Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 67 : Fin du séjour de rêve

2939 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 02/03/2026 09:54

Chapitre 67 : Fin du séjour de rêve


Lorsque son réveil sonne le lendemain matin, j’ouvre les yeux en baillant et nous nous observons le temps de nous réveiller tranquillement. La suite étant réservée le soir même, nous devons quitter les lieux dans la matinée.

-         Bonjour jolie demoiselle, dit-il.

-         Bonjour mon prince charmant, réplique-je.

-         Vous vous sentez d’une humeur de princesse ce matin ? demande-t-il en souriant.

-         Oui, glousse-je en cachant mon nez dans la couette.

-         Les princesses n’ont généralement pas de tatouage sur la joue…

Je fronce les sourcils et lorsque les bribes de notre conversation lunaire de la veille refont surface, je ris tellement que je roule sur le dos et que je n’arrive pas à m’en remettre. Il rit évidemment avec moi et nous tentons de retrouver ce que nous nous sommes dit sans parvenir à quelque chose de très clair, à part un tatouage sur le front et l’autre sur la joue.

-         Nous dormions à moitié ! glousse-je.

-         Heureusement, ce serait inquiétant sinon…

-         Pourtant tu es tatoué… et tout le dos en plus…, souligne-je.

Il hoche la tête et bien que je n’ai jamais osé lui poser la question, ce matin, j’ose :

-         Ça signifie quelque chose ? Pourquoi as-tu fait ce tatouage et quand ?

-         A dix-huit ans. C’est un tatouage d’honneur dans une civilisation disparue… c’était comme une médaille… Cette histoire faisait partie d’un livre avec lequel j’ai été mis à l’orphelinat, il était mon préféré et cette histoire m’a toujours inspiré… J’avais envie d’être mon propre guerrier, qui se donnerait corps et âme pour prouver ma dévotion à moi-même, pour me relever de l’adversité, m’offrir une vie plus douce…

-         C’est magnifique Hunter, sincèrement… c’est tellement profond… ça résonne tellement avec ton histoire… Je veux le même.

-         Ne mutile pas ton magnifique dos, je t’en prie, répond-il en souriant.

-         C’est très sexy sur toi, souligne-je en levant un sourcil.

-         Alors je le porterai pour nos deux chemins de vie…

Il se penche pour m’embrasser et j’attrape ses joues pour profiter d’un beau réveil.

*

Alors que nous venons de finir de déjeuner, Hunter reçoit un appel et sort donc y répondre sur la terrasse. En l’attendant, je finis mes affaires et celles de Cal que je pose dans la cuisine et, voyant qu’il n’a toujours pas terminé, je m’occupe des siennes.

Je sors le reste de ses habits propres du sèche-linge et je suis assise par terre dans la buanderie en train de le plier puis de le ranger dans son sac lorsqu’il fait irruption quelques minutes plus tard :

-         Mon cœur ! Ce n’est pas à toi de faire ça ! s’offusque-t-il.

-         Ça me fait plaisir, et puis tu vas conduire pendant deux heures et demie, tu en fais bien assez Hunter, va donc te reposer un peu ! ordonne-je.

-         Tu es dingue, je ne vais pas aller me reposer pendant que tu plies mon linge ! rit-il.

-         Alors sors Calyouk pendant que je termine, réplique-je en lui souriant. Ça me fait plaisir de m’occuper de toi.

Il vient jusqu’à moi pour attraper ma tête dans ses mains et en embrasser le sommet, puis il file s’occuper du loup.

*

Une demi-heure plus tard, nous sommes dans l’ascenseur et j’ai un petit pincement au cœur. Hunter porte nos deux sacs comme le gentleman qu’il est et j’ai pour ma part Calyouk dans une main et mon bouquet dans l’autre. Ce séjour était si parfait que je suis malheureuse comme les pierres qu’il s’arrête. Les portes s’ouvrent et alors que je me rends vers la réception, il m’arrête :

-         J’ai déjà tout réglé, nous pouvons partir, annonce-t-il.

-         Tout réglé ? Je croyais que c’était ta boite qui payait ? demande-je avec suspicion.  

-         Oui, réglé comme mis en ordre. Allez viens.

Evidemment, son ton autoritaire… ça ne m’étonne pas.

Je lève les yeux au ciel mais je me laisse entrainer jusqu’à la voiture sans discuter, bien que je trouve tout ça plutôt louche. Je ne vois pas bien pourquoi il a sauté sur l’occasion de « tout régler » lorsqu’il a sorti Cal s’il n’avait rien à me cacher… Je lui lance un petit coup d’œil alors qu’il démarre et je me tortille pour m’installer bien confortablement dans le siège en cuir.

