Les sentiments au fond de tes beaux yeux
Chapitre 64 : Les gants de la guerrière
3883 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 26/02/2026 11:02
Chapitre 64 : Les gants de la guerrière
Je rejoins ensuite Hunter pour me caler à côté de lui dans le canapé et il ferme son ordinateur :
- Elle est rassurée ? demande-t-il.
- Oui, elle m’a passé un savon mais ça va mieux. Tout le monde est officiellement prévenu que nous rentrons demain et nous pouvons donc réabandonner nos téléphones, annonce-je.
- Parfait, qu’est-ce que tu as envie de faire maintenant ?
- Tu veux sûrement aller au sport ? devine-je.
- J’hésitais… maintenant que nous avons toute la soirée, je me demandais si je n’irais pas y faire un tour, mais ce n’est pas nécessaire si tu préfères que je reste avec toi…
- Mais non vas-y … Je serais même bien venue avec toi mais je n’ai pas d’habits, soupire-je.
- Vraiment ? s’étonne-t-il.
- Bien sûr, je te rappelle que je me suis mise en tête de faire un petit entrainement militaire cette année… Bon, ces quelques jours m’auront sans doute ramollie mais peu importe. Je reprendrai un peu plus sérieusement à la rentrée… j’ai quelques idées.
- Raconte-moi tout petite guerrière ? demande-t-il avec curiosité en attrapant ma taille pour me rapprocher de lui.
- Et bien, j’ai les cours d’autodéfense, la base de tout, explique-je. Mais je me demandais si je n’ajouterais pas à ça une petite séance avec toi de temps en temps… si je ne te dérange pas bien sûr.
- Une séance de ?! s’enthousiasme-t-il.
- Je n’en sais rien, ce que tu auras envie de me faire faire… de la boxe… ? Je ne sais pas ! Si tu avais envie de prendre ce temps pour moi, alors je te suivrais dans ce dont tu as envie sur le moment et voilà.
- J’en serais ravi, vraiment… je n’arrive même pas à croire ce que tu viens de me dire ! rit-il. Nous pourrions continuer à t’apprendre quelques petits enchainements de boxe, très efficace pour clouer les idiots au sol.
J’éclate de rire avec lui :
- Je m’imagine mal me mettre à boxer un homme en pleine rue !
- Et pourquoi pas ? Tout est une question d’entrainement… et ce sera dans tous les cas bénéfique pour ton envie de te renforcer en attendant que tu acquiers un niveau suffisant pour mettre quelqu’un au tapis…
Il a l’air tellement enthousiaste à l’idée de partager ces petits cours privés avec moi, je trouve ça adorable. J’adore aussi qu’il me donne l’impression qu’il n’a jamais trop de temps en ma compagnie et ça me fait tomber un peu plus en amour alors que je l’observe me sourire et que les petites chatouilles dans mon ventre s’animent.
- Je n’ai pas besoin de mettre qui que ce soit au tapis par la boxe… j’ai mes propres petites méthodes pour ça, dis-je d’une voix séductrice.
- Ah bon… ? demande-t-il plus calmement en voyant mon attitude changer.
- Oui… Figure-toi que je n’avais pas envie d’attendre des mois avant de savoir me défendre… alors j’ai préféré séduire l’instructeur directement…, minaude-je.
Un grand sourire coquin s’étire immédiatement sur ses lèvres et il se penche vers mon visage :
- Vous avez fait ça vous ? C’est un plan drôlement intelligent…, chuchote-t-il.
- Je n’ai pas les muscles, mais je suis maline… Résultat, je me retrouve avec mon propre garde du corps personnel alors que mes camarades devront se tuer en cours…, continue-je en glissant mes mains autour de sa nuque pour le tirer contre moi.
Nous nous embrassons avec température pendant une minute ou deux mais il y met fin pour me regarder avec sérieux :
- Tu sais que je serai toujours là pour toi, quoi qu’il arrive entre nous ? Si tu avais un jour un problème, que tu avais peur ou que tu ne savais pas comment te sortir d’une situation… je veux que tu saches que je viendrais te chercher où que tu sois, peu importe l’heure du jour ou de la nuit et peu importe l’état de nos relations à ce moment-là, c’est important pour moi.
