Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 80 : Des nuages au paradis

5328 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 24/03/2026 11:22

Chapitre 80 : Des nuages au paradis


Il me couve de son regard le plus tendre en se redressant sur les coudes pour venir m’embrasser et je ris contre ses lèvres.

-         Deux fois ! couine-je.

-         C’est comment ? demande-t-il avec curiosité.

-         Différent ! Je suis… je pourrais recommencer tout de suite et en même temps, mon corps est complétement à bout ! pouffe-je.

-          Si tu as vraiment envie de continuer, je peux toujours te caresser mon petit cœur, propose-t-il en embrassant ma joue avec douceur.

-         Non… je veux finir là-dessus, gazouille-je en passant mes doigts sur son front tendrement.

-         Tu en es sûre ?

-         Certaine Hunter, je préfère partager la chose avec toi…

-         Et si on se prenait une petite douche câline alors ? propose-t-il.

-         J’adorerais mais… imagine qu’ils nous entendent… ils ne trouveraient pas ça bizarre que l’un de nous aille subitement se doucher une heure après notre coucher ? hésite-je.

-         Mais qu’est-ce qu’on en a à faire Hestia ? On ne va pas s’empêcher de vivre… Ce qu’il se passe entre nous n’est pas un secret… si ? demande-t-il timidement.

-         Non, je croyais que c’était toi qui préférais garder ça pour nous, réponds-je en haussant les sourcils.

-         Et bien… c’était très récent mais… enfin je ne sais pas, je trouve que ça devient plus… il me semble que ça fonctionne plutôt bien toi et moi non ? hésite-t-il à son tour.

-         Oui…, souffle-je sans croire à ce qu’il est en train de dire.

-         C’est encore très nouveau mais je ne veux pas non plus avoir à réfléchir à tout ça... Ce ne serait pas un drame s’il l’apprenait pour moi… Qu’est-ce que tu en penses ?

-         J’en pense que c’est toi qui vois comment tu veux gérer la chose avec ton colocataire. Alma est au courant et je me fiche de ce qu’Eden sait ou non, alors si tu veux simplement qu’on se laisse vivre faisons-le. Il l’apprendra quand il l’apprendra… Le jour où tu ne pourras plus résister à m’embrasser alors qu’il est dans la pièce par exemple…, plaisante-je en souriant.

-         Ça risque d’arriver bien vite, confirme-t-il en m’embrassant.

-         Je ne comprends déjà pas comment il peut croire que nous sommes simplement amis, pouffe-je.

-         Moi non plus, rit-il. Je pensais qu’il comprendrait en nous voyant dans le canapé.

-         Et bien non, il n’a rien compris, il osait à peine me demander de dormir avec toi ! Quel andouille !

Nous rions tous les deux et nous nous décidons finalement à prendre cette douche. Lorsque nous retournons nous coucher, j’attrape ma lingerie pour la remettre et il m’observe faire en entrouvrant les lèvres sous la surprise.

-         Tu m’avais demandé de remettre mon body à la montagne, pour profiter de me voir dedans…, me justifie-je en rougissant.

Il vient me prendre dans ses bras dans la seconde :

-         Je sais, et c’est justement ce qui me rend plus qu’heureux mon cœur. Que tu t’en sois souvenu et que tu le fasses ce soir pour me faire plaisir.

Bien réchauffés par notre douche, nous nous installons sur la couette, où il se place sur le flanc, la tête dans une main tandis que la deuxième caresse mon ventre et joue avec la petite chainette en or qui l’habille.

-         C’est vraiment sublime, commente-t-il pensivement. C’est drôlement sous-coté par rapport aux colliers et aux bracelets, alors que je trouve ça cent fois plus séduisant... J’ai hâte de t’en acheter une vraie.

-         Une vraie ? m’amuse-je.

-         En or, un vrai bijou, pas cette chainette en toc…, ronchonne-t-il.

