Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 52 : Une chambre luxueuse

3630 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 06/02/2026 09:07

Chapitre 52 : Une chambre luxueuse


Nous rions comme deux gamins en nous enfuyant dans le couloir. Dès que nous pénétrons dans le hall d’entrée pour nous planter devant les ascenseurs, Hunter passe un bras autour de ma taille pour me lancer un regard qui réveille les papillons dans mon ventre.

-         Je ne peux pas croire que je vais enfin t’avoir rien que pour moi, murmure-t-il.

-         Et pourtant, réponds-je de ma voix la plus séductrice.

Il se penche pour m’embrasser et j’attrape ses joues avec bonheur. Ce baiser si simple en apparence donne pourtant le ton de ma soirée, j’ai encore du mal à réaliser que je vais effectivement l’avoir pour moi toute seule ce soir. Notre baiser s’intensifie, son bras se resserre autour de ma taille et ce n’est que lorsque l’ascenseur s’ouvre devant nous que nous nous interrompons en riant doucement d’allégresse.

Alors que je grimpe dans l’ascenseur, je capte le regard de la femme à l’accueil sur nous, elle a un petit sourire et les yeux malicieux, ce qui ne manque pas de me faire rougir comme une pivoine alors que je lui souris en retour.

Dès que les portes se referment, Hunter fond sur mes lèvres avec gourmandise. Il m’embrasse jusqu’à ce que nous arrivions à notre étage, où il se détache de moi uniquement pour nous conduire devant sa porte et je le dévore du regard. Je ne peux plus rien regarder d’autre que son visage parfait, que sa mâchoire carrée et ses fossettes, ses yeux verts qui se posent sur moi avec un éclat que j’aime plus que de raison…

Je fais si peu attention à mon environnement que dès que nous pénétrons dans sa chambre et qu’il allume, j’ai un mouvement d’arrêt immédiat en atterrissant dans la chambre d’hôtel la plus dingue que j’ai vu de ma vie. En fait, on ne dirait tout simplement pas une chambre d’hôtel.

Je suis toujours devant la porte d’entrée et face à moi, l’intégralité du mur du fond est vitré pour offrir une vue exceptionnelle sur les pistes et la neige qui tombe. Le coin bureau sur la gauche est splendide, il trône devant les vitres, face aux pistes pour offrir une vue de choix alors que l’occupant travaille. Sur ma droite directe se trouve une cuisine et une grande table en bois brute avec des bancs sur lesquels sont posées des peaux de moutons. Mes yeux se reposent ensuite sur le fond, à droite du coin bureau, où un salon prend place devant les grandes vitres lui aussi. Il y a deux canapés et quelques fauteuils en daim marron, répartis autour d’un poêle à bois en acier noir où brûle un feu.

 J’ai l’impression d’être dans un chalet luxueux perdu dans la campagne norvégienne, pas dans le même hôtel qui accueille pourtant ma chambre très réglementaire.

-         Quoi…, souffle-je d’une voix choquée.

Hunter referme la porte d’un geste avant d’attraper mes joues pour m’embrasser avec passion et j’ai bien du mal à me remettre dedans. J’ai les yeux grands ouverts et j’observe la pièce autour de moi avec le plus grand ahurissement.

-         Tu es sûr qu’on ne s’est pas trompé de chambre ? murmure-je.

-         J’en suis sûr, murmure-t-il en replongeant sur mes lèvres.

Il m’embrasse encore, et j’oscille entre mon bonheur de le faire et mon choc total de l’endroit où nous sommes, l’endroit gagnant haut la main puisque je me détache de ses lèvres alors que je suis pourtant calée dans ses bras.

-         C’est vraiment ta chambre ? m’inquiète-je d’une petite voix.

-         Mais oui Hestia ! rit-il. Arrête de chuchoter comme si quelqu’un allait sortir d’une pièce pour nous surprendre !

Je glousse un peu mais je ne peux pas quitter ma contemplation :

-         Je n’ai jamais vu une chambre d’hôtel comme ça… A part dans les films, lorsque les gens très riches voyagent…

Il ne répond pas, il se contente de caresser ma joue de son pouce comme il le fait tout le temps lorsqu’il a un bras passé derrière ma nuque et il me laisse observer les lieux de mes grands yeux impressionnés.

