Les sentiments au fond de tes beaux yeux
Chapitre 86 : Le château imaginaire d'Hestia
4722 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 01/04/2026 11:28
Chapitre 86 : Le château imaginaire d’Hestia
Dès qu’ils disparaissent de nos vues, Hunter soupire de soulagement :
- Et bien, nous l’avons échappé belle.
- Oui… seigneur, tu n’imagines pas la peur que j’ai eu lorsqu’ils ont parlé de boite. Je voyais une belle soirée dans ce beau chalet voler en éclats… je n’étais pas prête, glousse-je.
Il referme la porte avant de m’ouvrir les bras, dans lesquels je me jette immédiatement pour qu’il me porte contre son torse.
- Alors Mademoiselle, qu’avez-vous envie de faire de votre soirée ? demande-t-il gentiment.
- Je n’en ai pas la moindre idée… tant que je suis avec toi, tout me va ! rayonne-je.
- J’ai bien quelque chose à te proposer… quelque chose que nous avons déjà fait et qui m’avait énormément plu, dit-il en m’emmenant vers la cuisine.
- Tu as déjà envie de faire des bêtises ? m’étonne-je.
Il éclate de rire en attrapant nos verres et la bouteille de vin dans une main tout en me gardant perchée dans son autre bras.
- La question est traitre. Ce n’est pas à ça que je pensais mais ça ne veut pas dire que je n’en ai pas déjà envie, nuance-t-il en m’offrant un sourire coquin sublime.
Je penche la tête sur le côté alors qu’il m’emmène en direction de la chambre :
- Je ne vois pas… que nous avons déjà fait ? Mais nous ne sommes jamais venu ici… ? demande-je.
- C’était une surprise que tu m’avais faite, précise-t-il.
Il passe la porte de la chambre au moment où je percute et que mon bonheur monte de dix étages :
- Oh mon dieu ! Tu veux prendre un bain ?! m’enthousiasme-je d’une voix aiguë.
- Je pense que je peux considérer que ça te va vu le sourire immense que tu as aux lèvres ! répond-il en riant.
Il me pose par terre dans la salle de bain et je me jette immédiatement sur le robinet pour faire couler l’eau, versant un peu de gel douche dedans pour faire de la mousse tandis qu’il installe nos verres et la bouteille sur les étagères qui surplombent la belle baignoire en forme d’œuf. Hunter enlève ensuite son sweat et son tee-shirt d’un geste, me révélant son torse nu de dieu dont je sais que je ne me lasserai jamais et je l’admire en croisant les bras, suivant la ligne de sa colonne vertébrale d’encre qui m’émoustille :
- Quand je pense que tu aurais pu mourir d’envie de sortir ce soir…, soupire-je. Je n’en reviens pas de la chance que j’ai…
Je passe mes doigts le long de sa colonne pour caresser son tatouage et nous échangeons un regard dans le miroir alors qu’il me sourit :
- Il n’y a pas de hasard mon amour… C’est sans doute pour ça que nous sommes ensemble et qu’Alma et Eden risquent très probablement de vite l’être… nous sommes attirés les uns par les autres parce que nous nous ressemblons…, dit-il.
- Sans doute…
Je le rejoins face au miroir et j’attrape un élastique en relevant mes longs cheveux au-dessus de ma tête pour les accrocher en un gros chignon approximatif tandis qu’il se glisse dans mon dos pour m’observer en souriant :
- Tu es mignonne comme ça, commente-t-il alors que je noue mon œuvre d’art.
- Tu aimes vraiment ? demande-je.
- Oui ! Enfin, je préfère quand tu les lâches parce que tu ressembles clairement à une déesse de la féminité selon mes critères… mais c’est très joli aussi, ça souligne la finesse des traits de ton visage, dit-il en caressant ma mâchoire du bout des doigts.
- A une déesse de la féminité ? Tout ça ?! m’amuse-je.
- Oui c’est… sérieusement, je n’ai jamais vu des cheveux comme les tiens… Surtout lorsque tu n’es pas habillée, tu es au croisement de l’elfe des bois et de la nymphe, c’est… indescriptible de beauté.
- Hunter…, murmure-je en rougissant.