Je lève les yeux au ciel :

-         Tu ne vas pas m’acheter une chaine en or !

-         Tu vas vraiment me faire des difficultés ? s’étonne-t-il.

-         Oui, on dirait que ça te surprend.

-         Il me semble qu’il est courant que les hommes achètent de beaux bijoux aux femmes, répond-il en fronçant les sourcils. Le voyage, je pouvais comprendre, mais là… Je t’avoue que je ne comprendrais pas que tu trouves ça indécent que je t’offre un beau bijou alors que c’est pratiquement une coutume.

Il me scie en deux et je l’observe avec des yeux ronds sans trop savoir comment le contredire sur ce coup. Mon mutisme lui glisse un sourire satisfait sur les lèvres :

-         Voilà qui est réglé, claironne-t-il.

Je plisse les yeux pour le réprimander mais il vient de remettre sur le tapis un sujet fort intéressant, la chambre d’hôtel, et je décide de la jouer intelligemment.

-         J’accepte que tu m’achètes un bijou si ça te tient à cœur à une seule condition, propose-je.

-         Je t’écoute ? demande-t-il en souriant.

-         La vérité, avoue-je.

Sa main se fige sur mon ventre et il me lance un regard contrarié :

-         Tu sais que ça me ferait plaisir de te l’offrir, alors si tu me fais du chantage sur mon travail pour être sûre que je ne t’offre rien, je trouve ça…, commence-t-il.

Je pose mes doigts sur ses lèvres pour le faire taire :

-         Arrête, je t’ai déjà dit que je ne t’embêterais plus avec ça. Tu me le diras quand tu te sentiras prêt Hunter, ça n’a rien à voir.

-         Ah bon ?

J’inspire un peu, prête à aborder le sujet sensible qui me terrifie régulièrement entre nous : le mensonge.

-         Je… j’ai souvent l’impression que tu me mens Hunter… c’est peut-être à cause de cette histoire de travail mais je ne sais jamais si tu me dis la vérité ou non…, murmure-je.

-         Je suis désolé mon cœur…, chuchote-t-il avec un air peiné.

Je ne trouve pas sa réponse très rassurante et je l’observe donc avec des yeux inquiets :

-         J’aimerais que tu ne me mentes pas… c’est important pour moi, j’ai horreur du mensonge… Si je te pose une question, tu me promets de me dire la vérité ? demande-je en posant ma main sur la sienne.

Il m’observe une seconde en silence avant de porter ma main à ses lèvres pour l’embrasser avec douceur, comme s’il prenait le temps de réfléchir, et ça m’inquiète encore plus. Il finit par hocher la tête doucement en me regardant dans les yeux mais mon cœur s’emballe dans ma poitrine.

J’angoisse parce suite à ma petite enquête avec Alma, je suis à peu près sûre qu’il a payé ma chambre hors de prix à la montagne et je sais que je ne pourrais pas supporter de le voir me mentir ouvertement alors que je lui pose la question les yeux dans les yeux, je sais que je serais capable de partir sans me retourner s’il le faisait, et ça me terrifie.

Lorsque je parle, je suis tellement inquiète que ma voix est cassée :

-         Est-ce que… est-ce que tu as payé ma chambre d’hôtel deux cent cinquante euros … ?

Il m’observe encore, de longues secondes, avant de lentement secouer la tête négativement. Je suis partagée entre plusieurs émotions, le soulagement immense qu’il me dise la vérité lorsque je lui pose la question sérieusement, l’indignation qu’il ait finalement dépensé une fortune et le choc d’apprendre qu’il m’a menti en me disant plusieurs fois qu’il l’avait payé à bas prix.

