Les sentiments au fond de tes beaux yeux - Tome 1 : La magie de Noël
Chapitre 10 : Les tablettes de chocolat
3687 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 10/12/2025 11:45
Chapitre 10 : Les tablettes de chocolats ****
Dès que Julia rentre le lendemain matin, elle me réveille avec perte et fracas, morte d’inquiétude de mes dix appels manqués. Je passe donc la fin de la matinée à lui expliquer ma soirée dans les moindres détails puisqu’elle est complétement euphorique à l’idée que j’ai réussi à prendre le numéro d’un joli garçon, assoir mon amitié avec le capitaine et finir la soirée dans l’Aston Martin d’un mystérieux « inconnu ».
Elle est même hystérique, elle couine toutes les trois minutes et est jalouse comme un pou à l’idée que la seule vraie soirée que j’ai passé hors de notre chambre se soit avérée aussi dingue alors qu’elle sort plusieurs fois par semaine en espérant qu’il lui arrive un petit quelque chose qui sorte de l’ordinaire.
Eden tente de m’appeler régulièrement depuis que je suis levée, mais je l’ignore parce que je ne saurais même pas quoi lui dire… Je lui en voulais beaucoup de m’avoir mise dans cette situation mais puisqu’il a trouvé une solution, je ne peux pas vraiment lui faire la tête au carré alors je préfère juste l’ignorer aujourd’hui histoire de faire ma mauvaise tête.
En tout cas, Julia et moi prenons la journée pour passer du temps toute les deux et décidons même d’aller faire une grande marche dans l’après-midi pour nous bouger un peu. Puisque l’Université est en périphérie de la ville, nous découvrons un petit chemin qui nous mène dans les bois à vingt minutes à pied de notre bâtiment et ce bol d’air pur au milieu des arbres nous fait un bien fou. En revanche, aux trois quarts de notre promenade, nous nous prenons une pluie diluvienne sur la tête et nous rentrons presque en courant jusqu’à chez nous. Après une douche bien agréable, nous pâtissons dans notre minuscule cuisine et finissons notre dimanche devant des films romantiques de Noël.
*
Nous sommes désormais mercredi et je sors de chez moi pour retrouver Eden chez lui. J’ai fini par lui répondre lundi et après une petite explication, je l’ai évidemment pardonné. Il m’a proposé de le voir mais j’ai préféré lui imposer une session de révision car les partiels approchent et que je suis plutôt inquiète pour lui car je sais que les cours ne sont clairement pas sa priorité. Puisque j’estime que les choses ont été mise à plat avec Hunter, j’ai accepté que nous révisions chez eux plutôt qu’à la bibliothèque car nous y serons drôlement mieux installés.
Alors que je traverse un passage piéton en bas de mon bâtiment, j’aperçois au loin une tête que j’aurais aimé ne jamais revoir et mon sang se glace dans mes veines lorsque je reconnais mon agresseur. Mon cœur part en sprint comme si nous étions ce soir-là et bien qu’il ne m’ait absolument pas remarqué, je pars à toute vitesse en direction du parc pour rapidement disparaitre de sa vue.
Je n’ai jamais marché aussi vite, on dirait presque que je cours mais je remercie Eden du fond du cœur de m’avoir montré ce raccourci par le parc qui a pu m’empêcher de passer devant cette ordure. Je ne sais pas pourquoi je me sens plus rassurée de traverser le parc alors qu’objectivement, il y a bien moins de monde que dans les rues mais je me sens comme protégée par les arbres et les buissons épais, comme si j’avais des cachettes, des options pour me sauver … comme si Cal allait surgir d’entre deux arbres pour me secourir alors que je sais pertinemment qu’il n’est pas là.
J’essaie de me rassurer, de me dire que nous sommes en pleine journée, qu’Eden lui a fichu une rouste, que cet homme n’a pas bu et qu’il ne se souvient peut-être même plus de mon visage…
Je mets entre quinze et vingt minutes pour me rendre chez Eden par la route, seulement dix lorsque je coupe à travers le parc et pourtant aujourd’hui, je pense que j’atteins l’immeuble en sept minutes maximum.
Une fois en sécurité dans le hall, alors que j’attends l’ascenseur, mon cœur s’apaise et je me rends compte que j’ai drôlement surréagi… Je ne peux pas passer le reste de ma vie à avoir aussi peur à chaque fois que je me trouverai seule dehors, c’est inenvisageable… je l’ai toujours fait et il faut que je puisse continuer de le faire.
