Les sentiments au fond de tes beaux yeux
Chapitre 59 : Hunter donne des réponses
4875 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 18/02/2026 11:53
Chapitre 59 : Hunter donne des réponses
Je lis dans le canapé et vers vingt heures, j’envoie un petit message à Hunter, puisqu’il a rallumé son téléphone avant de partir pour que je puisse le contacter.
He : « Dans combien de temps rentres-tu ? Je ne suis pas pressée mais il faut que je sache pour ta surprise. »
Hu : « Vers vingt-heure trente si c’est bon pour toi ? »
He : « C’est très bien, prends ton temps, n’hésite pas à me dire si tu décales. J’espère que ça te fait du bien. »
Hu : « Je ne décalerai pas. Un bien fou, merci. ♡ »
Je suis toute contente et vers vingt-heure quinze, je me mets en route pour mon super plan.
Je fais couler l’eau dans l’immense baignoire en y ajoutant le bain moussant à la lavande, j’allume quelques bougies pour que nous puissions nous voir sans que ça ne gâche notre vue splendie sur la neige et je sacrifie même une rose de mon bouquet pour en répandre les pétales par terre.
Lorsque j’observe le résultat, ça me rend aussi heureuse que timide. Je n’ai jamais fait une chose pareille, jamais entendu une de mes amies faire quelque chose d'aussi « nunuche » mais après tout, je m’en moque. Je considère que c’est romantique, que ça lui fera plaisir et que c’est de toute façon fait avec le cœur, alors je ne peux pas me tromper.
De retour dans la cuisine, je traine un peu sur le menu du roomservice pour choisir ce que je mangerai ce soir lorsque mes yeux tombent sur les fraises et je me redresse subitement. Je n’ai aucune idée de ce que sont devenus les fraises et le champagne d’hier soir… que nous n’avons pas touché.
J’ouvre le frigo et mes yeux s’arrêtent enfin sur les fraises et la bouteille, dans les derniers étages, bien loin de mes yeux. J’en ris de bonheur avant de les attraper et de foncer à la salle de bain avec un tabouret en bois du salon pour poser le tout à côté de la baignoire alors que mon bain devient vraiment incroyable. J’éteins l’eau au passage puis je ressors en fermant la porte pile au moment où Hunter abaisse la poignée pour rentrer.
Son haut est trempé de sueur, ses cheveux sont désordonnés, mais il a l’air tellement mieux que je lui saute dans les bras sans scrupule. Il me rattrape en glissant un bras sous mes fesses malgré sa séance sans doute épuisante et il rit lorsque j’essaie de l’embrasser :
- Je suis trempé Hestia !
- Je m’en fiche ! réplique-je en embrassant avec force sa joue encore humide.
Il fait deux pas pour poser ses gants sur la table avant de finir sa bouteille d’eau sans me lâcher.
- Ça va mieux ? roucoule-je.
- Vraiment mieux, tu ne peux pas imaginer, répond-il en secouant la tête avec de grands yeux.
- Si, je le vois sur ta tête, réplique-je en posant mes mains sur ses joues pour le regarder.
- Maintenant je suis tout à toi, dit-il en souriant.
Je l’embrasse à pleine bouche dans la seconde et ce sont ses rires qui nous arrêtent :
- Je suis trempé..., répète-t-il. Laisse-moi me doucher et je t’emmène au restaurant.
- Hors de question, c’est ta soirée et elle se passe ici ! Et je me fiche que tu sois un peu transpirant…, soupire-je en levant les yeux au ciel.
- Tu seras toute sale toi aussi, souligne-t-il.
- Alors je me doucherai avec toi…, tente-je pour prendre la température.
Il hausse un sourcil et ses yeux brillent déjà différemment :
- Ça, c’est intéressant…, murmure-t-il en me dévorant du regard.
Je l’embrasse et il se laisse bizarrement faire cette fois, ce qui me confirme que je ne suis pas tombée à côté de la plaque avec ma surprise. Il aurait été drôlement dommage qu’il refuse de se laver avec moi… J’en profite pour tirer sur son haut et il me pose par terre pour que je puisse lui enlever entièrement. Il observe ensuite la pièce avec des yeux curieux.
- Tu cherches ta surprise ? glousse-je.
- Oui, avoue-t-il en rougissant un peu.
J’enlève mes chaussettes douces, son sweat et lorsque j’attrape le bas de ma robe, il me regarde avec des yeux ahuris.
