ODD club
Chapitre 9 : L’ODD club VS le désordre
4315 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 06/03/2026 22:51
De retour dans le couloir du premier étage, le spectre fou continue de pourchasser ses proies sans relâche.
Sa colonne vertébrale racle sur le sol abîmé tandis que ses lames cherchent constamment comment neutraliser la source de ses perturbations.
Sara évite un coup de lame de justesse et parvient à embrouiller le fantôme grâce à Misty. L’une des oreilles de lapin de la jeune fille y passe quand même dans le feu de l’action.
Elize parvient à anticiper un autre de ses mouvements, mais le spectre s’adapte. Son bras change de trajectoire et il lui envoie une partie du plancher dessus.
Misty tente de l’aider en la tirant de là, mais les deux se font renverser par une partie du coup, qui les envoie valser contre le mur.
Voyant ses amies à terre, Sara commence à voir trouble alors que les voix semblent revenir. Sa blessure à la joue lui lance une nouvelle fois alors qu’elle essaye de trouver une solution, mais rien ne lui vient.
Pour une fois, la grande présidente qu’elle pense être ne peut rien faire, condamnée à regarder ses amis mourir à cause de son enthousiasme mal placé.
Le spectre se tord vers l’avant pour se charger de son cas, mais un frotteur vient percuter le haut de sa tête avant de tomber en face de lui. Sara l’observe d’un air surpris et suit le regard du monstre qui se retourne vers la source du lancer.
Léa : Hey !! Chainsaw-man !
Derrière eux, Léa se tient la tête haute, jonglant avec un autre frotteur déjà prêt dans sa main.
Léa : Et si tu t’attaquais à un spectre de ton calibre ?!
Misty l’aperçoit et sourit de plus belle, blottie contre Elize.
Misty : Ha ! Je le savais !
Léa ne se fait pas prier et balance le second frotteur, qui vient percuter le visage lisse du monstre. Une légère marque de craie reste sur sa peau pâle avant qu’il ne hurle de nouveau, la prenant en chasse.
À présent délivrée, Sara tombe à genoux sans quitter la scène des yeux. Sur sa gauche, Elize se redresse, prête à retourner aider les autres.
Les portes du couloir vibrent alors que le spectre passe en trombe. Passé au niveau de la bibliothèque, une série de poutres lui tombe dessus.
Certaines parviennent à l’entraver et il se retrouve coincé un bref instant. Max sort de la pièce et rejoint Sara, qui reprend son souffle.
Max : Tu crois que ça suffira ?
Il a à peine le temps de demander que la silhouette du spectre prend une allure translucide. Le reste des poutres s’effondre sur le sol et il passe au travers comme si de rien n’était, avant de reprendre une forme physique.
Léa se prépare déjà à reprendre sa course quand Max prend les devants, envoyant une série de livres sur le monstre, qui se les prend sans broncher.
Max : Je m’occupe de le distraire ! Toi, va tester ta théorie !
Elle lui adresse un signe de tête rapide et part se cacher près des escaliers qui mènent au rez-de-chaussée. Le spectre semble hésiter à la suivre, mais un nouveau bouquin en pleine face le fait changer d’avis.
Au bout du sixième livre, il le tranche en deux avec l’une de ses lames et repousse un nouveau grognement qui fait trembler le bâtiment.
À présent à court d’objets, Max se replie comme il peut jusqu’à l’autre bout du couloir, son regard ne lâchant pas l’entrée du premier local visité.
Un bruit creux retentit enfin et lui fait l’effet d’une libération quand le monstre s’arrête net.
Ce dernier redresse la tête et tourne son corps spectral vers la source du bruit. De l’autre côté de l’entrée du local où il a commencé sa chasse, il aperçoit Léa, debout à côté d’un pot en cuivre qu’elle vient de faire tomber de son présentoir.
Elle croise son regard avec un sourire arrogant et feint d’en être désolée.
