Les sentiments au fond de tes beaux yeux
Chapitre 65 : Hestia en a marre de jouer les héritières
2525 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 27/02/2026 10:48
Chapitre 65 : Hestia en a marre de jouer les héritières
De retour à l’hôtel, nous nous changeons rapidement avant de redescendre dans la salle de sport, qui est presque déserte. Ça m’arrange très fortement et j’enfile donc joyeusement mes nouveaux gants alors qu’il détache les siens de sa nuque.
- Et en plus, ils sont assortis à nos bracelets en tissu, c’est vraiment génial ! couine-je.
- Trop génial ! répond-il en imitant ma voix avec humour.
- Ne te moque pas ! m’offusque-je en lui filant un coup de poing.
Il l’évite en riant et je l’attaque encore, ce qui nous amuse énormément puisqu’il se met naturellement à parer mes coups et nous débutons notre petit échauffement comme ça, alors que je l’agresse gentiment et qu’il recule en riant toujours plus.
La séance se passe bien. Hunter passe trois quarts d’heures à me faire un entrainement musclé et lorsque mes bras lâchent de fatigue, je lui ordonne de faire sa propre séance. Il s’exécute dans un coin, sur un punchingball qui pend alors que je me cale sur un vélo pour pédaler tranquillement en l’observant faire.
C’est toujours aussi sexy, je me régale de voir la sueur imprégner son haut peu à peu et je me demande un peu ce qui ne tourne pas rond chez moi pour avoir envie de lui sauter dessus chaque fois qu’il est dans cet état. En même temps, l’intimité est un acte tellement primitif, je suppose qu’il n’y a pas beaucoup de questions à se poser et qu’il est tout à fait normal que « Homme fort qui tape fort » me séduise tout comme « Femme en dentelle » le charme. Je ris un peu de ces constats et il trottine vers moi pour boire, puisque j’ai pris sa bouteille.
- Tu fais du cardio ? demande-t-il en souriant, à bout de souffle.
Je lui lance mes yeux les plus intéressés en l’observant.
- Pas vraiment… Je pédale un peu en te matant…, réplique-je.
- En me matant ?! rit-il.
- Oui, c’est un beau spectacle… Comment pouvais-tu imaginer que j’avais envie de travailler mon cardio alors que tu viens de m’épuiser ! m’amuse-je.
- Je ne sais pas, je pensais à ton programme militaire… il est important d’ajouter du cardio une fois par semaine je dirais… ça te rendrait plus endurante.
- Ah oui ? Je n’y avais pas réfléchi… Qu’est-ce que je pourrais faire pour améliorer mon cardio ? demande-je.
- Oh, j’ai bien quelques idées…, répond-il d’une drôle de voix.
Un sourire de diable s’affiche sur ses lèvres et il boit pour me le cacher tandis que je percute et que je me mets à glousser comme une pintade :
- Hunter !
- Je me porte largement volontaire pour ta séance de cardio, pure bonté d’âme.
- Tu es bête ! roucoule-je en me redressant à la recherche de ses lèvres.
Il m’embrasse chastement avant de reculer la tête pour redevenir plus sérieux :
- Courir est une bonne option. Si notre footing avec Youk t’a plu, alors c’est un moyen de t’amuser en le travaillant…
- Faisons comme ça alors ! rayonne-je.
- Parfait.
- Et nous pourrons toujours compléter avec d’autres séances plus amusantes…, minaude-je à voix basse.
Ses yeux changent déjà d’éclat et il m’embrasse, sagement puisque nous sommes en public, mais plusieurs fois, comme s’il n’arrivait pas à se détacher de moi et ses yeux sont de toute façon complétement fixés sur mes lèvres.
- Encore plus parfait, murmure-t-il de sa voix rauque qui me chamboule.
- File beau brun, tu as une séance à terminer.
- Oui… si tu en as marre d’attendre sur ton vélo, tu peux remonter te laver, j’en ai encore pour une demi-heure.
*
Après ma douche, je me permets d’enfiler un teeshirt propre d’Hunter, puisque je n’ai toujours pas envie de me promener en pyjama pilou-pilou devant lui, et il débarque peu de temps après. Dès qu’il sort de la salle de bain, je suis lovée dans le canapé et il me rejoint en serviette :
- Je t’emmène au restaurant ? propose-t-il.
- Oh… c’est gentil mais je préfèrerais qu’on reste ici si ça ne te dérange pas…, réponds-je avec un air désolé.
- Ça ne me dérange pas, vos désirs sont des ordres ma princesse, répond-il en attrapant mes joues pour poser un baiser sur ma tête depuis le derrière du canapé.
Il va rapidement enfiler un short avant de s’écraser à côté de moi et je lui grimpe à califourchon dessus pour passer mes bras derrière sa nuque.
- Alors ? Qu’est-ce que tu vas vouloir de bon au roomservice ce soir ? demande-t-il gentiment.
J’affiche une tête hésitante et il fronce les sourcils :
- Ça ne va pas Hestia ? s’inquiète-t-il.
- Ça va… simplement… je n’ai pas envie de manger un plat sophistiqué ou d’aller dans un restaurant huppé…, murmure-je.
- Ah bon ? demande-t-il en caressant ma joue.
- Non… je crois que ce qui me ferait vraiment plaisir ce soir…
- Dis-moi mon cœur ? demande-t-il d’une voix douce. Nous ferons tout ce dont tu as envie… dis-moi ce qui te tracasse.