- C’est ma surprise ? demande-t-il avec excitation.
- Plus ou moins…, réponds-je timidement en l’enlevant.
Ses yeux s’assombrissent lorsque je me retrouve en sous-vêtements et il vient me prendre dans ses bras en me reluquant sans la moindre gêne :
- D’abord ma surprise d’anniversaire… un baiser de ta part si je me souviens bien… puis ma surprise de hier soir, ta lingerie absolument divine… As-tu conscience que tu m’offres ton corps à chaque fois que tu veux me faire une surprise… ? plaisante-t-il avec les yeux noirs de désirs.
- C’est parce que je n’ai que ça à vous offrir beau brun, glousse-je.
- C’est la seule chose qui me donne envie de toute façon.
Il plonge sur mes lèvres pour m’embrasser avec luxure et je le tire doucement vers la salle de bain. Lorsqu’il le comprend, il dégrafe mon soutien-gorge en me poussant lui-même rapidement vers la porte alors que sa langue se glisse contre la mienne.
J’appuie sur la poignée de la porte dans mon dos et lorsque je l’y entraine, il est sans doute interpellé par les flammes des bougies sur ses paupières puisqu’il relève le nez pour en voir la provenance. Ses yeux tombent sur ma petite préparation et il en reste complétement scotché.
Je savoure sa réaction, chaque petite expression de surprise alors qu’il remarque peu à peu tous les détails et sa bouche s’entrouvre :
- Tu as préparé tout ça pour moi… ? demande-t-il d’une petite voix.
- Non pour le voisin, mais tu es rentré avant, le taquine-je timidement.
Il me lance un regard ému avant de me prendre dans ses bras pour me serrer fort en calant son nez au creux de mon cou.
- Merci…, murmure-t-il.
- Ça te plait ?
Il relève le nez pour revoir la baignoire en calant sa joue sur le sommet de ma tête :
- C’est parfait… après la journée que j’ai eu… pouvoir me détendre dans un bain avec toi… et l’ambiance… je suis sans voix Hestia, je ne sais même pas quoi te dire, je n’arrive pas à croire que tu m’aies préparé une chose pareille… Tu n’aurais jamais dû te donner tout ce mal… et où as-tu trouvé tout ça ?!
Je glousse un peu :
- J’ai eu envie de te faire une jolie soirée, puis je me suis dit que c’était l’occasion de fêter ton anniversaire en retard tous les deux… alors je suis allée demander un coup de main à la réception pour tout mettre en place.
- C’est magnifique, j’ai l’impression d’être dans un rêve, je n’arrive pas à croire que tu aies fait ça pour moi, répète-t-il.
- Bienvenue dans mon monde alors, le monde où tu fais de ma vie un rêve…, le charme-je.
Il me lance ses yeux les plus heureux avant de m’embrasser tandis que nous nous débarrassons de nos derniers vêtements.
- Allons-y ! piaille-je.
Il se détache de moi avec sa petite tête timide, puis il se glisse dans la baignoire avant de prendre ma main pour m’aider galamment à le rejoindre. Dès que je suis moi-même allongée dans l’eau chaude, je soupire de bonheur sous ses yeux heureux, puis il se penche vers le tabouret pour ouvrir la bouteille de champagne.
- C’est donc ça le bonheur…, chuchote-t-il pensivement en nous versant deux coupes.
Je me relève sur les genoux pour m’approcher de lui et attraper une fraise avant de lui proposer. Il la croque en me souriant et je l’embrasse dans la foulée pour en savourer le goût sur ses lèvres.
- C’est ça mon bonheur…, murmure-je avant de l’embrasser encore.
Il m’attrape les hanches pour me tirer sur ses cuisses et je m’y assois à califourchon sans rompre notre baiser. La baignoire est haute, j’ai de l’eau jusque sous les seins malgré notre position et c’est scandaleusement divin de pouvoir le câliner tout en profitant de l’eau chaude.
*
Un petit quart d’heure plus tard, je suis toujours assise sur ses cuisses mais je suis lovée sur le côté, en chien de fusil contre son torse alors qu’il me tient d’un bras et sa coupe dans l’autre. Nous observons la neige tomber dehors, joue contre joue, et je nous nourris de fraises à tour de rôle alors que nous nous câlinons tendrement.
