Les sentiments au fond de tes beaux yeux - Tome 1 : La magie de Noël

Chapitre 33 : Un baiser d'anniversaire

5272 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 07/01/2026 10:42

Chapitre 33 : Un baiser d’anniversaire


Après ça, il insiste lourdement pour faire la vaisselle puisqu’il estime que j’ai fait à manger, et bien que je riposte en soulignant qu’il m’a aidé, il utilise sa voix autoritaire pour me faire choisir un film tandis qu’il s’attaque à la vaisselle dans l’évier.

Je me glisse donc dans mon lit et j’allume la télé pour parcourir les films lorsque son portable sonne sur la table.

-         C’est Eden ? ronchonne-t-il.

Je me lève pour regarder et je lui souris :

-         Evidemment.

-         Tu peux lui répondre s’il te plait ? Je n’ai pas terminé …

J’essaie de décrocher mais je le rate à une seconde et mes yeux retombent sur son fond d’écran. Je ne peux pas faire semblant de ne pas l’avoir vu cette fois et nous échangeons un regard timide alors que je me racle la gorge :

-         Drôle de fond d’écran…, murmure-je en rougissant.

-         Ne critique pas mon fond d’écran, il est magnifique, réplique-t-il en se tournant vers l’évier.

-         Je ne critique pas, je suis touchée. Si j’avais une belle photo de toi seul comme ça, je la mettrais probablement en fond d’écran, avoue-je.

Il me lance un regard heureux par-dessus son épaule et ses yeux tombent sur le téléphone dans ma main :

-         Tu veux bien le rappeler ? Je pensais qu’il allait le faire tout seul mais …

-         Bien sûr.

Je me plante à côté de lui en lui tendant son téléphone pour qu’il le déverrouille mais il me surprend :

-         Le code est 1608, annonce-t-il simplement.

Je suis touchée qu’il me le donne sans problème, c’est une marque de confiance dingue à mes yeux. Je le déverrouille et lorsque j’ouvre son journal d’appel, j’y vois les quelques appels d’Eden alors que le reste est rempli de « Winston ». Je lève les yeux au ciel et il éclate de rire tandis que j’appelle Eden qui répond sans préambule :

-         « Je ne trouve pas nos balles de ping-pong ! »

-         Regarde dans la buanderie, dans le petit panier en osier du placard, répond Hunter.

Quelques secondes de vacarme plus tard, Eden les trouve et Hunter s’agace :

-         Ne joue pas au bière-pong sur notre îlot ! tonne-t-il.

-         « Ouai ouai… t’inquiète… »

-         Je m’inquiète ! Hors de question que tes idiots d’amis abîment notre cuisine ! aboie Hunter.

Je suis franchement pliée en deux. Maintenant que je connais leur histoire, je trouve leurs interactions encore plus drôles. Quel chemin parcouru, quelle belle amitié…

-         « Tais-toi et rentre surveiller au lieu de te la couler douce chez Hestia ! »

-         Hé ! couine-je. Il est en train de faire la vaisselle je te signale !

-         « Si tu te mets à le défendre en plus… »

-         Raccroche-lui au nez ! s’exclame Hunter.

-         Non ! glousse-je.

-         « Ecoute-le ce salop ! Il veut que tu me raccroches au nez Titi ! »

-         Je ne le ferai pas, réponds-je gentiment.

-         Tu t’emmerdes tellement à ta propre soirée que tu nous appelle toutes les deux minutes pour passer un bon moment ! raille Hunter avec une tête satisfaite.

-         « Tu parles ! Je t’appelle juste pour savoir où sont les choses, ne te donne pas tant d’importance ! »

Hunter éclate de rire et repose enfin son dernier couvert avant de s’essuyer les mains et de raccrocher au nez d’Eden alors qu’il baragouinait déjà autre chose. Je souris de le voir mort de rire, fier de sa bêtise et je ne peux qu’imaginer qu’Eden est tout aussi hilare de l’autre côté du téléphone.

