Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 76 : Changement de programme

3050 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 18/03/2026 11:36

Chapitre 76 : Changement de programme


Je m’attendais forcément à Julia, j’imaginais qu’elle avait oublié quelque chose, mais je suis étonnée d’ouvrir sur Alma, un gros sac à la main.

-         Surprise ! s’écrie-t-elle.

-         Surprise ?

-         Je t’emmène en weekend ! rayonne-t-elle.

J’ouvre des yeux ronds alors que les siens tombent sur Hunter au bout de ma chambre et elle perd son sourire :

-         Je… mince, je croyais que tu n’étais pas en ville Hunter…, bafouille-t-elle. J’ai même appelé Hestia il y a moins d’une heure pour lui demander ce qu’elle faisait ce soir…

-         Je lui ai fait la surprise moi aussi…, précise-t-il.

Elle se décompose totalement en reportant son attention sur moi :

-         Je suis désolée Hestia… je vais vous laisser je… je vais les rappeler pour voir si je peux annuler, dit-elle rapidement.

-         Tu viens de réserver ? m’affole-je.

-         Et bien oui… je t’avais juste appelé tout à l’heure pour vérifier que tu n’avais rien de prévu mais comme tu m’as dit que non, j’ai vite réservé dans la foulée avant de venir ici…, explique-t-elle.

Elle sort déjà son téléphone pour appeler mais je l’arrête d’un geste. Je suis tellement touchée par sa surprise que je n’arrive pas encore à réaliser. Je ne peux pas croire que j’ai trouvé une amie aussi gentille, qui nous a réservé un petit weekend entre filles…

-         Mais non Alma, je… c’est tellement gentil, couine-je sans y croire.

J’ai pourtant terriblement envie de passer la soirée avec Hunter, je ne sais pas quoi faire, je ne sais plus où donner de la tête et il nous rejoint :

-         Faites votre petit weekend, j’attendrai…, dit-il.

Il essaie d’être enjoué mais la déception est largement audible dans sa voix et Alma affiche une tête embêtée :

-         Ils accepteront sans doute de repousser Hunter… après tout je viens de les appeler, dit-elle.

-         Mais non, insiste-t-il. Ça me fait plaisir pour vous, où passez-vous le weekend ?

-         Et bien… Eden nous avait parlé d’un petit chalet pas loin de la ville au nouvel an… alors je lui ai demandé l’adresse et … je me disais que ce serait sympa, répond-elle timidement.

-         C’est un super programme, vous aller vous amuser ! s’enthousiasme Hunter en posant des yeux affectueux sur moi.

Je l’observe, complétement scindée en deux, et Alma se dandine d’un pied sur l’autre :

-         Mais non… Je sais que vous ne vous êtes pas vu depuis des semaines…, murmure-t-elle.

-         Ce n’est pas grave, j’ai envie de passer du temps avec toi aussi, assure-je.

Je me ficherais des claques d’avoir aussi peu d’entrain. Je me sens honteuse d’être comme ça alors qu’elle vient de me faire plaisir et j’arrive enfin à passer au-dessus de ma déception pour avoir une réaction normale.

-         Alma, je suis un peu surprise, parce que mon programme vient d’être bousculé. Mais je te jure que je suis enchantée par ta surprise, c’est même trop, tu es dingue !

Elle hoche la tête en faisant la navette entre Hunter et moi, avant d’afficher une tête hésitante :

-         Tu veux venir avec nous… ? Après tout, je t’apprécie, tu es très gentil…

-         Mais non, je ne vais pas venir gâcher votre weekend entre filles ! s’exclame-t-il en reculant d’un pas.

-         Tu ne le gâcherais pas… Ecoutez, je vais appeler et annuler. Je sais que tu es heureuse Hestia mais je comprends totalement que mon timing soit pourri, j’avais juste cru comprendre qu’il n’était pas là du tout cette semaine et je voulais te faire la surprise… j’aurais juste dû voir ça avec toi. Il est hors de question que je vous sépare alors que vous ne vous êtes pas vu depuis des lustres.

-         Non ! m’exclame-je.

Mais elle ne m’écoute pas et elle appelle devant nous en me faisant taire d’un doigt. Evidemment, les propriétaires acceptent de la rembourser à hauteur de la moitié du prix pour les dédommager, le business étant le business.

-         Hors de question que tu perdes la moitié de la somme, nous y allons ! tranche-je.