- Je suis sérieux Hestia. Tu m’as toujours fait penser aux dessins d’artistes sur les créatures imaginaires… Les sirènes par exemple, avec leurs cheveux qui couvrent leur poitrine… Tu n’imagines pas à quel point je peux te trouver belle…
Il attrape le bas de ma robe pour la passer par-dessus ma tête et lorsque je me retrouve en culotte, il me prend dans ses bras pour observer nos reflets, il détaille mon visage et mon corps avec un petit sourire.
- Ça change complétement ton allure… c’est amusant. Tu es tout aussi jolie mais tu fais plus femme, moins créature, dit-il avec sérieux.
- Je ne sais pas ce que je dois en penser alors que mon petit-ami vient de me qualifier de créature ! glousse-je.
- Arrête ! réplique-t-il en croquant ma joue.
Je me tortille contre son torse en riant alors qu’il croque mon cou pour me faire couiner et nous finissons de nous déshabiller pour nous installer dans l’eau chaude. Il nous sert deux verres alors que je le détaille :
- Tu n’as rien d’une nymphe ou d’une sirène, mais tu es assurément un dieu grec. Tu appartiens à la mythologie et donc aux créatures imaginaires toi aussi, commente-je en glissant mes yeux sur ses muscles.
- Nous en revenons à ce que nous disions alors, répond-il tranquillement. Nous nous sommes bien trouvés.
Il me tend mon verre et nous trinquons une minute après en nous embrassant tendrement. Je bois quelques gorgées avant de m’appuyer contre le bord de la baignoire en étalant mes jambes sur lui, et il attrape automatiquement l’un de mes pieds pour le masser doucement en me couvant de ses beaux yeux.
- Je ne suis pas une princesse…, soupire-je en profitant tout de même allégrement de mon massage.
- Je t’ai déjà dit que tu étais la mienne, rétorque-t-il d’une voix ferme.
- Depuis le 25 décembre ! glousse-je avec bonheur.
- Tu parles… tu l’es depuis bien avant notre premier baiser !
- C’est vrai… tu veillais déjà sur moi avant ça… mon amour…, murmure-je avec émotion.
Il sort mon pied de l’eau pour embrasser ma cheville et je soupire tristement :
- Nous ne pouvons pas nous embrasser comme ça…, boude-je. Je suis à deux doigts de venir m’assoir sur tes cuisses.
- Nous pouvons parler…
Sa réponse me surprend tellement qu’elle me scie en deux tout en m’inquiétant.
- Quoi ? Tu ne veux plus m’embrasser ? demande-je d’une petite voix.
- Mais si mais… c’est juste que…
Il rougit légèrement et il obtient toute mon attention alors que j’attends qu’il poursuive, ce qu’il fait d’une petite voix :
- J’ai bien aimé… tu sais hier soir… les petites questions qu’on se posait… j’ai trouvé ça chouette, j’adore apprendre à te connaitre Hestia.
Je glousse un peu plus en le couvant du regard.
- Et ça te rend timide de me dire une chose pareille ? l’embête-je gentiment.
- Oui… je ne sais pas, j’ai l’impression que c’est un peu « nunuche » de préférer te demander ton animal préféré que de t’embrasser alors que nous sommes dans une baignoire, s’explique-t-il en rougissant un peu plus.
- Tu plaisantes… je trouve ça beau au contraire ! Je suis même vraiment touchée pour être honnête.
- Tant mieux, parce que j’ai adoré ça, répond-il en embrassant encore ma cheville.
- Si tu veux tout savoir, mon animal préféré est un peu ridicule, mais c’est le canard.
Il éclate de rire :
- Le canard ?! Ce n’est pas ridicule mais ce n’est pas classique en effet !
- Ils sont adorables, avec leur petit bec plat et leurs pattes palmées… j’adore ça. Il y avait une mare à côté de l’orphelinat et je ne compte plus les heures que j’ai pu passer à les observer. Et le tien ?
- C’est vrai que c’est plutôt mignon quand on y réfléchit… J’estime être un peu plus classique, mais je crois que ce sont les hiboux.
- Les hiboux ?! Ça n’a rien de classique ! ris-je à mon tour.
- J’adore leurs grands yeux et leurs fausses oreilles en plumes… D’ailleurs, je fais seulement le lien maintenant, mais tes grands yeux orangés m’ont peut-être séduit à cause de ça ! me taquine-t-il.
