Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 75 : Surprise

3340 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 17/03/2026 11:59

Chapitre 75 : Surprise


Ça fait quelques jours que je suis partie de chez Kai.

Je lui ai demandé un peu de temps pour atterrir de tout ça, pour me reconcentrer dans mes études, pour m’éloigner de tout ce cirque. Il a bien sûr accepté et je n’ai pas eu à retourner dans son appartement qui me fait froid dans le dos. J’ai beau l’avoir nettoyé de fond en comble, je suis tellement horrifiée par la vie qu’il y mène que je l’associe à un endroit d’une dangerosité extrême et je pense que je n’ai pas tort puisque ses « amis » savent où il habite. Il préfère lui-même que je ne passe pas trop de temps là-bas pour ma sécurité alors tant mieux et il m’envoie simplement quelques petits messages de temps de temps.

J’ai beau avoir repris ma vie, passé mon dimanche avec Eden, mes soirées avec Julia… Je ne me sens pas très bien. C’est comme si j’avais une petite boule au creux du ventre qui ne disparait jamais, une petite inquiétude de fond qui entache mes journées habituelles. Je sens que je ne suis pas aussi concentrée dans mes cours, aussi appliquée dans mes devoirs et que je ne passe pas des soirées aussi paisibles qu’avant.

J’ai toujours ce doute au fond de moi, l’appréhension qu’on me retrouve, la peur d’avoir un appel à l’aide de Kai, le sentiment que je ne suis plus en sécurité même lorsque je traverse le parc pour aller chez Eden… J’ai pourtant quelques petites notions de défense désormais, mais ma récente mise au contact des armes à feu me terrifie, savoir que des hommes sont prêt à faire du mal à d’autres simplement pour une histoire d’argent…

Je vis ma vie mais je ne suis plus aussi apaisée que je l’étais parce que je n’ai pas eu le temps de redescendre de toute cette histoire.

*

Nous sommes vendredi après-midi, il est bientôt seize heures et je viens d’assister à mon dernier cours en amphithéâtre de la semaine. Je suis soulagée d’être en week-end pour pouvoir décompresser un peu et une bonne nouvelle arrive lorsque je sors dans le hall du bâtiment : mon portable vibre sous un appel d’Alma.

-         Oui ? demande-je avec espoir.

-         « Je voulais savoir ce que tu faisais ce soir, si tu avais quelque chose de prévu… ? »

-         J’ai cours d’autodéfense mais je peux largement le rater si tu veux qu’on se voit.

-         « Tu es sûre ? Ce n’est pas Hunter qui le donne… ? »

-         Non, il n’est pas en ville alors crois-moi, je préfère largement te voir qu’y aller !

-         « Parfait ! Je te retiens au courant alors, il faut juste que je vérifie deux ou trois petites choses et je te rappelle ! »

-         Ça marche !

Elle raccroche et mon moral monte en flèche à la perspective de la voir alors que Julia sera forcément de sortie. J’ai juste une petite pointe de culpabilité qui me travaille alors que j’attends le professeur à la sortie pour lui poser une question. Je sais que mes cours d’autodéfense sont importants et que je devrais me forcer à y participer mais je n’y arrive pas.

 C’est comme si ces cours étaient un moment privilégié avec Hunter, j’adore ce petit rituel d’y assister avec lui, le voir donner son cours, me mettre en binôme avec lui… Et même si je suis à nouveau un peu plus trouillarde, j’ai toujours ce sentiment de savoir que je ne suis plus seule grâce à lui, que j’aurais un accompagnateur largement capable de veiller sur moi s’il me venait l’envie de me promener dans les rues la nuit, un homme que je pourrais appeler à la rescousse si je me sentais coincée à une soirée… Tout a changé dans ma vie ces dernières semaines et je souris en savourant ce sentiment d’être entourée qui me berce désormais.

Mon professeur interrompt mes pensées en sortant et alors que je lui pose mes quelques petites questions, je remarque un agglutinement anormal d’élèves de mon cours vers les grandes portes. Il m’arrive régulièrement de retenir les profs mais lorsque je termine, les étudiants ont généralement tous fichu le camp en quatrième vitesse pour vaquer à leur occupations.

J’approche donc avec curiosité de l’ama humain et je repère une fille qui est avec moi en TD :

-         Il y a un problème avec les portes ? lui demande-je.

-         Oh non ! Excuse-moi Hestia, il y a juste un mec hallucinant et on attend de voir qui est la chanceuse ! pouffe-t-elle.

Toutes les filles avec elle gloussent et je lève les yeux au ciel en riant :

-         Et qu’est-ce qui vous dit qu’il n’a pas tout simplement cours ? demande-je.

-         Il a des fleurs à la main alors …, répond-elle sur un ton évident.

J’en perds instantanément mon sourire et mon cœur accélère à la mention des fleurs. Je ne veux pas m’emballer, mais je me jette en avant automatiquement pour apercevoir le « mec hallucinant » en jouant des coudes pour traverser mes camarades.

Dès que mon champ de vision s’éclaire, que je vois Hunter devant le bâtiment, appuyé sur sa voiture avec un bouquet à la main, je plaque une main sur mes lèvres alors que le choc me saisit.