-         Vous êtes graves, commente-je.

-         Il est encore temps de te sauver de notre trio, souligne-t-il.

-         Non, je reste ! réplique-je.

-         Tu m’en vois ravi.

Il part s’installer sur mon lit en soupirant :

-         Nous rions nous rions, mais en attendant, je vais quand même devoir finir par rentrer au milieu de ce cirque… Bon sang, je n’imagine même pas l’état de l’appartement…

-         Ils seront peut-être partis… ? demande-je en lançant un film au hasard.

-         A moins que tu ne me gardes ici jusqu’à cinq heures du matin, je ne pense pas, répond-il en souriant. De toute façon, je m’enfermerai dans ma chambre…

-         Tu ne pourras jamais dormir alors qu’ils font la fête à côté…, m’inquiète-je.

Il hausse les épaules avec fatalité et une idée me vient. Je prends quelques secondes pour prendre mon courage à deux mains et j’ose lui demander :

-         Et si… tu dormais ici… ? demande-je d’une petite voix.

Ses yeux s’agrandissent sous la surprise et lorsque je réalise que je n’ai pas de canapé, je précise vite :

-         Julia n’est pas là de toutes les vacances, je pourrais dormir dans son lit et toi dans le mien…

-         Je ne veux pas te déranger Hestia, répond-il doucement.

-         Tu ne me déranges pas du tout, et puis tu prends la route demain, je pense que c’est important que tu dormes correctement cette nuit…

-         Oui…, convient-il avec neutralité.

Nous échangeons un petit regard et je me rends bien compte que mon invitation fait plus polie qu’autre chose. J’essaie d’enterrer ma timidité alors que je viens me planter à ses pieds en observant mes mains que je tortille nerveusement.

-         Et puis…, commence-je. Il faut dire que…

-         Que ? demande-t-il en se redressant.

-         Je te propose de dormir là parce que… enfin tu vois…, bafouille-je.

Il attrape ma main pour me tirer gentiment vers lui et je m’assois sur ses genoux pour la énième fois en passant mes bras derrière sa nuque.

-         Non je ne vois pas ? demande-t-il en souriant de toutes ses dents.

Je me perds dans la contemplation de ses fossettes alors que mon visage me brûle.

-         Ça me ferait plaisir, avoue-je.

-         Quoi donc ? m’embête-t-il.

Je lui lance un regard de reproche et il sourit un peu plus largement alors que je prends mon courage à deux mains une dernière fois :

-         Ça me ferait très plaisir que tu dormes ici Hunter.  

Ses yeux prennent un nouvel éclat qui m’hypnotise instantanément alors qu’ils tombent sur mes lèvres. Les papillons s’agitent férocement en moi et je rougis plus vivement alors que nos visages se rapprochent… mais il ne m’embrasse pas. Il ne m’embrasse toujours pas, ça devient tellement frustrant que je suis à deux doigts de lui faire un caprice.

Pourtant nous ne pourrions pas être dans un moment plus propice, je suis dans ses bras sur ses genoux, que lui faut-il de plus à la fin ?! C’est en train de me rendre chèvre.

Ceci dit, Hunter est un gentleman comme il s’en fait peu… il m’a embrassé une première fois, il attend peut-être simplement que je prenne les devants pour être sûr que c’est bien que ce que je veux ? Ça lui ressemblerait tout de même non ? Je ne sais pas, je trouve ça délicat… J’ai peur de me planter, son comportement ne m’indique aucunement que je le repousse après tout… Peut-être qu’il aime juste cette drôle de relation ambiguë ?

Je me pose mille questions à la seconde et comme d’habitude dans ces horaires-là, Winston l’appelle, mettant définitivement fin à mes options.

-         Je suis désolé, il faut que je réponde, s’excuse-t-il.

