Les sentiments au fond de tes beaux yeux
Chapitre 85 : Des pâtes aux truffes et une annonce !
5240 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 31/03/2026 10:58
Chapitre 85 : Des pâtes aux truffes et une annonce
Après ce moment de complicité, nous sommes encore plus proches et câlins qu’habituellement. Hunter mélange les pâtes sur le feu en me tenant dans un bras tandis que je râpe le petit bout de truffe qu’il reste avec la tête posée au creux de son épaule.
- Ça manque de truffe ? demande-t-il.
- Je ne crois pas mais c’est au cas où quelqu’un voudrait en rajouter… Nous n’allons pas jeter ce petit bout, ce serait dommage.
- Croque-le, répond-il.
- Ça se mange comme ça ? m’étonne-je en le regardant.
- Mais oui, c’est fort en goût mais puisque tu adores ça… Essaie, m’encourage-t-il.
J’obéis et la saveur explose dans ma bouche au point que j’en fronce le nez, ce qui fait mourir de rire Hunter qui me prend dans ses bras :
- Oh pardon mon amour, ça ne te plait pas ? demande-t-il en calmant ses rires.
- Ça va, mais c’est fort ! réplique-je en gloussant.
Alertés par ses rires, nos amis nous demandent depuis le salon si le plat est prêt et nous annonçons que oui avant de servir quatre assiettes. Je les apporte à table tandis qu’Hunter se charge du reste et nous nous installons à la grande table pour déguster nos pâtes. Alma confirme qu’elles sont encore meilleures que celles de l’hôtel et Eden découvre enfin ce met délicieux :
- Alors là, bravo Titi, c’est vraiment excellent, déclare-t-il.
- Je n’ai pratiquement rien fait, c’est Hunter qu’il faut féliciter, avoue-je.
- Mais non, tu as émincé les échalotes ! réplique-t-il avec humour en servant des verres à tout le monde.
Nous mangeons dans la bonne humeur tandis qu’Eden nous relate à quel point Alma peut tricher lorsqu’ils jouent aux cartes et j’échange un coup d’œil complice avec Hunter lorsqu’elle nous demande si la cuisine s’est bien passée pour changer de sujet.
Déjà un peu saoule à cause de mes deux verres de vin, je préfère prendre un coca pour la suite du repas et lorsque je le porte à mes lèvres, Hunter tourne vivement la tête vers moi :
- Attention !! Le goût du coca annule celui de la truffe ! s’exclame-t-il.
Je m’étrangle à moitié en reposant ma canette, complétement déconfite alors que je regarde avec désespoir le reste de mon plat :
- Quoi ?! Oh non ! Tu aurais dû me le dire avant ! gémis-je avec tristesse.
- Mais non mon cœur, je t’embêtais ! Ne t’inquiète pas… oh excuse-moi, je voulais juste te taquiner un peu parce que tu buvais un coca…, répond-il à toute vitesse pour me rassurer en passant un bras dans mon dos avec des yeux coupables.
Je lui lance mes yeux les plus boudeurs alors qu’il retient visiblement un rire malgré son regard contrit mais je remarque qu’Eden nous observe avec une tête choquée.
- Quoi ? demande-je.
Il croise les mains pour poser son menton dessus, les yeux plissés :
- Dis donc vous deux… vous ne me cacheriez pas quelque chose par hasard ?
Alma glousse et mes joues chauffent doucement alors que je le regarde en jouant les idiotes. Il plisse un peu plus le regard en faisant la navette entre Hunter et moi :
- Je vous trouvais drôlement proches ces derniers temps… Je me disais bien que c’était un peu étrange… mais là c’est un peu trop gros…, continue-t-il.
J’échange un regard avec Hunter, qui a l’air aussi surpris que moi par l’accusation d’Eden, sur lequel je repose donc les yeux :
- Comment ça ? demande-je d’une voix trop aiguë pour être honnête.
- « Mon cœur » ? souligne-t-il.