Alors que l’ascenseur grimpe au cinquième, je réfléchis à tout ça et je me demande ce que je pourrais bien mettre en place pour me rassurer. Pourquoi ai-je si peur ? Facile, je ne sais pas me défendre ! C’est ici que réside le problème… Si j’avais quelques notions d’auto-défense, je n’aurais pas peur de sortir seule la journée. Alors que je toque chez Eden, je prends la décision ferme de me trouver des cours d’auto-défense pour femmes. Toutes les villes ont ce genre de programme et j’en ai marre d’être une pauvre petite trouillarde en détresse.
Eden m’ouvre et après quelques minutes câlines avec Cal, nous nous installons au grand îlot central de la cuisine où il a déjà ouvert tous ses livres. Je les parcours rapidement des yeux pour voir de quoi il en retourne tandis qu’il soupire bruyamment pour exprimer sa flemme, récoltant mon regard le plus sévère :
- Les partiels sont à la fin du mois Eden, il faut que tu aies de bonnes notes, ça indiquera ton sérieux si des recruteurs s’intéressent à toi !
- Je sais…, ronchonne-t-il.
- La biochimie n’est pas si compliquée que ça, tu vas voir, ça va rentrer tout seul ! claironne-je en tirant un livre entre nous.
- Tu parles…
Nous passons une bonne demi-heure à travailler et j’arrive à désamorcer toutes les tentatives d’Eden de se distraire jusqu’à en arriver à l’avoir plutôt concentré. Alors qu’il tente d’écrire la formule développée d’une molécule capitale dans le métabolisme et que je le surveille avec sérieux, la porte sur la droite du salon s’ouvre.
Je relève le nez vivement, très surprise puisque j’étais partie du principe que nous étions seuls mais le spectacle sous mes yeux me scie en deux. Hunter sort de sa chambre en discutant avec sérieux au téléphone, portant uniquement un short de sport. Ma mâchoire se décroche littéralement face à son torse nu et je ne suis plus capable de détourner la tête tandis qu’il avance dans le salon en fixant le sol, absorbé par son appel.
Je n’ai jamais vu un corps pareil, je n’en ai pas vu beaucoup, mais bon sang, pas besoin d’en avoir vu quantité pour se rendre compte qu’il est absolument inhumain. Son corps est tracé, chacun de ses muscles est dessiné à la perfection… On dirait un foutu athlète, un homme d’un autre monde, de ceux qu’on ne voit que dans les magazines ou les publicités en étant persuadé qu’ils sont retouchés. Mes yeux le caressent, ils glissent sur son corps sans réussir à m’en empêcher, je découvre ses épaules dessinées, ses pectoraux bombés, ses abdominaux saillants…
Je rougis automatiquement alors que mon sang chauffe doucement dans mes veines et que des petites chatouilles au creux de mon ventre se réveillent. J’ai pratiquement envie de me jeter sur lui, d’embrasser son torse, de le caresser du bout des doigts… Je n’ai jamais ressenti ça, jamais eu envie de toucher un homme simplement parce que son physique me retourne et je ne sais pas comment gérer la multitude d’émotions que je ressens.
Hunter relève les yeux et s’arrête net lorsqu’il me découvre, avant de faire volte-face pour retourner dans sa chambre. Le clou du spectacle s’avère être son dos, qui est tout aussi parfait que le devant mais ma température grimpe encore lorsque je découvre le tatouage qui recouvre toute sa colonne vertébrale. C’est une longue bande composée de drôle de formes, comme une colonne vertébrale d’encre qui part du dessus de sa nuque et disparait au niveau de son short.
Je n’ai jamais eu « un truc » pour les tatouages, mais je découvre à l’instant à quel point je trouve ça sexy, à quel point ça ajoute au personnage déjà très impressionnant et à quel point ça me donne des besoins que je ne saurais formuler à voix haute. Ce mec a le physique d’un dieu, d’un diable même puisqu’il ne peut assurément qu’être rattaché à la luxure.
Il referme sa porte alors que je suis toujours figée et Eden ricane.
- On a des envies qui se réveillent Titi ? me taquine-t-il avec des yeux amusés.