- Tu insinues que j’ai des yeux de hiboux ? m’amuse-je.
- Je ne sais pas si tu t’es déjà amusée à chercher des photos de hiboux grands-ducs mais je t’assure que la couleur est identique… Je trouve ça dingue maintenant que j’y pense ! rit-il.
- Pfff…, glousse-je.
- Mon petit hibou…, ajoute-t-il avec affection.
- Mon petit canard, réplique-je.
Nous nous sourions et il reprend d’une voix douce :
- Tu auras une mare dans ta grande maison ? demande-t-il.
- Assurément !
Il sourit en me regardant pensivement alors que je sirote mon verre.
- Et cette grande maison ? Tu étais sérieuse par message l’autre jour ? demande-t-il.
- C’est-à-dire ? Sur le fait que je veuille que tu nous achètes un appartement ?! ris-je.
- Mais non, répond-il en levant les yeux au ciel. Sur tes critères, ça m’a surpris, je trouve la maison de tes rêves fascinante et je me demandais si tu étais sérieuse ou si tu te moquais de moi dans le cadre de notre plaisanterie… ?
- Pourquoi étais-tu surpris ? m’étonne-je.
- Je n’en sais rien, je suppose que je t’imaginais vouloir un appartement en ville… Sans doute parce que tu y as grandi. Et tu m’as parlé de cette grande maison, de ce portail en fer forgé… c’est tellement précis, tu as piqué ma curiosité Hestia. Comme je viens de te le dire, j’aime apprendre à te connaitre et j’adorerais que tu me parle de tout ça, ce dont tu rêvais petite, comment tu imaginais ta vie… je n’en sais rien…
J’hausse un peu les sourcils en rougissant, toujours aussi touchée par l’intérêt qu’il porte à tout ce qui me concerne.
- Vraiment ? Tu aimerais que je te parle de ce dont je rêvais enfant ? hésite-je.
- Oui, tout ce que tu auras envie de me dire, je t’assure que j’adore ça.
Je rougis un peu plus en posant mon verre vide sur l’étagère et en organisant mes pensées. Personne ne s’est jamais intéressé à moi autant qu’Hunter, et j’ai donc cette impression stupide qu’il se moque de moi alors que je sais pertinemment que ce n’est pas le cas. Il est simplement très dur d’accepter que l’homme de mes rêves ne soit pas un mirage mais un garçon qui adore que je lui parle de moi comme si j’étais la femme la plus intéressante du monde.
Je joue avec la mousse pour me plonger dans mes souvenirs :
- Et bien… Depuis ma fenêtre de chambre à l’orphelinat, j’avais vue sur le parc dont je viens de te parler. Pas ces nouveaux parcs dans le style naturel avec des barrières en bois et tout le toutim. Un vieux parc, avec une grande mare en son centre où nageaient des canards, une barrière et des bancs en fer forgé blanc décrépis, des haies de buissons qui formaient comme des petits labyrinthes et de grands bosquets… tout ça faisait très jardin anglais, en tout cas c’est l’image que j’en ai… J’ai passé des heures assise sur le bord de ma fenêtre à l’observer, j’ai débord imaginé que c’était mon jardin… et plus le temps a passé, plus le jardin s’est agrandi, les détails se sont précisé, une maison a rejoint le tableau… C’est en partant de ce parc que j’ai imaginé la maison de mes rêves.
Je lui lance un coup d’œil mais il m’observe avec un sourire aux lèvres, les yeux absolument absorbés par ce que je lui raconte alors je continue :
- Je rêve d’habiter dans une très grande maison, comme un manoir mais pas un manoir lugubre. Un beau château, avec des immenses fenêtres blanches, une terrasse en pierre avec un grand escalier qui descend dans le jardin arboré… et je veux que ce jardin soit comme un parc féerique, avec de hauts murs en pierre et un majestueux portail en fer forgé blanc, des allées de petits galets qui serpenteraient dans un jardin magnifique, plein de recoins, de bosquets, de haies, de fontaines et de secrets …
- De secrets ? chuchote-t-il avec curiosité.