-         On t’avait prévenu ! rit-elle.

-         Oh mon dieu ! couine-je en abattant ma main sur la poignée.

-         Quoi tu le connais… ?

Je ne réponds même pas, je tire la porte avec force alors qu’un immense sourire éclate sur mes lèvres et Hunter relève le nez en entendant tout ce vacarme. Son sourire fait écho au mien alors que je me précipite vers lui en riant et le bonheur réinvestit enfin chacune de mes cellules. C’est comme le plus beau des films, un ralenti digne d’Hollywood alors qu’il m’ouvre les bras et que chacun de mes pas me rapproche de mon paradis.

Je me jette dans ses bras, qui se referment autour de moi, et dès qu’il me serre contre lui, la petite boule d’inquiétude qui me travaille depuis des jours s’évanouit instantanément. Je retrouve mon cocon, je me prélasse dedans en riant toujours et je respire enfin lorsque l’une de ses mains se pose derrière ma nuque pour caler ma tête contre son torse.

-         Surprise mon cœur…, chuchote-t-il avec tendresse.

-         Mais qu’est-ce que tu fais là ?! couine-je en le serrant de toutes mes forces.

-         J’ai pu finir un jour plus tôt, je viens de rentrer, je voulais te faire la surprise.

Je relève le nez, incapable de résister à l’envie de voir son visage souriant et je glisse mes bras derrière sa nuque pour l’attirer contre mes lèvres dans la seconde. Ce baiser est lui aussi digne d’un film, nous rions en nous embrassant difficilement, nos joies résonnent et nos bras nous serrent l’un contre l’autre après pratiquement trois semaines sans nous voir. Je profite du moment à cent pour cent, je ne peux pas croire que je vienne de le retrouver pour de bon puisqu’il n’a pas de nouveau départ de prévu.

Alors que je l’embrasse, passent devant mes yeux les soirées films à venir, les nuits brûlantes potentielles, les séances sportives et tous les moments privilégiés que nous allons avoir ensemble.

-         Tu ne pars plus ? vérifie-je d’une petite voix aiguë alors que le bonheur croît de seconde en seconde.

-         Non mon amour, pas avant un petit moment, confirme-t-il.

Mon sourire devient éblouissant et après un baiser de plus, il me relâche pour me tendre mon bouquet, que j’attrape en rougissant de plaisir.

-         Tu y penses toujours ! roucoule-je en le sentant.

-         Je sais que tu aimes ça, répond-il en caressant ma joue avec douceur.

Mon cœur se serre, tout est si beau avec lui, si simple, si rassurant et je réalise alors comme une évidence quelque chose : Il est ce qu’il me manquait pour me sentir bien. Il est la source de mon calme et de mon bonheur au quotidien, mon repère, la lumière au bout du tunnel, le havre de paix qui me fait tout oublier.

 J’avais l’esprit tellement torturé par les problèmes de Kai que je n’avais même pas compris que c’était la présence d’Hunter qu’il me manquait pour affronter tout ça sereinement.

Je relève le nez de mes fleurs, alors qu’il a toujours une main sur ma joue et je l’observe avec une émotion dingue. Ce garçon est devenu le point central de ma vie, j’ai une envie folle de lui dire que je l’aime tout en ayant peur que ce soit trop tôt puisque ça ne fait même pas encore un mois que nous nous sommes embrassés pour la première fois.

-         Qu’est-ce qu’il y a ? s’amuse-t-il gentiment.

-         Rien c’est… je suis émue, j’ai envie de pleurer, réponds-je d’une petite voix tremblante.

-         Mais non mon cœur ! Il ne faut pas ! s’exclame-t-il tout de suite en me reprenant dans ses bras.

Je me laisse câliner avec bonheur en ayant toujours plus l’impression d’être traitée comme une petite princesse, ce qui m’avait clairement manqué, puis il me relâche pour m’ouvrir la portière.

-         Je peux te raccompagner ? propose-t-il.

-         Avec plaisir ! 

Une minute après, nous repartons du campus alors que j’ai un sourire jusqu’aux oreilles vissé sur le visage, un bouquet dans une main et la sienne dans l’autre. Nous repassons devant les portes du bâtiment et je glousse un peu en réalisant que les filles doivent être en train de commérer sur mon couple dans le bâtiment.

-         Qu’est-ce qu’il y a ? demande-t-il.

-         Oh rien, des filles que je connais vaguement se demandaient qui était la chanceuse que tu attendais… je n’imagine pas leur choc en découvrant que c’était moi ! pouffe-je.

-         Leur choc ? Alors que tu es parfaite ? répond-il d’une voix séductrice.

Je lui lance un petit coup d’œil blasé malgré mon sourire éblouissant qui trahit ma joie :

-         Je suis surtout l’ennuyeuse Hestia, assise toute seule à une table au premier rang pour écouter les professeurs… qui râle lorsque nous devons nous mettre en groupe et qui est la chouchou de ses profs… je te garantis que ces filles ont une piètre image de moi et doivent se demander ce que tu me trouves, réponds-je avec honnêteté.