Nous débattons alors entre filles longuement. Alma insiste pour que j’emmène Hunter, je refuse tout net parce que je ne vois pas l’intérêt pour elle de tenir la chandelle et elle se maudit de ne pas m’avoir parlé de cette histoire plutôt que d’avoir fait une surprise.

Hunter se lève finalement du lit pour venir se planter derrière moi en posant une main sur ma hanche et il résout la situation en dix secondes montre en main :

-         Il y a deux chambres ? demande-t-il.

-         Bien sûr ! C’est un chalet pour quatre personnes, tu peux largement venir ! répond vivement Alma.

-         Et si nous invitions Eden et que nous y allions les quatre ? propose-t-il alors.

Un blanc tombe tandis qu’Alma ouvre des yeux si grands que je peux pratiquement voir les centaines d’étoiles qui y naissent et qu’un sourire de diable s’étire sur mes lèvres.

-         Alors ça c’est une idée ! glousse-je en lui lançant un coup d’œil par-dessus mon épaule.

Il me sourit, visiblement fier de lui et Alma rougit de seconde en seconde.

-         Il ne… il ne viendra jamais… surtout pas à la dernière minute…, bafouille-t-elle.

-         Je peux l’appeler si tu veux ? propose Hunter.

Elle me lance un coup d’œil survolté avant de poser une main sur sa bouche :

-         Je… euh… oui, répond-elle d’une toute petite voix.

Hunter s’éloigne de quelques pas en prenant son téléphone et Alma attrape mon bras avec force pour me lancer un regard exorbité.

-         Ça va aller, chuchote-je en riant.

-         Au secours, imagine qu’il refuse ! couine-t-elle.

-         Imagine qu’il accepte…, souligne-je en haussant un sourcil.

Elle fait mine de s’évanouir et nous rions jusqu’à ce qu’Eden réponde visiblement.

-         Eden, qu’est-ce que tu fais de beau pour les deux jours à venir ? Je te propose un petit weekend …

-         « … »

-         Ah oui… tu as un match… Mh…

Le visage d’Alma se décompose et j’attrape sa main pour la soutenir mais Hunter reprend :

-         Dommage, surtout que ce n’est pas un match capital… Ah, j’ai oublié de te prévenir que ce weekend était en compagnie d’Hestia et d’Alma.

-         « … »

-         Oui je suis sérieux.

-         « … »

-         Ça marche, alors à tout à l’heure, je vais dire aux filles que tu es partant.

Alma manque effectivement de s’évanouir et nous célébrons discrètement l’information jusqu’à ce qu’Hunter raccroche et revienne se planter vers nous.

-         Il vient vraiment ? demande-t-elle.

-         Oui vraiment, il a bizarrement décidé de s’assoir sur son match en apprenant que tu y serais…, répond-il en passant un bras autour de mon cou.

Alma devient plus rouge que son sac à main et je glousse avec Hunter en la voyant.

-         Comment on s’organise ? demande-je.

-         On y va avec une seule voiture ? propose Alma.

-         Impossible, qui dit Eden dit Calyouk, précise-t-il.

-         Cal ne voudra jamais passer un weekend avec moi, s’inquiète-t-elle alors.

-         Mais si, on le laissera dans une chambre, la rassure-t-il. Je vous propose qu’on fasse le sac d’Hestia puis que je vous emmène jusqu’à chez nous… Eden pourra nous suivre ?

-         C’est… parfait, murmure Alma d’une voix ahurie.

Hunter rit doucement en embrassant ma tempe et je me presse contre ses lèvres en fermant les yeux, trop heureuse de partager ce petit séjour avec eux tous.  

-         Vous êtes adorables tous les deux… vous faites vraiment un beau duo, soupire Alma en posant sur nous des yeux attendris.

Je rougis déjà, inquiète qu’Hunter trouve ça bizarre, mais pas du tout.

-         Merci, répond-il d’une voix douce.

-         Bon et bien fais ton sac Hestia ! reprend-elle avec énergie.

Je les laisse donc discuter en préparant mes affaires et je suis heureuse de voir qu’ils s’entendent toujours aussi bien. Ils discutent majoritairement du droit et de notre séjour à la montagne tandis que je glisse discrètement une de mes jolies surprises pour Hunter dans mon sac.

Lorsque nous gagnons le parking, Alma sautille comme une gamine :

-         Je ne peux pas croire que je vais monter dans cette bagnole !! Il faut que j’envoie une photo à mes frères ! s’excite-t-elle.

-         Des amateurs de voiture ? s’amuse Hunter.