Léa : Oups… my bad.
Malgré son absence d’yeux, il voit clairement le regard de défi qu’elle lui lance, ses yeux gris foncé semblant le percer à jour.
En réponse, il fait claquer ses dents plusieurs fois et pousse un grognement plus sombre, sonnant davantage comme un avertissement.
Spectre : Rann…geerr…!
En une fraction de seconde, ils foncent l’un vers l’autre. La lame du spectre fauche dans le vide alors que Léa s’abaisse pour passer en dessous, ses baskets frottant aisément contre le sol poussiéreux.
Une fois sortie du local, elle adresse un air triomphant à Max.
Léa : C’est ça !!
Max lui adresse un pouce en l’air d’un air ravi, mais son amie disparaît de sa vision alors que la masse grisâtre se met une nouvelle fois entre eux, plus remontée que jamais.
Léa reprend son souffle et se jette dans la cage des escaliers du rez-de-chaussée alors que deux bancs volent dans sa direction.
Le capharnaüm continue plus bas alors que les autres membres du club rejoignent Max.
Elize : Tu m’expliques ? Vous cherchez à mourir ou quoi ?
Il secoue la tête et leur fait signe de le suivre alors qu’il revient dans le local aux multiples bizarreries.
Max : Non… on avait un plan… enfin, une théorie plus tôt.
Il remet le pot que Léa a renversé et leur fait signe de faire pareil.
Max : Léa vient de comprendre ce qui a mis le fantôme en rogne. C’est le désordre qu’on a mis dans cette pièce.
Elize le dévisage d’un air incrédule et secoue la tête avec une grimace.
Elize : Euh… attends un peu… je pense que t’es juste un peu sonné à cause de ta chute de tout à l’heure. Pourquoi un peu de rangement calmerait ce monstre ?
Max reprend son souffle et affiche un vrai sourire confiant.
Max : C’est logique ! Il est apparu dans cette pièce après qu’on ait touché au mobilier. Léa vient de le prouver en jetant ce pot.
Il part s’attaquer à l’un des bancs qu’il avait déplacés et les encourage à le suivre.
Max : Si tu as une meilleure solution, dis-le. Sinon, remettez les objets que vous avez déplacés à leur place d’origine le plus vite possible. Je ne pense pas que Léa tiendra longtemps face à lui.
Sara l’écoute en silence et vient ramasser les stylos qu’elle avait laissés tomber à leur entrée. Elle les remet dans la tasse sur le bureau puis observe les membres de son groupe, tous s’attelant à la tâche.
Dans le couloir, le grondement continue alors que son amie fait face au problème qu’elle a en partie créé.
Sans perdre une seconde, elle sort du local au pas de course et part rejoindre Léa, sa queue de cheval noire bougeant au rythme de ses pas.
Dans la cafétéria, Léa saute de table en table alors que le spectre les envoie valser l’une après l’autre.
Elle s’apprête à sauter de la dernière, mais il l’envoie valser trop vite. Son pied part avec le coup et elle se fait projeter contre le distributeur, fissurant la vitre à l’impact.
La lumière du bac clignote un instant tandis qu’elle se redresse comme elle peut, son dos lui faisant encore mal suite à sa précédente chute.
Devant elle, le monstre se rapproche avec un son rauque et percute la lampe pendante sans s’en soucier, cette dernière émettant une brève lumière avant de s’éteindre.
Sa lame se tend une nouvelle fois face à Léa qui essaye de rester debout.
Ça lui était déjà arrivé par le passé de se battre jusqu’à repartir recouverte de bleus, mais pour le coup, c’était la première fois qu’elle se retrouvait mise autant en difficulté, sans parvenir à riposter.
Alors que la situation devient tendue, un hurlement provient du couloir et une silhouette vient sauter sur le dos du monstre. Sara lève le seau qu’elle tient en main et le coince sur la tête du fantôme, ce qui le désoriente un moment.