- Je suis vraiment plus que bien avec toi Hestia, je crois que je n’ai jamais passé un moment aussi agréable de ma vie…, dit-il finalement.
- Moi aussi Hunter…
- Tu es parfaite, je ne sais pas combien de fois je te le répèterai aujourd’hui…
- Arrête ! m’amuse-je. Je suis loin d’être parfaite.
- Tu l’es pour moi, sincèrement, insiste-t-il.
- Tu l’es pour moi aussi.
- Non je ne le suis pas. Je te mens… ça me rend malade de ne pas te dire mon travail, ça me tue de te mentir…, dit-il pensivement.
Mes sens s’éveillent à l’idée qu’il m’avoue enfin son boulot :
- Et tu… tu voudrais me le dire ce soir ? demande-je avec espoir.
- Non…
J’essaie de réprimer ma déception mais ce n’est pas simple.
- Pourquoi ? C’est toujours parce que tu as peur que ça change mon opinion de toi ? demande-je.
- En fait, j’imaginais que ce serait plus simple de te le dire si nous devenions plus proches… mais j’ai l’impression que ça me fait l’effet inverse… plus nous nous rapprochons et plus j’ai une peur viscérale de perdre ce qu’il y a entre nous en te le disant…
Je me redresse pour le regarder et la panique que je lis au fond de ses yeux me surprend un peu, mais je ne veux pas le mettre à mal alors je le rassure :
- Ça ne changera rien Hunter, je suis sûre de moi. Mais je ne t’en veux pas, ça me rend dingue mais je me suis habituée à ne pas savoir je crois… c’est comme si c’était normal alors que je sais que ça parait lunaire pour les autres…, dis-je pensivement.
- Comment ça ?
- Alma était choquée quand elle a appris que je ne connaissais pas ton travail, elle ne comprend pas pourquoi tu ne me le dis pas, ni comment j’arrive à supporter que tu ne me le dises pas…
- Et elle a raison, s’angoisse-t-il. Je ne sais pas comment tu peux accepter une chose pareille Hestia, tu n’imagines pas comme ça me rend fou d’inquiétude d’imaginer que tu puisses péter les plombs et me confronter un jour.
- Je ne le ferai pas… ça ne me ressemble pas…
- Je te le dirai… je te promets que je te le dirai… je ne … je ne sais juste pas comment faire, je ne sais pas comment aborder la chose ni comment tu vas le prendre…, panique-t-il.
Je pose une main sur sa joue pour essayer de l’apaiser :
- Calme-toi Hunter, ce n’est pas grave… ce n’est pas comme si tu étais un tueur à gage… si ? m’inquiète-je tout de même.
Il a un petit rire :
- Non, je ne suis pas un tueur à gage, confirme-t-il.
- Ça m’aurait étonné… je n’aurais jamais vu un tueur à gage passer autant de temps au téléphone et aussi peu sur le terrain à tuer des gens, plaisante-je.
- Tu as eu beaucoup l’occasion d’en voir visiblement ? me taquine-t-il.
- Arrête de changer de sujet ! ris-je en l’embrassant gentiment.
Il rougit un peu et je lui souris :
- J’aimerais juste qu’on en discute Hunter… je suis ok avec le fait que tu ne veuilles pas m’en parler, c’est ton droit de toute façon et je vois l’état dans lequel ça te met… Mais… je t’avoue que j’aimerais bien qu’on puisse en discuter…
Il penche la tête sur le côté avec un air torturé, et je reprends :
- Je ne te demande pas de me dire ce que tu fais si tu ne veux pas. Mais tu passes énormément de temps à travailler, c’est une grosse partie de ta vie… Je n’aime pas me sentir exclue à ce point. J’ai plein de questions et tu pourrais répondre à la plupart sans t’étendre, mais sans me tenir complétement à côté de tout ça non plus… Pourquoi tu ne m’en dis pas plus ?
- Je ne sais pas… j’aurais l’impression de te donner des miettes et de te frustrer je suppose, répond-il.
- Ce n’est pas le cas, ces miettes me feraient au contraire me sentir plus proche de toi.
- Vraiment ? Tu ne t’agacerais pas de n’avoir que des réponses évasives ?
- Non, ce serait mieux que rien … Si je pouvais te poser toutes mes questions sereinement, en sachant que tu ne répondras qu’à celles qui te conviennent et de la façon dont tu le veux alors ça m’irait déjà bien mieux que de ne rien savoir du tout, explique-je.