-         Hunter… qu’est-ce qui t’as pris de réserver cette chambre… elle doit te coûter cher non ? m’inquiète-je.

-         Pas tant que ça, ne t’en fais pas… C’était la seule disponible, répond-il évasivement.

-         Combien coûte-t-elle ? angoisse-je. Tu aurais dû venir dans la mienne… nous aurions pu nous serrer avec Alma, je ne sais pas !

-         Euh… J’aime bien Alma mais je n’ai pas particulièrement envie de dormir dans le même lit qu’elle…, s’amuse-t-il. Je préfère largement me serrer contre toi.

Ses propos me séduisent forcément et j’arrive à détacher mes yeux de la pièce pour me plonger dans les siens, qui sont charmeurs au possible alors qu’il se penche pour embrasser ma joue. Il pose plusieurs baisers, qui se dirigent vers ma nuque, et mes yeux se ferment automatiquement, alors que les chatouilles électrisantes que ça me provoque se réveillent par dizaines… Mais non.

Je recule la tête pour lui lancer un regard réprobateur :

-         Hunter, je suis inquiète. Je suis enchantée que tu sois venu me rejoindre, je te le jure, mais pas à ce prix-là… Je…

Je glisse encore un coup d’œil sur la chambre plus que luxueuse et mon inquiétude croît.

-         Je t’aiderai à la payer, dis-je tout de suite. J’irai travailler une soirée… j’essaierai de payer la moitié, c’est normal si je dors moi aussi dedans.

Il sourit contre mon cou :

-         Mh… ? Tu comptes dormir avec moi ? C’est drôlement bon à savoir…, chuchote-t-il d’une voix grave et envoûtante alors que son sourire de sale gosse ne fane pas.

-         Hunter…, m’amuse-je en profitant de ses nouveaux baisers coquins.

Il redresse le nez pour me regarder et je suis à deux doigts de me faire avoir, ses yeux sont brillants d’excitation, ses pupilles commencent à prendre toute la place dans ses iris et ses fossettes m’appellent de plus en plus mais je lutte contre son charme :

-         Je t’aiderai Hunter, il est hors de question que tu te ruines pour me faire une surprise…, affirme-je.

-         Lâche l’affaire Hestia, je t’en prie…

-         Je ne peux pas !

-         Hestia… ne t’en fais pas. Cette chambre ne me ruine pas, je … je l’ai eu en promotion.

-         En promotion ? Une chambre d’hôtel pareille en promotion ? Tu te moques de moi ?

-         Mais non… Mon patron a des combines, il a pu m’avoir la chambre pour trois fois rien, ne t’en fais pas Hestia. Je te jure que tu n’as aucun soucis à te faire.

-         Ton patron, que tu viens de planter en voyage d’affaires, a décidé de tout de même appeler cet hôtel pour qu’ils t’offrent cette suite au rabais ? Non mais tu te fiches de moi Hunter ?!

Il contracte la mâchoire et je recule d’un pas pour sortir de ses bras. Je l’observe comme si je ne le connaissais pas. Cette histoire n’a ni queue ni tête, il est en train de me mener en bateau et je ne peux pas croire que mon prince charmant ne soit peut-être pas si parfait.

-         Tu es en train de me mentir Hunter ? demande-je d’une voix tendue.

Il me regarde comme s’il pesait le pour et le contre, ce qui m’inquiète encore bien plus, et je croise les bras pour essayer de contenir mon angoisse.

-         Tu n’as pas à te demander si tu dois me dire la vérité Hunter ! Tu dois me la dire ! m’exclame-je d’une voix aiguë.

Il hoche la tête lentement, en contractant toujours les mâchoires :

-         Hestia… Quel est le fond du problème ? demande-t-il finalement.

-         Je ne sais pas, je… je ne veux pas que tu me mentes ! couine-je. Je veux savoir combien t’a couté cette chambre et t’en rembourser la moitié. J’ai horreur du mensonge ! Je ne supporterais pas que tu me mentes, tu es en train de me faire peur ! panique-je.

-         D’accord, calme-toi… Si le fond du problème est le mensonge alors je ne vais pas te mentir Hestia, cette suite coûte deux milles euros.

