Nouvelles d'ici et d'ailleurs
— Attention, mesdames et messieurs, c’est le Nain qui s’élance sur la piste ! Fera-t-il mieux que le Dragon tout à l’heure ?
— Mon cher Dominique, je crains fort que ses petites jambes trapues ne décollent jamais du sol, rien ne peut battre le Dragon au saut en hauteur.
Sous les yeux du public, le Nain posa sa hache au sol et se saisit du bâton. Ses concurrents l’observaient au loin. C’était le jour de la finale, les enjeux étaient de taille, sans mauvais jeu de mots. L’Elfe avait déjà commencé par une performance exceptionnelle, suivie de près par le Dragon, qui avait surpris tout le monde en passant la barre des trois cents livres de beurre. Le Nain se mit à trotter jusqu’à la ligne, planta son bâton au sol et sauta. Il se prit la barre de saut droit dans les cacahuètes.
— Je vous l’avais bien dit, mon cher Dominique. De trop petites jambes pour un saut de cette taille.
— Mais c’est du racisme anti-nain, mon cher Jean-Robert. En plus, c’était le favori de la compétition. À qui est-ce le tour maintenant ?
— C’est le Loup-Garou qui va sauter.
— Comme il a sauté sa princesse dans les vestiaires ?
— Mon cher Jean-Robert, vous n’avez pas honte ?
Le Loup-Garou s’avança sur la piste, torse-poil. Il gratifia le public d’un grognement de gloire, faisant tomber deux petites orques dans les pommes devant la magnificence de sa carrure. Il attrapa son bâton, et entama sa course. Il sauta à son tour, passant avec une aisance surprenante au-dessus de la barre. Il prit même la pose dans la descente, sous les acclamations du public.
— C’est incroyable, mon cher Jean-Robert ! Ce canidé a battu le record !
— Mon cher Dominique, j’ai trouvé ce saut fort bien fait. Je me demande même s’il n’y avait pas de la poudre de Merlin dans ses croquettes.
— Vous voyez le mal partout, mon cher Jean-Robert. Oh, mais que se passe-t-il ? L’entraîneur de notre bichon se fait crier dessus par celui du Nain. Le canidé aurait dépassé la ligne d’une griffe. Mon cher Jean-Robert, revoyons les images !
Le replay confirma les dires du Nain, et le Loup-Garou se fit immédiatement disqualifier, sous les cris de la foule en colère. Le podium était donc complet. La première place revint au Dragon, qui fit le beau sur son podium, et manqua de croquer le garçon venu lui apporter sa médaille. L’Elfe resta humble, se contentant de serrer la main de ses coéquipiers. Le Nain avait lui toujours mal aux cacahuètes, et insultait l’Elfe, parce qu’une “putain de nyctalope à oreilles pointues ne peut pas sauter aussi haut.” et lui “foutait la honte devant toute la Nainité.”
— C’est sur cette victoire que se termine notre compétition, mon cher Dominique.
— Ces jeux ont été d’une rare intensité. Nous rendons l’antenne à nos compères, la Manticore et le Griffon sont en finale de boxe, il paraît que ça va être violent ! Au revoir, mon cher Jean-Robert !
— À bientôt, mon cher Dominique !