Il me regarde avec un air étonné en hochant la tête et mon cœur accélère un peu à l’idée d’avoir des indices.
- Ça ne me dérange pas de faire comme ça Hestia, tu peux me poser les questions que tu veux quand tu veux et j’y répondrai du mieux que je le pourrai…, finit-il par accepter.
- Vraiment ?! couine-je.
- Bien sûr mon cœur, je ne pensais pas que tu pourrais te contenter de semi-réponses…
Nous nous lançons un regard heureux d’avoir trouvé un compromis, et je décide de ne pas trop me creuser la tête. Après tout, si j’ai désormais carte blanche, je poserai mes questions au fur et à mesure et j’opte donc pour celle qui m’a travaillée toute la fin de journée :
- Pourquoi étais-tu si stressé aujourd’hui ? Il y a un problème au travail ? demande-je.
- Ma… boite est sur un gros projet. Ça me prend énormément de temps et d’énergie, il y a beaucoup de choses à faire, à prévoir, à prendre en compte… On parle de très gros investissements, de risques de tout perdre, c’est compliqué mais il y a de quoi en perdre ses cheveux et comme je gère tout à distance, c’est encore plus stressant.
- Tu gères tout ? Mais quel est ton rôle ? En quoi consiste ton travail ? J’ai parfois l’impression qu’il n’y a que toi qui travailles dans cette boite.
Il prend le temps de réfléchir à ma question en sirotant son verre.
- Winston est à la tête de cette boite, j’assiste Winston mais je ne suis pas un genre de secrétaire qui note ses rendez-vous, c’est plus compliqué que ça. Je gère une grosse quantité de personnes pour lui, il me délègue énormément de choses. Mon travail concerne surtout de la gestion je dirais.
- La gestion ?! m’exclame-je. C’est pour ça que tu as des livres de gestion chez toi ?!
Il hausse les sourcils, surpris par ma question, et je rougis :
- Je… j’avais un peu regardé vos étagères quand j’étais venue dormir chez vous, admets-je. A l’époque, j’avais imaginé que c’étaient une sorte d’héritage d’un de vos parents…
- Petite fouine !
- Un peu, glousse-je.
- Et bien oui, ce sont mes livres, confirme-t-il en souriant.
- Mais comment as-tu trouvé ce travail ? Je veux dire, tu sortais de l’orphelinat, tu avais à peine dix-huit ans… ?
Il croque une fraise en prenant encore le temps de réfléchir à ma question mais j’attends patiemment puisque je suis trop heureuse d’en apprendre un peu plus.
- J’avais dix-huit ans, l’orphelinat m’a fichu dehors et j’étais à la rue… J’ai rencontré Winston par hasard et il m’a proposé ce travail. C’était… impressionnant mais je n’avais rien Hestia, je ne savais même pas où j’allais dormir le soir à l’époque… J’ai donc accepté et il m’a formé sur le tas.
- Pourquoi n’étais-tu pas boursier ? Tu avais des notes excellentes et tu étais largement pris à la fac de droit, je suis étonnée que tu n’aies pas eu la même bourse que moi … ?
- Je te rappelle que j’ai une année de retard…, commence-t-il.
- Plutôt cocasse quand on voit ton intelligence et tes résultats ! le coupe-je en gloussant. Je suis même étonnée que tu n’aies pas sauté trois classes dans ta scolarité… On me l’a proposé à moi…
- On me l’a proposé aussi mais j’ai refusé, je ne voyais pas trop l’intérêt, ça ne me dérangeait pas de m’ennuyer en classe, j’y étudiais d’autres choses… Et toi ? Pourquoi ne pas avoir sauté de classe ?
- Je… Je suis toujours passée pour un genre d’ovni aux yeux de mes camarades, en grandissant, j’ai appris à me calquer un peu mieux sur eux, à agir comme eux, c’est difficile à expliquer mais disons que tout ce que tu peux trouver d’un peu étrange chez moi actuellement était amplifié lorsque j’étais jeune avant que je ne m’adapte. J’étais déjà un ovni, inutile de rajouter à ça d’être plus jeune que tout le monde, alors j’ai préféré refuser.