J’ai l’impression que le sang quitte mon visage et je recule encore d’un pas.

-         La nuit… ? croasse-je.

-         La nuit.

Je repose mon regard sur la pièce en la voyant différemment, alors qu’il est pourtant bien évident qu’elle coûte ce prix-là et pas les quelques centaines d’euros que je visualisais. Hunter est très calme, il me regarde patiemment et je ne peux que lui donner raison :

-         Je ne pourrai pas t’en rembourser la moitié, annonce-je d’une voix blanche.

-         Non, je le sais, c’est bien pour ça que je le refuse.

-         Mais comment peux-tu te payer une chambre à deux milles euros ? souffle-je.

-         Je travaille dur et bien Hestia, alors crois-le ou non, mais je suis très proche de Winston, il m’adore et ne voudrait pour rien au monde me perdre dans cette boite.

Je pose mes doigts sur mes lèvres en essayant d’intégrer l’information.

-         Winston te paye cette chambre ? souffle-je.

-         La boite me paye cette chambre, me corrige-t-il.

-         Comme ça ? Par pure bonté de cœur ? C’est tout de même…, commence-je.

-         Tu remets en cause mon efficacité au travail ? s’amuse-t-il.

-         Non mais…

-         Pas de mais, je travaille très dur depuis quatre ans, tu es la première à souligner que je réponds au téléphone la nuit ou les jours fériés… Je suis pendu à mon téléphone en permanence Hestia, tu le sais bien ! Alors quand j’ai décidé que c’était non, que j’ai décidé que c’était avec toi que je voulais passer la fin de tes vacances de Noël, tout le monde n’a pu qu’accepter. Je bosse comme un malade depuis quatre ans sans prendre un seul jour pour moi, est-il si difficile que ça de croire que cette boite me permet donc de prendre quelques jours pour me faire plaisir ?

-         Non c’est vrai…, murmure-je en m’apaisant.

-         Alors voilà… Nous sommes bien tranquillement dans cette magnifique suite tous les deux, pour passer une soirée superbe, à nous régaler du roomservice et à savourer la vue splendide sur les pistes… La seule contrepartie à ce beau moment est que je vais devoir travailler demain matin. Alors qu’est-ce qu’on fait Hestia ? On continue de se prendre la tête ou on profite simplement ?

Un sourire timide s’étire sur mes lèvres alors que j’intègre ce qu’il vient de me dire, que je réalise que je vais vraiment passer la soirée dans cette chambre de luxe avec lui, à profiter de tout ça sans même avoir à m’inquiéter de devoir en payer la moitié. Mon sourire éclate définitivement, déclenchant celui d’Hunter alors que je me précipite pour lui sauter dans les bras où il me réceptionne.

-         On va pouvoir jouer les riches héritiers tous les deux !! Tu vas voir, c’est génial ! couine-je avec excitation.

Il éclate de rire et je l’embrasse avec une fougue démesurée, jusqu’à ce que son sourire fane, que ses baisers deviennent plus intéressés et que mon cœur accélère doucement dans ma poitrine.

-         Alors ? demande-t-il. On se commande du champagne ?

-         Oh oui ! Les gens très riches dans les films font toujours ça, ils commandent du champagne et des fraises ! glousse-je.

-         Alors faisons ça. Jouons aux gens très riches comme dans les films Hestia, sans nous prendre la tête, je t’en prie, ajoute-t-il en me souriant avec tendresse.

-         D’accord ! rayonne-je.

Son portable vibre et il le tire un peu de sa poche pour constater que c’est Winston.

-         Ça doit être pour me souhaiter une bonne année… je pourrais ne pas répondre mais ça me rendrait agréable de le faire…, dit-il pensivement.

-         Fais-le ! Tu plaisantes ou quoi ?! Nous allons jouer aux gens très riches grâce à lui ! glousse-je. Il mérite quand même bien que tu lui répondes !

-         Ça ne te dérange pas que j’aille dehors … ? demande-t-il en marchant sur des œufs.

-         Mais non, je vais aller à la découverte de notre suite de luxe ! pouffe-je.

Il embrasse mon front longuement avant de planter son regard brûlant dans le mien :

-         Trouve le lit pour moi…, murmure-t-il d’une voix si pleine de promesses que mon ventre se contracte.

