Les sentiments au fond de tes beaux yeux
Chapitre 78 : La soirée raclette
Après une préparation de notre repas tous ensemble, nous nous installons à table pour l’engloutir dans la bonne ambiance. Nous rions tous les quatre, Alma et Eden se rapprochent vitesse grand v et je suis toute heureuse d’échanger des tranches de fromage avec Hunter, parce que ça me donne cette impression que nous sommes un tout lui et moi.
En tout cas, je découvre que la raclette est un plat plutôt très copieux, puisque je m’affale dans ma chaise à la fin du repas :
- Je n’en peux plus ! soupire-je.
- C’est costaud la raclette ! se marre Eden.
- J’en suis à me demander s’il est possible de s’empoisonner en mangeant trop de fromage ! glousse-je.
- Mais non ! rit Alma. En revanche, il est possible d’en vomir toute la nuit. Je te préviens, si ça devait être le cas, alors dors directement dans la salle de bain ! Je ne veux pas me faire réveiller toutes les heures !
- Ça marche, accepte-je en pouffant avec elle.
Nous nous activons pour débarrasser la table tous les quatre et une fois fait, nous cherchons la suite du programme.
- Qu’auriez-vous fait toutes les deux sans notre présence ? demande Hunter.
- J’avais prévu une soirée filles, répond Alma. J’ai tout le nécessaire dans mon sac. J’imaginais que nous regarderions une comédie romantique ou qu’on s’amuserait à vous critiquer pendant ce temps !
- Je suis partant pour me faire chouchouter, j’avais adoré ! intervient Eden en levant une main.
- Vraiment ? Alors faisons-ça ! s’enthousiasme Alma.
Je me doute qu’elle est ravie à l’idée de s’occuper d’Eden comme elle l’avait déjà fait puisque ça avait grandement participé à les rapprocher. En revanche, je lance un coup d’œil à Hunter, pas sûre qu’il soit enchanté du programme et je décide donc de lui donner une petite option :
- Et si on faisait tout ça devant le troisième film du seigneur des anneaux ? propose-je. Je voulais voir la suite alors… ?
Les garçons sont ravis, Alma adore la trilogie et Hunter ne tarde pas à acheter le film à la demande pour ce soir, puis elle ordonne à tout le monde de se mettre en pyjama. Nous montons donc entre filles nous changer dans notre chambre en haut de la mezzanine.
- Ça va être génial ! piaille Alma en enfilant son pyjama.
J’enfile mon pyjama ourson, que j’avais bien évidemment pris pour l’occasion, et nous redescendons avec les plaids que nous avons emporté pour les installer sur le canapé en discutant.
C’est un beau spectacle qui nous interrompt, lorsque les garçons nous rejoignent une minute après torses nus et que nous échangeons un regard de femmes qui en dit long en voyant ces deux beaux athlètes rien que pour nous.
- Noël en retard…, pouffe Alma à voix basse.
Je ne peux m’empêcher de glousser et Hunter plisse les yeux en approchant :
- Qu’est-ce qui te fait rire toi ? demande-t-il en pinçant gentiment mes joues.
- Rien…, réponds-je avec mon sourire le plus innocent.
Il est tellement beau que je suis presque jalouse d’imaginer qu’Alma l’aura sous le nez toute la soirée alors qu’elle est déjà en train de discuter avec Eden en parcourant les bandeaux à oreilles puisqu’il veut absolument retrouver la licorne. Je ne me savais pas jalouse, mais quand je vois le torse d’Hunter, ça ne m’étonne pas tant. Eden est musclé lui aussi mais ce n’est pas le même genre, il est massif, avec des muscles très présents mais pas saillants, contrairement à mon dieu grec qui représente l’idéal masculin en règle générale.
- Ça va ? me demande-t-il gentiment en voyant ma tête.
- Très bien, mens-je en m’installant à côté de lui dans le canapé.
J’attrape la trousse à mon tour pour y prendre mes oreilles d’ours et quelques masques pour les comparer alors qu’il pose la tête sur mon épaule pour lire avec moi les promesses des produits. Ce petit contact me redonne immédiatement le sourire et ma jalousie indécente disparait en un claquement de doigts.