C’est finalement l’angoisse qui prend le dessus, qui s’insinue dans chacune de mes cellules alors que je regarde mon prince charmant qui m’a pourtant menti... Comme le soir où il m’a inventé avoir eu sa propre chambre d’hôtel en promotion avant de me dire la vérité…

Je me redresse automatiquement pour m’éloigner de lui, attrapant mes genoux que je relève contre ma poitrine pour essayer de calmer l’anxiété qui croît en moi. Il se redresse à son tour pour s’assoir en posant une main sur mon dos :

-         Ça ne va pas ? s’inquiète-t-il de sa voix douce.

Je tourne la tête pour le regarder, pour me plonger dans ses beaux yeux en lesquels j’avais une confiance immense et la peur me tord le ventre. Hunter m’a menti, il m’a menti plusieurs fois depuis que je le connais…

-         Non, ça ne va pas, souffle-je d’une petite voix.

-         Hestia, je t’en prie, ne te rends pas malade parce que j’ai payé ta chambre plein tarif… je voulais juste… j’avais envie que tu sois au mieux…

Je n’écoute même pas la suite de ce qu’il me dit, tout ça n’a pas d’importance face à mon angoisse qui m’engloutit de plus en plus, à cette impression de ne pas le connaitre qui me hante depuis nos premiers échanges. Et si tout ça n’était qu’un écran de fumée ? Et si son côté « prince charmant parfait » n’était là que parce qu’il passe son temps à me mentir sur tout ?

-         Hunter, tu m’as dit deux fois, si ce n’est plus, que tu avais payé cette chambre deux cent cinquante euros, lâche-je.

-         Je ne voulais pas que tu pètes les plombs comme tu es en train de le faire…, soupire-t-il.

Il est agacé, un peu blasé, il en soupire même comme si ce n’était rien alors qu’il m’a menti et le reconnait. Tout ça accroît mon sentiment d’insécurité, j’ai l’impression de ne pas le connaitre, d’être en si petite tenue devant un parfait inconnu…

Je m’éloigne de lui dans la seconde, pour me mettre en tailleur à l’autre bout du lit et je rabats mes cheveux devant mon corps comme pour me cacher derrière alors que je l’observe avec inquiétude. Cette fois, mon attitude le secoue, il se rend compte que ce qu’il se joue ici n’a rien à voir avec le fait qu’il ait dépensé beaucoup trop et je vois la peur sincère qui nait au fond de ses yeux.

-         Hestia ? s’inquiète-t-il.

-         Tu m’as menti Hunter. Deux fois, répète-je.

-         Je … oui, mais c’était simplement pour…

-         Je m’en fiche ! tranche-je vivement. Tu m’as menti, un mensonge est un mensonge. Je ne supporte pas ça Hunter, je te jure que je ne le supporte pas, ça me… c’est en train de me faire paniquer je…

Ma voix est de plus en plus aiguë et dès qu’il essaie d’attraper ma main, je la retire vivement, ce qui le fait passer encore un cap dans l’inquiétude.

-         Hestia, tu es en train de me faire peur ! dit-il d’une voix blanche.

-         Toi aussi ! réponds-je.

Nous nous toisons quelques secondes. Je ne comprends pas ce qu’il attend pour me rassurer, pour me dire qu’il ne me ment pas, que c’est la seule chose sur laquelle il ait menti… J’ai presque l’impression d’être en équilibre sur un fil, avec mon paradis d’un côté et l’enfer de l’autre, ne sachant pas encore de quel côté il va me pousser dans les minutes qui arrivent.

-         Hestia, je ne supporte pas le regard que tu poses sur moi…, supplie-t-il.

-         Et moi je ne supporte pas d’avoir l’impression que tu n’es pas l’homme que j’imagine ! Je suis en train de paniquer, de paniquer vraiment Hunter. Je suis en train d’avoir peur alors que je me sentais en sécurité absolue avec toi ! couine-je.

-         Tu es en sécurité absolue avec moi ! Bon sang Hestia comment peux-tu en douter ?! s’exclame-t-il avec des yeux désespérés.