Il s’isole à la salle de bain et je suis terriblement déçue. Maintenant que je n’en ai plus l’opportunité parfaite, je me trouve plus qu’idiote de ne pas l’avoir embrassé. Après tout, il l’a bien fait lui, sans savoir si j’en avais envie… il a bien osé franchir le cap alors pourquoi pas moi ? Notre relation n’a rien de platonique, je ne vois pas pourquoi il tomberait des nus que je l’embrasse ! Je me trouve bête, bête !

Il revient quelques minutes plus tard et il se rassied à côté de moi :

-         Je vais l’éteindre, Eden et Winston se débrouilleront sans moi, précise-t-il sur un ton d’excuse.

-         Et si Eden avait vraiment besoin de quelque chose ? souligne-je.

-         Je vais lui dire de t’appeler au cas où alors, mais au moins, nous n’aurons plus à nous faire déranger par le boulot.

Il déverrouille son téléphone à côté de moi et j’espionne avec toute ma curiosité lorsqu’il ouvre ses messages. J’ai le bonheur de constater que je suis la conversation en haut de la liste, qu’Eden est en dessous, Winston en troisième et quelques noms inconnus au bataillon la terminent. Je remarque aussi qu’il a mis un magnifique petit symbole de papillon à côté de mon prénom et ces informations me comblent de joie. Je suis tellement heureuse, j’en sauterais presque au plafond et je lui lance un regard rayonnant.

-         Quoi ? s’amuse-t-il.

Me voyant mal lui répondre que je suis plus qu’heureuse de constater qu’il ne parle pas à une armée de femmes et que je suis ravie qu’il ait l’air d’apprécier les papillons, je dis la première chose qui me passe par la tête pour changer de sujet :

-         Pourquoi 1609 ? demande-je.

-         C’est une date, le seize août, précise-t-il.

-         Une raison ? Si ce n’est pas trop indiscret ? demande-je.

Il détourne le regard en haussant les sourcils, l’air de ne pas croire lui-même à ce qu’il va me dire :

-         Ça fait un peu « pitié » comme on dit, mais figure-toi que c’est la date de naissance d’Eden, avoue-t-il en hochant la tête avec stupéfaction.

J’éclate de rire comme rarement, je me tortille dans mon lit en me moquant de lui jusqu’à ce qu’il me mette un coup d’oreiller pour se venger et lorsque je me redresse, je ne peux pas m’empêcher de continuer :

-         Vous faites décidemment un bien drôle de couple ! me moque-je.

-         Arrête de te moquer de moi Hestia ! réplique-t-il en riant.

-         Non vraiment… là je n’en reviens pas ! glousse-je.

-         Il fallait bien que je mette quelque chose ! Je n’allais pas mettre ma date d’anniversaire, ça aurait été trop bizarre ! se défend-il.

-         Alors tes chiffres préférés ! Je ne sais pas moi ! ris-je.

-         Je n’ai pas réfléchi longtemps, j’ai pensé à mettre une date et c’est inévitablement la sienne qui m’est venu à l’esprit ! bougonne-t-il.

-         Ça fait longtemps qu’il a l’honneur d’avoir sa date comme code de ton téléphone ? pouffe-je.

-         Depuis que j’ai un portable, depuis mes dix-huit ans…, avoue-t-il piteusement.

Je ris encore plus :

-         Et son code ? C’est ta date j’espère ! le taquine-je.

-         Bien sûr que non… C’est celle de Calyouk, c’est encore plus ridicule pour moi, soupire-t-il.

Je me tortille encore un peu et il passe un bras sous mon dos pour me redresser face à lui :

-         Tu as fini de te moquer ? demande-t-il en réprimant son rire.

-         Oui… J’arrête, promis…

-         Mh, marmonne-t-il en plissant les yeux.

Je me calme et ma curiosité me rattrape instantanément :

-         Et ton anniversaire alors ? Quelle est la date ? demande-je.