- Tu veux les oreilles de renard ou de lapin Hunter ? demande gentiment Alma.
- Hunter ?! s’exclame Eden. Comme s’il allait faire ça !
Hunter se redresse pour observer son meilleur ami en plissant les yeux :
- Et je peux savoir pourquoi je ne ferais pas comme vous ? demande-t-il.
- J’en sais rien, tu aimes qu’on te papouille toi ? s’étonne Eden.
- Je ne vois pas pourquoi je n’aimerais pas ! rétorque-t-il en prenant les oreilles rousses.
Eden l’observe faire et se met à ricaner :
- Tu fais ça parce que tu as envie de papouilles… ou pour qu’Hestia te papouille ?
Je me fige un peu alors que les joues d’Hunter se colorent légèrement, mais il ne se démonte pas et fixe Eden sans ciller :
- A ton avis crétin ? demande-t-il finalement.
Mes joues s’enflamment alors qu’il fait enfin un premier pas pour officialiser notre relation et je l’observe avec de grands yeux émerveillés tandis qu’Eden arbore un sourire jusqu’aux oreilles.
- Sérieux ? demande-t-il.
- Sérieux quoi ? Je n’ai rien dit d’extraordinaire, fous moi la paix ! ronchonne Hunter en abattant le bandeau sur sa tête, le mettant n’importe comment.
Je glousse et puisqu’il a désormais ouvert une porte, j’estime que je peux moi aussi me comporter plus naturellement avec lui.
- Tu le mets n’importe comment, le réprimande-je gentiment.
Je le passe donc dans son cou avant de le relever délicatement sur son front et il est tellement mignon comme ça que je le croquerais tout cru.
- Ça te va à ravir, ronronne-je.
- Pas aussi bien que le tien, réplique-t-il en caressant furtivement ma mâchoire et en me souriant alors que nos visages sont tout proches.
A ce stade, Eden a les sourcils perchés jusqu’à la racine des cheveux et il décide visiblement de nous foutre la paix puisqu’il se reconcentre sur Alma malgré son air ahuri.
Nous passons un petit moment à nous recouvrir de patchs en tout genre, puis les garçons s’installent par terre à nos pieds pour que nous leur mettions de l’huile dans les cheveux tout en les papouillant, ce qui était plus ou moins le contrat pour qu’ils acceptent cette soirée filles de bon cœur.
Je pourrais faire ça pendant des heures, j’adore enduire les cheveux sombres d’Hunter, j’adore passer du temps à lui masser le crâne en sachant qu’il passe un bon moment et surtout, j’adore pouvoir admirer sa personne. Je me régale de ses épaules en passant mes mains dessus, je masse ses trapèzes et je caresse du bout des doigts son tatouage que j’aime tant. Il est tellement séduisant, je meurs d’envie de me pencher pour embrasser sa nuque, de descendre mes mains sur son torse, de semer des baisers jusqu’à ses lèvres… C’est finalement le seul point négatif de cette soirée, ma frustration de ne pas pouvoir profiter de lui comme je l’aimerais. J’envisage parfois d’embrasser au moins sa joue, mais il a beau avoir ouvert une porte sur notre attirance devant Eden, je ne voudrais quand même pas exagérer.
Et pourtant… Un long moment plus tard, alors que mes mains passent doucement sur ses clavicules, il les attrape d’un geste pour les tirer devant lui, attirant de fait ma tête contre la sienne. Il enroule finalement lui-même mes bras autour de son cou et puisqu’il est très grand, et donc haut, la position est confortable pour moi. Je suis juste avachie sur ses épaules et nous passons un long moment comme ça à nous câliner sagement, joue contre joue tandis qu’il caresse mes avants bras tendrement.
Pour le dernier tiers du film, il se relève même pour se mettre dans le canapé, les pieds sur la table basse et il m’allonge sur lui comme il l’avait déjà fait à l’hôtel sans même lancer un regard à Eden. En fait, nous sommes tellement dans notre bulle à ce stade, à nous câliner tendrement et à nous caresser mutuellement les bras que je crois que nous oublions juste la présence des deux autres.