Je rougis plus vivement, prise la main dans le sac, honteuse et surtout apeurée à l’idée qu’Hunter ait entendu. J’attrape donc le premier livre sous ma main pour en mettre un coup bien senti à Eden qui se protège de ses mains en riant.
- Non mais ça ne va pas ?! siffle-je à voix basse.
- Il n’y a pas de mal à se faire plaisir aux yeux Titi ! Ce n’est pas tous les jours qu’on voit une chose pareille ! Hunter fait tourner bien des têtes ! ricane-t-il encore.
- La ferme ! siffle-je plus vivement en lui remettant un coup.
- Je le crois pas ! Ma sainte Titi vient de découvrir sous mes yeux les tourments du désir ! se marre-t-il.
- Tu es cinglé !! vocifère-je à voix basse. Non mais imagine qu’il t’entende ?!
Il baisse enfin le volume :
- Mais non et puis il y a pire pour un homme que de découvrir qu’il attise le désir d’une jolie fille, il en serait bien heureux, fais-moi confiance ! pouffe-t-il.
- Il n’attise pas mon désir ! couine-je en rougissant de plus belle.
- Oh oui, bien sûr, il est évident qu’il te repoussait… tu ferais bien d’essuyer la bave au coin de ta bouche si tu veux me faire croire ça !
Je relève mon livre plus haut, prête à lui en mettre un nouveau coup lorsqu’Hunter ressort de sa chambre, sans téléphone mais avec un tee-shirt noir cette fois.
- Excusez-moi, je ne savais pas que vous révisiez …, commence-t-il.
Il s’interrompt net en me voyant menacer Eden de mon livre, figée dans mon mouvement, et ce dernier plié en deux sur la table face à l’absurdité de la situation.
- Mais qu’est-ce que vous faites ? s’étonne Hunter en nous rejoignant à la cuisine.
Mes joues chauffent tellement que je vais finir par faire un coup de chaud et je dis la première chose qui me passe par la tête :
- Je… Eden est tellement idiot qu’il faut au moins que je lui tape le livre sur la tête pour faire rentrer la biochimie dans son cerveau, explique-je en riant nerveusement.
Hunter plisse les yeux une seconde avant de finalement rire :
- Tu ferais bien de taper très fort alors, commente-t-il avec humour.
Il nous tourne le dos pour attraper un fruit et je fusille Eden du regard, qui fait l’idiot en mimant des baisers pour se moquer de moi. Je lui mets un coup de livre violent pour me venger et il éclate de rire :
- Ça y est Hestia ! Ça rentre ! Je commence à comprendre !
- Tant mieux, gronde-je en le menaçant du regard.
- Je t’assure, tu viens de m’illustrer à la perfection certaines réactions chimiques du corps humain ! ricane-t-il avec un sourire de diable.
J’ouvre la bouche en grand, outrée par son audace et je suis à deux doigts de l’étrangler alors qu’Hunter se retourne pour nous faire face en mangeant une pomme. Je rougis encore en me rasseyant, fixant un des livres ouverts devant moi, absolument mortifiée par toute la situation.
Hunter n’était jamais là, je ne comprends pas pourquoi je tombe sur lui toutes les deux minutes depuis notre rencontre douteuse. En même temps, je ne me suis jamais vraiment retrouvée ici en semaine, je ne venais que le weekend …
- Vous faites de la biochimie ? demande-t-il.
- Ouai, c’est trop dur…, soupire Eden.
Je relève le nez :
- Ce n’est pas « trop dur », c’est parce que tu ne te concentres pas ! réplique-je.
- Je me concentre !! beugle-t-il pour se défendre.
- Bien sûr que non, tu y arriverais un peu mieux que ça sinon ! siffle-je.
Eden me lance un regard qui me fait un peu de peine, comme s’il se sentait bête de ne pas réussir et je m’adoucis immédiatement :
- Je suis dure. Je vois que tu te concentres mais tu n’arrives pas à t’y intéresser, tu es loin d’être idiot Eden, je le vois bien dans tes raisonnements. Mais je vois aussi que tu ne fais pas l’effort de te mettre vraiment dedans… Ce n’est pas si sorcier quand on prend le temps de comprendre et c’est même assez amusant.
- Amusant ? La biochimie ? répond-il en retrouvant un petit sourire.
