage.
Léa épaule son amie comme elle peut, mais une forme anormale au sol l’avertit du danger imminent. Elle pousse Sara et le sol sous ses pieds s’effondre juste après. Malgré l’instabilité, Max bondit pour la rattraper. Il serre sa main juste à temps et s’abaisse pour éviter un coup du spectre.
Il tente de remonter Léa, mais le reste du plancher craque sous son poids et tous les deux tombent dans le vide, laissant leurs amis en proie au danger.
Une légère lumière revient alors que son dos le lance. Des planches et des poutres sont étalées autour de lui quand une main vient l’aider à se relever.
Léa : Kof… kof… est-ce que… kof… ça va ?
La poussière due à l’effondrement lui pique la gorge alors qu’il accepte la main tendue.
Max : Ouais… je pense.
Une fois debout, son dos le lance violemment avant de se calmer progressivement. Il reprend son souffle doucement et voit qu’ils sont entourés de bibliothèques qui recouvrent les murs.
Léa reprend sa torche sur le sol et parcourt la pièce avec. Les rangées sont vides pour la plupart, les livres éparpillés à terre. Un léger frisson la prend alors qu’elle se souvient de sa dernière visite à la bibliothèque.
Derrière elle, Max la suit du regard, terminant de chasser la poussière de son gilet noir.
Max : Et toi, Léa ? Rien de cassé ?
Elle le regarde par-dessus son épaule et frotte son avant-bras en regardant ailleurs.
Léa : Rien de cassé, ne t’en fais pas…
Un petit silence s’ensuit. Max voit qu’elle se tient le bras, mais n’a pas le temps de lui demander.
Léa : Merci… pour la tentative.
Il se contente de lui sourire et observe les alentours. Au-dessus d’eux, les cris du spectre se font encore entendre, suivis de quelques hurlements. À part ça, les voix reviennent doucement.
Léa : Ne traînons pas. Les autres auront besoin de nous contre cette chose…
Elle passe par le trou d’une bibliothèque et disparaît de l’autre côté. Max rattrape son retard et la suit, se courbant pour passer, se demandant comment elle a fait pour passer d’un coup.
La seconde pièce est la suite de la bibliothèque, le plafond effondré créant un gouffre au-dessus de leurs têtes. Léa le regarde d’un air impressionné et continue de se frayer un chemin dans les débris.
Max reste en arrière et la dévisage depuis le comptoir de l’accueil. Un sentiment familier, présent depuis quelque temps, le saisit. Il reprend son calme et serre le poing en s’approchant.
Max : Hey… Léa, il y a un truc dont j’aimerais…
Un bruit d’éboulement le coupe alors que Léa vient de défoncer une poutre d’un coup de pied, libérant l’accès. Elle observe son œuvre et affiche un sourire fier, semblant lui rappeler qu’elle aime démolir des trucs.
Léa : Super ! On va pouvoir accéder à la suite de la bibliothèque.
Il la voit disparaître à nouveau et baisse la tête, ressentant une vieille émotion qu’il aurait aimé oublier.
Léa : Hey ! Tu viens ?
Il sursaute et la rejoint, passant la barrière de débris sans problème pour atterrir dans le hall d’entrée de la bibliothèque. Comme prévu, la porte d’entrée est en partie ouverte, une poutre l’ayant défoncée, sûrement à la suite de l’effondrement qui les a emmenés ici.
Il note son sourire lorsqu’elle voit la sortie et la suit. Contre toute attente, elle s’arrête au milieu de la zone et se tourne vers lui, semblant plus à l’aise que tout à l’heure.
Léa : Ah, désolée. Il me semble t’avoir entendu parler avant de tout péter…
Elle affiche un léger sourire désolé derrière ses cheveux blancs ébouriffés et lui fait face, la lampe éclairant le sol.
Léa : Tu voulais me dire quoi ?
Max reste figé un instant devant elle. À vrai dire, il ne pensait pas vraiment qu’elle y prêterait attention. Son regard passe d’elle à la lampe alors qu’une légère rougeur traverse son visage.
Max : Ah ?… euh… oui. Je voulais te dire quelque chose… d’important.
Au mot « important », elle retrouve un air neutre et penche la tête vers lui, tout ouïe. Voyant qu’elle attend, Max ferme les yeux et se frotte la nuque d’un air embêté, mais se lance ; ce sentiment le bloque depuis déjà trop longtemps.
Max : Je voulais te dire… que… que je t’aime… voilà…
Il soupire d’un air rassuré et détourne le regard, n’osant voir sa réaction.
Max : Je sais que ma sœur peut être un peu limite sur les bords… et que tu es là plus à contrecœur qu’autre chose, mais… j’espère vraiment que tu resteras dans le club malgré tout…
Devant lui, Léa reste immobile, ne sachant pas comment réagir. Bien sûr, elle a déjà eu des petits copains quand elle était au lycée et a déjà embrassé un garçon, mais encore une fois, c’était plus à cause de ses menaces que par réel intérêt pour elle.
Voir quelqu’un lui avouer ses sentiments, surtout dans un tel contexte, la déstabilise un peu. Elle ne pensait pas qu’on pourrait un jour aimer quelqu’un comme elle.
Malgré ses pensées confuses, une légère chaleur la prend au dépourvu, mais elle ne sait pas encore si c’est de l’amour ou simplement lié à la proximité de Max, qui vient de la plaquer au sol.
Il prend l’une des poutres de l’entrée et vient se cacher derrière en lui faisant signe de se taire. Léa le rejoint et observe par l’interstice.
Des hurlements familiers se font entendre et le trio composé d’Elize, Misty et Sara fait irruption dans le couloir, suivi par le spectre qui hurle de nouveau dans les couloirs.
Spectre : RAAANNGEEERR !!!!
Max compte dans sa tête peu après leur passage devant leur porte, puis se redresse un peu.
Max : On ferait mieux de les rejoindre… mais je ne sais pas si sortir d’ici nous garantira d’être hors de danger.
Léa reprend ses esprits et se redresse, suivant son regard.
Léa : Je ne sais pas. Pour le spectre de la bibliothèque, il était limité à l’intérieur de la salle. Mais pour le coup, ta sœur connaissait les conditions d’apparition, ce qui, je pense, a pas mal aidé.
Les yeux de Max s’abaissent lentement alors qu’il réfléchit à la suite.
Max : Malheureusement pour nous, on ne connaît pas grand-chose de lui… à part qu’il aime gueuler « Raanngerr » en essayant de nous empaler.
Elle esquisse un bref sourire à son imitation et se relève, lui faisant signe d’y aller.
Léa : C’est déjà un début, je suppose. Plus qu’à rejoindre les autres et trouver ensemble ce qu’il veut qu’on « range » !