- Hunter…, commence-je.
- S’il te plait, jure-moi que tu m’appellerais en cas de problème, même si nous ne nous parlons plus depuis des mois ou des années… Je ne souhaite pas que ça arrive mais je veux être sûr que tu n’hésiteras jamais en cas de problème.
Je vois qu’il est plus que sérieux, que ça lui tient à cœur jusqu’aux tripes.
- Oui, je te jure que je n’hésiterai pas, confirme-je donc. Mais il n’y a pas de raison, nous continuerons de nous parler et je continuerai d’apprendre à me défendre.
- Exactement, c’est tout ce que je voulais entendre, répond-il en souriant.
- C’est toi qui donnes le cours vendredi prochain d’ailleurs ?
- Non… mais ce n’est pas une raison pour le manquer, souligne-t-il.
- Mh… mouai… maintenant que je sais que je peux t’appeler nuits et jours…, glousse-je.
- Tu pourras toujours compter sur moi pour ce genre de chose, toujours, répète-t-il à nouveau avec sérieux.
- C’est gentil, murmure-je en me dressant pour embrasser sa joue.
- C’est surtout normal. C’est pareil pour Alma tu sais, même ta coloc d’ailleurs… tu peux donner mon numéro à n’importe laquelle de tes copines.
Puisque j’ai déjà accepté sérieusement, j’estime que j’ai désormais le droit de faire de l’humour pour redétendre l’atmosphère :
- Tiens donc ! Le numéro de mes copines ! Je comprends mieux ! m’offusque-je.
Il éclate de rire en embrassant mon front :
- Je ris mais ce n’est pas drôle, je suis sérieux ! Et arrête de faire ta femme outrée, tu sais bien que je me fiche de tes amies. En fait, je me fiche de toutes les femmes, il n’y a que toi qui m’intéresse, ronronne-t-il en me lançant ses yeux les plus séduits.
Je lui lance bien évidemment mes yeux les plus séducteurs en réponse, et, histoire de le mettre un peu plus profond au fond de ma poche, je sors mon joker :
- Moi et ma future jolie lingerie… ? susurre-je.
Il plisse un peu les yeux et je me régale de sa mâchoire qu’il contracte involontairement une seconde avant qu’il ne me saute dessus pour m’embrasser.
Il me bascule sur le canapé dans la seconde pour se glisser au-dessus de moi et ses mains deviennent très rapidement baladeuses, ce qui me fait rire :
- Seigneur Hunter ! Mais quel effet a donc la lingerie sur toi ?! C’est du fétichisme ! m’esclaffe-je.
- C’est toi qui as cet effet sur moi ! se récrie-t-il. Je me moquais complétement de la lingerie, ne va pas croire que j’ai des magazines de sous-vêtements qui trainent sous mon matelas !
- Il faudra que je vérifie ça…, glousse-je.
- J’aurai le temps de les planquer, réplique-t-il avec un sourire de sale gosse.
- Pfff…, soupire-je en riant.
Il se redresse en me tirant avec lui et nous redevenons plus sages bien que toujours en câlin.
- Alors, tu fais cette séance de sport ? demande-je. Nous ne sommes pas pressés, il n’est que dix-sept heures…
- Uniquement si tu viens avec moi, répond-il.
- Je n’ai pas d’habits Hunter…, répète-je doucement en caressant son nez. Je ne vais pas faire une séance de sport en robe et encore moins en tenue d’hiver…
- Nous pourrions aller en acheter ? propose-t-il. Il est encore tôt, nous serions largement à la salle pour dix-huit heures… ? Et dès dix-neuf heures trente, une jolie petite soirée tous les deux ?
J’hésite un peu mais quand je pense au budget course que j’ai économisé cette semaine, je me dis qu’il ne serait peut-être pas plus mal que je m’achète une seconde tenue de sport alors que j’en fais plus régulièrement.
- Pourquoi pas…, hésite-je.
Je n’ai même pas fini de parler qu’il est déjà debout, les mains tendues et un sourire radieux aux lèvres :
- J’adore quand tu fais une séance avec moi ! rayonne-t-il.