Il hausse les sourcils :

-         Ce que je te trouve ?! Tu plaisantes j’espère ? Si ces filles ont des yeux, alors elles ne doivent pas se poser beaucoup de questions.

-         C’est un avis subjectif, souligne-je.

-         Objectif quand on parle de ta beauté, réplique-t-il.

Je lève les yeux au ciel en souriant toujours de toutes mes dents :

-         Et même si c’était vrai, elles se disent alors probablement que tu ne me fréquentes que pour mon physique et que je t’ennuie à mourir…

-         Elles n’ont pas tort, me taquine-t-il.

Il me lance ses yeux les plus malicieux en embrassant nos mains enlacées et je glousse avec lui.

-         Je m’en fiche, tant que je suis avec toi, ça me va ! rayonne-je.

-         Alors mon ennuyeuse princesse, que faisons-nous ce soir ? demande-t-il.

-         Tu ne fais pas cours ?

-         Non, j’avais vraiment envie de passer la soirée avec toi, juste avec toi

-         Julia n’est pas là ! annonce-je avec excitation.

Il embrasse encore ma main pour me cacher son immense sourire coquin et je glousse un peu plus :

-         On se fait une petite soirée chez moi ? ronronne-je.

-         Je ne veux sortir de ta chambre sous aucun prétexte, répond-il d’une voix grave et pleine de promesses.

Les papillons dans mon ventre s’affolent si fort qu’ils doivent être en train de se percuter, parce que mon corps devient électrique dans la seconde et je ne peux plus détacher mes yeux affamés de sa personne.

Il capte mon regard au moment où il se gare sur ma place de parking et il attrape ma nuque d’un geste brute pour me tirer contre ses lèvres. Mon corps s’enflamme instantanément, je suis même complétement excitée par son mouvement autoritaire et je l’embrasse déjà avec tellement d’ardeur que je me tortille pour me redresser et me rapprocher de lui dans l’habitacle. Lorsque sa main libre se pose sur mes fesses, c’en est fini de moi et mon cerveau déconnecte alors que nos langues se mêlent.

-         On serait mieux chez toi…, murmure-t-il à travers son souffle court.

-         Je n’ai même pas le courage d’y monter, réplique-je.

-         Je ne risque pas de te déshabiller sur un parking visible depuis la chambre de centaines d’étudiants en chaleur…, gronde-t-il.

Je glousse doucement et puisque je ne veux plus perdre une minute, j’attrape mon sac à dos et je sors de la voiture d’un même mouvement avant de foncer vers mon bâtiment en sachant qu’il me rattrapera en deux enjambées.

Et effectivement, quelques secondes après, je le sens qui me retire mon sac comme le prince charmant qu’il est, pour que je n’ai plus qu’à parader avec mon beau bouquet comme la princesse qu’il me fait devenir.

Lorsque nous entrons chez moi, je dépose immédiatement mes fleurs dans un vase et alors que j’observe le résultat avec tout mon amour, il m’attrape pour me retourner contre lui avec rapidité. J’en couine et il fond sur mes lèvres pour me faire taire malgré son sourire coquin, reprenant là où nous nous en étions arrêtés dans la voiture. Il redémarre mon corps au quart de tour et maintenant que nous sommes seuls, j’attrape immédiatement son sweat pour lui enlever et lui confirmer que oui, c’est exactement ce par quoi j’ai envie de commencer moi aussi.

Ça me travaille si fort depuis nos jours à la neige, je ne comprends même pas comment mon corps peut en avoir autant envie alors qu’il n’en avait rien à faire avant d’y goûter. Je ne peux même plus compter le nombre de fois où j’y ai pensé ces trois dernières semaines, que ce soit avant de dormir ou en plein cours magistral, sous ma douche ou au milieu du supermarché…

Il retire ma veste et dès qu’il découvre que le haut de ma robe, dans le dos, n’est composé que de quelques bout de tissus qui le dévoile largement, il passe ses mains dessus avec une passion dingue.

-         Qu’est-ce que c’est que cette tenue affriolante pour les cours…, murmure-t-il entre deux baisers.

-         C’est pour ça que je la porte avec une veste ! pouffe-je avec le souffle court.

Il me retourne pour me mettre dos à lui, avant de passer mes longs cheveux en avant d’une de mes épaules pour lui libérer l’accès. Il promène ensuite ses lèvres sur ma peau nues, entre les lanières de tissu noir et l’une de ses mains remonte mon ventre pour se poser sur un point plus stratégique. Je soupire déjà de bonheur en fermant les yeux, complétement concentrée sur ses baisers sensuels, et je passe mes bras dans mon dos pour attraper sa taille, simplement avide de le toucher moi aussi.

Lorsqu’il attrape le bas de ma robe, on toque à ma porte, et je retiens un grognement de frustration alors qu’il se fige.

-         Tu attends quelqu’un ? demande-t-il.

-         Non…, ronchonne-je.

Les coups rapides résonnent encore et puisqu’il me lâche, je vais ouvrir pendant qu’il fait quelques pas en direction de mon lit pour se remettre les idées en place je suppose.

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