Je m’empourpre encore plus en réalisant ce qu’il vient de se passer et je suppose qu’Hunter aussi. Il est tellement naturel pour nous qu’il m’appelle comme ça que ni l’un, ni l’autre n’a vu la gaffe venir.
- Alors ? reprend Eden. Des choses à me dire ?
Il a les yeux rivés sur moi particulièrement, puisque je soupçonne qu’il parte du principe qu’il me tirera les informations plus facilement qu’à Hunter mais c’est drôlement gênant. Je ne sais pas ce que je peux dire ou non puisque je ne sais même pas ce que nous avons à avouer, et je tourne donc la tête pour regarder Hunter alors que mes joues me brûlent.
Ma stratégie est très efficace puisque toute la tablée porte désormais son attention sur ce dernier, qui s’appuie sur son dossier en jouant d’une main avec le bouchon de la bouteille sur la table, qu’il fixe.
- Des choses à te dire ? Je ne savais pas que tu faisais partie de la police Eden, marmonne-t-il.
- « Mon cœur » ? insiste Eden.
- Oui, je me suis emballé, réplique Hunter en affichant un sourire en coin.
- Emballé ?! s’esclaffe son meilleur ami.
Hunter relève des yeux amusés sur lui :
- Oui, je ne sais pas ce qu’il m’a pris… Sans doute un coup de folie, pardonne-moi Hestia, réplique-t-il avec humour en me lançant un petit regard.
Les yeux d’Eden sont de plus en plus excités.
- Il n’y a pas de soucis mon chat, réplique-je. Oh… pardon, je m’emballe moi aussi, je ne sais pas ce qu’il m’a pris.
Il rit un peu en me lançant un regard complice et je sens l’énergie d’Eden qui grimpe dans les tours de seconde en seconde alors qu’il sautille presque sur sa chaise :
- Non… ? Sérieusement ?! s’enthousiasme-t-il.
Alma rit de plus en plus en voyant la réaction d’Eden et Hunter affiche une tête innocente :
- Sérieusement quoi ? C’est si étonnant ? demande-t-il.
- Bah ouai ! Tu n’as jamais donné dans les copines… aux dernières nouvelles tu n’en voulais même pas ! s’exclame Eden.
- C’était franchement prévisible…, soupire Hunter en levant les yeux au ciel.
- « Prévisible » ?! Tu te fous de moi ? Je crois que « prévisible » est le dernier mot que j’aurais employé ! Ce n’est pas faute d’avoir essayé de te trouver quelqu’un !
- Oui enfin, tu ne m’avais jamais fait le coup non plus de ramener une aussi jolie fille sous notre toit…, souligne Hunter en me lançant un regard doux. Celle-là, je ne l’avais pas vu venir, je dois bien l’admettre… pourtant tu m’en as déjà fait.
Je rougis un peu plus fort et Eden tape sur la table :
- C’est pas vrai ! Tu as flashé sur Hestia depuis le début ?! Et tu ne m’as rien dit ?!
- Et qu’est-ce que tu aurais voulu que je te dise ? Je ne savais même pas si tu sortais avec elle ou si c’était ton amie ! rit Hunter.
- Oh bon sang c’est encore plus drôle ! Je comprends mieux ton entrain quand je t’ai demandé de venir la chercher à la soirée de Tulla !
- Son entrain ?! m’exclame-je avec curiosité.
Hunter rougit un peu et porte son verre à ses lèvres pour le cacher alors qu’Eden affiche ses yeux les plus malicieux pour me répondre :
- Oui ! Je n’avais même pas fini ma question qu’il avait déjà accepté ! Alors que j’entendais bien qu’il était à une soirée… dès qu’il a décroché, j’avais même peur que ce soit impossible puisqu’il était occupé… Mais non, à peine les mots sont sortis de ma bouche qu’il m’assurait déjà qu’il allait justement partir… quelle coïncidence ! s’amuse Eden.