-         Je veux la vérité ! Je ne veux pas avoir à me demander si ce que tu me dis est un mensonge ou non ! Je veux pouvoir avoir confiance en toi ! Savoir que je m’ouvre comme je le fais à un homme bien ! J’ai l’impression d’être avec un inconnu et ça me terrifie ! m’écrie-je.

Il est horrible de perdre confiance en l’homme qu’on aime. De croiser ses yeux qui nous réconfortaient et qui nous font désormais peur, d’observer ses mains qui nous câlinaient et d’imaginer que ce sont celles d’un salop. En fait, c’est la pire trahison possible, parce que l’homme qu’on aime se doit d’être notre refuge, pas notre bourreau.

Il se jette en avant pour attraper mes mains, les yeux luisants de peur, les traits complétement désespérés :

-         Tu le peux ! Bordel Hestia tu peux avoir confiance en moi ! Je ne ferais jamais rien qui puisse te faire du mal ! Il est… possible que je t’ai menti plusieurs fois, mais tu acceptes que je ne veuille pas te dire mon travail !

-         Ça n’a rien à voir Hunter ! Tu as admis que tu ne voulais pas me le dire, ce ne sont pas des mensonges, nous en avons discuté, tu m’as dit que tu répondrais à mes questions avec honnêteté ou que tu n’y répondrais pas si tu ne le voulais pas, je savais à quoi m’en tenir ! Là, je suis à deux doigts de partir en courant !

-         C’est pareil Hestia ! Si je t’ai menti alors crois-moi, c’est uniquement parce que c’était lié à mon travail, des façons de t’en éloigner, je ne sais pas ! Tu peux me poser les questions que tu veux ce soir, toutes les questions que tu veux et je te jure que je te dirai la vérité ou que j’assumerai que je ne veux pas y répondre ! Je te le jure !

Ses yeux brillent, je jurerais que des larmes y menacent et ça me rassure, mon cœur commence à ralentir et j’ai l’impression d’enfin reprendre un peu mon souffle.

-         Vraiment ? demande-je d’une petite voix.

-         Je te le promets mon amour, je ne veux pas que tu doutes de moi, de ce qu’il se passe entre nous, de ma sincérité, de mes sentiments pour toi… Pose-moi les questions que tu veux, toutes celles que tu veux, le temps que tu voudras et je te jure que j’y répondrai avec honnêteté. Je ne veux pas te perdre, pour rien au monde, et si tu décidais de me demander pour de bon mon travail alors je te le dirais même si ça me coûte ! s’exclame-t-il en serrant mes mains dans les siennes.

Je retrouve sa sincérité, je vois à quel point il est en train d’avoir peur de me perdre et bon sang, que ça fait du bien après l’angoisse qui vient de m’étrangler. Une larme de soulagement roule sur ma joue et il l’essuie :

-         Je t’en prie ne pleure pas ! Pas à cause de moi, Hestia ! s’exclame-t-il d’une voix aiguë.

Il tient toujours l’une de mes mains dans la sienne et je suis tellement soulagée de reprendre confiance que j’arrive enfin à serrer mes doigts autour de sa paume. Mon pouls reprend un rythme normal et j’ai de toute façon la question imparable qui m’assurera que je peux lui faire confiance : La chambre d’Alma. Alors je lui fais passer une petit test :

-         Ta chambre luxueuse à deux milles euros la nuit… c’était réellement l’argent de ta boite ou le tien ? demande-je.

-         Celui de ma boite, répond-il.

-         A qui d’autres as-tu payé la fondue mis à part Alma et moi ?

-         Eden.

-         Comment as-tu réussi à faire pour que l’hôtel accepte de rembourser Alma ?

-         J’ai payé sa chambre à sa place.

Il n’hésite même pas, sur aucune de ses réponses et mes épaules s’affaissent sous le soulagement alors que je le tire vers moi sous le besoin urgent de le câliner après la peur que je viens d’avoir. Il préfère m’attraper pour me tirer sur ses cuisses et nous nous blottissons mutuellement au creux du cou de l’autre comme nous le faisons si souvent. Nous nous serrons si fort que je ne peux que deviner à quel point nous sommes aussi soulagés l’un contre l’autre d’avoir désamorcé cette bombe.