- Mais oui, c’est comme un petit jeu, tu repères ce qui compose ta molécule et tu regardes dans le livre à quel petit « dessin » ça correspond… il n’y a plus qu’à apprendre par cœur les petits « dessins » et le tour est joué ! continue-je en lui souriant gentiment.
- Tu es en biologie ? demande alors Hunter.
Nous relevons les deux le nez de nos livres pour le regarder et Eden répond pour moi :
- Non, elle est en droit figure-toi ! dit-il.
- Ah bon ? s’étonne Hunter en rivant ses yeux sur moi.
- Oui, en première année, explique-je timidement.
- Mais tu fais de la biochimie sur ton temps libre ? s’amuse-t-il.
Eden éclate de rire :
- Et des maths ! Tulla m’a dit que tu étais un petit génie des maths… que tu avais passé des tests lorsque tu étais plus jeune… ?
Hunter hausse les sourcils en me dévisageant et je rougis encore plus. Je ne sais plus où me mettre, je trouve cette conversation beaucoup trop pompeuse et les yeux d’Hunter ont le don de me perturber au point de m’empêcher de réfléchir.
- C’est impressionnant…, commente Hunter en jetant le reste de sa pomme.
- Tu pars courir ? lui demande Eden.
- Oui, j’en ai pour une petite heure, un peu plus si je m’emballe.
Alors qu’ils échangent quelques mots sur l’itinéraire prévu, je relève le nez pour observer Hunter. Je n’arrive pas à me remettre de son torse, je cherche à le deviner sous son haut moulant et je me reconnais encore moins. La luxure ne m’avait jamais titillée et je me retrouve pourtant à déshabiller mentalement un quasi inconnu. J’ai l’impression d’être un de ces pervers dans les bus, qui dévisagent les femmes comme des bouts de viandes… c’est grave.
Je me force donc à lâcher son torse du regard pour observer son visage en faisant mine de l’écouter parler poliment, mais sa tête est aussi sexy que son corps. Avant même que je ne m’en rende compte, je suis déjà la ligne de sa mâchoire, je remonte sur ses lèvres attirantes avant de finir sur ses yeux. Je me perds dans leur contemplation, dans les longs cils noirs qui les entourent et qui adoucissent ce regard sublime… Mes yeux glissent ensuite en direction de sa nuque, je cherche à apercevoir son tatouage et maintenant que je sais qu’il est là, je repère effectivement des pointes d’encre.
- Hestia… ?
Je tourne la tête vers Eden en atterrissant de ma contemplation et je n’ai pas la moindre idée de ce qu’ils racontaient.
- Quoi ? demande-je bêtement.
Ils me fixent tous les deux et Eden répète :
- Je te demandais si tu voulais promener Cal après nos révisions ou si Hunter pouvait l’emmener courir… ? répète-t-il en articulant comme si j’étais une demeurée.
- Oh ! Euh… Non, je suppose qu’il préfère courir à pleine vitesse que de marcher comme une limace avec moi, bafouille-je.
- Sans doute, acquiesce Eden en riant.
- Bon, je l’emmène alors, conclut Hunter.
Il se dirige vers la porte pour enfiler ses baskets tandis que Calyouk s’étire allégrement en comprenant bien qu’il va se dégourdir les pattes. Je l’observe s’agenouiller pour faire ses lacets, toujours obnubilée par mon souvenir de son torse et lorsqu’il passe la porte et que je me reconcentre sur Eden, ce dernier me dévisage encore avec un sourire malicieux :
- Et bien… Mon coloc te fait de l’effet visiblement…, se moque-t-il.
- Arrête ! m’écrie-je en rougissant.
- Mais pourquoi ça te met dans cet état ?! s’exclame-t-il en riant. Où est le mal ?! Tu as quand même le droit de le trouver sexy sans te mettre dans cet état !
- Je ne le trouve pas sexy ! couine-je d’une voix aiguë.
- Menteuse !
- Non ! J’ai juste été surprise qu’il débarque sans tee-shirt, voilà tout !
- Bien sûr, ses tablettes de chocolat n’ont rien à voir là-dedans ! continue-t-il.
- Mais non !
- Tu aimes bien mon coloc ! fanfaronne-t-il.
- Mais puisque je te dis que je me fous de ton coloc ! m’agace-je. Reconcentre-toi maintenant ou j’arrête de t’aider !
Il rit un peu plus mais se reconcentre effectivement.