Je tourne la tête vers Hunter en gloussant alors qu’il m’évite soigneusement du regard, visiblement gêné, et nous perdons officiellement Alma qui rit sans interruption face à la situation. Mais Eden est loin d’être idiot et il est visiblement en train de faire tous les liens, bien loin de fiche la paix à son colocataire :
- Je le crois pas ! C’est pour ça que tu m’as fait la gueule quand je l’ai emmené au restaurant dans ta caisse ?! jubile-t-il. Tu croyais que j’essayais de la séduire ! Tu étais jaloux Hunter ?!
Ce dernier est de plus en plus gênée alors que je m’amuse comme une petite folle, gloussant allégrement d’apprendre tout ça.
- Merci de m’afficher comme ça Eden, j’apprécie, ronchonne-t-il.
- Je peux afficher Hestia s’il n’y a que ça…, annonce alors Alma en affichant un sourire de diable.
Hunter relève le nez avec intérêt et c’est moi qui me décompose cette fois en tournant la tête vers ma meilleure amie :
- Non ! couine-je.
- Si ! s’exclament Hunter et Eden d’une même voix.
Alma repousse théâtralement ses cheveux dans son dos en se penchant vers le centre de la table comme si elle allait lâcher le scoop brûlant de l’année et je m’empourpre des pieds à la tête alors qu’elle avoue :
- J’ai fait les boutiques avec Hestia quelques jours après Noël, et comment vous dire… elle n’avait que le prénom de son crush à la bouche ! ricane-t-elle.
- Son crush ?! s’esclaffe Eden qui passe le moment de sa vie, vu son sourire.
- Oh oui, son crush… l’homme mystérieux avec lequel elle communiquait vingt-quatre heures sur vingt-quatre par sms depuis le soir de Noël…, pouffe-t-elle.
- Oh bon sang mais oui ! s’exclame Eden. Tu m’avais demandé le numéro d’Hestia ce jour-là ! Tu m’avais dit que c’était « au cas où » espèce de cachottier !
- Tu parles ! ricane Alma. Nos deux tourtereaux échangent sans interruption depuis le vingt-cinq décembre ! Au point que notre tourterelle mâle nous rejoigne à la montagne pour le nouvel an !
- C’était pour Hestia ?! beugle Eden.
- Evidemment, confirme Alma en lançant un regard complice à Eden.
Hunter passe ses mains sur son visage malgré le beau sourire qui s’y accroche, tâchant sans doute de surmonter la situation gênante et je pose une main sur sa cuisse pour l’apaiser. Il laisse immédiatement retomber ses bras pour me regarder et je lui offre un sourire timide pour lui communiquer que tout ça est plutôt drôle dans le fond. Il attrape ma main sous la table pour enlacer nos doigts, retrouvant visiblement un peu de panache :
- Bon les deux inspecteurs du dimanche là… vous avez bientôt terminés ? s’amuse-t-il en les regardant.
- Mais oui, on vous embête, répond Alma en lui souriant gentiment.
Mais Eden nous observe l’un après l’autre avec un sourire heureux et il pose enfin la question que j’espérais :
- Mais alors quoi ? Vous êtes vraiment… ensemble… ?
Je tourne donc la tête vers Hunter, le cœur palpitant comme jamais alors que j’attends sa réponse avec espoir. Il me lance un regard tendre qui m’annonce du positif avant de planter ses yeux dans ceux de son meilleur ami :
- Oui nous sommes ensemble.
- Ensemble-ensemble ?! insiste Eden. Comme un couple ? Sérieusement ?
Il a l’air d’à peine oser y croire et Hunter éclate de rire :
- Oui Eden, ensemble-ensemble. Je sors avec Hestia !
Heureusement qu’Eden explose d’allégresse en attirant l’attention sur lui parce que je n’imagine pas la tête que j’affiche en entendant enfin ces mots qui changent ma vie. J’en deviens pratiquement fébrile alors que j’ai la confirmation que je suis la petite-amie d’Hunter, j’en vacillerais de bonheur de voir l’assurance avec laquelle il vient de le dire alors que j’en doute depuis des semaines. Mon cœur bat la chamade dans ma poitrine et je resserre mes doigts autour des siens en lui lançant le regard le plus empli d’amour que la terre n’ait jamais vu.