Il hoche la tête avec des yeux compréhensifs, pas l’air le moins du monde surpris par ce que je lui raconte alors que j’avais peur qu’il me harcèle de questions sur mon rapport aux autres comme avait pu le faire Julia. Mais non, il me donne l’impression de me connaitre et d’avoir cerné ma personnalité, ce qui me trouble et me pousse donc à reporter l’attention sur lui :
- Alors… tu avais une année de retard ? En quoi cela a-t-il influencé sur ta bourse ?
- J’ai eu dix-huit ans au mois de décembre, à environ six mois du bac. L’orphelinat a accepté de me garder jusqu’à mes examens mais pas plus, il fallait faire de la place…, explique-t-il. C’est donc au mois de juin que je me suis retrouvé à la rue, je n’avais pas un sou en poche et les logements étudiants m’attendaient pour le mois de septembre, pas avant. Alors j’ai dormi un peu dehors…
Mon cœur se serre si violemment lorsque je réalise qu’il a réellement été sans logement que les larmes me montent aux yeux et mes doigts se resserrent doucement sur sa nuque, je la caresse d’ailleurs de mes pouces pour le réconforter.
- Hunter… tu… tu as vraiment dormi dans la rue… ? murmure-je d’une voix cassée.
- Pas longtemps Hestia, ne t’en fais pas. Winston m’a trouvé au bout de trois semaines je dirais, répond-il en me rassurant de son regard doux.
- Oh mon dieu… c’est déjà terriblement long… Il t’a « trouvé » ? Il t’a approché dans la rue ? demande-je doucement.
- Oui, c’est compliqué, répond-il avec les yeux perdus dans le vague.
- Je suis tellement navrée que tu aies dû dormir dehors Hunter… Mais je comprends désormais mieux que tu répondes à cet homme à toute heure du jour et de la nuit s’il est apparu comme un sauveur…, chuchote-je en l’embrassant tendrement. Pourquoi n’es-tu pas allé chez Eden ?
- Parce que ce n’est pas exactement mon genre d’aller demander la charité, répond-il en me souriant. Ce sont mes problèmes, pas ceux des parents d’Eden, ils n’avaient pas à prendre ce poids avec eux.
- Et Eden ne t’y a pas forcé ? demande-je.
- Je lui ai dit que j’avais un appart, je trouvais toujours des excuses lorsqu’il voulait le visiter… Il était hors de lui lorsqu’il l’a appris.
- Et ton appartement alors ? Au bout de trois semaines à la rue, Winston t’a trouvé, mais où dormais-tu après ça ? Tu n’as pas pu louer ton bel appartement en un claquement de doigts ? m’inquiète-je.
- Winston m’a pris chez lui, c’est comme ça que tout a commencé. Il m’apprenait les combines du métier vingt-quatre heures sur vingt-quatre, je le suivais comme son ombre et j’ai appris. J’étais intelligent, je captais vite et j’avais du flair alors j’ai vite été bien payé et j’ai pu louer mon appartement début août. Eden m’a rejoint quinze jours plus tard…, conclut-il.
Il pose deux doigts sous mon menton pour relever mon nez et m’embrasser, mais mon esprit tourne à mille à l’heure, bien loin de notre bain romantique. Je viens de recevoir tellement d’informations sur Hunter que j’en ai la tête qui tourne. Je suis bien évidemment de plus en plus mortifiée de me dire que j’ai osé lui dire qu’il venait d’une famille riche… J’ai envie de me taper la tête contre les murs d’avoir dit ça alors qu’il a littéralement dormi dans la rue… Je suis aussi complétement honteuse d’avoir tant insulté Winston alors qu’il est le sauveur d’Hunter et je comprends beaucoup mieux que ce dernier ne se soit pas fait virer lorsque j’avais répondu à l’appel à sa place, ni pour les avoir plantés avant-hier… Leur relation ne doit pas être purement professionnel, Hunter doit représenter une sorte de poulain pour Winston et ils doivent être très liés.
Il migre ses baisers jusque dans mon cou, lentement et sensuellement, mais je ne peux pas m’empêcher de continuer :
- Et tes études…, commence-je.
Il recule la tête pour me lancer un regard boudeur :
- Pouvons-nous en arrêter là avec l’interrogatoire s’il-te-plait ? Je répondrai à tes questions, je te le promets, mais nous avons tout le temps… Là, tu m’as fait une surprise incroyable mon cœur et j’ai juste envie de t’embrasser, de profiter de toi et de nous.
Autant dire que je ne résiste pas et que je fonds sur ses lèvres.