Elle saute à temps et retombe sur ses jambes, puis attrape la main de Léa pour la tirer de là.
Sara : Je suis là… ! Hors de question de perdre mon meilleur membre aujourd’hui !!
Derrière elle, le fantôme repasse en mode translucide. Le seau s’écroule sur le sol alors qu’il repart à leur poursuite.
Sara l’entend et serre les dents en accélérant le pas, soutenant Léa le temps qu’elle se reprenne.
Elle serre sa main par-dessus son épaule et ferme les yeux en râlant toute seule.
Sara : Je suis désolée, Léa… vraiment, vraiment désolée ! À cause de moi et de mon penchant maladif pour le paranormal, on va sans doute tous y rester…
Sous son bras, Léa lève les yeux vers elle, notant ce qui ressemble à du regret dans son regard. Pendant un instant, elle est tentée de lui faire la leçon, mais à la place, un fou rire la prend.
Léa : Ha… hahahaha… hahhhaaa !
Sara écarquille les yeux à sa réponse et affiche une grimace frustrée qui ne lui va pas du tout, tout en la traînant dans les escaliers qui mènent à l’étage.
Sara : Non mais je m’excuse de t’avoir embarquée dans cette histoire, et toi tu te fous de ma gueule ?!
Léa rigole de plus belle et resserre sa poigne sur sa camarade tout en se redressant, la gratifiant d’un sourire enragé, le visage couvert de bleus.
Léa : Pas besoin de t’excuser ! Grâce à toi, je suis en train de vivre la meilleure période de toute ma vie !!
Elle passe devant et lui tend la main pour l’aider à monter, le spectre les suivant de près.
Spectre : RAANNGERRR !!!!
Léa : Hors de question que je laisse mon abrutie de présidente se mettre en danger toute seule !
Sara ferme les yeux et éclate de rire en attrapant sa main.
Sara : Ça marche ! Merci pour tout…
Une fois au bout des marches, elles parcourent les derniers mètres en sprintant. Leurs rires communicatifs résonnent dans le couloir, couvrant les hurlements qui les suivent.
De retour dans la classe, elles passent la porte à deux et regardent les autres d’un air essoufflé.
Léa : C’est bon… ?
Misty arrive enfin à replacer le bras de la marionnette qui prend la poussière sur l’appui de fenêtre. Une fois fait, Max leur accorde un geste positif.
Elles se décalent à temps alors que le spectre entre à leur suite, toutes lames dehors, en hurlant à pleins poumons.
Spectre : RAAAANNNNGEERRRR…
Son cri ralentit alors qu’il baisse le regard sur les membres de l’ODD club. Chacun reste immobile pendant qu’il parcourt la pièce du regard.
Sur sa droite, Léa reste collée dos au tableau, sa main sur la bouche de Sara qui tente d’articuler quelque chose, la lame du fantôme à quelques centimètres d’elles.
Après un court silence, les voix fantomatiques cessent lentement alors que le spectre baisse ses bras armés, sa posture paraissant moins tendue.
Près de la fenêtre, Misty tente de rester immobile malgré sa position inconfortable. Elle voit que la menace semble écartée et rejoint les autres sans tarder.
Elle fait un mouvement brusque malgré elle et le bras de la marionnette retombe à terre, son corps suivant avec un choc net.
Le regard du fantôme la suit durant sa démarche. Au son du désordre, sa tête passe du pantin à Misty en même pas deux secondes. Aussitôt, il pousse un grognement et relève ses lames vers elle.
Le grognement la surprend et elle s’étale sur le sol. Un coup d’œil rapide l’avertit du danger qui fonce sur elle. Ne supportant pas cette vision, elle abaisse sa capuche lapin d’un coup sec pour se cacher.