J’observe son sourire éclatant alors qu’il rit toujours, ses petites fossettes, ses yeux magnifiques, son corps parfait… Tout ça est officiellement à moi et pas à une autre, je ne suis pas en phase de test et je ne suis pas en train de rêver, Hunter est mon petit-ami.
Alors que je me penche vers lui pour poser une main sur sa joue, j’entends simultanément Eden demander un bisou pour officialiser la chose, ce qui tombe très bien puisque c’est exactement ce que j’allais chercher.
J’ai l’impression que la scène est au ralenti, je tourne sa tête face à la mienne en savourant chaque détail alors qu’un sourire éblouissant l’anime toujours et ses yeux tombent sur mes lèvres une seconde avant que nous nous embrassions tendrement devant Eden et Alma. J’entends ces derniers nous applaudir, je sens la main d’Hunter qui quitte la mienne pour se poser sur ma joue qu’il caresse du pouce en m’embrassant sagement mais longuement, pas gêné le moins du monde par notre public et je ressens surtout mon cœur qui se verrouille à jamais pour n’y garder que lui pour le reste de mes jours.
Après notre baiser d’annonce, Eden met quelques minutes à atterrir de son excitation et il finit par me regarder avec des yeux affectueux :
- Je suis tellement heureux pour toi ma Titi… Tu sais mieux que personne ce que nous nous sommes déjà dit et tu n’imagines pas comme je suis heureux de savoir que tu es avec Hunter…
Je sais qu’il fait discrètement référence à mes confidences sur la peur d’être nulle de ne jamais avoir embrassé de garçon, mes inquiétudes quant aux relations hommes-femmes et toutes ces choses que je lui ai partagé. Je suis touchée qu’il soit si heureux pour moi, qu’il me confirme que j’ai trouvé un homme bien pour faire toutes mes premières fois sereinement et je rougis de bonheur.
- Oui Eden, je n’aurais jamais pu trouver mieux je crois…, chuchote-je.
Hunter me lance un regard rayonnant à tomber par terre en entendant mes mots et il cale sa main sur ma nuque dans la seconde pour me caresser gentiment du bout des doigts. Eden hoche la tête doucement en me regardant :
- Vous n’auriez pas pu trouver mieux l’un pour l’autre.
Il nous ressert quatre verres de vin avant de lever le sien en posant ses yeux sur son colocataire :
- Et toi aussi Hunter… Tu sais toutes ces peurs que tu as, qui te torturent l’esprit depuis des années… je crois que tu peux officiellement les laisser derrière toi, je suis même complétement sûr de moi, dit-il avec le plus grand sérieux.
- Je crois que oui… je crois que…, chuchote Hunter avec émotion.
- Ouai… Ouai mon grand, confirme Eden en le couvant du regard.
Il est insupportable de ne pas savoir de quoi ils parlent, mais puisque ça a l’air de me concerner de la plus positive des façons, j’arrive à passer outre. Après tout, je n’apprécierais pas forcément qu’Eden déballe devant tout le monde ce que je lui avais confié, il n’y a donc pas de raison qu’il le fasse pour Hunter. En tout cas, nous trinquons :
- Au jeune couple que vous êtes ! s’exclame Eden.
- Et aux futurs jolis couples, glisse-je l’air de rien.
Alma rougit discrètement en me lançant des yeux heureux tandis que mon meilleur ami la couve littéralement du regard et nous buvons finalement à notre santé à tous les quatre bien que ce ne soit pas clairement dit.