- Oui, comme un puit, une petite maisonnette en pierre, un sous-bois… toutes ces choses qui font rêver les enfants, des centaines de recoins pour s’inventer des histoires et des mondes fantastiques… comme un monde à part entière. Ce n’est pas simplement une maison que je veux, c’est un petit monde imaginaire, plein de magie et de rêve… Comme si une fois ce portail passé, nous entrions directement dans ma tête, dans le monde imaginaire d’Hestia qui a bercé mon enfance pour tenir le coup face à ma réalité à l’orphelinat.
Je fais une pause pour le regarder timidement, par peur de le bassiner mais c’est ridicule. Je n’ai jamais vu Hunter être aussi fasciné par ce que je lui disais, je n’ai de toute façon jamais eu l’impression d’être bizarre avec lui, c’est comme s’il validait tout ce que je raconte, constamment. Et je m’ouvre donc à cœur ouvert :
- Nous avons déjà discuté de mon double redoublement de maternelle, sur un ton humoristique… j’ai même déjà mentionné à Eden que les médecins estimaient que je ne parlais pas car je m’enterrais dans mon monde imaginaire… mais c’était vrai Hunter, je le sais au fond de moi. Je n’ai pas de souvenir vraiment conscient du pourquoi mais je le ressens au fond de mon cœur. J’ai toujours été extrêmement sensible et rêveuse, j’aimais le calme et l’imaginaire, les belles images dans les livres, les contes… je crois que j’ai été profondément heurtée par les autres enfants, par la violence à l’orphelinat… Je ne les blâme pas, les personnes qui s’occupaient de nous avait tant à faire… mais je sais que ça a été un vrai choc pour moi, que j’étais en décalage total avec les autres qui chahutaient et hurlaient pour s’amuser. Je pense que je me suis réellement enfermée dans ce monde de rêves au point de me créer une zone de sécurité, ce petit château ou ce manoir, appelle le comme tu veux. J’ai passé mon enfance dedans, au sein de mon esprit, à parcourir cet immense jardin, à courir dans les longs couloirs de mon château, à jouer au piano dans son grand salon, à escalader les arbres du parc… Je n’ai jamais eu envie d’en sortir pour me heurter à l’orphelinat gris et bruyant.
Il hoche la tête avec des yeux remplis à ras bord d’empathie, comme s’il ressentait tout ce que je lui dis au lieu de l’entendre, comme si ça le touchait en plein cœur.
- Tu faisais ça toi aussi ? demande-je.
- Absolument pas, mais ça ne m’étonne pas une seule seconde de toi, ça me parait couler de source même maintenant que tu m’en parles, chuchote-t-il. En fait, j’aimerais que tu me parles encore de ce monde, du monde d’Hestia, de ce château… tu n’imagines pas comme je trouve ça fascinant et comme ça me donne le sentiment que tu me fais confiance. J’ai l’impression d’apprendre à connaitre, celle que tu es en profondeur. Parles-moi en encore s’il te plait.
- Et bien, pour le jardin je crois que tu as saisis l’ambiance… Pour l’intérieur, j’imaginais une pièce à vivre immense, avec une cuisine gigantesque pour pâtisser pendant des heures, une table à manger de plusieurs mètres de long pour accueillir tous les amis que j’aurais, un salon confortable avec des canapés et un piano majestueux. Des fenêtres blanches par dizaines, dans des arches de pierre, par lesquelles le soleil pourrait illuminer la pièce à toute heure de la journée. Des tons clairs, des plantes par centaines, des voilages blancs qui s’agitent sous la brise l’été, lorsque toutes les fenêtres seraient ouvertes…
Hunter est complétement subjugué, ses yeux donnent l’impression que des centaines d’étoiles y brillent alors qu’il m’observe en hochant presque imperceptiblement la tête. Je continue donc :
- Le plus important de tout est une jolie véranda, à l’ancienne, en fer et en verre… un petit jardin d’hiver dans lequel je passais des heures mentalement, entourée d’une véritable forêt de plantes d’intérieur, avec des coussins et des fauteuils confortables perdus dans cette jungle féerique…indéniablement mon endroit préféré de tout le domaine d’ailleurs.
- Le mien aussi, affirme-t-il en me souriant avec douceur.
- Pour les étages, je voyais des dizaines de pièces diverses et variées, des bibliothèques, une salle de musique, un petit salon de thé, une pièce remplie de peluches, un dressing pleins de robes et bien d’autres… toujours dans cette envie d’aventures finalement. Un lieu dans lequel il y aurait toujours quelque chose à faire, où chaque journée serait merveilleuse et amusante… Voilà le château du monde imaginaire d’Hestia, conclus-je en souriant.