Sa douceur me fait fondre et j’avoue :
- J’en ai marre de jouer les riches héritiers, j’ai envie qu’on redevienne Hunter et Hestia … de nous commander une pizza… nous câliner… faire quelques parties d’échecs…, murmure-je.
Il me sourit alors avec une drôle d’émotion, je serais presque tentée de croire que c’est une pointe de tristesse mais il m’embrasse avec tellement de tendresse que je suppose que tout va bien alors qu’il me serre dans ses bras comme d’habitude.
- Reprenons donc nos rôles alors, conclut-il en embrassant le bout de mon nez.
- Merci, chuchote-je en le serrant plus fort dans mes bras.
- Je pensais que la vie de princesse te plaisait… ?
- Elle me plait, c’est vraiment marrant… mais dans le fond, il n’y a rien que j’aime plus que le quotidien avec toi… J’aime les pâtes aux truffes mais je préfèrerais que nous les cuisinions tous les deux… J’aime le spa mais je préfèrerais que nous mettions des masques et des bandeaux ridicules … J’aime le restaurant mais je préfère pouvoir regarder un film dans tes bras en pyjama…
Il m’observe pensivement en reprenant son air triste :
- Parfois, j’ai l’impression que j’ai tout gagné en te rencontrant Hestia… et je ne peux pas m’empêcher de me demander quand tu me laisseras … tu ne peux pas imaginer comme ça me terrifie, murmure-t-il.
Je fronce les sourcils :
- Je ne m’en irai pas Hunter… Tu n’as pas de soucis à te faire, réponds-je avec sincérité.
- J’espère…
Il sort ensuite son téléphone et coupe clairement la conversation pour me faire choisir une pizza dans une chaine que nous connaissons avant d’appeler pour commander.
- Je vais aller les chercher, ça ira plus vite que la livraison, c’est à cinq minutes, dit-il en se levant.
- Je viens avec toi, lance-je en me redressant.
- Mais non, reste tranquillement ici mon chaton, tu n’auras pas à remettre une robe ou je ne sais quoi… Je vais en profiter pour sortir Cal rapidement et appeler Winston pour vérifier que tout roule.
- D’accord…
- Tu es déçue ? Tu préfères venir ? s’inquiète-t-il tout de suite.
- Mais non, je ne vais pas t’embêter, tu n’as pas travaillé de la journée Hunter… Je vais zapper pour nous trouver un film je suppose.
Après son départ, alors que je zappe sur l’immense écran plat et que je ne trouve rien qui me convienne, une idée me percute de plein fouet et j’appelle Eden.
- « Que me vaut le plaisir ma Titi jolie ? »
- Je me demandais si ça t’embêtait que nous regardions la suite du seigneur des anneaux sans toi ce soir… ? hésite-je.
- « Mais non ! Je les connais par cœur ! On regardera le trois ensemble, il n’y a aucun souci. Tu cherches à faire plaisir à Hunter ? »
- Oui et non, j’ai vraiment envie de voir la suite moi aussi, j’ai adoré.
- « Aucun souci… »
Un petit blanc tombe et évidemment, il est curieux.
- « Je peux te demander comment ça se fait que vous restiez tous les deux à la montagne… ? »
Je rougis de la tête au pied en inventant une excuse crédible :
- Hunter avait envie de petites vacances, il n’en prend jamais apparemment… alors il a décidé de rester et m’a proposé de rester avec lui comme il sait que je m’amuse bien ici…
- « Je vois… vous êtes devenus de très bons amis avec le temps… »
Il essaie de creuser mais je ne veux pas « trahir » Hunter.
- Oui, on s’entend très bien… C’est un bon ami mais ne t’inquiète pas, tu restes mon meilleur ami ! plaisante-je nerveusement.
Il éclate de rire à l’autre bout du fil.
- « Je ne fais pas mon jaloux, rassure-toi ! Je suis ravi que vous vous entendiez bien ! En fait… Oh rien, laisse tomber Titi, bon film à vous ! »
- Merci, bonne soirée !
Je raccroche avant d’appeler la réception dans la foulée.
Cinq minutes plus tard, j’ai le dvd entre les mains et je le lance sur la télé, toute heureuse de ma petite surprise de dernière minute. J’éteins ensuite l’écran et dès qu’Hunter revient avec nos pizzas, je saute sur mes pieds :
- J’ai une surprise ! claironne-je.
- Encore ?! s’amuse-t-il en posant les pizzas sur la table basse.
- Ce n’est pas grand-chose mais je nous ai trouvé un film pour ce soir !
- Fais-moi rêver, répond-il en s’affalant dans le canapé.
Je sors fièrement la boite du dvd de derrière mon dos et pour le coup, il en reste stupéfait.
- Ça te fait plaisir ? roucoule-je.
- Tu ne peux pas imaginer ! Je plaisantais quand je t’ai dit de me faire rêver, mais tu l’as fait ! s’exclame-t-il en se redressant.
Nous nous installons dans le canapé et je passe encore une des plus belles soirées de ma vie. Après avoir dégusté nos pizzas, Hunter m’enroule dans un plaid et m’allonge sur lui. Je suis au paradis, sa tête est posée contre la mienne et il me tient dans ses bras en me caressant gentiment pour me faire des papouilles pendant les trois longues heures que dure le film. Il est aussi dingue que le premier, si ce n’est encore plus dingue et notre câlin ajoute à la perfection du moment.