*
Après manger, je vais dans la chambre pour mettre un pull et j’en profite pour répondre à Julia qui prend des nouvelles de mon petit séjour. Lorsque je ressors, je constate qu’Eden et Alma ne sont pas dans le séjour mais je les entends qui discutent avec animation dans leur chambre en haut. Hunter surgit sur ma droite, en provenance de la cuisine et il m’attrape par la taille pour m’embrasser sans une once d’hésitation. Ça me fait réaliser à quel point il est agréable qu’Eden soit désormais au courant puisqu’il ne serait pas un problème que ce dernier débarque de l’étage.
- Mon petit-ami…, glousse-je en le regardant avec des yeux heureux.
Il fronce un peu les sourcils en souriant, ne comprenant pas mon euphorie mais ça ne m’étonne pas puisqu’il vient de me montrer qu’il était plutôt très naturel pour lui que nous soyons ensemble.
- Ma petite-amie est heureuse que ce soit avoué ? s’amuse-t-il.
- Très, confirme-je en souriant.
- Tu aurais dû me dire que ça te tenait à cœur, je l’aurais dit avant, réplique-t-il.
Il m’entraine sur le canapé où nous nous échouons pour attendre nos camarades et je l’observe avec un sourire aux lèvres, joli regard qu’il me rend.
- Depuis quand sommes-nous ensemble ? demande-je alors avec curiosité.
- Euh… je n’en sais rien… je n’y avais pas vraiment réfléchi, s’étonne-t-il. Qu’en penses-tu ?
J’hésite à lui dire la vérité, parce que j’ai un peu peur que ça le surprenne dans le fond, mais j’ai en même temps le tel sentiment que je peux être honnête sur tout avec lui que je me lance :
- Pour tout te dire, je ne pensais pas que nous sortions ensemble vraiment, réponds-je avec timidité.
- Quoi… ?! s’inquiète-t-il en se redressant vivement. Je suis allé trop vite ? Tu ne voulais pas… ?
Son visage se décompose au fur et à mesure que ses réflexions le portent et je le rassure vite :
- Je rêvais que nous soyons ensemble Hunter ! Je n’osais justement pas t’en parler parce que j’avais peur que tu n’en sois pas là, c’est tout.
- Vraiment ? demande-t-il en ouvrant des yeux ronds.
- Oui… tu sais, Julia m’a tellement parlé de ses relations compliquées, où elle imaginait être avec des hommes, qui n’étaient pas sur la même longueur d’onde… je ne savais pas trop comment tu te positionnais avec tout ça, je n’osais pas y croire et pourtant… j’en avais très envie.
- Mon cœur…, murmure-t-il en fronçant les sourcils. Il était pour moi tellement évident que nous étions ensemble, je ne me suis jamais posé de question pour être honnête avec toi…
Il regarde alors dans le vide, comme s’il prenait conscience de ce que je viens de lui dire et ses traits se modifient sous l’inquiétude :
- Bon sang… j’aurais été… tellement déçu… J’étais tellement sûr de notre couple, je ne sais même pas comment j’aurais pu me remettre d’apprendre que tu n’en étais pas là, chuchote-t-il.
J’attrape sa joue pour le faire me regarder :
- Mais j’en suis là, alors aucune raison de te poser des questions. Sache que tu m’as comblée ce soir, quand tu l’as annoncé à Eden autant qu’à moi et que j’ai cru en mourir de bonheur, assure-je.
Il m’offre un sourire radieux avant de m’embrasser mais je me détache vite de ses lèvres :
- Alors, depuis quand nous considères-tu ensemble ? redemande-je avec entrain.
Il m’observe en réfléchissant, l’air amusé par ma question maintenant que je l’ai rassuré.
- Je ne sais pas trop, c’était déjà évident pour moi au nouvel an… Je n’avais pas l’impression de rejoindre une fille au hasard mais ma petite-amie…
- Vraiment ?! couine-je de bonheur.
- Et bien oui… je suppose que ça s’est fait automatiquement dans ma tête un peu avant ça… Peut-être lorsque tu m’as embrassé chez toi, lorsque tu as confirmé que je n’avais pas été complétement à côté de la plaque en t’embrassant à Noël …
Je gazouille presque, trop heureuse :
- Mais maintenant que nous en parlons, je peux te confirmer que tu n’étais pas à côté de la plaque à Noël… Ce n’est donc plus un baiser expérimental mais notre premier baiser, souligne-je.