- Il est absolument enchanteur, je rêverais d’y faire un tour, sincèrement…, répond-il en me souriant à son tour. Et c’est un peu ce que tu viens de me faire faire en me le décrivant.
Je ris doucement :
- Et c’est pour ça que j’ai si bien travaillé à l’école, pour pouvoir me l’offrir un jour. J’avais envisagé de faire médecine parce que c’était à mes yeux le moyen le plus simple de gagner beaucoup d’argent, mais c’est le droit qui l’a emporté parce que je me suis dit que je pourrais peut-être aider les enfants qui vivent des enfances difficiles… ça me touchait forcément.
- Alors pourquoi envisager le droit des affaires finalement ?
- Je ne sais pas, sans doute parce que tu es dedans…, réponds-je en rougissant. En fait, plus je grandis et plus ce rêve s’éloigne, puisque je travaillerais de toute façon bien trop pour pouvoir réellement profiter de mon château... Alors tout ça se modifie et s’ajuste à mesure que je « vieillis », mais il est certain que j’aurai une grande maison à la campagne, ça, c’est une promesse.
- Et pourquoi donc t’éloigner de ton château ? demande-t-il en fronçant les sourcils.
- Parce que je me suis rendu compte qu’un salaire d’avocat, même très bon, ne me permettrait pas forcément de me l’offrir. Et qu’il serait peut-être dommage de dépenser autant d’argent dans une demeure pour y passer très peu de temps puisque je serai obligée de travailler comme une acharnée pour le payer et l’entretenir…
- Autant dire que la vie d’adulte brise peu à peu tes magnifiques rêves d’enfant.
- Exactement.
- Mais tu ne serais pas seule…, reprend-il timidement. Je veux dire, il est pratiquement certain que tu aurais quelqu’un avec toi, que tu n’aurais pas à acheter cette maison seule… Alors pourquoi donc l’abandonner ? Pourquoi la voir au rabais… ?
Je ris encore en le regardant avec tout mon amour :
- Parce que plus j’ai grandi et plus j’ai imaginé que je finirais seule Hunter, tout simplement. Alors la vie m’a rattrapé et j’ai tristement modifié tout ça pour quelque chose de plus accessible.
- Mais tu n’es plus seule, insiste-t-il.
Il attrape ma main au milieu de la baignoire pour y enlacer ses doigts en gardant le regard baissé sur elles, les joues roses et l’air encore plus timide. C’est une flèche dans mon cœur, évidemment.
- Tu insinuerais qu’un bel avocat viendrait ajouter sa participation à mon rêve ? murmure-je.
Il relève le regard pour croiser le mien :
- Oui… je ne prétends pas que tu voudras de moi toute ta vie mais… pour ma part, je trouve ce rêve si beau que j’estime qu’il mérite largement d’avoir une chance d’exister.
Il attrape ma seconde main pour me tirer doucement jusqu’à lui et je m’installe sur ses cuisses en passant mes bras derrière sa nuque, toute troublée de me retrouver juste devant son visage mais si heureuse de ce qu’il vient de dire que j’ai l’impression que des ailes ont poussé dans mon dos.
Il attrape ma joue pour vriller ses beaux yeux verts dans les miens avec intensité :
- Je rêverais d’une vie comme celle-là, d’une maison comme celle-là… je ne sais pas de quoi demain est fait mais en cet instant, je n’imagine plus habiter ailleurs mon cœur… Et je n’imagine surtout pas habiter dans le château imaginaire d’Hestia sans elle-même...
Je suis tellement émue et chamboulée par ce qu’il me dit que je m’autorise à le vivre à cent pour cent :
- Alors peut-être que dans quelques années, si tout va bien entre nous… quand nous serons diplômés tous les deux… nous pourrons nous offrir ce joli château avec nos salaires joints…, murmure-je.
- Je ne pourrais rien nous souhaiter de plus beau, répond-il doucement.
Il attire mes lèvres contre les siennes et je m’y plonge corps et âme alors que ma vie n’a jamais été aussi proche d’être le plus beau de mes rêves.