Je réalise seulement que nous sommes restés trois nuits au lieu d’une, soit un budget de six mille euros au lieu de deux mille… Je n’y ai même pas réfléchi sur le moment, puisqu’Hunter a la capacité d’éteindre mes neurones et de me faire vivre une petite vie insouciante de princesse, mais je trouve ça drôlement dingue que sa boite ait aligné les billets sans sourciller.

-         Ta boite était ok pour que nous restions trois nuits ? demande-je.

-         Ça parait évident, sinon nous serions rentrés, contre-t-il.

Je lui lance un regard encore plus suspicieux et il m’offre un beau sourire amusé en retour. J’ai presque l’impression qu’il se moque de moi, c’est agaçant.

-         Ne devions-nous pas jouer à des jeux ? demande-t-il joyeusement en me tendant une main.

Je soupire mais je décide de finir ce séjour sur du bonheur sans nuage alors j’attrape sa main et nous passons les deux heures et demie de trajet les doigts enlacés, à jouer à tout un tas de mes petits jeux en riant avec complicité.

*

Lorsqu’il me dépose, je prends un peu plus la mesure de son départ. Nous n’avons passé que quelques jours tous les deux et j’ai pourtant l’impression que ça fait des semaines, c’est comme si je peinais à me souvenir de ce que ça me faisait de le voir si peu. Nous nous câlinons longuement devant sa voiture, nous nous serrons aussi fort l’un que l’autre alors que les minutes défilent et qu’aucun de nous deux ne prend la décision de partir.

-         J’ai vraiment passé un séjour extraordinaire avec toi…, murmure-je finalement.

-         Moi aussi, mais il faut que nous arrêtions de nous comporter comme si nous n’allions plus jamais nous voir.

-         Oui ! pouffe-je. Nous habitons à dix minutes à pied, deux minutes en voiture… c’est ridicule !

Nous rions tous les deux et après un énième baiser, je récupère mon sac et mon bouquet.

-         Je vais le mettre avec ma rose, roucoule-je.

-         Tu as gardé la rose que je t’ai offerte à Noël ?

-         Tu ne l’as pas vu ? Elle est dans un vase sur l’étagère au-dessus de mon lit.

-         Je l’ai vu, mais je n’aurais jamais eu la prétention d’imaginer que c’était celle-là…, dit-il.

-         Je t’avais pourtant dit qu’on ne m’avait jamais offert de fleurs, souligne-je. Il faut croire que tu ne m’écoutes pas beaucoup.

-         Tu aurais pu te l’acheter toi-même ! réplique-t-il.

Je souris en le regardant, je profite encore un peu de sa beauté, de sa gentillesse et de sa perfection avant de replonger dans mon quotidien tout en sachant qu’il en fera désormais partie. Je ne saurais décrire à quel point je me sens chanceuse d’être tombée sur lui et l’émotion me serre la gorge :

-         Non. J’ai préféré attendre mon prince charmant pour avoir des fleurs, murmure-je.

Il est évidement tout heureux de mes mots et il m’embrasse une dernière fois avant que je ne me décide à rentrer chez moi après lui avoir fait signe. Dès que je suis dans ma chambre, je mets de côté les papillons dans mon ventre et je me plonge dans tout ce que j’ai à faire avant la rentrée de demain, à savoir faire mes lessives, mes affaires de cours, lire les programmes à venir et préparer mes habits pour demain.

En fin de journée, je m’apprête à aller me doucher lorsque Julia rentre, et elle me saute littéralement dessus pour que je lui raconte dans les moindres détails tout ce qu’il s’est passé à ce séjour. Je prends donc le temps de le faire, reprenant depuis avant mon départ pour lui donner toutes les informations qu’elle n’a pas sur Hunter et nous y passons littéralement notre soirée.

Elle est abasourdie lorsqu’elle apprend que j’ai bel et bien passé le cap de ma première fois et nous en discutons.

-         J’avais pourtant entendu des histoires terrifiantes à ce sujet… mais je n’ai pas eu mal… je n’ai même pas saigné…, avoue-je doucement.

-         Je sais que ça arrive, la majorité des femmes ont ce désagrément mais pas toutes sans exception ! Il y a pleins de facteurs qui peuvent jouer là-dessus Hestia, il ne faut pas t’inquiéter. C’est plutôt chouette d’avoir pu directement profiter ! répond-elle gentiment.

Forcément, maintenant que ce détail est avoué, elle cherche donc à en savoir plus, puisqu’elle comprend bien que j’ai immédiatement pu « profiter » comme elle dit. Je deviens rouge pivoine et elle me tire les vers du nez en riant à gorge déployée pendant un bon quart d’heure. Pour me débarrasser d’elle, je finis par lui dire franchement que notre intimité est extraordinaire et me convient à cent pour cent, ce qui redouble largement son hystérie alors je file à la douche pour me sauver.