-         Je suis désolé mon cœur, tellement désolé de pas t’avoir suffisamment mis en confiance. Tu peux tout me demander, je répondrai à tout, même mon travail…, murmure-t-il encore.

C’est extrêmement tentant, terriblement tentant même, mais je ne veux pas le mettre à mal. Je voulais simplement l’assurance qu’il me dise la vérité et je sais désormais que c’est le cas alors il est hors de question que je dépasse les limites claires qu’il m’a mises dès le début.

-         Je ne te le demanderai pas, chuchote-je contre sa peau. Je veux que tu me le dises de toi-même lorsque tu seras prêt.

Il relève le nez de mon cou et je l’imite, puis il attrape ma joue pour m’embrasser avec tendresse en la caressant de son pouce, comme s’il finissait d’effacer ce sale moment de nos esprits.

-         Tu as d’autres questions ? demande-t-il.

-         Et bien… combien t’a coûté ma chambre finalement ? demande-je en grimaçant.

-         Sept cents euros et des poussières, répond-il en me lançant des yeux coupables.

-         Je regrette un peu moins de t’avoir fait une scène et crié dessus quand je l’ai appris…, plaisante-je timidement.

Il rit un peu en me couvant du regard :

-         Tu m’aurais arraché la tête si je te l’avais dit…

-         Je crois oui…, confirme-je.

-         Mais…si ça peut jouer en ma faveur… j’avais initialement payé ton séjour deux cent cinquante lorsque je suis allé à l’accueil de la fac avec Eden. J’ai simplement appris un peu plus tard que tu logerais dans une pièce de neuf mètres carrés avec une salle de bain commune…, se justifie-t-il.

Je ris un peu en secouant la tête :

-         Je m’en serais très bien sortie mon amour…, chuchote-je.

-         Il était hors de question que je laisse ma petite princesse dans un taudis pareil…, répond-il en me souriant.

Je lève les yeux au ciel et son sourire s’agrandit alors qu’il me regarde avec affection :

-         J’avais juste tellement envie que tu passes un beau séjour, que tu sois bien, que tes premières vacances te fassent rêver au lieu de te décevoir… Je me suis dit que tu n’aurais pas à le savoir, que tu profiterais juste…

-         Tu étais déjà dingue, souligne-je.

-         Je suis dingue de toi depuis le début Hestia, il faut me prendre comme je suis, répond-il en riant.

Nous nous embrassons encore un petit moment et une autre question fait irruption dans ma tête. Je recule mon visage en rougissant et il m’interroge de ses beaux yeux.

-         Pars du principe que je suis dingue aussi pour la prochaine question, précise-je.

-         Oui ? demande-t-il en fronçant les sourcils.  

-         Tu avais dit à action ou vérité qu’il ne s’était jamais rien passé avec Anabelle… c’était vrai ?

Il éclate de rire et je rougis un peu plus lorsqu’il repose ses yeux amusés sur moi :

-         Evidemment que c’était vrai. C’est une amie, une copine même.

-         Ne l’appelle pas comme ça, grommèle-je.

-         Une bonne connaissance alors, se rectifie-t-il en souriant.

-         Dis m’en plus ! Tu ne me dis rien ! Tu es avare d’informations ! ronchonne-je en tapant doucement son épaule.

Il rit encore sous ma petite agression :

-         C’est une fille que j’ai rencontré en première année, nous étions ensemble dans plusieurs TD et elle s’est mise à me parler. Nous sommes devenus amis comme ça, nous nous mettions ensemble lorsqu’il y avait des travaux de groupes, elle me laissait tout gérer de A à Z sans discuter et elle prenait les bonnes notes avec plaisir.

-         Tu faisais tout le travail tout seul ?! m’indigne-je.