Léa voit ce qui attend la jeune fille et sent son sang ne faire qu’un tour. Comment ose-t-il s’en prendre à elle après autant d’efforts ? Hors de question de laisser passer ça. Cette fois, c’est à son tour d’avoir mal.
Elle bondit dans leur direction et brandit son poing vers lui en hurlant de rage. Le fantôme se prend l’uppercut en plein visage et dévie de sa trajectoire.
Un nouveau silence suit son geste alors que Léa secoue sa main endolorie par le coup. C’était sans aucun doute l’un de ses plus beaux coups de poing, voire le plus puissant qu’elle n’ait jamais réussi à porter. En tout cas, elle n’est pas près de recommencer de sitôt.
Alors que tout le monde regarde la scène en retenant son souffle, la masse grise se tourne doucement et flotte jusqu’à un coin au fond de la classe, un gémissement plaintif émanant de lui.
Les membres du groupe le dévisagent avec incrédulité alors que les gémissements se font un peu plus forts. Léa le suit du regard et semble perdue.
Léa : Attends… il… il est vraiment en train de pleurer, là ?
Aucun d’eux ne sait comment réagir. Dans une autre situation, Léa se serait moquée de lui, mais là, aucune envie ne lui vient face à l’absurdité de la situation.
À sa question, ou plutôt affirmation, le spectre pousse un léger grognement entre deux pleurs, roulé en boule au fond de la classe.
Spectre : Bien sûr… snif… que je pleure… snif… snif… ça fait tellement maaalll…
Sa voix se brise vers la fin, mais l’information est là. Il peut bel et bien parler. Elize n’en revient pas et enlève ses lunettes pour se frotter les yeux avec un soupir.
Elize : Oh bordel…
Voyant leurs regards perturbés, le spectre pleure de plus belle. Léa serre de nouveau son poing et décide d’en finir. Si elle le cogne un peu plus fort, peut-être qu’il disparaîtra avec un peu de chance. Soit ça, soit ça empirera les choses.
Comme si elle avait compris son geste, Misty se redresse et vient se placer entre Léa et le spectre. Son visage montre un air déterminé malgré son expression encore effrayée.
Misty : Arrête… tu vois bien que tu lui fais peur…
Léa la dévisage, d’abord d’un air impressionné, puis avec un air résolu.
Léa : Haa… allez Misty, pousse-toi. Je te rappelle qu’il a essayé de te tuer.
La jeune fille campe sur sa position et se tourne vers le spectre en pleurs.
Misty : C’est vrai… mais on l’avait un peu cherché aussi… c’est nous les intrus dans l’histoire, non ?
Elle regarde Léa par-dessus son épaule et prend un air boudeur.
Misty : T’aimerais, toi… qu’on vienne s’amuser à foutre le bordel dans tes affaires ?
À sa réponse, Léa détourne le regard, pesant le pour et le contre. C’est vrai que dans son cas, si Jenny commençait à venir déchirer les posters de ses groupes préférés, elle serait sûrement tentée de la tuer. L’argument se tient.
En entendant son avis, le fantôme relève la tête vers la fille au gilet lapin qui se tient devant lui, ne semblant pas en croire ses oreilles.
Spectre : Tu… tu penses vraiment ce que tu dis ?
Face à sa voix rauque et faible, Misty hoche la tête et lui répond avec un petit sourire.
Misty : T’es pas si méchant quand tu pleures…
La bouche du monstre tente d’imiter son sourire alors qu’il se redresse, ne déviant pas le regard de Misty.
Spectre : Ha… haha… alors des gens respectables existent dans ce monde ?
Max se rapproche progressivement et le dévisage, essayant encore de s’y faire.
Max : Euh… c’est-à-dire ?
Le spectre pousse un rire fou et tente d’articuler comme il peut.
Spectre : Dans mon ancienne vie… les étudiants n’arrêtaient pas de venir prendre mon matériel… et ils ne le remettaient jamais à sa place…
Il se recroqueville un peu afin d’être à leur hauteur et sourit d’un air sombre, alors qu’aucune expression n’est visible sur son visage.