Je rougis évidemment comme une pivoine et il part en direction du balcon.

Je suis encore et toujours plantée devant la porte d’entrée et j’avance d’un petit pas en me demandant par où aller fouiner pour commencer. Il y a trois portes sur la gauche et trois sur la droite de la pièce.

Je commence par la gauche. La première porte mène à des toilettes, rien de dingue, encore que…ils sont luxueux. La deuxième porte à un immense dressing vide avec une buanderie dans le fond, ça me parait aberrant mais j’imagine que c’est plutôt pratique pour les gens qui loueraient cette chambre toute une semaine…

 La troisième s’ouvre sur une salle de bain absolument indécente. Il y a face à la porte d’entrée une immense douche deux places, avec deux colonnes balneo et même un banc au sein de la grosse structure en vitre. Un imposant sèche-serviette réchauffe actuellement deux grands linges ainsi que deux peignoirs comme ceux du spa et sur ma droite, un grand meuble double-vasque luxueux s’étend. Mais le fond de la pièce est encore plus dingue, le mur est également constitué uniquement de vitre et, trône juste devant, une grande baignoire ilot. Je pose mes doigts sur mes lèvres en imaginant le pied que ce doit être de prendre un bain en pleine nuit, avec la vue onirique de la neige à perte de vue et des flocons qui tombent.

Tout ça m’excite irraisonnablement, je veux découvrir toute la chambre, immédiatement. Alors je repars en quatrième vitesse, je trottine même à travers la pièce principale pour vite gagner les autres portes, ce qui fait rire Hunter quand il me voit depuis le balcon. Je lui sors juste un immense sourire et j’ouvre la porte dans la cuisine qui donne sur un grand cellier presque vide, avec quelques petits nécessaires pour cuisiner.

Je file ensuite jusqu’à la porte centrale de droite, qui s’ouvre sur une chambre avec deux lits de chaque côté d’une haute fenêtre, clairement pas la chambre principale, alors je referme la porte pour me diriger avec excitation vers la dernière, celle dans le salon.

Elle s’ouvre sur un petit couloir le long duquel se trouve de longs placards à portes coulissantes et un petit « dock » à café. Je ne comprends pas l’intérêt de ce couloir jusqu’à ce que j’en passe la seconde porte au fond à gauche et que je m’arrête net.

Ce petit couloir a pour utilité de créer un mur, tout simplement, afin que le lit puisse être placé face à l’énorme mur vitré du fond et donner ainsi une vue extraordinaire depuis le couchage.

Le lit est immense, je n’en ai jamais vu un aussi grand. Les draps sont sombres, une peau de bête y est posée et surtout, le gros sac noir d’Hunter trône sur le fauteuil dans un angle. Ce détail me fait me sentir immédiatement à la maison, un simple objet lui appartenant et cette pièce passe d’impressionnante à accueillante.

Je prends le temps d’aller m’assoir au bout du lit pour observer la vue qui m’enchante, afin de laisser du temps à Hunter avec Winston et j’espère qu’il le remercie avec zèle. Je me laisse hypnotiser par les flocons qui tombent pendant quelques minutes… J’ai vraiment l’impression que tout ça n’est pas réel, que je vais me réveiller dans ma chambre étudiante à côté de Julia…

 Ce séjour continue d’être un conte de fée, mais le plus important en est le prince, alors je saute sur mes pieds pour aller voir où il en est. Il est dans la cuisine, il sort deux coupes des placards hauts et me lance un regard quand j’arrive :

-         Tu as trouvé le lit ? demande-t-il en posant les flûtes sur le plan de travail.

-         La chambre est dingue… toute la chambre… C’est un rêve…, soupire-je.

Il se retourne pour m’accueillir dans ses bras où je me glisse.

-         C’est un rêve uniquement parce que tu es là, murmure-t-il.

-         Mon prince charmant…, glousse-je.

Il m’embrasse et cette fois, je peux enfin me laisser aller, me perdre sur ses lèvres comme j’en meurs d’envie depuis qu’il a toqué à ma chambre en début d’après-midi. Nous n’avons plus de restaurant, plus d’Anabelle intempestive, plus de bonne année à souhaiter, il n’y a plus que nous deux.

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