-         C’est ce que je voulais, je ne supportais pas de travailler avec quelqu’un, je n’étais jamais satisfait de ce qu’ils faisaient. Ana était sympa et me laissait tout gérer, alors c’était un bon match. Lorsqu’elle a redoublé, nous nous sommes naturellement éloignés.

-         Tant mieux, réplique-je en arborant un sourire de chat.

-         Vilaine, me rabroue-t-il en embrassant ma joue.

-         Je ne peux pas la supporter, elle te draguait ouvertement, boude-je.

-         Je me fiche d’Ana, je me fiche de toutes les femmes de ce monde, il n’y a que toi.

-         Tu n’as jamais été amoureux ? demande-je en rougissant.

Il m’observe une longue seconde avant de répondre :

-         Tu me demandes si j’ai déjà été amoureux d’une de ces fameuses autres femmes de ce monde ?

-         Oui, réponds-je en me cachant au creux de son cou, trop gênée de lui poser des questions aussi personnelles.

Il rit doucement en me serrant contre lui :

-         Alors non. Je peux te retourner la question ? Je sais que tu m’avais dit que tu n’avais jamais eu de petit-ami mais je serais curieux de savoir si tu as été amoureuse d’un garçon dans ta jeunesse ?

-         Non… ils étaient tous trop nazes ! glousse-je comme une gamine contre sa peau.

-         Tu as le bout du nez tout froid mon chat, remarque-t-il.

Nous nous décidons donc à nous installer sous la couette, où je me blottis tout contre lui en sentant son bras se refermer dans mon dos. Je passe les miens autour de sa nuque et je pose ma tête contre la sienne alors qu’il attrape ma jambe pour me monter à moitié sur lui avant de la caresser automatiquement. Nous ne pourrions pas être plus collés et plus câlins, c’est un vrai bonheur et j’ai bien envie de continuer mes petites questions. J’en ai d’ailleurs une qui me travaille drôlement depuis qu’il m’a envoyé une photo étrange et elle me permettra en plus de vérifier une dernière fois son honnêteté.

-         La veille du réveillon du jour de l’an, tu travaillais… où étais-tu ?

Il me donne le nom de la ville mais ce n’était clairement pas ce que je cherchais et j’ai un peu de mal à trouver comment lui poser la question pour qu’il ne se souvienne pas qu’il m’avait envoyé une photo.

-         Mais non… mais, je ne sais pas… sans me révéler ton travail, j’aimerais bien pouvoir te situer un peu… dans un petit bureau chauffé ou bien dans les bois… je n’en sais rien, je n’ai aucune idée de ce que tu fais et je me demande souvent où tu es… ? tente-je.

Un petit blanc accueille ma réponse, ce qui est plutôt bon signe.

-         Tu es sûre que tu veux le savoir ? Tu vas trouver ça lunaire Hestia… et je refuserai de répondre à plus de questions…

-         Oui, j’ai envie de savoir, réplique-je.

-         J’étais dans une usine désaffectée, annonce-t-il comme s’il n’en revenait pas lui-même de me le dire.

Pour le coup, je relève le nez pour le regarder. Je suis enchantée de constater qu’il me donne une réponse absolument crédible vu les détails absurdes de ses photos, mais ça me ronge de curiosité :

-         Mais qu’est-ce que tu fichais là-dedans ? Ça devait être terrifiant… tu fais de l’urbex ou quoi ?

Je le surprends et il éclate de rire :

-         Non je ne fais pas de l’urbex ! Je ne suis pas sûr que j’aurais peur mais je ne traine pas seul avec une lampe de poche dans des usines désaffectées la nuit mon cœur ! s’esclaffe-t-il.

-         Non, tu y traines la journée avec des gens, ce qui est évidemment absolument normal et courant ! raille-je.

Il rit un peu plus avant d’embrasser mon front et nous nous regardons tendrement.

Laisser un commentaire ?