Spectre : J’avais beau leur répéter… ça tombait toujours dans le vide… alors un jour, j’ai décidé d’en faire un exemple… et j’ai tué ceux qui ne rangeaient rien… aha…
Suite à ses mots, le groupe le regarde de travers, partagé entre la peur et l’inconfort. Malgré tout, Elize le prend à la rigolade, ne sachant plus vraiment si tout ça est un rêve ou non.
Elize : Ok ! Donc le spectre d’un concierge vieux de plusieurs années vient de nous avouer qu’il est à l’origine des meurtres d’il y a trente ans ?
Le spectre lève un doigt crochu à son explication et rectifie le tir.
Spectre : Pas « spectre »… Bane.
Elle secoue sa veste couverte de poussière en riant de plus belle, puis se dirige vers la porte de sortie en haussant les épaules.
Elize : Ouais, si tu veux… Allez, bonne nuit, « Bane ».
À peine passée la porte, elle s’effondre sur le sol, ce qui surprend ses camarades. Sara est la première sur les lieux et lève la main d’un air rassurant.
Sara : Fausse alerte ! Elle s’est juste endormie…
Misty regarde Bane et se redresse, curieuse.
Misty : Comment tu t’es retrouvé comme ça, Bane ?
Le fantôme semble réfléchir longuement avant de sourire d’un air triomphant.
Bane : Ha… j’ai oublié d’éteindre le tracteur-tondeuse du campus lors du dernier entretien… Il m’a roulé dessus sans que je m’en rende compte…
Léa pouffe de rire à son explication mais se reprend au dernier moment, faisant semblant de tousser.
Voyant une ouverture, Sara apparaît dans le champ de vision de Bane. Elle sourit de plus belle et joue avec ses doigts, semblant avoir une idée derrière la tête.
Sara : Alors… Bane. Maintenant qu’on est potes, j’aimerais savoir si tu serais… haha… éventuellement… partant pour nous laisser utiliser ton local pour notre club.
Elle roule des yeux comme si ça paraissait évident et se hâte de le rassurer.
Sara : Ah, et ne t’en fais pas. On veillera bien à ranger chaque chose à sa place après chaque séance… d’acc ?
Bane la regarde un bon moment, comme s’il était déconnecté. Finalement, son regard passe de Misty à Sara et il pousse un grognement positif.
Bane : D’accord… mais à condition de ramener cette étrange créature avec vous… à chaque fois.
Sara observe Misty et affiche un grand sourire. Elle prend une partie de la main du spectre et la serre pour conclure cet accord.
Sara : Promis, tu pourras jouer avec Misty… ou quoi que ce soit d’autre… autant que tu voudras.
Misty pousse un grognement de protestation, mais Sara plaque sa main sur sa bouche pour l’arrêter, lui glissant l’un des vieux paquets de bonbons périmés du distributeur du rez-de-chaussée.
Aussitôt le paquet en main, Misty cesse de parler et l’attrape. De son côté, Sara sourit d’un air désolé à Bane et recule.
Sara : Bien, sur ce… Bienvenue dans l’ODD Club.
Derrière, Léa et Max échangent un regard lourd de sous-entendus. Visiblement, avoir manqué de tous les tuer ne semble pas l’avoir affectée tant que ça.
Presque naturellement, chacun des membres quitte la pièce. Misty clôt la marche et adresse un petit salut à Bane avant de partir. Le fantôme le lui rend avant de disparaître doucement.
De retour dans les couloirs de l’université, le groupe baille à l’unisson. Derrière eux, Misty avance comme elle peut, le corps d’Elize sur son dos. Elle ronfle un peu et marmonne de temps en temps, mais cela ne semble pas déstabiliser la jeune fille, heureuse de s’être fait un nouvel ami.