Il affiche une drôle de tête, il grimace un peu.

-         J’ai le sentiment que tu ne vas pas être ravie…, dit-il.

-         Quoi ? En quoi ta date d’anniversaire pourrait me contrarier ? demande-je en ouvrant des yeux ronds.

-         Ce n’est pas tant la date en elle-même… mais je sens la petite crise que tu risques de me faire dans trente secondes…, répond-il sur un ton incertain.

Je ne comprends rien et je l’interroge donc du regard.

-         Je suis né le vingt-huit décembre, admet-il.

Mon premier jet d’adrénaline me secoue alors que je réalise que c’est dans deux jours, le deuxième me fait sauter sur mes pieds alors que je m’insurge jusqu’au trognon :

-         Ce n’est pas vrai ! m’écrie-je. Je vais rater le nouvel an avec toi et ton anniversaire ?!

-         Oui…, répond-il doucement.

Je fais volte-face pour marcher dans mon appartement, je suis tellement déçue que j’ai envie de pleurer alors que je croise mes bras avec toute ma colère.

-         Il me semblait bien que ça allait te contrarier…, souligne-t-il.

-         Evidemment ! crie-je depuis la cuisine. Et puis tu ne me le dis que maintenant ! Un peu plus et ton anniversaire passait sans même que je ne sois au courant Hunter !

-         Mais non, je te l’aurais dit… ou Eden te l’aurait dit.

Je tape du pied furieusement en le désignant :

-         Tu vois ! Eden ! C’est Eden qui allait devoir me le dire ! couine-je.

-         Je rêve ou tu viens de taper du pied ?! s’amuse-t-il avec un sourire en coin.

-         Ça ne me fait pas rire ! m’égosille-je.

-         Hestia…, essaie-t-il de me calmer gentiment.

Je reviens vers lui, complétement outrée :

-         Je n’en reviens pas… j’aurais aimé te faire un cadeau… un gâteau avec des bougies… Nous aurions pu te faire la surprise avec Eden…, me lamente-je.

-         Pour le cadeau, c’est hors de question dans tous les cas. Pour le reste… écoute je ne sais pas quoi te dire, c’est comme ça, dit-il avec douceur.

Je gémis un peu plus et il vient s’assoir au bord du lit pour attraper mes hanches et me tirer entre ses jambes :

-         On se rattrapera pour le tien… Quand est-ce ? demande-t-il gentiment.

Je gémis encore :

-         J’espère que tu es patient, c’est le six mai… Alors tu vas avoir vingt et un ans ? demande-je tristement.

-         En fait non, vingt-deux, me corrige-t-il.

-         Quoi ? Tu n’es pas de l’année d’Eden ? m’étonne-je.

-         Non, de l’année d’avant. Simplement, puisque je suis né le vingt-huit décembre, mes parents avaient décidé de me garder à la maison un an supplémentaire avant mon entrée en maternelle… J’ai finalement moi aussi redoublé ma maternelle si on y réfléchit, conclut-il en souriant.

-         Pas vraiment, tu n’y as pas mis les pieds, tu es resté à la maison à te faire choyer j’espère, réponds-je en lui souriant aussi.

-         Ils avaient peur que je sois le pauvre petit bout de chou qui ne s’en sort pas je suppose…, plaisante-t-il.

Mon cœur fond d’amour instantanément et je pose mes mains sur ses joues avec tendresse pour les caresser.

-         Je suis tellement triste pour tes parents Hunter… si tu savais… j’oublie que tu as eu des parents qui t’aimaient sans doute assez pour choisir de te faire « rater » une année… Je sais que tu ne te souviens pas d’eux mais ils ont pourtant été là… ils t’ont aimé, cette année de décalage en est la preuve…, chuchote-je.