-         Tu ne peux pas imaginer, ils vont être verts de jalousie ! Je peux la prendre en photo pour les narguer ?

-         Fais-toi plaisir ! rit-il en lui désignant.

Elle s’exécute joyeusement en nous racontant à quel point ses frères ont pu l’influencer à aimer les voitures et nous rions tous les trois alors qu’elle la prend en photo sous toutes les coutures en essayant de cacher son excitation.

Hunter se penche alors à mon oreille :

-         Nous sommes d’accord que tu te fiches complétement de ma voiture ? demande-t-il.

Je ne sais pas ce que je dois répondre à ça, puisque oui, je m’en fiche, mais j’ai peur qu’il me pose cette question parce que lui s’y intéresse et qu’il soit déçu que je n’ai pas l’entrain d’Alma.

-         Euh oui ? Enfin je l’aime bien ! Mais je… je n’y connais rien…, avoue-je.

Il hoche la tête d’un air entendu avant de faire quelques pas vers Alma, qui se retourne avec un sourire éblouissant :

-         Elle est dingue sérieusement, j’étais trop déçue de ne pas monter dedans après le marché de Noël ! rit-elle.

-         Ah oui ? demande Hunter. Et au lieu de simplement monter dedans, tu aurais envie de la conduire ?

Il lui tend les clés et Alma est tellement choquée que sa bouche s’entrouvre alors que je tourne un visage rayonnant vers Hunter :

-         Alors ça c’est adorable ! piaille-je avec excitation.

-         Tu ne savais pas encore que j’étais adorable ? rit-il.

-         Si, ronronne-je en lui lançant mes yeux séducteurs.

Nos yeux s’ancrent instantanément et il m’embrasse la joue lentement sans quitter mon regard, déjà happé dans notre passion dévorante.

-         C’est sérieux ? demande Alma dans un souffle.

Elle nous ramène les pieds sur terre et il lui lance ses clés :

-         Bien sûr que oui, au volant pilote ! répond-il joyeusement.

Elle se confond en remerciement alors que je grimpe vite à l’arrière avant qu’Hunter ne se propose pour y aller, et elle n’arrête pas jusqu’à ce qu’elle soit derrière le volant. Son sourire est si radieux que nous rions rien qu’à la regarder.

Elle est fière comme un paon alors qu’elle quitte mon parking en faisant vrombir le moteur. Je la prends en photo plusieurs fois depuis l’arrière, histoire d’avoir des preuves de qualité pour ses frères et deux minutes plus tard, nous nous garons en bas de chez les garçons.

-         C’était génial ! Merci Hunter ! s’exclame-t-elle.

-         Tu veux faire un plus grand tour ? propose-t-il. Tu n’as conduit que deux minutes c’est dommage… Tu voudrais conduire jusqu’au chalet ?

-         Non, vraiment ?! s’écrie-t-elle en sautillant sur son siège.

-         Si ça va à Hestia… ? me demande-t-il en tournant la tête vers moi avec une moue interrogatrice.

Je ne résiste pas et je me penche en avant pour embrasser ses lèvres, savourant le petit sourire idiot qui y nait automatiquement.

-         Ça va très bien à Hestia…, confirme-je.

Il m’embrasse une seconde fois, un peu plus longuement et mon super agent double nous prévient :

-         Eden arrive, glisse-t-elle d’un ton naturel.

Il se détache de mes lèvres et nous observons Eden arriver à toute vitesse en ouvrant sa fenêtre :

-         Non mais je rêve ! La chanceuse ! Moi aussi je veux conduire l’Aston ! s’exclame-t-il en se garant à côté d’elle.

-         Trop tard, la place est prise ! rayonne Alma en riant avec lui.

-         Je la prends au retour !

-         Tu rêves ! intervient Hunter.

-         Bon allez, je vous suis ! ronchonne-t-il.

-         Tu n’as pas besoin de sac Hunter ? s’inquiète Alma.

-         Oh non, j’en ai déjà un dans le coffre, je reviens de voyage.

-         Ça marche !

C’est donc conduits par une Alma plus fière que la fierté elle-même que nous partons en direction du chalet. Dès que nous nous retrouvons sur les routes désertes de campagne, avec une visibilité maximale, Hunter autorise Alma à lâcher les chevaux avec mon accord et elle s’amuse comme une dingue.

Nous faisons même un petit détour pour qu’elle puisse conduire plus longtemps et elle se régale pendant la grosse heure que dure notre trajet.

Laisser un commentaire ?