De retour à l’entrée des dortoirs, le groupe se sépare doucement. Misty raccompagne Elize et Sara repart de son côté.
Elle adresse un léger regard souriant à Léa et se penche vers eux.
Sara : Encore merci, surtout à vous deux. Sans vous, on serait sûrement dans de beaux draps… aha…
Léa grimace et secoue la tête, malgré son léger sourire au coin des lèvres.
Léa : Ça va, garde ton charme pour Misty.
Elle lui adresse tout de même un coup de poing amical à l’épaule avant de reculer.
Quant à Max, il lui donne une claque sur la tête, ce qui la fait sursauter.
Sara : Hé !!
Max : Ça, c’est pour nous avoir mis en danger.
Il la serre ensuite dans ses bras de toutes ses forces.
Max : Et ça, c’est parce que je suis content que tu ailles bien…
Elle se laisse aller dans ses bras et affiche un vrai sourire sincère.
Sara : Merci, frangin…
Sara se recule d’un bond et leur refait un grand salut de la main, plein d’espoir et de détermination.
Sara : Bon allez, passez une bonne nuit. J’ai hâte de vous revoir la semaine prochaine ! Et en forme, bien sûr !
Le duo la salue et repart dans le sens opposé.
Le trajet se fait en silence alors qu’ils arpentent les couloirs sombres. Aucun des deux n’ose reparler de ce qu’il s’est passé dans le bâtiment B, que ce soit dans le local ou à la bibliothèque. Rien que le fait d’y penser fait rougir légèrement les joues de Max.
Quand elle arrive enfin devant la porte de sa chambre, Léa se tourne vers lui, replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille, un peu gênée.
Léa : Bon ben… c’était sympa… enfin, étrange surtout, mais sympa…
Il sourit bêtement et se gratte l’arrière de la tête, ne sachant pas trop quoi dire non plus.
Max : Ouais… c’est vrai. Malgré tout ça… c’était sympa.
Un nouveau silence gênant s’installe quand Max décide enfin d’y aller, un peu à contre-cœur. Il passe les mains dans ses poches et s’éloigne en lui adressant un petit signe de la main.
Max : Bon… je vais te laisser, tu dois être crevée. Allez, bonne nuit…
Son geste la prend un peu au dépourvu et elle sort de ses pensées.
Léa : Ah… euh oui… passe une bonne nuit…
Il fait quelques pas avant qu’elle ne l’interpelle d’un ton plus confiant.
Léa : Hey ! Max !
Quand il se retourne, elle affiche un vrai sourire, fatigué, mais heureux.
Léa : Merci pour ton aide… et t’inquiète pas… je compte pas quitter le club… pas de sitôt, en tout cas…
Sa réponse le prend au dépourvu, mais lui réchauffe le cœur. Il affiche un large sourire et repart d’un mouvement plus assuré.
Max : De rien… merci à toi d’être là. C’est… plus marrant quand tu es là…
Elle le regarde partir un moment puis passe enfin la porte de sa chambre. Une fois de l’autre côté, elle s’appuie contre pour la refermer et se laisse tomber au sol, laissant échapper un sourire ravi, les joues légèrement colorées.
Jenny : Tiens donc… je ne sais pas ce que t’as fait cette nuit, mais ça avait l’air pas mal…
La voix de Jenny la fait sursauter alors qu’elle regarde du côté droit de la chambre. Une petite lampe est allumée et éclaire le haut du visage de sa colocataire, couchée dans son lit.
Ses yeux noisette la dévisagent d’un air moqueur tandis qu’elle la met en garde, blottie sous sa couette.
Jenny : En tout cas, j’espère pour toi que tu n’as pas encore été coller des affiches à un certain endroit…
En réponse, Léa se gratte le haut de la tête et affiche un air désolé. Entre ça et ce qu’il s’est vraiment passé, elle ne sait pas encore comment son amie risque de réagir.