Lorsque je ressors en pyjama, je trouve Julia bien calme. Elle est dans son lit et feuillette un magazine sans s’occuper de moi, sans même me poser d’autres questions… c’est plutôt louche et je la regarde avec suspicion tandis que je me glisse dans mes draps. 

-         Je vais aller me doucher et au lit, annonce-t-elle en se levant.

-         D’accord…

J’ai l’impression qu’elle a un petit sourire aux lèvres alors qu’elle fouine dans son placard, mais je lâche l’affaire et j’attrape mon téléphone pour souhaiter une bonne nuit à Hunter. J’ai le bonheur de constater que j’ai un message, mais il m’étonne drôlement.

Hu : « Euh… ? De rien je suppose… »

Je fronce les sourcils automatiquement et mes yeux sont alors attirés par un message que j’aurais envoyé il y a dix minutes, alors que j’étais sous ma douche…

He : « Merci pour ces magnifiques nuits bel étalon ! »

Je rougis jusqu’à la racine des cheveux et j’ai envie de m’enterrer sous le sol à coup de pelle alors que je tourne des yeux assassins vers Julia qui éclate enfin de rire comme un diable.

Voilà pourquoi Alma est ma meilleure amie, une fille à qui je n’ai jamais rien à reprocher, avec qui je pourrais passer tout mon temps sans jamais en avoir marre… et pourquoi Julia est comme ma saleté de sœur. J’ai beau avoir envie de l’étrangler à certains moments, je l’aime malgré tout.

-         Je vais te tuer !! hurle-je en sautant sur mes pieds.

-         Je vous donne un coup de pouce ! ricane-t-elle. Votre relation met beaucoup trop de temps à démarrer !

Je la course à travers notre chambre pour essayer de l’attraper et de l’assommer alors qu’elle rit toujours comme une sorcière. J’arrive à lui jeter un livre dessus une seconde avant qu’elle ne s’enferme dans la salle de bain et je pars me coucher rageusement en éteignant toutes les lumières et en me tournant face au mur, bien décidée à lui faire la tête jusqu’à demain matin.

He : « Excuse-moi… tu imagines bien que ce n’est pas moi qui ai écrit une chose pareille… J’ai fait l’erreur de raconter à Julia que nous avions… Bref, elle a pris mon téléphone pendant que je me douchais. »

Hu : « Je m’inquiétais un peu, je ne trouvais pas que ce message correspondait à mon état d’esprit suite à ces beaux jours avec toi. »

He : « Comment ça ? »

Hu : « Disons que … pour ma part, j’ai passé bien plus que de belles nuits. J’ai l’impression que nous avons partagé un peu plus que ça. J’étais un peu déçu de constater que c’était tout ce que tu retenais de nos moments tous les deux mais je ne reconnaissais pas particulièrement ta façon d’écrire alors je gardais espoir. 😊 »

Une émotion puissante enflamme tout mon corps, car même si suite à ces quelques jours, j’avais bien compris que nous étions définitivement plus que des amis, ce qu’il vient de m’envoyer me semble encore plus profond. J’ai bien l’impression qu’il est en train de me dire que nous avons une relation plus poussée, plus complexe, plus romantique même… ?

Je n’en sais rien, je préfèrerais qu’il soit plus transparent sur ce qu’il ressent, qu’il me dise un peu où il en est, parce que je me vois mal lui répondre que je suis folle amoureuse de lui alors que je me trompe peut-être.  

He : « Partagé plus que ça… ? Peux-tu développer ? Ça m’intéresse fortement. »

Il lit mon message et mon cœur tape fort dans ma poitrine alors que je le vois écrire, puis arrêter, puis écrire… encore et encore. Je me mords la lèvre pour essayer de retenir le grand sourire qui menace, parce qu’il est pour moi en train de me sous-entendre tout ce que je désire au plus profond de mon cœur.

Je crois qu’il est en train de ressentir des choses pour moi, sinon je ne vois pas pourquoi il réécrirait son message encore et encore… Il est simplement trop pudique je suppose, ou pas prêt à me partager ce qu’il ressent, mais mon bonheur est total à l’idée qu’il ressente déjà des petites choses pour moi.

Après une bonne minute sans écrire, il préfère fuir la question et sa réponse me fait pourtant sourire jusqu’aux oreilles.

Hu : « ♡ »

He : « ♡ »

Hu : « Fais de beaux rêves mon cœur, bonne rentrée. »

Je me couche le cœur baigné d’amour et même si je ne l’avouerais jamais, Julia m’a finalement rendu un beau service.

Laisser un commentaire ?