Nous sommes dans notre moment, dans nos retrouvailles après trois semaines, devant notre saga préféré… Je veux juste profiter d’être blottie dans ses bras sans me demander si Eden trouve ça bizarre ou non et c’est ce que je fais. Je vois de toute façon du coin de l’œil que ce dernier a d’autres chats à fouetter. Il est drôlement proche d’Alma, ils se câlinent aussi et j’ai désormais la certitude qu’ils finiront ensemble un jour ou l’autre, ce qui rend juste tout ça plus parfait.
*
Lorsque le film se termine, nous sommes tous un peu groggy et complétement détendus après une soirée aussi douce. Nous nous levons pour nous étirer un peu et Alma baille :
- Qu’est-ce qu’on fait ? On va se coucher ? demande-t-elle.
- Je vais aller sortir Cal un petit coup, annonce Eden en embrassant sa joue.
Elle affiche une petite mine heureuse et Hunter caresse mon dos :
- Moi je vais aller me doucher pour enlever l’huile de mes cheveux, annonce-t-il.
- D’accord, réponds-je en souriant.
- Hestia, tu viens promener le loulou avec moi ?
- Bien sûr, accepte-je.
C’est ainsi que je me retrouve en pyjama à passer la porte avec Eden tandis que les deux autres vont se doucher et nous restons scotchés sur place en découvrant qu’il s’est mis à neiger pendant la soirée.
- Oh mon dieu ! couine-je en partant comme une balle à la suite de Calyouk qui joue déjà dans le petit centimètre de neige.
- Tu penses que ça va tenir ?! s’exclame Eden en attrapant son téléphone pour regarder la météo.
Une minute plus tard, il répond à sa propre question en découvrant que oui, puisque la température restera négative tout le weekend. Nous nous amusons comme deux gamins avec le loup pendant un bon quart d’heure dans le grand jardin et lorsque nous prenons la direction du chalet, Eden me lance un regard timide :
- Tu deviens proche d’Hunter non ? demande-t-il.
- Je… oui, nous sommes devenus proches à la montagne, je te l’avais dit, réponds-je prudemment.
- Vous êtes plutôt tactiles…, commente-t-il. Câlins même… ?
Je lui lance un regard en rougissant un peu mais il a l’air aussi timide que moi, ce qui m’étonne.
- Ça va ? demande-je.
- Et bien… en fait j’avais un genre de… demande à te faire. Mais c’est un peu délicat, je ne me rends pas compte de ta proximité avec Hunter… j’ai peur que tu acceptes pour me faire plaisir mais que ça te mette mal à l’aise…, avoue-t-il d’une petite voix.
Pour le coup, je ne vois pas du tout où il m’emmène.
- Dis-moi ? l’encourage-je.
- Je me demandais… oh non c’est bizarre…
- Eden ! Je te répondrai avec honnêteté, arrête ! tranche-je.
- J’aime beaucoup Alma… beaucoup. Je pense que tu t’en es rendu compte…
- C’est ce que j’espérais surtout ! couine-je.
Il me lance un coup d’œil radieux :
- Tu penses qu’elle m’aime bien ? demande-t-il.
- Je le sais, réponds-je en lui faisant un clin d’œil conspirateur.
Il rougit (!) et en vient enfin au fait :
- Surtout, tu n’es obligée de rien. Mais, puisque j’ai bien l’impression qu’Hunter et toi êtes assez proches pour en être tactiles… je me demandais si… tu penses qu’il y aurait une possibilité pour que tu acceptes de dormir avec lui ? demande-t-il en grimaçant.
J’en ouvre des yeux plus ronds que la lune alors que la situation dépasse mes espérances les plus folles.
- Quoi ?! souffle-je.
- Laisse tomber ! se récrie-t-il tout de suite.
- Non ! C’est pour dormir avec Alma ?! couine-je d’une voix aiguë.
- Chut !! vocifère-t-il en agitant les bras puisque nous sommes devant la porte d’entrée.