Ses yeux se troublent au fur et à mesure de ma phrase et lorsqu’ils se mettent à briller, il détourne la tête pour fixer ma fenêtre. Je m’assois donc sur ses genoux pour reprendre son cou dans mes bras et il passe les siens autour de mon dos pour me serrer plus fort qu’il ne l’a jamais fait tandis que j’embrasse sa tempe avec tout mon amour :

-         Encore une fois, je ne connais pas ton histoire mais je suis sûre que peu importe ce qu’il s’est passé, ils t’aimaient, affirme-je.

-         C’est le cas, murmure-t-il. Ils sont morts dans un accident de voiture lorsque j’avais quatre ans… Je n’ai pas une histoire aussi difficile que certains gamins de l’orphelinat, je n’ai pas été abandonné … c’est simplement que je n’avais aucune autre famille et qu’un drame me les a arraché…

J’embrasse encore sa tempe, plus longuement et il retourne la tête vers moi. Ses yeux brillent encore mais il a visiblement réussi à ravaler ses larmes et il m’observe avec un regard doux, comme s’il me laissait le choix de me confier ou non sur ma vie mais qu’il voulait me signifier que ça l’intéresse.

-         Mon histoire est un mystère total, murmure-je. J’ai été trouvé un matin dans un parc par une gamine qui allait à l’école… elle a eu le réflexe de m’emmener au commissariat le plus proche… J’avais à peine deux jours selon les médecins mais j’étais en bonne santé.

Il fronce les sourcils en resserrant son étreinte sur mon dos et je reprends :

-         La police a essayé de retrouver mes parents, ma découverte a fait la une des informations mais personne ne s’est manifesté… J’ai donc grandi à l’orphelinat…

-         Je choisis de croire que tu étais aimée toi aussi, peu importe les raisons de tes parents… Tu étais en bonne santé, habillée, laissée dans un lieu publique… ta mère était peut-être toute proche à s’assurer que quelqu’un te trouverait… On ne connait pas son histoire ni les raisons qui l’ont poussée à faire ça après tout…, chuchote-t-il.

Je lui souris tandis qu’une larme roule sur ma joue et il la réceptionne du bout du doigt :

-         Je ne peux pas croire que tu n’étais pas aimée Hestia…, murmure-t-il.

Une deuxième larme roule sur ma joue et je me lève pour prendre un mouchoir et reprendre mes esprits en riant nerveusement, soucieuse de changer de sujet :

-         Nous ne suivons pas beaucoup ce film, plaisante-je faiblement.

-         Non, c’est vrai, admet-il d’une voix douce.

J’essuie mes larmes rapidement en me concentrant sur l’écran et il m’imite pour éviter de me mettre mal à l’aise. Je ne suis pourtant pas une scène qui défile, je suis complétement perdue dans mes pensées, complétement chamboulée par ce qu’il se passe. Ce n’est pas tant cette histoire d’enfance et de drame, c’est le tout, c’est Hunter et notre relation … Il est absolument parfait, je ne me suis jamais sentie aussi bien de toute ma vie qu’avec lui, jamais aussi comprise, sur la même longueur d’onde, aussi sereine, aussi tout.

-         Je n’en reviens pas de rater ton anniversaire…, souffle-je.

-         Ce n’est pas grave, nous le fêterons à mon retour si tu y tiens tant que ça, répond-il.

-         Bien sûr que j’y tiens Hunter, c’est important pour moi et je te jure que je te ferai un gâteau, je te forcerai à souffler tes bougies s’il le faut ! décide-je.

-         Pas besoin de me forcer ! s’amuse-t-il.

-         Très bien et je t’offrirai un cadeau, affirme-je.

-         Même pas en rêve ! Tu viens de m’offrir les gants Hestia ! Il est hors de question que tu m’offres quoi que ce soit d’autre ! Eden me fait un seul cadeau pour Noël et mon anniversaire… c’est très bien comme ça ! ordonne-t-il.

-         Ne fais pas ta mauvaise tête ! ronchonne-je.