- C’est vrai ça, répond-il en m’embrassant doucement. Alors j’imagine que ça veut dire que nous pouvons déclarer que notre premier baiser a scellé notre relation ?
- Oui…
Je l’embrasse plus longuement, toute contente de notre conversation lorsque l’évidence me frappe :
- Oh mon dieu Hunter ! Mais tu te rends compte ?! Nous nous sommes embrassés à Noël ! Et nous sommes maintenant officiellement ensemble ! piaille-je.
- Et ? s’amuse-t-il.
- Ça veut dire que nous nous sommes mis en couple à Noël ! C’est magnifique ! m’excite-je. Ça veut dire que si nous sommes toujours ensemble l’année prochaine, ça fera officiellement un an le jour de Noël ! C’est notre date !
Mon euphorie est totale, ce qui l’amuse évidemment et il rit en attrapant mes hanches pour me glisser sur ses cuisses :
- C’est vrai ça… mais pourquoi sous-entend-tu que nous pourrions être séparés avant l’année prochaine ? souligne-t-il en plissant les yeux.
- Je ne quitterai jamais, roucoule-je en passant mon nez contre le sien.
- Moi non plus, répond-il avec assurance en m’embrassant.
Notre baiser dure jusqu’à ce qu’Eden et Alma redescendent et nous arrêtons par politesse mais je suis étonnée de les trouver en tenue habillée, vraiment habillée.
- Mais qu’est-ce que vous faites ? m’étonne-je.
- Hunter ne t’a pas prévenu ?! s’indigne Alma.
- Non… ?
Je tourne la tête vers lui et il a l’air contrit :
- J’ai un peu oublié, notre conversation m’a happée, va savoir pourquoi... J’étais censé te dire que le programme pour ce soir était une sortie en boite.
J’essaie de rester impassible, mais si j’étais un chat, je sais que mes oreilles se seraient plaquées toutes seules sur ma tête. J’essaie de toutes mes forces d’avoir l’air enjouée mais c’est compliqué et ma voix déraille un peu dans les aigus :
- Ah… ?
- Ouai ! s’exclame Eden. On l’a trouvé sur internet, elle est dans une ville à quinze minutes à peine… on s’est dit que ce serait sympa !
- Super…, dis-je avec mon sourire le plus faux.
Je sens qu’Hunter a les yeux fixés sur moi et je lui lance donc un regard pour prendre la température. Je suis étonnée de constater que c’est pratiquement une conversation qui a lieu entre nous. Je ressens immédiatement qu’il m’observe en feignant d’avoir envie et qu’il voit que je pense la même chose, alors à partir de là, nous nous interrogeons du regard mutuellement et en arrivons rapidement à la même conclusion : aucun de nous deux n’en a envie et nous faisions semblant pour ne pas décevoir l’autre. Forcément, la suite de notre conversation mentale est la question de décevoir ou non nos camarades, qui ont l’air plus que motivés à sortir ce soir. Je lui sors mes yeux de chiens battu les plus intenses et il me sourit avant de se tourner vers les autres qui arrivent en bas de l’escalier :
- Ça vous ennuierait d’y aller seuls ? demande-t-il.
- Quoi ?! s’exclame Eden avec déception.
- Tu n’as pas envie de venir Hestia ? m’interroge tout de suite Alma.
- Et bien… je préfèrerais rester ici… mais allez-y, vous n’avez pas besoin de deux rabat-joie avec vous ! On vous gâcherait la soirée plus qu’autre chose, réponds-je vite.
Ils tentent de nous convaincre un bon moment, mais il n’y a évidemment rien à faire. Depuis que nous savons que nous n’avons pas envie d’y aller, c’est un non catégorique pour Hunter comme pour moi et nous ne tardons pas à nous retrouver sur le pas de la porte à leur faire signe en souriant.