- Tu parles, je t’empêche de t’entrainer à fond ! ris-je en me laissant relever.
- Mais non.
*
Un petit quart d’heure plus tard, nous nous garons devant un magasin de sport qu’il vient de dénicher sur son gps. Il me prend la main naturellement et je me rends compte que ça me fait un bien fou de sortir un peu de notre suite enchantée. J’ai l’impression que tous nos rapprochements des derniers jours deviennent plus réels et pas seulement cantonnées aux murs de notre chambre.
Il est toujours aussi galant qu’avant, évidemment, à m’ouvrir les portes comme si j’étais une princesse, mais je dois bien avouer que je ne m’attendais pas à ce qu’il me prenne la main immédiatement en sortant de la voiture pour ne plus la lâcher alors que nous entrons dans le magasin.
Il attrape un panier à l’entrée et je lui lance un regard :
- Tu vas acheter des choses aussi ? demande-je.
- Je ne sais pas, on verra bien ce qu’on trouve, répond-il avec un sourire.
Nous nous promenons jusqu’aux tenues pour femmes et je fouine parmi les vêtements sous ses yeux patients. Je sélectionne trois ensembles constitués d’un legging et de la brassière assortie, de trois couleurs, mais je n’arrive pas à me décider puisque je meurs d’envie de prendre l’ensemble noir, comme d’habitude, mais je trouve ça dommage puisque mon autre tenue de sport l’est déjà.
- Je ne sais pas laquelle prendre, dis-je.
- J’aime bien la bordeaux… je trouve qu’elle irait magnifiquement bien avec tes yeux mais ce n’est que mon avis d’homme stupide.
Je ris un peu puis je repose les deux autres en sélectionnant celle-là et il m’arrête :
- Ne fais pas ton choix uniquement parce que je viens de dire ça…
- Pourquoi ? réponds-je.
Nous nous observons avec des yeux interrogateurs, telles deux poules face à un couteau.
- Je ne sais pas, prends celle qui te plait…, hésite-t-il.
- Ça me fait plaisir de prendre celle qui te plait, je serai heureuse de me dire que tu me trouves jolie dedans… je ne vois pas où est le mal… ? réponds-je.
- Je n’en sais rien…, rit-il. Encore toi et ta vérité absolue qui me déstabilise…
- Arrête de dire ça ! m’amuse-je.
- Mais c’est vrai, tu es tellement… spontanée… je ne sais pas trop. C’est dur à décrire, on dirait que tu ne raisonnes pas comme tout le monde. D’autres auraient sans doute mis deux heures à choisir et tu prends la bordeaux en un claquement de doigts, uniquement parce que j’ai dit que je l’aimais bien… En fait, tu ne te prends pas la tête, tu suis ta route nez au vent … C’est mon ressenti lorsque je suis avec toi, j’ai l’impression que tout est en pause, simple et agréable… Comme si je te suivais nez au vent moi aussi et c’est franchement génial.
Ses mots me touchent et j’attrape son sweat en souriant :
- Alors suis-moi, petit mustang libre et sauvage…, plaisante-je en l’entrainant vers les cabines d’essayages.
Il me suit en riant et nous validons ma nouvelle tenue. Après ça, il m’emmène au rayon boxe et je le regarde avec inquiétude observer les gants, les mêmes que ceux que je lui ai acheté puisque nous sommes dans la même grande chaine.
- Les tiens ne te plaisent plus … ? demande-je tristement.
- Bien sûr que si, je regarde pour t’en acheter…, répond-il pensivement en lisant le guide des tailles.
- N’importe quoi, nous n’allons pas m’acheter des gants pour les quelques séances que je ferai ! Je pourrai prendre tes anciens !
Il lève les yeux au ciel en attrapant la petite taille du modèle avant de l’enfiler sur ma main :
- Il te faut des gants à ta taille, c’est tout, tranche-t-il en scratchant le gant qui me va très bien.
- Hunter…, ronchonne-je.
- Hestia, s’agace-t-il en me lançant un regard sévère.
Je le laisse m’enfiler le deuxième sans moufter et il observe mes mains avec une joie évidente. Ça m’embête de le contrarier mais je le fais quand même :
- Je n’ai pas le budget pour prendre ces gants et ça commence à devenir très honteux que tu m’offres tout sans cesse… Je ne suis pas ta gamine à charge Hunter.