-         Je ne fais pas ma mauvaise tête mais je refuse que tu dépenses quoi que ce soit ! Si tu veux me faire plaisir, ne débourse rien alors que je suis ravi de mes gants.

Je lève les yeux au ciel en reportant mon attention sur l’écran lorsqu’une idée brillante me vient. Une idée risquée, mais brillante je crois.

-         Et si je ne dépensais rien ? demande-je timidement.

-         Comment ça ?

Je me tourne vers lui :

-         Si j’avais envie de t’offrir quelque chose… une sorte de surprise pour laquelle je ne dépenserais pas un centime… ça irait ?

-         Quoi… ? Comme… un dessin par exemple ? demande-t-il en fronçant les sourcils.

-         Plus ou moins…, articule-je.

Mon cœur commence à battre drôlement fort et je déglutis alors qu’il réfléchit visiblement :

-         Alors quoi ? Tu dessines ? Tu peins … ? s’étonne-t-il.

-         Non mais j’ai déjà un cadeau que j’aimerais t’offrir… Totalement gratuit, je te le promets… simplement ça fait quelques temps que j’aimerais te l’offrir mais que je n’ose pas…, bafouille-je.

-         Tu m’intrigues…, commente-t-il.

-         Est-ce que je peux te l’offrir là, maintenant ?

-         Maintenant ?! s’étonne-t-il.

-         Oui, j’y tiens, murmure-je du bout des lèvres.

-         Et bien, si tu veux… mais je…, commence-t-il. 

-         Ferme les yeux, le coupe-je.

 Il obéit malgré ses sourcils froncés et mon cœur galope à pleine vitesse cette fois. L’adrénaline me secoue des pieds à la tête alors que je m’approche à tout petits pas de lui sans faire un bruit. Je ne sais pas si j’ose… Mais c’est une bonne approche, c’est comme un cadeau, s’il n’en veut pas, il peut simplement me laisser faire et ne pas réitérer l’expérience…

-         Je ne sais pas si ça va te plaire, chuchote-je.

Il tressaille un peu de m’entendre si proche de lui mais me rassure :

-         Si ça vient de toi, ça me plaira forcément Hestia…

Je mords ma lèvre quelques secondes alors que je frôle l’évanouissement mais je me mets deux claques mentales avant de me pencher vers son visage. L’adrénaline me noie, mon cœur résonne dans mes oreilles et mes mains tremblent sans doute un peu. Il doit sentir mon souffle contre sa peau parce que ses sourcils se froncent un peu plus mais je ne lui laisse pas le temps de se poser de questions et je pose mes lèvres contre les siennes timidement. 

Sa réaction est immédiate, il penche la tête pour m’embrasser plus franchement alors qu’une de ses mains attrape ma nuque pour me garder contre lui. La joie explose littéralement au sein de mon corps alors que nous nous embrassons enfin pour la seconde fois et je ne saurais dire à quel point je suis enchantée d’avoir trouvé le courage de le faire.

Sa main libre attrape l’une de mes cuisses et il me tire gentiment contre lui pour m’assoir à califourchon sur ses genoux. Je m’exécute avec bonheur en glissant mes bras derrière sa nuque et ses bras se referment tous les deux autour de moi maintenant qu’il n’a visiblement plus peur que je m’éloigne de son visage.

Je savoure à cent pour cent notre baiser, je retrouve les caresses douces de ses lèvres contre les miennes, leur goût divin, la fusion parfaite de nos deux corps… C’est un bonheur. Cette fois, c’est moi qui n’en ai pas assez et qui glisse ma langue sur ses lèvres timidement, parce que je ne pense qu’à ça depuis que c’est arrivé pour la première fois, je ne rêve même que de ça et je ne peux donc pas attendre qu’il le fasse lui-même. Notre baiser s’intensifie, il devient plus intime et plus délicieux alors que les courants électriques dans mon ventre s’agitent plus fort que jamais.

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