Je glousse comme une bécasse mais nous reprenons à voix basse :
- Tu aimerais proposer à Alma de dormir avec toi ?!
- Oui… je ne sais pas trop si elle acceptera mais ce serait l’occasion de discuter en tête à tête, de nous rapprocher… je ne sais pas… Mais attention, si tu…, commence-t-il.
- Bien sûr que je peux dormir avec Hunter ! tranche-je rapidement. Et il n’y verra aucun souci non plus, j’en suis certaine.
- Vraiment ? demande-t-il alors qu’un sourire nait sur ses lèvres.
On dirait qu’il ne croit pas à la chance qu’il a, alors qu’il m’offre sur un plateau d’argent un weekend encore meilleur que prévu.
- Mais oui, je viens littéralement de passer la moitié du film allongée sur lui Eden ! Tu avais vraiment peur que je refuse de dormir avec ?! m’amuse-je.
- Je ne sais pas, c’est délicat ! se défend-il.
- Ça n’a rien de délicat, ne t’en fais pas. Propose la chose à Alma, je suis sûre qu’elle en sera ravie ! m’excite-je à voix basse.
Il en mord sa lèvre et nous gloussons tous les deux en rentrant avec des mines conspiratrices. Nous remettons rapidement Cal dans la chambre du bas où Hunter se douche visiblement toujours, Eden récupère son sac et nous montons en riant encore à l’étage où Alma nous ouvre avec une tête étonnée.
Elle accepte bien évidemment la proposition d’Eden et il installe ses affaires tandis que je range les miennes dans mon sac avec bonheur.
- Désolé de vous imposer Cal…, ajoute Eden alors que je termine mes affaires.
- Il n’y a aucun souci, tu sais bien que je l’adore, soupire-je en levant les yeux au ciel.
- Je sais mais… il fait chier avec son sale caractère ! rit-il.
- J’essaierai de l’amadouer demain, intervient Alma. Une petite balade dans la neige nous rapprochera peut-être ?
- C’est possible, on essaiera. Il va bien finir par se rendre compte que tu es sympa.
- Sa tatie en chocolat s’occupera de ça, plaisante-je. Ne vous inquiétez pas, je suis la femme qui murmure à l’oreille des loups !
Nous rions tous les trois, je leur souhaite une bonne nuit, puis je redescends en quatrième vitesse l’escalier pour foncer rejoindre Hunter, trop heureuse à l’idée de dormir dans ses bras cette nuit.
Lorsque je passe la tête par sa porte, il est allongé en short dans le lit, les cheveux en bataille après sa douche et il relève un regard heureux :
- Tu viens me dire bonne nuit ? s’enthousiasme-t-il.
- Mieux que ça ! glousse-je en entrant.
Il ouvre des yeux ronds en me voyant poser mon sac d’habits à côté du lit et je lui saute dessus sans autre forme de procès :
- Eden m’a demandé si ça ne me dérangeait pas de dormir avec toi pour qu’il puisse passer la nuit avec Alma ! annonce-je.
- Tu plaisantes ?!
- Non !
- Oh mon dieu merci…, murmure-t-il en fondant sur mes lèvres.
Ses bras se referment férocement autour de mon dos tandis que je glousse contre ses lèvres en l’embrassant enfin passionnément. Je sens bien qu’il n’est pas près de me lâcher et j’essaie donc de m’extirper de ses bras :
- Je vais me doucher, glousse-je.
- Oh non. Non ! Non, non, non, non, non, réplique-t-il en essayant de me garder contre lui avec un sourire de diable.
Je ris un peu plus lorsqu’il essaie de me coincer sous son corps pour me garder au lit mais il déclare vite forfait en voyant que je maintiens ma décision.
- Je reviens vite, souffle-je en embrassant chastement ses lèvres.
- Mh…, marmonne-t-il.
Je file à la salle de bain en attrapant mon sac tant que je le peux encore, gloussant toujours plus en voyant le petit regard agacé qu’il me lance. Je me lave en deux temps trois mouvements avant de me sécher rapidement pour attraper mes affaires à la recherche de sa dernière surprise en date.