- Non, tu es mon petit cœur à charge, réplique-t-il en faisant tourner mes poignets et en analysant si le scratch n’est pas trop serré.
Je rougis évidemment intégralement et je suis tellement soufflée par sa réponse que j’ai bien du mal à me remettre dans la discorde.
- Alors prenons les moins chers, glisse-je. Il me semble que c’est ce que les débutants font.
- Mais non, j’ai envie de t’offrir ceux-là, ils sont très bien.
- Hunter, ils coûtent une fortune pour le peu de fois que je les utiliserai… Déjà que j’accepte que tu les achètes, je te trouve pénible.
Il relève un regard pensif sur moi que je trouve suspect et effectivement, il me prouve son intelligence une seconde après :
- Ça ne te plairait pas que nous ayons les mêmes ? Ce serait adorable non ? Nous aurions les mêmes gants pour nous entrainer ensemble…
J’en ouvre la bouche en grand en sautant d’un bond en arrière :
- Oh mon dieu ! Hunter ! m’offusque-je.
Il éclate de rire et je rebondis en avant pour pointer un doigt – ou plutôt un gant – accusateur sur lui :
- Tu essaies de m’avoir par les sentiments ! C’est très mal ! couine-je.
Mon esprit est déjà complétement envahit d’images de nous deux avec nos gants assortis, l’idée me plait forcément plus que de raison, je ne peux pas croire qu’il ait compris que c’est le genre de chose qui me séduit immanquablement et encore moins qu’il ait eu la perfidie de l’utiliser l’air de rien.
Il attrape mon cou dans ses grands bras pour me lancer son regard le plus charmeur :
- Arrête de tourner ça comme si je te manipulais Hestia, j’ai juste essayé de te convaincre avec un argument de poids parce que je sais que c’est typiquement le genre de petits trucs qui te rendent heureuse… Et moi aussi… J’adorerais que nous soyons assortis… nous pourrions même broder les tiens …
Aïe. Je ne m’attendais pas à ce qu’il ait gardé en réserve l’as dans sa manche.
Mon visage s’affaisse et le sien s’illumine lorsqu’il constate qu’il vient de gagner haut la main avec ce dernier argument. Il m’embrasse tendrement avant de m’entrainer vers le point de réalisation des broderies, l’air fier comme un paon alors que je me sens honteuse :
- Un jour je te rendrai tout ça Hunter, je serai une grande avocate et je te couvrirai d’or…, me plains-je.
- Mais oui…, répond-il distraitement.
- Je ne rigole pas, j’ai même gardé les tickets de mes achats au centre commercial. Un jour je te rendrai tout ça, m’obstine-je.
Une vendeuse arrive là-dessus avec son sourire le plus professionnel lorsqu’elle voit les gants onéreux à mes poignets :
- Je suis à vous dans une petite minute, je vous laisse réfléchir à ce que vous souhaitez, dit-elle en nous présentant les planches explicatives des broderies.
- Merci, répond aimablement Hunter.
Elle s’éloigne et il se penche vers moi pour me les retirer :
- Alors ? On écrit Hunter ? s’enthousiasme-t-il.
- Oui, ronchonne-je.
- Et on met un papillon sur le deuxième ?
- Non… je veux un symbole qui te représente…, décide-je.
- Ah … ? Ça risque d’être difficile à trouver ? s’étonne-t-il.
- Non…
En fait, je sais déjà ce que j’aimerais et je parcours les planches à la recherche de ce que je veux, que je finis par trouver.
- Un flocon ? s’étonne-t-il un peu plus. Ça me représente à tes yeux ?
Je rougis un peu :
- Et bien, ça nous représente…, bafouille-je timidement. Tu m’as embrassé pour la première fois le jour de Noël, alors qu’il neigeait… et ce séjour à la neige… notre nuit du jour de l’an…
- C’est magnifique… c’est même parfait…, murmure-t-il.
- Tu trouves… ?
- Oui… Je n’en reviens pas…, répond-il en me lançant toujours son regard abasourdi.
Je lui souris timidement et la vendeuse revient.